femme voilée de dos dans une maison traditionnelle

Khadija, première dame de l’Islam

Temps de lecture estimé : 19 min.

Si l’on peut dire que derrière chaque grand homme se tient une grande dame, alors le Prophète Muhammad ﷺ n’a pas dérogé à cette règle. Il avait à ses côtés la première dame, Khadija رضي الله عنها, la première en tous sens. À travers cet épisode, je t’invite à réaliser à quel point nous lui devons beaucoup, notamment pour notre accès actuel au Coran. En effet, nous ne manquons pas de tels exemples dans l‘histoire de l’Humanité et de l’Islam. Quoi de mieux que d’observer le comportement de ces individus qui ont atteint l’excellence, voire la perfection, en particulier quand il s’agit du Prophète Muhammad ﷺ et des meilleures femmes de tous les temps, les quatre « mères des croyants » ? Cela nous permet de nous inspirer et de nous projeter, visant ainsi la perfection. Pour ce premier portrait, je ne pouvais choisir personne d’autre que celle que j’appelle la première dame de l’Islam : Khadija رضي الله عنها, la mère des croyants.

Sommaire

Le contexte de ces versets

Pourquoi ai-je choisi ces versets ? Pourquoi dis-je que ces versets parlent de notre mère Khadija رضي الله عنها lorsque Allah ﷻ qualifie simplement Son prophète Muhammad ﷺ d’Al-Muzzammil ?

Allah ﷻ dit : « O toi, l’enveloppé dans les couvertures ».

Allah ﷻ immortalise dans notre Livre sacré ce moment précis où le Messager d’Allah ﷺ demande à être enveloppé d’un vêtement.

Il s’agit du jour où il retourne chez lui en courant, apeuré et essoufflé, après avoir vu l’ange Jibril. Le Prophète ﷺ pense alors avoir perdu l’esprit. Il court et la première chose qu’il demande est d’être enveloppé. Ainsi, « O toi, l’enveloppé dans les couvertures », parce qu’il a crié fort :

« Enveloppez-moi, enveloppez-moi ! ».

Et nous savons que c’est Khadija رضي الله عنها qui a joué ce rôle et qui a accompli cette tâche.

L’histoire de Khadija, avant son mariage avec le Prophète ﷺ

Khadija رضي الله عنها appartenait à la tribu mecquoise des Banu Asad, une branche de la tribu des Quraysh.

Khadija رضي الله عنها était une grande dame bien avant de rencontrer le Prophète Muhammad ﷺ et de devenir son épouse. Elle avait déjà été mariée deux fois et avait eu plusieurs enfants de ses précédents mariages. Devenue veuve, elle avait fait le vœu de ne plus se remarier, principalement par crainte d’être manipulée en raison de sa grande richesse et de sa noble lignée.

Elle était également d’une beauté exceptionnelle et d’une piété exemplaire, d’où son surnom de « Tahirah« , signifiant “la pure”. Elle avait donc déjà acquis la réputation d’une grande dame avant même son mariage avec le Prophète ﷺ.

Malgré les nombreuses propositions de mariage de la part de dignitaires notables du pays, tels qu’Abu Jahl, un ennemi du Prophète ﷺ, et Abu Sufyan, qui s’est converti à l’Islam plus tard, Khadija les a toutes refusées. Elle avait une grande estime de soi et n’hésitait pas à rejeter tout ce qui ne correspondait pas à ses principes. Sa beauté et sa richesse attiraient de nombreux prétendants, mais elle refusait de se marier avec quelqu’un qui ne la voyait que pour sa lignée, sa fortune ou sa beauté.

Cependant, tout cela a changé lorsqu’elle a rencontré le Prophète Muhammad ﷺ. Mais je ne vais pas revenir sur son histoire aujourd’hui, car cela prendrait trop de temps pour raconter toute la vie de Khadija en un seul épisode.

Aujourd’hui je veux souligner spécifiquement en quoi nous lui devons beaucoup dans notre relation avec le Coran. Il est impossible de parler de notre relation avec le Coran sans évoquer Khadija elle-même : la première des premières. Je l’appelle ainsi parce qu’elle a été la première dans tout, et tu vas voir dans quels domaines.

La proposition de mariage

Khadija était la patronne du Prophète ﷺ. Elle l’a observé et a vu en lui toutes les qualités d’un homme droit, qawwam. Lorsqu’elle a été convaincue, non seulement elle a changé d’avis sur le fait de se remarier, mais elle s’est directement proposée à lui en envoyant son amie Nafisa.

Le Prophète ﷺ a accepté cette proposition, malgré le fait qu’il avait 25 ans et qu’elle était son aînée de 15 ans. Cela n’a pas dérangé le Prophète ﷺ, et cela n’a pas dérangé Khadija non plus. Elle a alors privilégié la piété, la moralité et la prestance du Prophète ﷺ, avant toute chose.

De même, lorsqu’il a reçu cette proposition, il n’a pas cherché à comprendre pourquoi elle n’avait pas été sélective ou critique.

Donc, quoi qu’il en soit concernant Khadija, il savait qu’il avait affaire à “Tahirah”, la plus belle femme de Quraysh. On l’appelait vraiment “la princesse” à l’époque. Il avait affaire à la femme la plus noble de caractère, la plus noble de lignée. Au contraire, il était étonné, presque à se demander :

« Mais qu’est-ce qu’elle peut bien me trouver ? Je suis un berger, un jeune commerçant, je suis jeune, je n’ai pas de grande richesse. Qu’est-ce qu’elle peut bien vouloir de moi ? »

Mais ils se sont bien trouvés tous les deux, mashaALLAH. Et il ne pouvait pas y avoir de plus beau cocon, de plus beau foyer, pour accueillir ce qui allait constituer le grand message de l’islam.

Un parallèle avec un autre couple

Cette relation me fait étrangement penser à celle de papa Adam عليه السلام et de son épouse Hawa عليها السلام. J’ai l’impression que c’est une histoire qui se répète, que c’est finalement cette cohésion et cette proximité profonde en Allah ﷻ qui fait des merveilles :

  • De notre papa Adam et de son épouse Hawa, est née l‘Humanité entière.
  • De Muhammad et de son épouse Khadija, a découlé le Coran.

En effet, le Coran a pu s’installer dans nos cœurs, dans nos vies, parce qu’il a eu un cadre aimant propice, tel que cette maison-là.

Khadija, la première dans tout

Pourquoi je l’appelle la première dame ? Parce qu’elle a été la première dans tout. En effet, elle a été la première à avoir :

  • épousé le Prophète ﷺ,
  • porté ses enfants,
  • cru en son message,
  • cru en lui,
  • embrassé l’Islam,
  • écouté du Coran de sa part,
  • prié avec lui…

Ce qui est beau aussi, c’est qu’il n’a épousé aucune autre femme du vivant de Khadija. Il a été monogame quand il était avec elle. Ce qui était extrêmement rare à l’époque du Prophète ﷺ.

Il faut se mettre vraiment dans le contexte qu’à une époque où la polygamie était courante. Être monogame était peu commun. Ainsi, le Messager d’Allah ﷺ et Khadija faisaient figure d’exception à bien des égards. Il la décrivait comme étant la meilleure femme de sa communauté. Il disait :

« Elle a été la meilleure des femmes de ma communauté. Et elle a été ma première épouse. »

Le lieu de la première révélation

La grotte de Hira était son refuge habituel, située au sommet des montagnes. Il s’y retirait de plus en plus souvent, même après son mariage avec Khadija. Au bout de quelques années de mariage, il ressentait déjà le besoin de solitude et de retraite. Khadija le soutenait dans ce besoin de solitude, soulignant ainsi l’importance de trouver un équilibre entre :

  • le temps seul,
  • le temps en famille
  • le temps avec la communauté.

Le Prophète ﷺ avait besoin de ces moments de retraite spirituelle.

Il s’isolait pendant un jour, deux jours, parfois même quelques semaines. Khadija, رضي الله عنها le rejoignait dans cette solitude en grimpant jusqu’à la grotte de Hira. Aujourd’hui, cette montagne est balisée, mais à l’époque, il fallait environ une heure pour atteindre la grotte depuis La Mecque, et ce n’était pas du tout sécurisé pour une femme âgée. Malgré cela, Khadija prenait sur son temps, préparait des provisions et montait jusqu’à son époux pour qu’il puisse prolonger sa retraite spirituelle sans être perturbé par les affaires mondaines. C’était également une manière de passer un petit moment en intimité, en tête-à-tête avec lui, finalement, venir dans sa solitude pour lui montrer son soutien et repartir.

Khadija, au moment de la première révélation

La première fois qu’il est revenu de la grotte de Hira en courant, c’était la première fois qu’il a vu l’Ange Jibril.

Avant cela, il avait fait plusieurs fois des rêves où il le voyait. Alors, il se dit :

« J’ai vu celui que je vois dans mes rêves, et en plus il me parle. Il me demande de lire, et il me serre fort comme ça, puis m’étreint et me lâche. Il me dit de lire, il me parle d’Allah… »

C’était beaucoup pour lui.

Il court donc, dévalant la grotte de Hira et parcourt tout le trajet avant d’arriver à Khadija, la première personne vers qui il se tourne. Il court pendant longtemps, essoufflé, fatigué, avec la peur au ventre, frissonnant de froid. Et là, il implore :

« Couvrez-moi, couvrez-moi ».

C’est à ce moment précis qu’il est essentiel d’observer, à partir de ce moment-là, et à chaque fois par la suite, la réaction de Khadija :

  • son accueil silencieux,
  • son exécution,
  • comment elle l’entoure de son soutien.

Elle a été l’épouse protectrice, celle qui lui a fourni ce réconfort protecteur. Elle l’a enveloppé physiquement, mentalement, émotionnellement.

D’ailleurs, à ce propos, elle me rappelle beaucoup la ayah dans la Sourate Al-Baqara :

« Elles sont un vêtement pour vous, et vous êtes un vêtement pour elles. »

À cet instant, cela prend tout son sens. Khadija et le Prophète ﷺ ne formaient qu’un. C’était exactement ce dont il avait besoin :

  • ce contact physique,
  • cette chaleur,
  • cette assurance.

Une révélation vécue à deux

Le Prophète ﷺ a été enveloppé jusqu’à ce que sa peur se dissipe, que sa crainte se calme. Il s’adresse alors à Khadija en lui demandant :

« Qu’est-ce qu’il m’arrive ? »

Il lui expose ensuite ce qu’il s’est passé. Puis, il avoue :

« J’ai peur pour moi-même, je crains vraiment pour moi.”

Dans le sens où il avait peur de perdre la raison. C’est à ce moment-là que le rôle crucial de Khadija se manifeste pleinement. Elle lui assure qu’il n’a rien à craindre, qu’il ne doit ressentir aucune peur. Elle le réconforte en affirmant :

« Jamais, Allah ne te plongera dans l’opprobre. Jamais. »

Et là, elle explique :

« Tu préserves les liens de parenté. Tu dis la vérité, tu es véridique. Tu aides les plus faibles, tu pratiques l’hospitalité, et tu soutiens les causes justes. »

En gros, qu’est-ce qu’il peut t’arriver d’autre que du bien ? Et observe bien la manière dont elle agence les choses. Elle commence par le rassurer sur le fait que je te crois, tu n’es pas fou.

Des paroles rassurantes

Quand tu as une idée, une peur, des choses qui te dépassent, et que tu vas en parler à quelqu’un, tu peux souvent te dire :

« Il y a quelque chose qui ne va pas, je crois que je suis en train de devenir fou/folle”.

Qu’attends-tu de la personne en face à qui tu te confies ? C’est qu’elle te rassure, qu’elle te croit, qu’elle valide tes ressentis. Et c’est exactement ce que Khadija a fait. Elle a accueilli ses craintes en le rassurant immédiatement : « Non, tu n’es pas fou. Rassure-toi. Je te crois. »

Ensuite, elle lui explique tout en utilisant des paroles :

  • rassurantes,
  • positives,
  • d’affirmation.

Elle lui rappelle qui il est, elle rappelle son action. Elle lui dit :

« Penses-tu vraiment qu’Allah va t’abandonner, te rejeter ou te mettre dans une situation embarrassante alors que tu fais toutes ces belles choses ? Réfléchis un peu, tu es noble, tu es aimé des gens pour ces qualités-là. Est-ce logique qu’une personne comme toi, de confiance, puisse être folle ? »

Ce sont des paroles simples. Elle n’essaie pas à ce moment-là de lui poser des questions détaillées sur la scène avec l’Ange. Elle aurait pu simplement dire, comme on le ferait aujourd’hui : « D’accord, peut-être que tu es fatigué aujourd’hui, repose-toi un peu et on en reparle plus tard. »

Mais non. Elle le laisse se calmer et lui permet de parler, car lorsqu’il vient craintif et qu’il se blottit contre elle, il reste un bon moment avant de parler. Et même lorsqu’il commence à parler, il commence par dire : « Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je crois que je deviens fou, je crois que je perds la tête. »

Avant de comprendre ce qu’il lui est arrivé, elle lui répond déjà :

« Non, tu n’es pas fou. »

C’est très fort. Elle le rassure sans même comprendre ce qui se passe exactement, sans insister non plus.

Khadija, une femme de confiance

C’est une belle qualité qu’une femme doit avoir : ne pas vouloir tout comprendre, tout savoir, tout rationaliser, tout rassurer immédiatement, mais plutôt prendre le temps d’écouter la personne.

Elle l’a laissé exprimer ses sentiments, lentement, tranquillement. Elle a pris les choses une par une. C’est pourquoi elle a été la première personne à laquelle le Prophète Muhammad ﷺ a pensé, car il avait une confiance totale en elle.

La première personne à qui l’on pense lorsque les choses ne vont pas, c’est quelque chose d’important. Que ce soit lorsque tout va bien ou lorsque les choses vont mal, ou même lorsque l’on a besoin de conseils ou de se confier, même sur des sujets difficiles comme celui-ci, où l’on se dit « Je suis fou », c’est un tabou.

Parler de ce genre de choses est difficile. Cela nous rend vulnérables devant la personne à qui l’on parle. On partage quelque chose qui nous effraie à propos de nous-mêmes. Et Muhammad ﷺ l’a fait. Il a réussi à le faire avec Khadija. Cela prouve que leur relation avait atteint un niveau où il n’avait pas peur de se montrer vulnérable devant elle.

Être vulnérable devant son épouse

Il n’avait pas peur d’être vulnérable. Et c’est un bon conseil pour les hommes de notre communauté, nos frères, nos pères, etc. Il n’y a pas de mal à être vulnérable devant son épouse, devant son époux pour les femmes. Parce que cela fait partie de la relation, cela fait partie de l’évolution.

Le Prophète Muhammad ﷺ, le meilleur des hommes, s’est mis en position de vulnérabilité devant son épouse. Et cela n’a rien diminué. Je dirais même que c’est cela qui a tout fait ! Donc, les hommes, n’ayez pas peur d’être vulnérables et de vous révéler tels que vous êtes. Révélez, expliquez vos peurs, confiez vos peines, confiez vos difficultés à votre épouse. Elle ne vous verra pas comme quelqu’un de moins bien, de moins fort ou de moins qawwam parce que vous faites cela. C’est très important.

Ce qui est beau ici, c’est que le Prophète Muhammad ﷺ a douté de lui-même. C’est là que Khadija se distingue. Parce que non seulement elle a été la première à croire en le message de l’Islam, mais elle a été la première à croire, même avant lui ! Cela signifie qu’il a eu besoin d’être rassuré sur ce qui s’était passé. Donc, elle a cru en lui avant de savoir de quoi il parlait. Je ne sais pas si tu te rends compte de l’importance de cela.

Elle a cru en lui avant même de connaître le message qu’il allait transmettre. Elle a dû le rassurer sur le fait qu’il disait la vérité, qu’Allah ﷻ ne l’abandonnerait pas, qu’il était sain d’esprit, qu’il avait telles qualités, avant même d’entendre le Coran. En lui disant qu’elle le croyait, elle lui a validé qu’il n’était pas fou.

La première femme convertie à l’islam, mais pas seulement

On parle souvent de la première personne à s’être convertie à l’Islam, mais on pourrait presque dire qu’elle a été la première, même avant le Prophète Muhammad ﷺ lui-même, à avoir cru en la véracité de ce message.

En effet, pour le Prophète Muhammad ﷺ, c’est énorme ce qui lui arrive. Il a eu besoin de déposer cela quelque part, en sécurité. Et cette personne qui a reçu cela, son premier rôle a été précisément de :

  • remettre les choses en perspective,
  • replacer ce messager là où il doit être,
  • le laisser atterrir,
  • le rassurer.

Et pour le rassurer encore, elle lui a parlé de son cousin, Waraqa ibn Nawfal, qui était chrétien. Tout comme Khadija et le Prophète Muhammad ﷺ, il n’a jamais adoré d’idoles. C’était une particularité qu’ils avaient. Ils n’ont jamais été polythéistes. En fait, elle-même a guidé son époux vers son cousin, qui était beaucoup plus âgé qu’elle, un érudit des textes anciens, des livres, et un chrétien pratiquant. Elle lui a expliqué tout ce qu’il s’était passé. Donc, c’était une personne de confiance à qui il pouvait parler de tout cela.

C’était très dangereux ce qui se passait pour le Prophète Muhammad ﷺ. Waraqa ibn Nawfal l’a rassuré, lui expliquant que c’était ce que le Prophète Moussa عليه السلام avait dit et transmis. Il lui a dit également qu’il aimerait être vivant lorsque les gens allaient commencer à le traiter de menteur, à le chasser et à le torturer, car il savait que ce message allait perturber beaucoup de gens. D’ailleurs, il est mort peu de temps après.

Une présence au quotidien

On a l’impression qu’il est allé dans la grotte de Hira, qu’il a vu l’Ange Jibril عليه السلام, qu’il est revenu… Cependant, ce sont des scènes qui se sont passées plusieurs fois. Entre-temps, il a vu Jibril en rêve plusieurs fois, parfois sous sa forme d’ange, parfois sous une forme humaine.

Le Prophète ﷺ s’est régulièrement retrouvé dans cette situation, et à chaque fois, elle le rassurait. Et lorsqu’il a été rassuré pour de bon, c’est avec le début de la sourate al-Muddathir qu’on le voit :

« Ô toi, le revêtu d’un manteau »,

cette fois-ci Allah ﷻ lui dit :

« Lève-toi et avertis, et proclame la grandeur de ton Seigneur. Et purifie tes vêtements, et éloigne-toi de tout péché. »

Ce qui était, au départ, à huis clos dans une petite maison, avec lui seul et Khadija, va devoir sortir, s’expandre et se propager. Mais Allah ﷻ a offert une période de sécurité, de récupération, de confiance avant de devoir proclamer. De ce petit comité, c’est Khadija qui en a été la première actrice. C’est très important d’avoir tout cela à l’esprit.

Khadija, une femme saliha

Khadija est la définition même de ce qu’est une femme saliha :

  • qui intègre,
  • qui arrange,
  • qui ajuste,
  • qui répare,
  • qui aime faire du bien,
  • qui restaure la paix,
  • qui met en valeur.

On peut clairement dire qu’elle a mis en valeur le Prophète ﷺ. On peut dire clairement qu’elle a :

  • restauré la paix dans son cœur,
  • apaisé son âme,
  • fait le bien,
  • réconcilié son esprit avec son coeur,
  • été celle qui a rassemblé tout ça.

Cependant, au départ, le Messager d’Allah ﷺ a nourri Khadija de son côté Qawwam. Elle a véritablement vu un Qawwam en lui :

  • Il était quelqu’un de connu, de même que sa lignée,
  • On l’appelait al-Amin, car il était digne de confiance,
  • Il souriait aux gens,
  • Il aidait les plus pauvres.

Tout cela était connu. Avant la Révélation, le Prophète ﷺ était aimé de tout le monde et avait vraiment une très belle réputation. Elle était donc au courant de tout cela, et s’ajoutait à ça son expérience commerciale avec lui. Elle s’est grandement nourrie de la Qawwama du Prophète ﷺ, et cela lui a offert justement ce cadre pour pouvoir être saliha.

De son côté, elle a mis à disposition du message de l’Islam, de son époux, d’Allah ﷻ, tout ce qu’elle avait de bien, ses atouts, tout ce qu’elle avait de beau en elle. Elle les a mis à profit, de même que ses richesses. Son soutien pour lui était total, sur les plans :

  • physique,
  • moral,
  • émotionnel.

La perfection de la foi

Khadija était une commerçante très aguerrie. Elle travaillait bien et faisait beaucoup de profits, mais encore plus quand le Prophète ﷺ travaillait avec elle. Avec ses richesses, elle a financé la propagation du message de l’islam. Elle a mis tous ses biens à cette disposition-là, parce que ça allait être dur. Les musulmans allaient se voir couper les vivres à un moment donné.

Il fallait aussi affranchir des esclaves, soutenir les gens… Il y avait tant à faire, et Khadija a tout mis à disposition, sa richesse, sa piété, son courage, son temps-libre… Elle a été un soutien sans faille pour son époux ﷺ. Elle a clairement été son premier soutien, la première en tout. Avant même la Révélation, l’obligation de la prière, du jeûne, du pèlerinage, elle avait déjà atteint la perfection de la foi.

En effet, Allah ﷻ a parlé de quatre femmes qui ont atteint la perfection de la foi :

  • Maryam,
  • Khadija,
  • Fatima, sa fille, sa dernière,
  • Assiya, la mère de substitution de Moussa عليه السلام

Du temps du Prophète ﷺ, aucune femme n’était plus grande, plus forte, plus méritante, plus noble, plus pieuse, tout simplement meilleure, que Khadija, رضي الله عنها.

De son temps, elle était la meilleure femme de l’univers. On ne parle pas du monde, Allah ﷻ parle de l’univers, al-alamin.

Le décès de Khadija

L’année du décès de Khadija, le Prophète ﷺ l’a appelé « l’année de la tristesse”. Elle est décédée de maladie, à l’âge de 65 ans.

Ils ont vécu 25 ans de mariage, de vie commune. Le Prophète avait donc 50 ans. Il était complètement dépité ; il avait perdu plus que son épouse, c’était sa meilleure amie.

L’Ange Jibril savait que le Messager d’Allah ﷺ était triste en raison de l’absence de son épouse Khadija. Après sa mort, il le rassura, comme il l’avait fait d’ailleurs de son vivant. Il y a une scène où Khadija s’apprête à entrer dans la pièce et il prévient le Prophète ﷺ avant qu’elle n’arrive. Jibril lui dit que Khadija arrive avec un plateau.

Il dit :

« Quand elle l’apportera, salue-la, de la part de son Rabb, dis-lui qu’Allah lui passe le salam, et de ma part à moi, et annonce-lui qu’elle aura au paradis une maison de perles où elle ne sera troublée par aucun bruit. »

Hadith Bukhari

J’ai trouvé cette scène-là tellement belle, ces mots tellement beaux :

  • le fait qu’Allah ﷻ passe spécialement le salam à quelqu’un,
  • Jibril se joint pour le faire,
  • la promesse d’une maison au paradis,
  • la précision des perles qui la composeront.

Une maison de perles

Son sacrifice

Je me suis demandé pourquoi des perles. En y réfléchissant, on réalise qu’elle a sacrifié tous ses bijoux, toutes ses perles et pierres précieuses, étant donné sa grande richesse. En effet, Khadija les a tous offerts pour soutenir la cause de l’islam, ne gardant rien pour elle-même.

Elle s’est totalement dépouillée de ses biens, les investissant entièrement dans le financement du message de l’Islam. Il faut souligner également qu’elle a sacrifié sa santé pendant l’embargo, et elle est décédée trois ans avant l’Hégire. Elle a partagé toutes les difficultés et épreuves de son époux.

Pendant la période de boycott, même si sa tribu n’était pas directement concernée par les restrictions imposées, elle a choisi de quitter la ville pour rester aux côtés des musulmans qui subissaient des tortures et étaient privés de nourriture, souffrant de la famine.

Grâce à des messagers discrets et d’autres moyens secrets, elle parvenait à leur fournir de la nourriture. Étant moins suspecte, elle pouvait agir plus efficacement. Cependant, à force de se priver de nourriture et de lutter, elle est finalement tombée malade et épuisée, et c’est cela qui l’a emportée.

Le bruit

Elle trouvera le Paradis où il n’y aura aucun bruit, ce qui est particulièrement significatif. Imaginez, lorsque son mari se retirait dans la grotte pour méditer pendant des jours voire des semaines, et que les gens de La Mecque se moquaient d’elle. Ils disaient que Muhammad avait tout obtenu d’elle, qu’elle avait épousé un homme qui avait prospéré à ses côtés, possédant la femme la plus belle et pieuse, pendant que lui montait là-haut.

C’était vraiment déconcertant pour elle. Mais elle ne se laissait pas démonter. Elle montait, passait du temps avec son mari, lui apportait des provisions, et redescendait en lui montrant qu’elle était là pour lui, qu’il n’y avait aucun problème. Toutes ces insultes, humiliations, menaces, même juste des mauvaises rumeurs sur son mari, tout cela était épuisant. C’était du bruit, des paroles qui blessent et fatiguent les oreilles. Mais au Paradis, Allah ﷻ lui a promis qu’il n’y aurait plus rien de tout cela.

Ce que le Prophète ﷺ a dit à propos de Khadija

Aïsha n’a pas connu Khadija, et pourtant elle a entendu parler d’elle tous les jours. Il n’y a pas un jour où le Prophète ﷺ ne parlait pas d’elle. Tellement il était nostalgique de Khadija :

  • Il la mentionnait régulièrement,
  • Il évoquait ses mérites,
  • Il offrait des cadeaux et envoyait de la nourriture aux amis de Khadija.
  • Lorsqu’il entendait parler la sœur de Khadija, il se nourrissait du souvenir de sa femme, tant elle avait la même voix qu’elle.

Tout cela a finalement rendu Aïsha jalouse. Elle s’est dit, que le Prophète ﷺ parlait d’elle comme s’il s’agissait d’une vieille dame décédée. Comme pour lui demander ce qu’il avait à toujours la mentionner, elle dit au Prophète ﷺ :

« Allah te l’a remplacée par meilleure. »

Mais le Prophète ﷺ lui a répondu tout de suite :

« Non, non, non. Allah ﷻ ne m’a pas donné de meilleure femme qu’elle. »

Il a ajouté :

« Elle a eu foi en mon message lorsque les gens l’ont rejeté. Elle a cru en moi lorsque les gens m’ont traité de menteur. Elle a dépensé ses biens pour alléger mon chagrin lorsque les gens m’ont abandonné. Et elle m’a donné par la grâce d’Allah une progéniture qu’aucune autre épouse ne m’a donnée.”

C’est tellement beau… La fidélité jusqu’au bout !

La seule et l’unique en son temps

Khadija n’a pas eu de co-épouse. C’est après son décès qu’il s’est remarié et qu’il est devenu polygame.

Ainsi, toutes ses épouses savaient la place que Khadija occupait dans son cœur. Et le Prophète ﷺ ne s’en cachait pas. Je pense qu’il ne faisait pas seulement ça pour mentionner Khadija, mais pour garder son souvenir intact et aussi pour rappeler aux gens qu’ils lui devaient beaucoup à cette femme.

Au-delà d’être :

  • son premier amour,
  • sa meilleure amie,
  • sa confidente,
  • son soutien,
  • celle qu’il aimait le plus,
  • la mère de ses enfants.

C’est aussi la mère des croyants, c’est notre mère à tous. C’est aussi à elle que nous devons le message coranique. Si ce n’était pas Khadija, nous ne l’aurions pas reçu.

Ce qu’il faut retenir

Khadija était celle qui l’avait enveloppé, qui l’avait rassuré sur le fait :

  • qu’il n’était pas fou,
  • qu’il était quelqu’un de bien,
  • qu’il disait la vérité,
  • que ce message est véridique,
  • que Jibril est véridique,
  • qu’Allah ﷻ est véridique,
  • que le Coran est véridique.

Le Prophète ﷺ ne la mentionnait pas juste pour la mentionner. Il aurait pu le faire par amour pour Khadija, mais il y a plus que cela. En clair, ne pas penser à Khadija lorsque vous pensez au Coran n’est pas une bonne approche. Il est très important de prendre tout cela en compte. Comme je te l’ai dit dans les épisodes précédents, il y a différents acteurs dans ta relation avec le Coran :

Elle est la première sur tous les plans. Khadija était bien plus qu’une simple compagne, elle était tout pour le Prophète ﷺ. Elle aurait pu être la seule dans sa vie et remplir toutes les fonctions.

Voilà à quoi ressemble une femme saliha lorsqu’elle est avec un homme qawwam, même si Khadija se distingue bien évidemment. Son caractère pieux et bienfaisant transparaît magnifiquement. Nous lui devons énormément pour tout ce qu’elle a fait. Si aujourd’hui nous pouvons parler du Coran, le lire, méditer dessus, diriger la prière avec ses sourates, c’est grâce à elle. Allah ﷻ a fait passer beaucoup de choses à travers elle. À commencer par le fait de lui avoir confié la tâche cruciale de rassurer le Prophète ﷺ, de l’envelopper, de le soutenir.

Avant de te laisser…

Khadija a renforcé le Messager d’Allah ﷺ, qui en avait besoin. On a presque l’impression que le carburant que Khadija lui a donné l’a suivi tout le reste de sa vie et de sa mission. C’est vraiment très beau. Je ne peux m’empêcher de penser à leurs retrouvailles au Paradis. On souhaite nous aussi les retrouver ainsi, pour les remercier en personne, pour leur dire combien nous leur en sommes reconnaissants. Merci maman Khadija pour tout ce que tu as fait, d’avoir soutenu le Prophète ﷺ, de lui avoir simplement dit que tu le croyais, que tu croyais en ce qu’il disait et que tu lui faisais confiance. Merci de t’être autant investie pour lui et pour nous, pour le Coran. Vraiment, on te doit beaucoup et on espère pouvoir te le dire un jour.

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