Quelle ancêtre es-tu ?

Tu es une ancêtre pour des générations de personnes que tu ne verras jamais ici-bas, que tu ne pourras jamais prendre dans tes bras, avec qui tu ne pourras jamais discuter. Pourtant, aujourd’hui, tu as tout à ta disposition pour prendre soin d’eux. Et être la mère exemplaire qu’ils ne verront jamais. Alors, dis-moi quelle ancêtre vas-tu être ?

 

Le verset qui a inspiré l’article du jour :

 

sourate al baqarah verset 170

Lorsqu’on leur dit : Suivez ce qu’Allah ﷻ a fait descendre, ils disent : Non, nous suivrons ce que nous avons trouvé nos pères ! Et si leurs pères ne comprenaient rien et n’étaient pas guidés ?

Sourate Al Baqarah — 170

Cette ayah m’a beaucoup marquée. Elle montre qu’il est très difficile, sans la guidance d’Allah ﷻ, pour une personne qui a reçu une certaine éducation, de s’en défaire. Et cela même si on lui présente la vérité. C’est complexe, pour la personne, de se détacher de ce qu’elle a toujours eu l’habitude de voir ou de faire.

Cette ayah montre bien que ces personnes sont guidées, on leur expose la vérité. Pourtant, leur réponse est de dire qu’elles suivront ce que leurs pères ont fait. Elles imiteront leurs pas. Allah ﷻ leur demande « Et si vos ancêtres ne réfléchissaient pas ? Et s’ils ne s’étaient pas laissés guidés, vous allez quand même les suivre tête baissée ? ».

Beaucoup de personnes fonctionnent comme cela, et ont fonctionné comme cela, de génération en génération.

Qu’Allah ﷻ nous accorde une descendance digne de Sa voie.

 

L’ancêtre, celui qui crée des antécédents

 

Que tu le veuilles ou non, tu es une ancêtre pour les générations de ta lignée. Chaque action que tu entreprends aujourd’hui devient un antécédent pour ceux qui te suivront.

Regarde ce que tu fais, tes habitudes. Les as-tu inventées ou créées ? Ou est-ce que ce sont des routines dans lesquelles tes parents t’ont fait grandir ?

Tu établis un antécédent quand :

  • tu pries à l’heure,
  • tu manges sainement,
  • tu poursuis tes études,
  • tu apprends à prendre soin de toi,
  • tu apprends à dire « non » à quelque chose que tu ne veux pas.

Cependant, tu crées aussi un antécédent quand :

  • tu te fais passer en dernière, tout le temps,
  • tu communiques de la mauvaise façon,
  • tu es grossière,
  • tu envies et jalouses les autres,
  • tu ne t’instruis pas,
  • tu ne lis jamais ton Coran.

 

Nos ancêtres communs : Adam et Hawwa

 

Lorsque tu penses aux générations de ta lignée, de ton sang, ceux qui vont venir après toi, tu te demandes peut-être ce qu’ils vont devenir. Si elles seront de bonnes ou de mauvaises personnes. Alors, imagine nos père et mère, Adam et Hawwa. Qu’ont-ils dû penser ?

Ils étaient les premiers à avoir été créés. Imagine le degré d’inquiétude, de questionnement, d’appréhension, mais aussi d’espoir, qu’ils ont dû avoir pour leurs descendants, pour nous tous. Ils ont quitté ce monde, sans savoir, enfin pas tout à fait !

En effet, Allah ﷻ a appris le nom de toute chose à Adam. C’est traduit par « toute chose » mais ce n’est pas seulement les noms des objets, des végétaux, etc., car les anges auraient pu répondre à cette question. Alors qu’Allah ﷻ leur a demandé le nom de toute chose, ils n’ont pas pu répondre, tandis que Adam si, il a pu les en informer.

Allah ﷻ l’avait renseigné sur toutes les âmes qui vont être dans sa descendance. Il l’a informé de la personnalité, des habitudes, du devenir de chacun. Nous étions tous des âmes, comme suspendues, des رُوح – rouh d’Allah ﷻ. Ensuite, nous avons été « injectés » dans un corps.

C’est ce qui explique que parfois tu vas te sentir très proche de quelqu’un alors que vous n’êtes pas de la même famille. Vous n’avez pas la même culture, vous n’avez pas les mêmes habitudes, vous ne venez pas du tout du même milieu, et pourtant tu vas ressentir une certaine proximité. Alors, peut-être que lorsque vous étiez des âmes suspendues, attendant pour arriver dans ce bas monde, vous étiez côte à côte. Parfois, avec des gens de ta propre famille ou de ton milieu, tu vas ressentir un fossé entre vous. C’est comme si aucun lien n’existait entre vous. Peut-être que cet éloignement était déjà présent avant.

Adam est au courant de tout ça. Il a questionné Allah ﷻ sur diverses personnes, sur telle âme ou telle âme. Et Allah ﷻ l’informa notamment sur :

  • la personne, donnant son nom,
  • ce qu’elle fera dans la vie,
  • sa personnalité,
  • à quelle génération elle vivra, etc.

Tu imagines, on a donné à Adam une cartographie de tout. C’est de ça qu’il s’agit lorsque Allah ﷻ lui dit qu’Il lui a tout enseigné. Imagine donc son degré d’espoir, ou d’appréhension, lorsqu’il a toutes ces informations-là.

Nos espoirs et nos appréhensions

 

On a aussi un peu la même chose quand on regarde nos enfants. Peut-être qu’on ne sera plus de ce monde lorsque nos enfants auront des enfants, ou qu’ils seront à leur tour grands-parents. On peut mourir demain, après-demain, sans savoir ce qu’il va se passer après, sans pouvoir faire quoi que ce soit après nous. Je pense que c’est ça le plus frustrant. C’est le fait de savoir qu’il va se passer beaucoup de choses après notre départ et qu’on ne pourra rien faire.

Personnellement, quand je pense aux enfants de mes arrière-petits-enfants, que je ne verrai jamais dans ce bas monde, je ressens pourtant un amour profond, comme on aime nos enfants. Regarde comme tu aimes tes enfants, ou tes petits-enfants si tu es grand-mère.

Si tu ne sais pas ce que c’est, observe comment tes parents regardent tes enfants. C’est un autre amour, on a parfois l’impression d’être de trop ! Dis-toi que si l’on te présentait, là, tout de suite, ton arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils ou petite-fille, tu ressentirais un amour décuplé par rapport à tes propres enfants.

Si l’on m’annonçait maintenant que dans ma lignée, il y en aura qui ne seront pas sur le droit chemin, je ne pourrais plus dormir, plus manger, je n’aurais plus envie de vivre.

Si, au contraire, on m’annonçait maintenant que toute ma lignée servira Allah ﷻ, encore mieux que je n’essaye de le faire, alors ça serait un jour de fête pour moi, ça serait une consécration.

Ça me fait penser à une parole de mon père, qui la tient de son propre père (رَحِمَهُ لله). Il lui disait :

« Si tu ne peux pas avoir la tranquillité dans ton cœur, que le fils de ton fils de ton fils de ton fils, ou que la fille de ta fille de ta fille de ta fille sera dans le droit chemin, alors c’est que quelque chose manque dans l’éducation que tu as donnée à tes enfants. »

C’est une phrase très lourde de sens. En effet, même si l’on fait notre maximum, c’est Allah ﷻ qui détient la guidée de chacun. Cependant, on a quand même une responsabilité. La preuve, lorsqu’on ne joue pas notre rôle, on met en grande difficulté les générations après nous. On leur impose déjà de :

  • se défaire d’habitudes qu’ils ont eues pendant des années,
  • de les effacer,
  • de positionner dessus une bonne habitude
  • de la faire perdurer
  • puis de la transmettre.

C’est beaucoup de travail, beaucoup d’efforts qu’on pourrait éviter. La vie est déjà remplie d’épreuves, d’aléas pour ne pas se l’alourdir par une mauvaise habitude.

 

C’est aujourd’hui que tout se joue

 

Pourquoi je te dis tout ça ? Pour te motiver, tout simplement, dès maintenant, car on ne possède qu’aujourd’hui.

Je t’ai parlé du passé. Mais, est-ce que tu peux changer le passé ? Peux-tu retrouver les ancêtres que tu n’as pas vus et que tu aurais aimé voir ? À part faire des arbres généalogiques, réécouter les récits de tes ancêtres, tu ne peux rien faire. Tu ne peux pas les rejoindre, leur poser des questions… Ils ne sont plus là.

De la même façon, tu ne peux pas communiquer avec des descendants qui ne sont pas encore de ce monde. Tu ne pourras jamais discuter avec eux, dans ce bas monde du moins. Je te dis tout ça pour t’aider à peser tes actions, à façonner tes bonnes actions.

Tu sais, si tu as un enfant, il te regarde et t’imite. Considère que tes arrière-arrière-arrière-petits-enfants te regardent aussi et t’imitent. Je parle exprès au présent, car tout ce que tu fais aujourd’hui sera le passif pour d’autres. Ça constituera leur présent vu qu’ils prendront des habitudes que tu auras instaurées.

 

Ma maman, mon héroïne

 

J’aimerais illustrer cela en te racontant un fait sur ma propre maman (qu’Allah ﷻ la préserve). Ma maman a mémorisé la totalité du Coran al hamdoulilah, en trois ans, à l’aube de ses 50 ans. Elle a fait cela en ayant 5 enfants, dont quelques-uns en bas âge. Et moi, l’ainée, je n’étais qu’une jeune adolescente.

Plus tard, son oncle m’a informé qu’elle était la première femme de toute sa lignée à avoir mémorisé la totalité du Coran. Quand j’ai entendu cela, j’avoue avoir un petit peu buggé.

Aujourd’hui, on voit beaucoup de femmes à avoir appris la totalité du Coran. C’est entré dans la normalité. Mais j’ai alors réalisé que ce n’était pas forcément monnaie courante à l’époque où ma maman l’a fait.

Je suis en grande partie d’origine et de culture sénégalaise. Ma mère me racontait qu’à une époque, on disait aux femmes de ne pas mémoriser le Coran, juste ce qui suffisait pour faire leurs prières. Les hommes allaient jusqu’à dire qu’une femme qui mémorisait le Coran c’était dangereux ! Ma mère disait, avec du recul, que ça ne les arrangeait pas, car elles allaient alors connaître leurs droits et leurs devoirs. Et pour certaines habitudes patriarcales, ce n’était pas pour arranger les hommes de ces époques-là. Ils aimaient beaucoup avoir l’autorité, la suprématie et le dernier mot sur les femmes. C’était l’unique raison pour laquelle ils diabolisaient les femmes qui s’intéressaient au Coran.

J’étais fière de réaliser que ma maman avait créé une habitude qui n’existait pas dans sa lignée. Elle a été l’héroïne qu’elle n’a pas eue. Et elle a été mon héroïne, et elle est celle de ma fille ainée et de mes autres enfants. Elle ne s’est pas contentée de se dire que ça ne s’est pas fait dans sa génération, qu’elle n’a pas grandi en ayant cela. Elle a créé ce qu’elle voulait voir après elle. SoubhanAllah ﷻ, Allah ﷻ a ensuite rendu ça évident pour mes frères, mes sœurs et moi.

 

La naissance d’une nouvelle habitude

 

Je n’ai pas vraiment réfléchi en essayant d’apprendre le Coran, c’était normal de le faire. Je voyais ma maman le faire, j’avais des souvenirs d’elle, au contact de son Coran. J’ai apprécié et j’ai appliqué ces choses-là, à moi-même, inconsciemment.

Aujourd’hui, lorsque j’agis et que je me rends compte que ma propre fille et mes garçons imitent ce que je fais. Alors, je me dis que c’est à mon tour de leur créer des souvenirs autour du Coran. J’aimerais qu’ils se rappellent de leur mère, comme de quelqu’un qui, dans son temps, aimait par dessus tout être en compagnie de son Coran.

Je ne pourrais pas assurer à qui que ce soit que mes arrières-arrières-arrières-arrière-petits-enfants aiment le Coran comme je l’aime aujourd’hui. Mais je sais qu’en suivant une voie, en mettant en place des habitudes, que ce soit pour le Coran ou dans d’autres domaines de ma vie, je peux fournir une bonne base. Je lègue alors un bon héritage à des descendants que je ne verrai jamais.

Peut-être que l’arrière-arrière-arrière-arrière-petite fille qui mémorise le Coran, qui l’enseigne ou qui agit à travers, ne saura peut être jamais qu’elle avait eu une arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère qui a été la première à créer une habitude autour du Coran. Une habitude qu’il n’y avait pas dans sa lignée d’ancêtres.

Tu vois comme une action peut avoir un impact ? Une décision peut tout changer. Une non-décision aussi. Toutes les nouvelles bonnes habitudes que tu prendras aujourd’hui, tes descendants en bénéficieront.

Tes ancêtres ont eu le même impact sur toi, même si tu ne le ressens pas. Tu as la possibilité de garder le bon dans leur héritage et de créer du bon sur le reste, qui est peut-être un peu moins bon.

Tu as une occasion inouïe, celle de rétablir, dans ta lignée :

  • le calme,
  • la paix,
  • la joie,
  • la spiritualité,
  • la bienveillance,
  • l’amour,
  • l’honnêteté.

Peut-être que c’est quelque chose qui n’était pas présent ou qui faisait défaut parmi tes ancêtres. Toi, tu peux raccommoder les choses, relier les ponts, et même briser une mauvaise chaîne, des traumatismes, par des actions que tu entreprends aujourd’hui. Tu peux les stopper.

 

Porte-toi de l’estime, pour toi et pour tes ancêtres

 

Certaines personnes ont peu d’estime d’elles-mêmes. Elles pensent qu’elles n’en valent pas la peine. Alors, si tu as une once de doute par rapport à ce sujet, pense aux générations après toi. Est-ce que tu leur infligerais le même traitement ?

Le bonus, c’est qu’avec le bien que tu fais à une personne, tu lui permets à elle aussi de devenir un bon ancêtre. Ce bien, que tu lui auras fait, engendrera le bien dans son quotidien. Cela lui donnera probablement l’envie d’agir également dans le bien. Peut être qu’une bonne invocation que tu feras à la personne, un bon conseil, un moment de qualité passé avec elle, une aide que tu lui accordes, un enseignement que tu lui prodigues, tu lui fournis un bagage, ou tu rectifies quelque chose, tu soignes quelque chose chez elle. Tu permets à cette personne de devenir une meilleure ancêtre que ce qu’elle aurait pu être.

Alors, si tu hésitais à t’inscrire à ce fameux cours d’arabe, ou suivre une thérapie conjugale pour ton problème de couple, ou à soigner une maladie que tu laisses traîner par peur, à demander pardon en premier, à ce parent avec qui tu as coupé les ponts, à demander à Allah ﷻ de t’aider dans une tâche. Si tu hésites à faire une action, pense à tes descendants, en train d’hésiter eux aussi.

Pense a toi en train de vouloir, coute que coute, les secouer désespérément d’agir, sans pouvoir les aider. Imagine juste que tu es spectateur de leurs actions, de leurs hésitations à faire une bonne action ou que toi tu vois à des kilomètres que c’est une bonne action, et tu as envie de leur dire « Fais-le ! Moi je n’ai pas pu le faire ! ». Tu les vois hésiter, mais tu ne peux rien faire.

Voilà pourquoi Allah ﷻ nous a offert la possibilité de gagner des hassanat même après notre départ de ce monde. Nos actions d’aujourd’hui pourront vivre après nous et toucher ce qu’on ne pourra jamais atteindre ici-bas. Nos actions d’aujourd’hui pourront devenir cette grande étreinte, ce sourire, ces mots pleins d’amour à ces générations après nous, qu’on ne verra jamais.

Tu es une ancêtre, en ce moment même. Sois donc une bonne ancêtre, et ça commence aujourd’hui.

Merci d’avoir pris ce temps de lecture. J’espère que cet article sur le fait que tu vas devenir, toi aussi, une ancêtre, t’aura plu. Si tu penses qu’il peut être utile à d’autres personnes, sens toi libre de partager cet article, et même de laisser un commentaire. Tu peux retrouver aussi davantage de réflexions autour du Coran sur Instagram.
Je confie à Allah ﷻ le soin de préserver ta foi, ton honneur et ton cœur. Je te laisse désormais passer un bon moment avec ton Coran en attendant le prochain article.

Salam aleykoum wa rahmatullah.

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