Votre Oustadha Zaynab applique enfin ses propres conseils et sera en congé du 8 juillet au 31 août. Pendant cette période, je prends le temps de me reposer pour revenir avec une meilleure énergie. Seules les demandes et les mails concernant la formation "Coran de ma vie" seront traités par mon équipe. À très bientôt, insha'ALLAH.

Les enfants, ces cadeaux d’Allah

Temps de lecture estimé : <1 min.

Pour élever des enfants, il faut les aimer. Afin de les aimer, on doit les voir comme des cadeaux. Pour apprécier ces cadeaux, il faut réaliser que Celui qui nous les offre n’est autre qu’ArRahman, Allah ﷻ. Cette semaine, j’ai choisi d’aborder ce sujet : la relation parents/enfants et notamment le fait de prendre conscience que les enfants sont des cadeaux d’Allah . Cet article se voudra introductif, afin de poser les bases de cette relation que nous avons avec nos enfants, ce que notre Coran nous dit, etc. Et tu verras qu’encore une fois, ce sujet regorge de pépites qui te feront certainement voir tes enfants sous un nouveau jour !

Sommaire

Les versets qui ont inspiré cet article

Et ton Seigneur a décrété: « n’adorez que Lui; et marquez de la bonté envers les père et mère: si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi; alors ne leur dis point: « Fi! » et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses.
Et par rahma; abaisse pour eux l’aile de l’humilité; et dis : « Ô mon Rabb, fais-leur; à tous deux; preuve de rahma comme ils m’ont élevé tout petit ».

– Sourate Isra, ayat 23-24

Tu dois surement te demander pourquoi je parle des enfants en mentionnant une ayah évoquant les parents. C’est pour te dire que les deux sont liés. La partie qui m’intéresse particulièrement c’est la fin de la ayah 24. Allah ﷻ nous demande de faire une invocation envers nos parents en incluant dedans une action que les parents étaient supposés avoir vis-à-vis de nous, ou du moins ont tenté d’avoir. Il s’agit de faire preuve de rahma pour eux comme ils nous ont élevé petit.

كَمَا رَبَّيَانِى صَغِيرًا

Avant de rentrer dans le détail, j’aimerais te souligner les mots qu’Allah ﷻ emploie ici dans cette relation parent/enfant. Il nous enseigne une grande leçon. En effet, il faut d’abord que le parent fasse sa part du travail pour que l’enfant puisse grandir de façon à pouvoir faire sa part du travail par la suite. Le mot-clé dans ta relation avec ton enfant, c’est donc la rahma.

La rahma, l’élément central de la relation parent/enfant

Ce mot est mentionné à deux reprises dans la ayah. Quand Il dit :

« et par rahma, abaisse envers eux l’aile de l’humilité »

L’enfant est enjoint par Allah ﷻ de faire preuve de rahma envers ses parents. Puis, de la même façon, l’enfant demande à Allah ﷻ de faire preuve de rahma envers ses parents, comme ils l’ont élevé petit. En supposant « comme eux ont fait preuve de rahma » ou « auraient dû faire preuve de rahma ».

Je mentionne cette nuance, car je sais que l’on n’a pas tous les mêmes modèles familiaux. Des personnes ont eu des enfances difficiles, ont vécu avec des parents qui n’ont pas été forcément faciles et qui ont pu ressentir cette relation comme étant dénuée de rahma.

Ces personnes, si elles entendent cette ayah peuvent ne pas se sentir concernés par cette rahma des parents envers l’enfant. Ainsi, elles peuvent se demander pourquoi elles devraient invoquer la rahma pour eux.

Cependant, ce n’est pas une condition qu’Allah ﷻ donne au sujet du bon comportement qu’on doit à nos parents. On le doit, quelle que soit la situation. Ce n’est soumis à aucune condition. Il n’y a aucun texte, ni dans le Coran ni dans les hadith, qui autorise quelqu’un à manquer de respect envers ses parents. Je dirais même qui autorise quelqu’un à faire preuve d’autre chose que d’excellence envers ses parents.

Quand Allah ﷻ s’adresse aux parents

Il mentionne :

كَمَا رَبَّيَانِى صَغِيرًا

Cette partie-là s’adresse aux parents. Ce n’est pas un enfant qui doit lire ça et faire une rétrospective de sa vie en se disant qu’il va rendre ce qu’on lui a donné. Ce n’est absolument pas ça. Quel que soit le traitement que nos parents ont pu nous donner, nous ne serons jamais à la hauteur de leur statut auprès d’Allah ﷻ. D’ailleurs, la ayah commence très fort en disant :

وَقَضَىٰ رَبُّكَ أَلَّا تَعْبُدُوٓا۟ إِلَّآ إِيَّاهُ وَبِٱلْوَٰلِدَيْنِ إِحْسَٰنًا

Allah ﷻ commence par parler de Lui et de ce qu’on Lui doit. Il dit qu’on ne doit adorer que Lui. Ensuite, Il dit :

« et envers tes parents : excellence »

C’est comme pour dire qu’on ne peut pas faire moins que ça. La perfection n’est pas pour nous, donc le degré le plus élevé auquel on peut mener nos actions, c’est l’excellence. Cependant, on pourra toujours faire plus pour les parents.

Quand Allah ﷻ parle comme cela, avec un mot qui peut donner un sens dans une situation et supposer un autre sens dans une autre situation, c’est comme pour nous dire que l’on doit continuer. Si jamais tu arrives à un moment où tu as l’impression d’avoir atteint l’excellence, ça signifie qu’il y a encore à faire. Donc le maître-mot c’est ihsan, l’excellence.

L’adoration d’Allah ﷻ, liée à la relation avec les parents

Après Son nom à Lui, après l’adoration qu’on Lui doit, Allah ﷻ parle tout de suite des parents. C’est comme pour dire que les deux sont indissociables. Tu ne peux pas adorer Allah ﷻ correctement et manquer à ton devoir envers tes parents et faire moins que l’excellence.

La ayah commence par Rabb, dont j’ai déjà donné la définition. Puis, elle termine par un verbe qui est issu de la même racine que Rabb.

On a vu que dans Rabb était incluses les notions :

  • d’élever,
  • d’éduquer,
  • de s’occuper,
  • de prendre soin,
  • de pourvoir aux besoins de quelqu’un.

C’est donc ce qu’un parent est supposé faire pour son enfant.

On a donc l’impression que la ayah commence par les devoirs des enfants puis termine par un rôle et un devoir des parents envers ses enfants. C’est là-dessus que l’on va se concentrer.

Pour que cette éducation, cette élévation de ton enfant, au rang de serviteur ou servante auprès Allah ﷻ puisse se faire dans de bonnes conditions, l’ingrédient secret c’est la rahma.

C’est pour cela que c’est répété deux fois.

Allah ﷻ, Ar-Rahman, Ar-Rahîm

Allah ﷻ se définit tout au long du Coran, au moins 114 fois, comme étant Ar-Rahman et Ar-Rahîm, donc Celui qui fait preuve de grande rahma.

Aussi, Il nous demande de faire preuve de cette même rahma envers nos parents et de demander également la rahma d’Allah ﷻ sur nos parents.

Si l’on veut un enfant qui demande à Allah ﷻ la rahma sur nous, ça suppose que l’on ait fait preuve de rahma envers lui. En effet, on dit qu’on ne peut pas donner ce que l’on n’a pas. On ne doit pas attendre de l’enfant qu’il donne quelque chose qu’il n’a pas connu. Il reproduit, il refait ce qu’on lui a fait.

C’est pour cela qu’Allah ﷻ nous ouvre les yeux en tant que parents, en insistant à la fin, comme pour nous rappeler « attention, j’ai beaucoup parlé de ton enfant, mais tu n’es pas en reste ».

« Comme ils se sont occupés de moi quand j’étais tout petit ».

Juste dans cette petite partie de la ayah, il y a beaucoup de pépites. Elle nous donne énormément d’informations sur notre rôle de parent et sur comment on doit voir nos enfants. Aussi, Allah ﷻ met en lumière comment les enfants doivent nous voir. C’est comme pour dire qu’à un moment on doit voir nos enfants de telle manière, pour qu’eux puissent le rendre encore mieux.

La rahma est donc un ingrédient indispensable dans la relation avec les enfants.

L’étymologie du mot rahma

Juste en disant :

بسم الله الرحمن الرحيم

Bismillahi Ar-Rahman Ar-Rahîm

Allah ﷻ se définit comme propriétaire de la rahma, Son distributeur. Pourtant, Il nous demande de faire preuve de rahma, nous aussi. Il dit même dans d’autres ayat, notamment lorsqu’Il parle du couple, qu’Il a établi la rahma entre eux.

Quand il s’agit de relations familiales (même d’amitié), Il répète beaucoup ce mot. Mais ça ne veut pas dire seulement miséricorde comme il est traduit habituellement.

Miséricorde est une part de la rahma, mais c’est réducteur.

Ce terme vient de la racine ر ح م ra-ha-ma, signifie un amour rayonnant, inconditionnel, expansif, mais qui ne blesse pas.

On parle d’un amour rayonnant, en comparaison avec le rayon du soleil qui va aussi loin que la vue peut le voir. De plus, le soleil n’a pas qu’un seul rayon. La rahma a donc d’innombrables rayons, et chacun est à perte de vue. C’est dire à quel point c’est un amour qui est expansif. C’est cette rahma qu’Allah ﷻ S’est assignée. À chaque fois qu’Il parle de nous, qu’on lit le Coran, qu’on pense à Allah ﷻ, Il veut qu’on pense à Lui comme étant Celui qui est le propriétaire de cet amour-là.

Dans la langue arabe, il y a au moins une trentaine de mots qui rentrent dans le champ lexical de l’amour. Cependant, rahma, c’est celui qui a le plus haut degré. C’est le terme qui traduit l’amour de la manière la plus forte.

Ce haut degré, cette rahma, Allah ﷻ Se l’est attribué. Lorsqu’on dit Ar-Rahman, Ar-Rahîm, on parle alors de cette rahma-là. Une rahma qui est étendue dans le temps, dans l’espace, qui est incompressible.

Cette aussi de cette rahma-là dont Il nous demande de faire preuve dans notre famille : avec nos parents, avec nos enfants, nos conjoints.

Un lien insoupçonné

Il y a aussi une autre beauté dans le terme rahma. Il a la même racine qu’un autre mot : رَحِم – rahim (et son pluriel أرحام – arham). Rahim signifie la matrice, l’utérus.

Quand on voit le fait que rahma, rahman ont la même racine que le mot qui sert à dire « utérus », on a envie d’en découvrir le lien.

L’utérus, c’est le siège de quoi ? Quelle est cette particularité qu’a l’utérus et que n’ont pas d’autres organes ? Il peut porter la vie. Il porte ar-ruh ainsi que l’Humanité.

L’humanité regroupe ces gens envers qui Allah ﷻ fait preuve de rahma. Donc, Allah ﷻ est entier, logique. Quand Il parle de rahma, ça commence dès la matrice, l’utérus. Cette rahma, Il l’a placé à l’intérieur de cette femme qui porte son enfant.

Quand tu comprends cela, tu comprends assez facilement l’amour qui se passe entre une mère et son enfant. Il est indescriptible. Aucun être humain ne peut rivaliser avec cet amour-là. C’est un amour qu’on ne peut pas expliquer. Dès lors qu’elle porte un enfant, surtout si elle l’espérait, l’amour de la mère commence. Pour le père, c’est surtout le jour où il le voit.

À peine on apprend qu’il est là qu’on l’imagine déjà dans les grandes étapes de sa vie. On a plusieurs mois pour construire cette rahma mais finalement, on le fait sans effort, car c’est naturellement là. Notre utérus est le siège de l’amour. C’est très beau qu’Allah ﷻ ait assigné le même mot pour parler de :

  • l’utérus, cet organe qui porte la vie ;
  • l’amour, la rahma ;
  • des noms qu’Il s’attribue, Rahman et Rahîm, qui font partie de Ses 99 noms.

Pour qu’on puisse avoir une idée de l’amour qu’Allah ﷻ nous porte, il n’y a pas d’exemple se rapprochant le plus de Son amour à Lui, que l’amour que porte une mère pour son enfant. C’est pour cela qu’il a assigné dès la matrice cet amour à cette rahma.

La rahma, la base de tout dans l’éducation des enfants

Ça commence par la rahma et ça termine par la rahma. C’est une boucle.

C’est pour cela que dans cette ayah, Allah ﷻ parle de la rahma que doit l’enfant envers son parent, et Il rappelle à la fin le rôle des parents.

Et comment peut-on éduquer un enfant autrement que par la rahma ?

Rahma sur rahma sur rahma… c’est interminable.

On en revient donc à la définition même : un amour intarissable, qui est rayonnant, sans fin. C’est ce qu’il se passe entre une mère et son enfant : un amour inconditionnel.

L’enfance, une période clé

Les enfants sont des cadeaux d’Allah ﷻ. Et ça commence dès la petite enfance, comme la ayah le dit :

« comme ils m’ont élevé quand j’étais tout petit »

Cela souligne l’importance de l’enfance dans la construction d’un adulte équilibré. En effet, si l’enfance avait été obsolète, ou inutile, nous serions directement nés adultes. Si Allah ﷻ nous a fait passer par l’enfance c’est parce que c’est une période clé.

La plupart des blessures des adultes, leurs erreurs, leurs manques, c’est un enfant à l’intérieur de lui qui pleure, qui n’a pas eu certaines choses. Il va passer sa vie adulte à récupérer, à rattraper ce qui lui a manqué pour s’épanouir lorsqu’il était enfant. Donc quand Allah ﷻ parle de cette période clé dans la vie d’un être humain, c’est parce que ça définit sa vie d’adulte. Pourtant, l’enfance n’est vraiment pas longue dans la vie, mais ça a un impact sur le long terme.

Demandons-nous :

  • Comment se comporte-t-on avec nos enfants lorsqu’ils sont petits ?
  • Comment leur distribue-t-on cette rahma ?
  • Quels sont les mots qu’on leur dit ?
  • Est-ce qu’on leur donne des affirmations agréables ?
  • Est-ce qu’on leur parle de manière positive ?

Quand je te dis ça, ça me fait penser à Yaqoub, le père du Prophète Youssouf.

L’éducation des enfants : l’exemple de Yaqoub et Youssouf

Youssouf a vécu peu de temps avec son père, seulement une partie de son enfance. Pourtant, regarde le fabuleux destin que Youssouf a vécu.

Le Coran capture parfaitement les quelques moments qu’il a pu passer avec son père. Analyse ses mots, regarde comment son père lui parle, prend soin de lui et lui parle de son avenir.

Youssouf a grandi auprès de non-musulmans. Il vivait dans un pays de non-musulmans, sans aucun livre pour lui apprendre la religion, n’avait personne pour lui rappeler de faire la prière, faire ses actes d’adoration. Il s’est construit tout seul.

Puis, il n’avait même pas son père Yaqoub, pour les moments clés de sa vie :

  • son adolescence, une période fatidique,
  • quand il est devenu adulte,
  • lorsqu’il s’est marié,
  • quand il a eu ses premiers enfants,
  • la gestion des situations très compliquées,
  • ses épreuves.

Pourtant, il n’a manqué de rien. Il a eu une magnifique histoire, et un beau dénouement.

Quand il a retrouvé son père, ce dernier ne s’est pas inquiété de la manière dont il a évolué, c’était tout simplement l’accomplissement de ce rêve qu’il a fait en étant enfant.

Qu’est-ce qui était important dans ce que Yaqoub a fait dans l’enfance de son fils ? Il lui a donné toute la rahma nécessaire dans les mots, dans les gestes.

Le Coran capture ces mots positifs, d’affirmation, d’encouragement qu’il donne à son fils, comme pour nous enseigner à nous comment il a nourri son fils dans sa tendre enfance.

Cela a suffi à le solidifier, l’accompagner, en plus d’Allah ﷻ bien sûr.

⇒ J’ai d’ailleurs consacré 14 épisodes de podcast sur le Prophète Youssouf, n’hésite pas à les écouter.

Les enfants, des dépôts d’Allah ﷻ

Faire preuve de rahma envers cet enfant, c’est le placer à son véritable propriétaire : Allah ﷻ. Cet enfant ne nous appartient pas : c’est une créature d’Ar-Rahman. On ne fait que prendre soin d’un dépôt d’Allah ﷻ, un cadeau qu’Allah ﷻ nous fait.

De manière générale, tout ce que l’on transmet à notre enfant, ça doit se faire avec un départ d’amour, par rahma. Dans la vie, il faut en effet un minimum d’amour, de rahma, pour transmettre ou pour apprendre quoi que ce soit, pour comprendre, évoluer, etc.

Une étude a même été menée sur le fait d’apporter tous les soins à un bébé, mais sans attitude spéciale, sans expression faciale, sans échanges, etc. On a vu que ces enfants se laissaient mourir. En effet, ils avaient besoin d’interactions, de sourires, d’entendre des paroles valorisantes, de câlins, de proximité, de chaleur, d’amour. C’est ce qui les fait grandir. Autrement, ils se laissent dépérir.

Avec nos enfants, on doit vraiment faire preuve de flexibilité, toujours sous couvert de rahma.

Il y a une réflexion que je me fais, c’est qu’il faut vraiment se dire que c’est un honneur d’avoir, sous son toit, des êtres issus de nous, dont le propriétaire est Allah ﷻ. Quel honneur de les avoir avec moi ! Allah ﷻ m’a fait confiance pour :

  • m’en occuper,
  • les élever,
  • les faire grandir,
  • leur apprendre qui Il est.

Allah ﷻ me les a confiés, et bien qu’ils ne m’appartiennent pas, Il m’a autorisé à les aimer.

Notre comportement avec eux

Pour aller plus loin, comme ils ne m’appartiennent pas, je ne m’autorise pas à franchir certaines limites. Ainsi, je ne peux pas :

  • leur manquer de respect,
  • les maltraiter,
  • les insulter,
  • les abandonner,
  • manquer à mon devoir de soin envers eux,
  • les empêcher d’être eux-mêmes,
  • les rabaisser,
  • laisser quelqu’un leur faire du mal si j’en suis témoin,
  • ne pas leur parler de leur véritable propriétaire, Allah ﷻ, Ar-Rahman,
  • leur parler d’Allah ﷻ en mal,
  • les laisser penser qu’Allah ﷻ leur veut autre chose que du bien,
  • leur faire peur à travers Allah ﷻ,
  • les laisser penser qu’ils doivent avoir peur d’Allah ﷻ.

On doit garder en tête que ces enfants ne nous appartiennent pas, afin de mener toute cette réflexion. Ce sont des cadeaux qui nous sont prêtés pour un temps. Je sais que ces enfants ne m’appartiennent pas, et ont un créateur. D’ailleurs, cette ayah me le rappelle.

Allah ﷻ parle du fait qu’on Lui doit adoration, car nous Lui appartenons tous. À l’intérieur de ces créatures, Il a emboîté les parents envers les enfants, et les enfants envers les parents. Tout cela se regroupe dans l’amour qu’Allah ﷻ nous porte, car nous Lui appartenons. C’est un lien magnifique qu’Il a instauré entre Lui et nous, et entre Ses créatures.

Le lien avec les générations futures

Nos enfants, ces cadeaux qu’on peut voir, regarder et admirer sont notre lien avec les générations d’après. En effet, ils sont notre lien avec notre descendance.

Nous en avions déjà parlé, nous sommes des ancêtres dès maintenant. Toutes tes actions d’aujourd’hui auront un impact sur des générations futures, dans ta propre lignée, sur des personnes que tu ne pourras pas voir ni toucher, à qui tu ne pourras pas parler.

Je vais vraiment loin dans cette réflexion pour apprécier le présent. Ces enfants que tu vois aujourd’hui sont ce lien que tu as avec ces générations futures. Les générations après nous existent déjà, elles vont arriver.

Elles sont prêtes à intégrer ces corps qu’Allah ﷻ leur a réservés. Nos actions, dès maintenant, auront un impact sur elles. Notre présent sera leur passé. Les habitudes qu’on instaure dans notre famille vont perdurer et vont arriver jusqu’à elles. C’est comme une lettre que tu leur envoies : toutes les mauvaises habitudes, et les bonnes, sont comme un courrier que tu leur écris et tu ne seras plus là pour corriger, voire effacer ou ajouter quoique ce soit.

Une réflexion à mener au quotidien

Quand je regarde mes enfants, je me dis que c’est l’occasion de communiquer, de toucher, de regarder, les générations après moi, de ma lignée. C’est quelque chose de très fort. Je me dis que si je meurs demain ma descendance n’aura d’héritage de moi que ce que j’aurai transmis à mes enfants comme messages, comme idées, etc.

Qu’est-ce que je souhaite transmettre aux enfants de mes enfants,  puis à leurs enfants à leur tour ?

Quand ton enfant veut discuter avec toi et que tu es fatiguée, quand tu veux le féliciter, quand il fait une bêtise… Quelle que soit la situation, demande toi si la réponse que tu lui donnes (que ce soit une parole, un regard, un toucher), est-ce que c’est ça que tu souhaites faire à ta lignée ?

Si maintenant on te donnait l’opportunité de rencontrer, de parler avec, de prendre dans tes bras une personne de ta lignée, 7 ou 8 générations après toi. Est-ce que tu aurais alors envie de :

  • lui crier dessus ?
  • la taper ?
  • la pousser ?
  • la regarder méchamment ?

Jamais de la vie ! Tu te prépares à te comporter de la meilleure façon envers cette créature, alors pourquoi ne pas le faire avec cette créature qui est déjà devant toi et qui sera le témoin pour des générations après toi.

Peut-être que l’on ne vivra pas assez longtemps pour voir nos petits-enfants, mais on a cette chance de pouvoir voir nos enfants actuels. C’est eux qu’Allah ﷻ nous a donnés. Alors, prenons soin d’eux et faisons preuve de rahma envers eux. En faisant cela, on fait preuve de rahma envers tous les enfants de notre lignée que l’on ne verra pas.

C’est une notion qui me touche énormément et elle me permet de faire attention à mes actions. Quand je sais que mes actions auront des conséquences sur toute ma descendance, alors je réfléchirai à deux fois avant de faire quelque chose.

Les enfants, le point de départ pour ton commerce avec Allah ﷻ

Si je fais une bonne action qui se perpétue, génération après génération, je serai fière devant Allah ﷻ de me dire qu’à tel moment, j’ai décidé de faire cette bonne action :

  • faire une prière surérogatoire,
  • faire du Coran mon compagnon,
  • arrêter de mentir,
  • faire de mon époux mon meilleur ami,
  • aider telle personne, etc.

Imagine : tu démarres une action, tu restes constante dessus, et 10 générations après, ça perdure. Puis, ces gens-là le font sans réfléchir, sans se douter que ça vient de toi.

Allah ﷻ ne voit pas que les résultats, Il voit les efforts, et Il remonte loin dans les comptes. Il n’oublie rien. En effet, il n’y a rien qui Lui échappe. Ce jour-là, tu seras bien contente de retrouver un compte en banque de hassanat en t’étonnant de la quantité. Tu seras bien heureuse quand Allah ﷻ te dira que tu as entrepris cette habitude, que ton fils ou ta fille a fait pareil, que son fils ou sa fille a fait pareil, et ainsi de suite, jusqu’à la fin des temps. L’origine de cet acte, c’était toi. Tu as fait, et ça s’est démultiplié. Allah ﷻ te rendra le bénéfice de ton commerce.

Tu vois comme toutes les notions se regroupent ! Tout est lié.

C’est pour cela que l’on doit voir nos enfants comme des cadeaux. En tout cas, moi c’est ce que je me dis tout le temps quand je le regarde. Je me dis que si j’ai une mauvaise relation avec mon enfant et que je pars de ce monde, je pars en communiquant cela à ma descendance. Lorsque tu quittes ce monde, autant les bonnes actions se démultiplient, mais de la même façon, les mauvaises actions qui perdurent, également. Tu n’imagines même pas comme les conséquences peuvent être gravissimes.

J’ai envie de laisser un bon souvenir à ma descendance. Je laisse donc un bon souvenir à cet enfant, qui est là devant moi. Ce même enfant qui va devenir un adulte. Il faut vivre chaque moment comme si c’était le dernier. Chaque moment que je passe avec mon enfant, je dois m’efforcer de penser que c’est aussi un moment que je passe avec les futures générations de ma descendance.

La relation parents/enfants : avant de te laisser…

Comme nous l’avons dit en introduction, nos enfants sont des cadeaux. L’amour est un élément absolument nécessaire pour les élever. Pour apprécier les cadeaux qu’ils représentent, nous devons réaliser qui nous les a confiés, et ainsi faire preuve de rahma. La boucle se ferme sur la rahma. On commence par la rahma, on termine par la rahma. De même qu’à l’intérieur, ça ne doit être que de la rahma. Puis, nos enfants sont là pour la faire perdurer. Qu’Allah ﷻ fasse de nos enfants la tranquillité de notre cœur et que nous soyons aussi la tranquillité de leur cœur. Qu’Il fasse qu’entre nos enfants et nous, dans notre foyer, avec nos conjoints, ne circule que rahma. Qu’Il fasse que la rahma ne quitte jamais notre descendance. Qu’Allah ﷻ fasse que nous le retrouvions le Jour du Jugement Dernier, plein de rahma, car c’est par Sa rahma que nous rentrerons à nouveau au Paradis, et non pas par nos actions. Amin ya rabb al-‘alamine.

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