Si quelqu’un pouvait se dire trop occupé, c’était bien le Prophète ﷺ : chef de famille, chef d’État, chef militaire, enseignant, guide de l’humanité, porteur du Coran. Pourtant, si on calcule son temps de sommeil total, il dormait entre sept et huit heures par jour, réparties en trois phases. Voyons ensemble comment se déroulait le sommeil du Prophète ﷺ.
Le premier sommeil : après salat al-‘ishâ’
Après la prière d’al-‘ishâ’, le Prophète ﷺ ne traînait pas. Il n’aimait pas bavarder longuement, assister à des rassemblements sans nécessité, rester à la mosquée à discuter tard. Sauf exception — par exemple si ‘Umar رضي الله عنه avait besoin de lui pour une urgence — il rentrait chez lui.
Ce moment-là était réservé à lui, à sa famille, à son dhikr et ses prières… Aujourd’hui, on multiplie :
les conférences du soir,
les réunions,
les visites,
les soirées hors de chez soi.
Parfois on n’a pas le choix, les journées sont chargées. Et encore plus durant l’hiver où la nuit tombe très tôt.
Mais si on observe la sunnah, après al-‘ishâ’ c’était recentrage, intimité familiale, repos et adoration. Alors attention, ça ne signifie pas que l’on commet un péché si on a quelque chose à faire le soir, mais ce n’est pas la sunnah.
Le deuxième sommeil : le qiyâm
Après cette première phase, il dormait puis se levait pour la prière de la nuit : le qiyâm, appelé aussi tahajjud. Dans la tranquillité profonde du dernier tiers de la nuit, il était seul avec son Seigneur ﷻ. Pas de visiteurs, pas de questions juridiques, pas d’imamat à assurer.
Il prenait son temps :
récitations longues,
pleurs,
méditation,
invocations.
Contrairement aux prières de la journée, où il devait tenir compte de ceux qui priaient derrière lui, la prière de la nuit lui donnait une liberté totale.
S’il voulait :
rester vingt minutes en sujûd, c’était possible.
réciter toute la sourate al-Baqarah dans une seule rak‘ah — ce qu’il a déjà fait — il le faisait.
répéter une seule et même ayah pendant toute la rak‘ah, il la répétait.
La prière nocturne est la prière de la liberté :
choisir le nombre de rak‘ât,
rester longtemps dans une position,
dérouler toutes ses invocations,
traiter ce que j’appelle “les dossiers” : faire des invocations pour ses enfants, ses parents, sa communauté…
Profiter de la nuit pour penser aux peuples opprimés
Aujourd’hui, pourquoi est-ce qu’on n’est pas tous en même temps en train de faire des du‘â pour la Palestine, pour la Birmanie, pour les Ouïghours, pour le Bangladesh, le Soudan, le Congo…? Et même si certains peuples ne sont pas musulmans !
Tu penses à tous les endroits du monde où il y a de l’oppression. La Palestine, numéro un : pourquoi ? Parce que c’est une terre sainte. Ce n’est même pas une histoire de culture. Ce sont des êtres humains, ce sont nos frères et sœurs en religion et, en plus, ils sont gardiens d’une terre sacrée.
Se responsabiliser et consacrer de son temps
Ce n’est pas normal de se lever la nuit sans avoir mis des prières dedans, ou même la journée. Une sajda, tu peux la consacrer à ça. Je suis certaine que si tous les cerveaux musulmans, en même temps, levaient les mains et demandaient à ALLAH de libérer la Palestine, elle serait libérée séance tenante. C’est possible pour Allah, ce n’est pas impossible.
Et peut-être que tout ce qui se passe aujourd’hui, ALLAH est en train de nous donner des leçons sur nos actes individuels. Il ne faut pas croire que notre responsabilité n’est pas engagée. J’en avais déjà parlé dans l’épisode consacré à al-Aqsa. Donc la nuit, il faut se lâcher et dire tout ce qu’on a à dire.
Et c’est trop beau parce qu’on a sept jours dans la semaine. Tu veux faire ça toutes les nuits ? Fais ça toutes les nuits. Ce n’est pas obligé de durer deux heures. Tu règles ton réveil et tu te lèves juste avant le fajr.
Se ressourcer au coeur de la nuit
Vraiment, la nuit, pour le Prophète ﷺ, c’était son moment. Peut-être même qu’il vivait toute la journée en supportant les charges, juste pour goûter à ce moment-là.
Là où les gens pensent se détendre après la prière, lui voyait chaque prière comme un refuge.
« Alhamdoulillah, c’est l’heure de la prière ».
Comme quelqu’un qui court pour rentrer chez lui, dans son confort. Alors la nuit, c’était encore une autre dimension.
Casser son sommeil pour ALLAH ﷻ
Il cassait son sommeil : il ne dormait pas d’une traite. Une partie de la nuit après al-‘ishâ’, il dormait, puis il se relevait pour la prière de la nuit. Et cela demandait une discipline incroyable.
À l’époque, pas de réveils, pas d’alarmes. La nuit est noire : comment distinguer le premier tiers, le deuxième, le dernier ? Le coq ne te réveille pas au milieu de la nuit : il est “programmé” pour l’aube.
Et pourtant, ils y arrivaient. Nous, on a des facilités qu’ils n’avaient pas. Eux ne pouvaient pas faire un tiers de nuit parfaitement calculé : il faudrait un réveil. Et ALLAH ﷻ admettait cette marge d’erreur dans une adoration surérogatoire.
À la fin de surat al-Muzzammil, on voit comment ALLAH ﷻ allège, organise et manifeste Sa rahma dans la prière de la nuit. C’est magnifique.
Un objectif qui change la manière de dormir
Le Prophète ﷺ cassait son sommeil pour sa spiritualité, pas pour veiller inutilement. Et pas pour scroller comme on le fait à notre époque !
Sa manière de dormir était orientée vers son objectif : la rencontre avec ALLAH ﷻ dans la nuit. Il se couchait tôt parce qu’il savait qu’il voulait se lever.
C’est comme s’il disait :
« j’ai tellement envie de savourer mon moment avec ALLAH ﷻ tout à l’heure, je vais vite dormir ».
Quand tout le monde dormait, lui se levait pour être seul avec ALLAH ﷻ.
Le troisième sommeil : la sieste
On a donc un sommeil triphasique :
Première phase : après al-‘ishâ’.
Deuxième phase : après le premier sommeil, pour la prière de la nuit.
Troisième phase : la journée, avec la sieste prophétique : la qailûlah.
La sieste prophétique : un enseignement oublié
Le Prophète ﷺ, a dit dans un hadith authentique :
« Faites la sieste, car les démons ne font pas la sieste. »
Moi, j’aime beaucoup ce hadith. Et même si je ne suis pas partisane d’utiliser Shaytan comme menace, parce que je n’aime pas faire peur à mes enfants, là c’est le hadith, c’est le Prophète ﷺ qui parle ainsi.
Un jour, je l’ai cité exactement comme ça à un de mes fils qui ne voulait pas faire la sieste. Je lui ai expliqué qu’il n’y a pas d’âge, que le Prophète ﷺ avait déjà plus de quarante ans lorsqu’il prononce cette parole, et pourtant il dit : « faites la sieste ».
Et mon fils, ce qui le motive, c’est de faire l’inverse de ce que fait Shaytan !
La sieste : pour les enfants… et les adultes
Et ce hadith ne concerne pas que les enfants, les adultes aussi. Il y a des adultes qui combattent la sieste comme si c’était une perte de temps, comme si vingt minutes allaient leur faire rater des opportunités dans la dounya.
Et la qaylûlah du Prophète ﷺ, telle qu’on la mentionne, il faut savoir que dans l’étymologie arabe, qaylûlah ne veut pas nécessairement dire dormir. Ça peut vouloir dire :
faire la sieste,
dormir,
mais aussi se reposer .
Tu peux t’asseoir, poser ta tête, ne rien faire : même si tu ne t’endors pas, ça rentre dans qaylûlah .
C’est vraiment le fait de couper . C’est-à-dire :
je ne parle pas au téléphone,
je ne scrolle pas,
je ne lis pas,
je ne regarde pas de vidéos,
je n’échange pas avec quelqu’un.
Je stoppe.
Quand on dort, on ne peut pas scroller en même temps. On ne peut pas ronfler et regarder un film. Donc la qaylûlah , c’est atteindre cet état : soit on dort, soit on ne dort pas, mais on coupe.
Et ça, c’est reposant. Après, j’ai envie de dire : si on stoppe, autant dormir, ça fait d’une pierre deux coups.
Le sommeil du Prophète ﷺ : une sieste entre dhuhr et ‘asr
On sait qu’au niveau santé, la régénération offerte par un sommeil bien placé est énorme. Et le Prophète ﷺ était stratégique. Quand il fait quelque chose, il faut mettre la loupe dessus et copier/coller.
Si lui, qui est chef d’État, chef de famille, guide de la Ummah, très occupé, très sollicité, prend la peine de faire sa qaylûlah , sa sieste, je ne sais pas comment on peut imaginer vivre une vie correcte sans ça.
Je ne parle pas d’obligation de la faire tous les jours, mais au moins d’essayer de l’intégrer. Et même si la seule intention est : « j’imite le Prophète ﷺ » , cela suffit, et c’est même la meilleure raison.
Sa qaylûlah était généralement entre dhuhr et ‘asr, en milieu de journée. Et même de courte durée, elle lui redonnait de l’énergie et de la lucidité. Il ressortait revigoré.
Aujourd’hui, la science confirme : une sieste de vingt minutes améliore la concentration, réduit le stress et booste la mémoire.
La sieste et la mémorisation du Coran
À l’époque où je mémorisais les sourates du Coran, j’ai testé cette pratique.
Je mémorisais des pages le matin,
Je les réactivais dans la journée,
Je récitais la page avant de faire la sieste.
Après une sieste de trente minutes je me réveillais, et avant même de me laver le visage, je récitais encore les pages mémorisées.
Et je peux vous dire que les jours où je faisais la sieste, elles étaient en mémoire infiniment mieux que les jours sans sieste. C’était un booster.
Pendant le sommeil, on dirait qu’il y a des petits agents dans la tête qui rangent la bibliothèque, dépoussièrent, organisent.
Et quand tu te réveilles, tu as l’impression qu’ils te disent : « c’est bon, tout est en place. »
Les sourates que j’ai le mieux mémorisées sont celles apprises les jours où j’ai fait la sieste. Je confirme : ça marche très bien.
Le sommeil prophétique : le respect du rythme circadien
Quand on regarde la découpe du sommeil prophétique, comme je le disais, sur vingt-quatre heures, on a :
une phase après l’‘ishâ’ : 3 à 4h de sommeil
une phase avant le fajr, donc la dernière partie de la nuit : 3h-3h30 de sommeil
la sieste en journée : 20 à 40 minutes de sommeil
Si tu combines : ça fait un total de sept à huit heures.
Exactement ce que recommande aujourd’hui la chronobiologie moderne, un terme compliqué pour dire la science du rythme circadien moderne.
Quand on regarde la sagesse du Prophète ﷺ dans son sommeil, on voit vraiment qu’il s’aligne avec le rythme naturel de l’être humain, donc le rythme circadien.
Le Prophète ﷺ s’alignait avec le rythme du soleil, de la lune :
se coucher tôt,
se lever tôt,
faire la sieste en journée.
Ainsi, on voit que c’est la recette idéale pour l’énergie et la longévité.
Un fait supplémentaire : le Prophète ﷺ ne savait ni lire ni écrire, il était illettré, et pourtant il a mémorisé le Coran dans son intégralité.
Tu t’es déjà demandé comment ?
Comment le Prophète ﷺ a-t-il mémorisé sans support écrit ?
On pourrait dire :
“Oui, mais il avait une bonne mémoire.”
“ALLAH lui a facilité. “
“ Jibrîl عليه السلام descendait chaque année pour lui faire réviser tout ce qu’il avait appris du Coran. “
D’accord, mais au quotidien, comment il maintenait tout ça ?
Aujourd’hui, qui dit révision dit pouvoir aller vérifier si on s’est trompé ou pas, dit pouvoir aller lire.
On a une référence : on prend le mus’haf , on vérifie notre page, on ferme, on réouvre si nécessaire. On a un socle.
Le Prophète ﷺ n’a pas ce support, puisqu’il ne peut ni lire ni écrire. Donc comment fait-il fait ? Et c’est là que je me dis : si lui, qui n’avait pas la possibilité de faire des allers-retours dans un mus’haf , arrive à mémoriser, on comprend que le sommeil a aidé et a participé à ça.
Donc si un homme comme lui, qui ne peut pas lire régulièrement, arrive à maintenir toute la révélation en mémoire, nous, qui pouvons lire, écrire, vérifier, chercher, cliquer, trouver les ayât en quelques secondes, on va être très forts si on dort correctement. Ça ne peut que nous booster.
La baraka dans le sommeil
C’est une mémoire soutenue par la baraka d’ALLAH ﷻ, mais aussi par une hygiène de vie carrée : un sommeil réparateur pour un esprit clair.
Et si on regarde sur le plan physique et de la longévité, c’est pareil ; le sommeil :
réduit le stress,
renforce l’immunité,
équilibre les hormones.
Et pour le coup, manquer de sommeil réduit l’espérance de vie sur le long terme.
Aujourd’hui, la science confirme : dormir moins de six heures par nuit augmente de 12% le risque de mortalité prématurée .
Est-ce que tu imagines ? C’est une donnée médicale.
Avec des nuits blanches répétées, on en paie le prix derrière. Ça réduit l’espérance de vie, ça perturbe le cœur, ça augmente les risques cardiovasculaires, ça affaiblit la mémoire.
Penser qu’il faut veiller en permanence, gratter sur son sommeil pour apprendre plus, c’est l’inverse.
On le voit : quand on force la nuit, il n’y a plus rien qui rentre, on reste devant le livre mais rien ne s’imprime.
Passer du temps devant l’ordinateur à faire nos dossiers ne sert à rien : ça ne rentre pas.
Retrouver le sens du sommeil dans la sunna
Ce que ton Coran te dit, c’est : va dormir.
La nuit, ALLAH l’a instaurée pour être une couverture, et la journée pour travailler.
Et si tu veux vraiment te lever la nuit, quand tu regardes le Prophète ﷺ, ce qu’il faisait, ce n’est pas pour finir tes dossiers, ce n’est pas pour aller regarder une série, ce n’est pas pour aller discuter avec quelqu’un sur le téléphone.
C’est pour aller parler avec ALLAH ﷻ.
Si tu dois te lever la nuit, ça ne doit être que pour ça :
prière,
dhikr,
lire le Coran.
Et ce qui est préférable, c’est la prière.
Donc franchement, on sait ce qu’on doit faire.
Et le Prophète ﷺ, il y a plus de 1400 ans, nous a transmis un modèle idéal que la science ne valide qu’aujourd’hui.
Encore une fois : qu’est-ce qu’on attend pour le copier-coller ?
Parce que si on a envie, si on a une bonne intention, si on soumet cette intention à ALLAH ﷻ, si on Lui demande de nous aider, la suite normalement devrait aller.
Des applications pratiques et réalistes pour notre quotidien
Dormir tôt après al-‘ishâ’
Il faut essayer, voire le mettre en place progressivement. Bien évidemment, si on a l’habitude de se coucher à 2h du matin, on ne pourra pas se coucher à 20h dès le jour suivant.
Donc on diminue progressivement, jusqu’à arriver à un point qu’on peut tenir.
Et donc, il faut se coucher tôt après al-‘ishâ et réduire au minimum toutes les interactions sociales, digitales.
Vraiment, il faut faire de ce temps un temps pour nos foyers, un temps pour nous, un temps pour le repos. Personne ne doit pouvoir avoir accès à nous, (que ce soit en ligne ou en physique), hormis notre famille bien sûr.
Se lever dans le dernier tiers de la nuit
Pour commencer, tu peux viser 15 minutes dans le dernier tiers de la nuit. Ainsi, si le fajr est à 7 h, par exemple :
Si tu veux calculer le temps de te lever vraiment de ton lit, que tu sois bien réveillé, le temps d’aller faire tes ablutions, t’habiller pour la prière, etc. = il faut prévoir 10-15 minutes.
Et si tu veux prier quinze, vingt, trente minutes, tu le comptes aussi.
Donc peut-être que pour un fajr à 7 h, le plus judicieux, c’est de se lever à 6h. Le temps de faire tout ce que tu as à faire, il est entre 6h15 et 6h30, et donc tu as 30 minutes de prières devant toi.
Puis vient le fajr dans la continuité. C’est aussi simple que ça. Mais il faut programmer ça. Si on ne le programme pas, ça ne fonctionne pas.
Comme je disais : se lever avant le fajr pour goûter à la douceur du silence de la nuit, et à la douceur de la proximité avec ALLAH et de nos conversations avec Lui.
Faire la sieste : un moyen simple et accessible
Il faut essayer de faire la sieste lorsque cela est possible. Bien sûr, certains métiers ne le permettent pas.
Lorsque je jeûnais où lorsque je n’avais pas particulièrement faim, je profitais souvent de ma pause de midi pour me reposer. Si j’avais une heure, je la divisais parfois en deux :
un moment pour manger,
un autre pour dormir.
D’autres jours, j’allais simplement dans ma chambre de garde pour faire une courte sieste.
En réalité, il existe toujours un moyen de se reposer, même brièvement. Cela dépend du service, de la charge de travail, des horaires, mais un temps de pause reste possible. J’admire à ce titre certains pays, où la sieste est intégrée à la journée de travail. Dans certaines entreprises, elle est même rémunérée et considérée comme un temps de travail à part entière.
Certains peuples non musulmans respectent ainsi, sans le savoir, une pratique recommandée par le Prophète ﷺ. Ils ont adopté cette habitude bénéfique, au point d’en faire une norme sociale. Puissions-nous, dans nos pays musulmans et partout ailleurs, redonner à la sieste sa juste place. Le monde s’en porterait mieux, et les cœurs aussi : les gens seraient plus calmes s’ils dormaient davantage.
Repenser nos choix plutôt que blâmer le manque de temps
Après avoir parlé de la sieste, il est important d’aborder la question de la réorganisation de nos vies. En réalité, le problème n’est pas de ne pas avoir le temps. Le véritable obstacle, ce sont nos choix qui nous empêchent de respecter la sunnah.
Il faut avoir l’humilité de le reconnaître. Beaucoup diront : « Oui, mais dans mon travail, je ne peux pas faire la sieste. » Ce n’est pas la sieste qu’il faut remettre en question, mais nos priorités et notre mode de vie.
La sunnah du Prophète ﷺ n’est pas à adapter à nos choix. Ce sont nos choix qui doivent s’aligner sur la sunnah. Cela concerne nos horaires, nos habitudes et notre façon d’organiser nos journées.
Si la nuit il est difficile de se lever, il faut se demander pourquoi.
→ Qu’est-ce qui nous pousse à nous coucher tard ?
→ Qu’est-ce qui rend le réveil pour le fajr, et encore plus pour le milieu de la nuit, si compliqué ?
Ces questions doivent nous conduire à ajuster nos habitudes, pas à justifier nos manquements.
La sunnah ne change pas pour s’adapter à nous. C’est à nous de changer pour la suivre. Et suivre la sunnah, c’est non seulement une clé de réussite dans cette vie, mais aussi une porte d’entrée vers le paradis.
Cesser les excuses et viser al-ihsan
Avec le temps, je me rends compte qu’il faut cesser de se chercher des excuses. Nous avons souvent tendance à croire que notre situation est exceptionnelle, que les autres peuvent y arriver, mais que pour nous, c’est différent. Cette manière de penser doit disparaître si l’on veut progresser vers l’ihsan .
Il faut également arrêter de compliquer chaque difficulté en y ajoutant d’autres problèmes, au lieu de chercher des solutions. Celui qui veut réellement réussir trouvera toujours un moyen. Celui qui ne le veut pas trouvera toujours une excuse.
Revoir nos priorités et nos emplois du temps
Il ne faut pas dire : « Je n’ai pas le temps. » Il faut plutôt reconnaître que ce sont nos choix qui nous empêchent de respecter la sunnah . Et cela, c’est un problème à régler.
Nous devons revoir nos emplois du temps, sans remettre en question celui du Prophète ﷺ. Son modèle n’a pas à être adapté à nos habitudes. C’est à nous de réorganiser nos vies, et nous en sommes capables. C’est peut-être le moment de renégocier certaines choses, de s’écouter davantage et de remettre de l’ordre dans nos priorités.
Très souvent, lorsque l’on cherche à suivre la sunnah du Prophète ﷺ et ses modèles de vie, on découvre que c’est aussi une manière de se respecter soi-même.
Aujourd’hui, on parle beaucoup du fait de poser des limites, de savoir dire non, de ne pas se laisser dépasser. Mais il faut appliquer cela d’abord pour préserver notre relation avec Allah et notre attachement à la sunnah. Si refuser certaines choses permet de mieux respecter la sunnah, alors il faut le faire. Si c’est simplement une question d’ego, il vaut mieux s’en abstenir. C’est aussi simple que cela.
Le sommeil du Prophète ﷺ : un modèle d’adoration
Le Prophète ﷺ était l’homme le plus occupé de l’Histoire. Et pourtant, il dormait suffisamment chaque jour — au moins sept heures — réparties en trois phases parfaitement équilibrées. Son sommeil n’était pas une perte de temps. Il était organisé, réfléchi, et devenait une adoration puisqu’il servait à mieux adorer ALLAH ﷻ.
Le sommeil, pour lui, prenait la dimension d’une ‘ibada, car il le faisait pour ALLAH ﷻ. C’était une hygiène de vie, une source de force, de clarté et d’équilibre. C’est dans ce repos qu’il puisait l’énergie nécessaire pour ses autres adorations : le dhikr, la prière, et tout ce qui le reliait à ALLAH ﷻ.
Avant de te laisser…
Il faut se souvenir de cela : bien dormir est une sunnah. Faire la sieste est aussi une adoration, car cela permet de respecter la sunnah et de retrouver la force d’adorer ALLAH ﷻ avec plus de présence et d’énergie. Réorganiser sa vie autour des prières et du sommeil prophétique, c’est cela, la véritable recette de la baraka. Rien d’autre.
Si nous n’y parvenons pas aujourd’hui, ce n’est pas parce que la sunnah serait irréaliste ou inaccessible. Ce n’est pas non plus parce que notre situation est une exception. C’est simplement parce que nos choix de vie sont déséquilibrés. Il faut accepter cette vérité et revenir à un rythme qui respecte la nature de l’être humain et la sagesse prophétique.
Qu’ALLAH ﷻ nous accorde un sommeil paisible, équilibré et réparateur. Qu’Il mette la baraka dans nos nuits comme dans nos journées. Amin
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