Aujourd’hui, j’ai voulu parler du sujet de la musique. Pas pour trancher. Ce n’est pas mon rôle, ni ma compétence, de dire : « voilà la règle, c’est comme ça, le fiqh dit ça, la loi c’est celle-là ». Mais pour questionner.
Parce qu’au fond, le sujet, ce n’est même pas seulement — même si c’est un sujet important — « est-ce que la musique est halal ou haram ? ». Ça, tu vas le comprendre toute seule.
La vraie question, c’est :
qu’est-ce que la musique fait à mon cœur ?
Qu’est-ce qu’elle fait à mon rapport à ALLAH ﷻ ?
Qu’est-ce que la musique t’empêche d’entendre ?
C’est une question qu’il faut se poser.
La ayah qui motive l’épisode
وَٱسْتَفْزِزْ مَنِ ٱسْتَطَعْتَ مِنْهُم بِصَوْتِكَ وَأَجْلِبْ عَلَيْهِم بِخَيْلِكَ وَرَجِلِكَ وَشَارِكْهُمْ فِى ٱلْأَمْوَٰلِ وَٱلْأَوْلَـٰدِ وَعِدْهُمْ ۚ وَمَا يَعِدُهُمُ ٱلشَّيْطَـٰنُ إِلَّا غُرُورًا
« Et incite, par ta voix, ceux que tu pourras parmi eux. Rallie-les par tes cavaliers et tes fantassins. Associe-toi à eux dans leurs biens et leurs enfants. Et fais-leur des promesses. Or le diable ne leur fait que des promesses trompeuses. »
Sourate Al-Isra, ayah 64.
Alors, cette ayah, ce verset… certains exégètes, comme Ibn Kathir, Al-Qurtubi, Al-Tabari, raḥimahumullāh, l’ont interprété, entre autres, comme une allusion à la musique et au son qui détourne du rappel d’ALLAH ﷻ.
Donc moi, je n’affirme rien, parce que ce n’est pas la seule lecture possible de cette ayah, bien sûr. Mais c’est une des interprétations authentiques, et une des interprétations les plus profondes au sujet de cette ayah. C’est quelque chose à prendre en compte.
La musique, ou l’art d’occuper le vide
Aujourd’hui, on n’écoute plus seulement la musique : on se réfugie dedans. Les gens s’y réfugient.
Quand ils se sentent tristes, ils mettent une chanson triste.
Quand ils sont motivés, ils vont chercher une chanson motivante.
Quand ils sont blessés, ils vont chercher une chanson de revanche.
Et là, la musique devient un dopant émotionnel. Et c’est grave.
La question, ici, c’est : est-ce que la musique te soigne, ou est-ce qu’elle te stimule ? Parce que ce qui te stimule va aussi te vider. Et ce qui te soigne va t’élever.
Ce qui apaise vraiment le cœur
Et qu’est-ce que dit ALLAH ﷻ dans le Coran ?
« N’est-ce pas par le rappel d’ALLAH ﷻ que les cœurs se tranquillisent ? »
Il n’a pas parlé de la musique. Ce n’est pas par la musique. C’est par le rappel d’ALLAH ﷻ.
Et jusqu’à preuve du contraire — je ne parle pas des chants religieux, je ne parle pas des chants religieux avec des percussions, des instruments halal autorisés par le Prophète ﷺ, tout ce qui est duff, tambour, percussion, avec des paroles qui plaisent à ALLAH ﷻ — je ne parle pas de ça.
Je parle des chansons qui n’évoquent pas ALLAH ﷻ une seule fois pendant toute la chanson. Je parle d’instruments qui ne sont pas du tout ceux que le Prophète ﷺ a autorisés. Je parle aussi de fréquences utilisées, qui n’ont rien de naturel.
C’est de ça que je parle.
Donc, ce n’est pas la musique qui tranquillise le cœur, c’est le rappel d’ALLAH ﷻ : le dhikr, le Coran, les duʿā, les hadith
Les questions à te poser
Et tu en trouves beaucoup, des musiques aujourd’hui, dans l’industrie musicale, qui parlent d’ALLAH ﷻ ? Il y en a peu. Par contre, elles parlent beaucoup de Shaytan, de ses ruses, et de beaucoup de choses qui ne vont pas dans notre monde. Elles parlent beaucoup du mal, elles prônent des valeurs qui ne sont pas les nôtres. Et ça, c’est problématique.
Alors demande-toi : est-ce que ta musique apaise, ou est-ce qu’elle endort la douleur ? Est-ce qu’elle t’aide à t’ancrer davantage dans le dhikr d’ALLAH ﷻ, l’évocation d’ALLAH ﷻ, la présence d’ALLAH ﷻ ? Ou est-ce qu’elle t’aide à fuir un malaise que tu avais déjà ?
Et qu’est-ce qui se passe quand le silence revient, après avoir écouté la musique ?
Le silence, souvent, révèle l’état du cœur. Il nous permet de réfléchir. Et la musique, souvent, est un masque : elle empêche de réfléchir.
La musique, une industrie du détournement
On peut aussi parler, dans une autre mesure, d’une autre partie de la musique : l’industrie du détournement. Vraiment l’industrie du détournement.
Comme ALLAH ﷻ l’a dit :
« Et incite, par ta voix, ceux que tu pourras parmi eux… »
Si on observe le monde de la musique aujourd’hui, cette ayah prend une résonance assez particulière.
Il y a une industrie entière qui vit du désordre intérieur des gens. Plus tu es vide, plus tu consommes. Plus tu cherches un sens, plus on te vend un son.
Les clips aujourd’hui sont construits sur la provocation. Je ne sais pas s’il y en a qui sont « regardables », par exemple en famille, sans tourner le regard.
Entre provocation, vulgarité et sexualisation
Les paroles, souvent, font étalage de la désobéissance, de la vulgarité, de l’égocentrisme, de la sexualisation.
Avant, c’était surtout des femmes. Maintenant, je pense qu’il y a même les hommes : la féminisation des hommes, les gestes…
Et les enfants aussi. Il y a des personnes, des analystes, qui se sont penchés sur la question, et qui allaient plus loin : ils disaient qu’aujourd’hui, l’industrie de la musique est une porte ouverte à inciter à la pédophilie. Non seulement chez ceux qui le pratiquent, mais aussi en rendant normal, chez l’enfant, certaines choses : accepter, ou du moins consentir à certaines choses.
On ne laisse même plus l’enfant être un enfant.
Avant, il y avait des barrières. Il y avait écrit : « moins de 10 ans », « moins de 12 ans », « moins de 16 ans ». Ce n’était pas aux horaires où les enfants petits pouvaient regarder. Mais là, maintenant, c’est le cas.
Les enfants, une cible privilégiée
Quand parfois j’entends des conversations d’enfants, de 8 – 10 ans, et qui parlent de chanteurs que moi, je ne connais même pas.
Et quand je fais mes petites recherches, je me dis : « donc c’est de lui qu’ils parlaient tout à l’heure, dans la boulangerie ». Parce que ça m’intéresse, je me demande ce qu’ils entendent ? Ce qu’ils voient ? J’ai des enfants de leur âge, donc ça m’intéresse.
Et là, ma grande surprise : ils parlent de tel chanteur, tel chanteur… Je ne vais pas en citer ici, et je n’ai pas envie de leur donner une quelconque audience, ou un quelconque mot-clé qui pourrait les rattacher à eux. Mais c’est gravissime. Et je pense que ces noms, vous les connaissez.
Moi, j’avoue que c’est la seule fois de ma vie où je suis contente d’être « inculte », pour le coup.
À part ceux de ma génération, quand j’étais petite, vous savez, les boys bands et les girls bands : à l’école, il n’y avait que ça.
Et justement, moi, j’étais souvent mise à l’écart. Mais je le vivais bien. J’étais quand même respectée, dans tous les cas.
La musique partout, le silence nulle part
Mes parents, alhamdulillah, ne nous ont jamais exposés à ça. On n’avait pas ces magazines-là. On ne regardait pas ces clips. Je n’ai jamais été à un concert.
Mais je ne peux pas dire que je ne sais pas ce que c’est. Je ne peux pas dire que je n’ai jamais entendu de musique une seule fois, parce que c’est impossible.
Aujourd’hui, tu fais tes courses, tu vas dans un centre commercial, dans un restaurant, dans un salon de coiffure, dans l’avion, dans l’aéroport : il y a de la musique partout.
On ne te laisse pas tranquille, même quand tu appelles un organisme. Dans le répondeur, ou quand on te met en attente, il y a de la musique. Aujourd’hui, c’est devenu quasiment impossible de trouver du silence.
Je vois même des personnes qui paient beaucoup d’argent pour vivre des expériences où il y a le silence.C’est dommage de payer pour ça, en réalité. Si on va en forêt, c’est réglé. Si je veux vraiment le silence complet, je vais en montagne.
La glorification du “moi”
Même quand la chanson semble douce, innocente, elle va quand même insuffler des valeurs inversées. Parce qu’il y a la glorification du “moi”. La personne, dans sa chanson, il n’y en a que pour elle :
Elle et ses déceptions amoureuses — d’ailleurs, ça parle souvent de ça.
Elle et son amitié.
Elle et son rapport à ceci, son rapport à cela.
Moi, moi, moi. Tout le temps.
Le main character , le personnage principal. Il n’y a que “moi” qui compte.
Et il y a aussi la mise en avant :
du plaisir immédiat,
du fatalisme,
de la rupture,
de la rancune,
de la vengeance,
de la luxure,
du désespoir,
de la mélancolie.
La répétition agit sur le cœur
Ce qu’il faut retenir : ce que tu écoutes, tu finis par le croire, inconsciemment.
Quelque chose auquel on est exposé tout le temps, ça agit.
Pourquoi ALLAH ﷻ nous parle de dhikr , de se rappeler, de se souvenir, et donc de répéter ?
→ Parce que ça a une action dans le cœur.
Il y a des personnes qui se retiennent de faire du dhikr parce qu’elles se disent :
« oui mais si je fais istighfār, ou je dis lā ilāha illā Allāh plusieurs fois, par exemple 100 fois, je ne peux pas assurer que les 100 fois je l’ai dit avec le cœur, que j’étais concentrée, que je n’ai pas pensé à autre chose… donc ça ne compte pas ».
Et après, il y en a qui abandonnent tout simplement, parce qu’ils se pensent hypocrites.
Mais qui a dit qu’ALLAH ﷻ nous a imposé d’être en 100 % conscience ? Qui a dit que c’était un péché si, à chaque fois qu’on fait du dhikr, on n’est pas 100 % concentré ? Personne n’a dit ça.
C’est devenu presque impossible de faire une prière du début à la fin sans penser à quelque chose. Tellement on est à une époque où il est extrêmement difficile de se concentrer autant qu’on en a besoin.
Et ALLAH ﷻ ne nous impose pas ce qu’on ne peut pas faire.
Le dhikr, même imparfait
Faire du dhikr, même si on n’est pas en pleine conscience tout le temps, ça reste du dhikr . Il vaut mieux ça que des mauvaises paroles, et il vaut mieux ça que du silence complet.
Faire du dhikr même si une partie de mes pensées vont vers mes problèmes, vers mes enfants, vers mon travail, ma santé… Au contraire : tu es en train de penser à ces choses-là en même temps que tu fais du dhikr.
Peut-être que sans le savoir, ALLAH ﷻ assainit ces choses auxquelles tu penses, ces problèmes auxquels tu penses, et Il est peut-être en train de régler ta situation.
En pensant à mon problème alors que je fais du dhikr, je vais me rappeler que j’ai un Rabb plus grand que ces problèmes, et qui va m’aider.
Si je suis en train de faire istighfār et que j’ai un problème de subsistance, par exemple, le mot « istighfār » va me rappeler ce que le Coran dit au sujet du fait de faire istighfār :
ALLAH ﷻ augmente,
Il donne plus,
Il subvient aux besoins quand on demande pardon à ALLAH ﷻ.
Donc heureusement, finalement.
Ne pas tomber dans le piège de Shaytân
Il ne faut pas rentrer dans ce piège de Shaytân qui te dit
« ah mais tu fais de manière mécanique là, il vaut mieux que tu arrêtes parce que ça ne compte pas » .
Ou pire :
« ALLAH ﷻ pourrait même te punir parce que tu as osé dire astaghfirullāh, Allāhu akbar, et à ce moment-là tu n’as pas pensé à 100 % à ALLAH ﷻ ».
C’est quoi penser à ALLAH ﷻ ? C’est penser :
à Sa grandeur,
au fait qu’Il est là pour nous,
au fait qu’on doit Lui faire 100 % confiance.
Mais comment je peux penser à ma confiance en ALLAH ﷻ si je ne pense pas aussi aux situations qui font que je dois Lui faire confiance ?
Donc c’était très important pour moi de faire cet aparté.
La musique et les fréquences
Le dhikr permet de « hacker » le cerveau, dans le bon sens du terme.
Et dans le cas de la musique, ils essayent d’employer le même procédé : la répétition, quelque chose d’inconscient. Et en plus, les fréquences sont particulières. Ce sont toujours les mêmes fréquences qu’ils vont utiliser.
Je ne m’y connais pas énormément mais il faut se renseigner sur ça. Il y a beaucoup de recherches qui ont été faites sur ça. Je te laisse faire tes propres recherches à ce sujet.
Les fréquences ne sont pas anodines, elles sont faites exprès pour provoquer un phénomène.
On l’a tous déjà vécu : la chanson qui reste dans la tête alors que tu l’as juste écoutée le temps des courses. Ou bien ton enfant l’a chantée parce qu’il revient de l’école et il l’a entendue. Et on commence à fredonner. Ça m’est arrivé il n’y a pas longtemps en revenant des courses, et c’est horrible.
Ce que tu répètes, tu finis par le normaliser
Je reviens à mes propos de base : ce que tu écoutes, ça finit par te faire croire à ça, même inconsciemment.
Ce que tu répètes, tu finis aussi par le normaliser, surtout quand il y a des paroles et des idéologies qui sont véhiculées dedans.
Et des fois, les gens écoutent des musiques qui ne sont même pas dans leur langue maternelle, notamment en anglais. Et si on lit les paroles, on se dit que l’écoute était sympa, mais les paroles n’ont rien de sympa.
En effet, ces paroles-là, en français, si je les prononce comme ça dans la vie de tous les jours… soit c’est du blasphème, soit c’est de la folie…
Des fréquences pensées pour provoquer des émotions
Certaines musiques provoquent de l’excitation, d’autres endorment, d’autres créent une nostalgie artificielle. Tout ça a été pensé exprès. C’est comme une infiltration dans tes sens. Ce n’est pas un art neutre, surtout aujourd’hui.
Aujourd’hui, des gens parlent de ces « stars » de l’industrie musicale, qui ne se cachent même plus de l’intention derrière leur musique. Ils avouent..
Des personnes se présentent comme satanistes, ou ex-satanistes, et expliquent tout ce qu’il y a à savoir sur les fréquences. Ils expliquent que dans les musiques, quand tu les lances, il y aurait des bruits derrière : le cerveau humain les perçoit, mais nous, on n’y fait pas attention.
La question de l’influence inconsciente
J’avais vu l’expérience d’un ancien de l’industrie musicale, un « repentant ». Et d’ailleurs, bizarrement, il serait introuvable aujourd’hui.
Il expliquait que la musique, quand on lance la bande dans le sens inverse… là, j’ai juste eu envie de vomir. Parce que les paroles disaient autre chose, avec des fréquences différentes : des paroles de Shaytân , des choses qui parlaient de l’âme, d’aspirer l’âme, de « vendre son âme au diable », de dénigrer ALLAH ﷻ, et ainsi de suite.
Et je me suis dit : alors que, quand on met la bande son comme tout le monde l’écoute, ça paraît tout mignon, tout innocent… Et si ceux qui sont dedans l’avouent, alors que dire des autres ?
Un sujet sensible
La musique est un sujet très sensible, d’ailleurs tabou pour certains.
Des gens, y compris des personnes qui disent venir de cette industrie, racontent que ceux qui ont essayé de dénoncer des choses, ou de s’en défaire, ont eu des problèmes. Soit ils sont devenus fous, soit ils ne sont plus de ce monde.
Certains affirment aussi que, pour « gravir les sommets », pour gagner la notoriété, surtout ceux qui reconnaissent qu’ils n’avaient pas un talent particulier, mais qu’ils sont devenus des stars… il n’y en aurait pas un « au sommet » qui n’aurait pas fait des sacrifices. Et, dans ces discours, les « sacrifices » sont décrits de manière très grave.
Ils évoquent des rituels, et ils disent qu’ils ne s’en cacheraient plus.
L’exposition du péché
De mon côté, je me disais : pourquoi ils avoueraient leur crime ? Pourquoi est-ce qu’ils le diraient ? Et figure-toi que, dans ces récits-là, ça aussi ferait partie du plan. Ça ferait partie du rituel : avouer son crime, avouer son péché, d’une manière codée, mais l’avouer.
Ils ne s’en cachent même plus : concerts, symboles, triangles, ronds, des gestes devant l’œil… il y plein de codes, beaucoup de rituels.
Je n’ai pas besoin de mentionner des noms : les noms sont connus, on les cite souvent.
Et moi, je me dis : est-ce que ce n’est pas justement le propre de Shaytân ? Exposer son péché, ne pas avoir honte.
► Ne pas avoir honte d’expliquer à ALLAH ﷻ pourquoi il ne se prosterne pas.
► Ne pas avoir honte de dire : « moi, j’ai été créé de feu ».
Et qu’est-ce que Shaytân veut ?
→ Il veut que les gens avouent leur péché.
Or, qu’est-ce qui est interdit en islam ?
→ Exposer ses péchés.
Les péchés, c’est entre nous et ALLAH ﷻ. Exposer son péché, c’est gravissime.
Le Coran, une fréquence différente
Je parlais tout à l’heure de valeurs inversées, de fréquences, d’infiltration. Et pendant ce temps-là, quand on regarde tout ça, il y a le Coran qui, lui, t’appelle avec une fréquence :
différente,
pure,
directe,
sans artifice,
qui ne va pas chercher ton argent,
qui ne cherche pas à aspirer ton temps.
C’est une fréquence qui va chercher ton salam.
Parce que toutes ces industries-là, elles prennent :
de ton temps,
de ta concentration,
de ton argent.
Dans le sens où elles t’incitent à faire des choses qui te font dépenser dans des choses qu’ALLAH ﷻ n’aime pas.
De plus, chaque chanson écoutée, c’est un temps d’écoute volé au silence que tu devrais avoir.
C’est dans le silence qu’on arrive à s’entendre et qu’on arrive à réfléchir.
Le silence volé, et ce que tu fuis
D’ailleurs, le bruit est devenu normal pour les gens aujourd’hui. Alors que la normalité, ce serait : je ne peux pas travailler dans le bruit. Je ne peux pas discuter avec une personne dans le bruit et parler à une autre personne en même temps. Je ne suis pas censée le faire. Le bruit, normalement, ça perturbe.
On dit : si tu vas dans une conférence et que tu entends du bruit, ça perturbe, tu ne peux pas bien entendre la personne qui parle.
Donc aujourd’hui, on te vole le silence. Et on te vole aussi un espace où le dhikr aurait pu passer. Un trajet en voiture que tu aurais pu faire en écoutant une sourate, en écoutant une conférence, en écoutant quelque chose qui est en rapport avec ce qu’ALLAH ﷻ aime. Ou juste réfléchir, aussi, dans le silence. Tout ça, ça t’est volé si tu écoutes de la musique.
Et ALLAH ﷻ, dans le Coran, dit :
« Ne soyez pas comme ceux qui ont oublié ALLAH ﷻ, alors Il leur a fait oublier leur propre personne »
Si la musique, pour toi, est devenue un bruit de fond permanent, il faut se poser cette question-là : qu’est-ce que je fuis ?
Si on est devenu incapable de faire une activité, ou de se poser, sans bruit, sans rien, sans musique — je parle surtout de la musique — dans le cas du silence : qu’est-ce que je fuis, en fait ?
Parce qu’il y a des personnes qui ne supportent pas le silence. Elles fuient quelque chose. Parce que le silence, ça nous fait entendre d’autres choses sur lesquelles on doit vraiment se concentrer, et on ne veut pas.
La plupart des gens ne veulent pas vraiment de musique : ils veulent éviter le silence. Mais le silence, c’est la langue qu’ALLAH ﷻ utilise pour nous parler. C’est quand on est dans le silence qu’on entend ce qu’ALLAH ﷻ a envie de nous dire.
Parce que c’est dans le silence qu’on peut mieux entendre le Coran, qu’on peut mieux faire du dhikr, qu’on peut mieux écouter ce qu’ALLAH ﷻ a à nous dire.
Ce n’est pas dans le bruit.
Et voilà pourquoi, dans le Qur’an, ALLAH ﷻ dit lui-même : « et quand le Qur’an est récité, quand il est lu… »
Ecoutez le attentivement, avec beaucoup d’attention afin que vous soyez touchés par la Rahma.
Ca signifie que la récitation du Coran ne va pas de pair avec le bruit. Ca fait partie de la bienséance vis-à-vis du Coran. En plus, c’est la parole d’ALLAH !
Imagine, ALLAH te parle, et toi tu préfères couvrir Ses paroles avec du bruit, des discussions, ou pire, de la musique.
Donc non, soit on écoute le Coran, soit on fait pause et on remet une fois la discussion terminée.
Le silence, et ce qu’il révèle
Dans la sourate Les poètes , ALLAH ﷻ évoque, au verset 224, les poètes dont les paroles entraînent les égarés. Il s’agit de cette catégorie de poètes-là, et non de la bonne poésie, car il existe une poésie saine et bénéfique.
Ces poètes, à leur époque, jouaient un rôle comparable à celui des influenceurs aujourd’hui : ils orientaient les émotions des foules et pouvaient les soulever par les mots. Cette réalité invite à une question simple : les paroles que tu écoutes, pourrais-tu les prononcer devant ALLAH ﷻ sans gêne ? Est-ce que tu accepterais de les répéter dans un contexte d’adoration ? Est-ce qu’elles t’élèvent, te purifient, et te rapprochent de l’au-delà, ou bien t’attachent davantage à ce monde ?
Le Coran, lui, enseigne la beauté des mots, mais aussi la justesse des émotions. Il parle d’émotions variées, et il enseigne l’équilibre, dans la joie comme dans la tristesse.
À l’inverse, la musique, bien souvent, vient déséquilibrer cet équilibre : elle exagère, dramatise, romantise ce qui ne doit pas l’être. Parfois, elle rend même la désobéissance “poétique”, et cela est extrêmement grave.
L’influence des paroles et de la musique
L’islam ne diabolise pas le son en lui-même, ni le fait de chanter. Il canalise. Le Prophète ﷺ a autorisé certains chants, ce qu’on appelle les anachides, et il a autorisé l’usage des percussions, comme le douf, lors des mariages et des fêtes.
Il est donc possible d’exprimer une joie licite. La question n’est pas dans le son, mais dans le sens. Quand un son rappelle ALLAH ﷻ, c’est un bien. Quand il détourne d’ALLAH ﷻ, cela devient une fitna.
Il ne s’agit pas de s’interdire toute joie ni de tomber dans un extrême où l’on s’imagine qu’il faudrait vivre dans quelque chose de triste, sans sourire, sans bouger, sans rien exprimer. Ce n’est pas le propos. Le croyant peut être joyeux et il peut exprimer sa joie.
De la même manière, il ne s’agit pas de diaboliser l’art. Dès qu’il est question de peinture, de chant ou d’expression artistique, certains ont tendance à tout rejeter, ou au contraire à tout banaliser. Or l’idée est de cadrer : on peut choisir un art qui purifie, parce qu’il existe des formes de beauté qu’ALLAH ﷻ aime, comme les belles voix, les anaseed, et surtout la récitation coranique. Il y a une beauté réelle dans cela.
Le problème, c’est que l’oreille s’habitue à une forme de “pollution sonore”, au point de ne plus savoir goûter à ce qui est pur. C’est pourquoi il est important de se désintoxiquer. Si tu sens que tu écoutes beaucoup de musique, commence simplement par observer combien de temps tu y passes.
Se désintoxiquer sans se brutaliser
Commence par observer concrètement ton quotidien : combien de temps tu écoutes, et dans quelles activités tu as ce réflexe. Ensuite, réduis. L’idéal serait d’arrêter d’un coup, mais on le sait : une coupure brutale est souvent difficile à tenir, à moins d’avoir un mental d’acier.
L’objectif, c’est de réduire sérieusement, mais de manière réaliste. Si tu sais qu’en coupant net tu risques de replonger plus fort, avec en plus la culpabilité, alors avance progressivement. Réduis, puis remplace.
Remplace par autre chose : une sourate que tu aimes particulièrement, ton récitateur préféré, une récitation que tu apprécies, ou une lecture que tu aimes bien. Et, petit à petit, entraîne-toi aussi à accepter le silence. Le silence fait du bien : il permet de s’entendre, de revenir à soi.
Tu peux aussi remplacer par des contenus bénéfiques : des podcasts, des cours, des conférences. Pas uniquement les miens : il y en a d’autres qui peuvent être précieux. L’essentiel, c’est qu’il y ait quelque chose qui prenne la place.
Les podcasts
Je comprends mieux, avec le temps, les personnes qui prennent le temps d’envoyer des retours et de remercier pour la régularité. Elles me disent que cela doit demander du temps : préparer, enregistrer, choisir les sujets, les aborder correctement, deux fois par semaine, toute l’année, avec seulement une pause l’été.
Et même pendant Ramadan, avec un rythme plus intense, cela ne m’a jamais ennuyée. Je peux être fatiguée, bien sûr, mais je ne me lasse pas, je ne suis pas découragée par cette régularité.
C’est aussi un encouragement pour celles et ceux qui proposent des podcasts, des conférences ou des cours de manière régulière : tenir dans la durée, parce que cette constance crée un climat de confiance, surtout quand on parle du Coran. Cela installe un rendez-vous.
Et cela rappelle une chose : le Coran lui-même est quelque chose de régulier. À force, on ressent de moins en moins l’envie de faire cohabiter, au même endroit, la même oreille qui écoute le Coran et celle qui écoute volontairement de la musique. Cela ne va pas ensemble. Le Coran ne reste pas dans un espace où l’on nourrit, en parallèle, l’inverse de ce qu’il enseigne.
C’est pour cela qu’il faut remplacer. Enlever ne suffit pas : si on ne remplit pas avec du bien, on s’expose au vide, et ce vide n’aide pas. Il faut toujours remplacer par meilleur.
Là où la musique peut donner l’illusion d’aider à survivre, le Coran, lui, aide à vivre, et même à revivre. Ce n’est pas la même chose. La paix se cherche dans le Coran, dans le dhikr, dans le rappel d’ALLAH ﷻ, et non dans le bruit.
Des contenus problématiques
D’ailleurs, les versets qui décrivent l’ambiance sonore du paradis font partie de ceux que je préfère : ALLAH ﷻ explique qu’on n’y entendra pas de paroles futiles ni de propos vides de sens. On n’y entendra que des paroles de paix, du salut, du salam .
Quand on regarde certaines musiques d’aujourd’hui, on y trouve au contraire de l’obscénité, de la vulgarité, des insultes. La femme y est dénigrée, l’homme y est rabaissé aussi, et les rôles sont inversés. Les enfants sont très tôt sexualisés. Des stars sont “repérées” très jeunes et happées par ces industries, par de grandes maisons et de grandes structures.
Il y a eu, récemment, un procès très médiatisé autour d’une personnalité dont on parle beaucoup. Je ne citerai pas son nom : il ne mérite pas cette exposition. Mais ce type d’univers, dans l’ensemble, doit être évité comme la peste.
On ne peut pas combiner le Coran avec cela. Ce n’est pas possible. Il faut remplacer la musique par du bien. Comme je le disais, tout cela est du bruit, et ce bruit n’apporte pas de paix.
Se dire qu’au paradis il n’y aura pas ces absurdités, cela rassure : là-bas, il n’y aura que de bonnes “fréquences”, que la paix, que des paroles de paix. Cela peut être de beaux chants, du Qur’an, de bonnes paroles : tout cela relève de la paix. Nos oreilles n’entendront là-bas que cela.
Une scène ordinaire, et l’impact sur les enfants
Je fais un aparté, parce que c’est lié à ce que je voulais mentionner. L’autre jour, j’étais sortie pour une mission, une tâche à accomplir. En fond sonore, j’entends une chanson. Il y avait des enfants autour, et il fallait les voir : on aurait dit qu’ils étaient comme ensorcelés par ce son. Ils chantaient, ils sautaient.
Je n’ai pas pu m’empêcher de poser la question à une petite fille, qui devait avoir neuf ou dix ans.
Je lui ai demandé : « Qu’est-ce que tu chantes ? » J’aime bien parler avec les enfants, parfois, par curiosité.
Elle m’a répondu : « Vous connaissez pas ? C’est K-pop Demon Hunter. »
Je lui ai dit : « Ah, c’est donc ça, ce nom que j’entends partout. C’est ça que vous écoutez. »
Je lui ai demandé : « Et ça parle de quoi ? »
Elle a commencé à me raconter. Je crois que c’est un dessin animé qui sort sur Netflix, quelque chose comme ça, et apparemment ça a eu beaucoup de succès. Elle m’explique : c’est un boys band, et il y a ceci, et il y a des démons, et ainsi de suite.
Je lui ai demandé, en revenant à la chanson qu’on entendait à ce moment-là : « Et cette chanson, elle veut dire quoi ? »
Elle m’a répondu : « Je ne sais pas, c’est en anglais. »
Je lui ai demandé : « Tu as regardé les paroles ? »
Ce que disent les paroles
Je voulais simplement comprendre de quoi cela parlait. Elle m’a répondu que je trouverais sur internet. En rentrant, j’ai donc cherché les paroles. Deux titres revenaient : Golden et Your Idol. Je n’ai pas écouté, j’ai uniquement lu les paroles en anglais, et cela fait peur.
Dans Golden , le texte ressemble à une confession identitaire, une forme de “coming out” où le personnage dit être « moitié démon » et autre chose. Des analyses, y compris venant de personnes non musulmanes, ont relevé de nombreux indices allant dans le sens d’un message de type :
“accepte-toi comme tu es”,
“tu es né comme ça”,
“tu peux être ce que tu veux devenir”.
Pour Your Idol , j’ai pris le temps de lire attentivement, parce que je vois énormément de jeunes écouter cela, et malheureusement beaucoup d’enfants de la communauté aussi. Certains regardent, chantent ces chansons en famille, en boucle. J’ai même vu des parents regarder avec eux.
Des personnes ont organisé des fêtes à la maison, des pyjama parties avec leurs filles et leurs amies, avec ce thème-là. Il y avait des invitations, des cadeaux, une ambiance violette : tout était construit autour de cet univers.
En lisant les paroles de Your Idol, chantée par le boys band (dans l’histoire, je crois que ce sont des démons), j’ai été frappée par le vocabulaire et les images. Je n’ai pas regardé le dessin animé, j’ai seulement lu l’intrigue.
Je préfère le dire en français : le texte répète
« prie pour moi maintenant »,
avec des formulations autour du “jour de colère”, de la délivrance, des flammes et de la condamnation. Ensuite, l’idée centrale revient :
« je serai ton idole »,
« je te garderai sous contrôle »,
« je te garderai possédé »,
« fais-moi tourner en boucle dans ta tête ».
Puis il est question de “sanctuaire”, avec cette insistance : « je suis le seul »
« Je t’aimerai encore plus quand tout s’écroulera. »
Le texte va jusqu’à dire : « tu m’as donné ton cœur, maintenant je viens pour ton âme », et « je suis le seul qui aimera tes péchés ».
À ce stade, la question se pose : est-ce que ce n’est pas, mot pour mot, le type de promesse que Shaytân fait ? Est-ce que ce n’est pas exactement ce qu’il a annoncé dans le Coran, lorsqu’il a parlé à ALLAH ﷻ et qu’il a formulé sa demande ?
Des paroles liées à Shaytan
Après avoir demandé à ALLAH ﷻ un délai, Shaytân a exposé son plan. Et, en lisant ces paroles, j’ai eu l’impression de retrouver exactement la même logique :
« je suis le seul qui aimera tes péchés »,
« ressens comment ma voix glisse sous ta peau »,
« écoute, car je prêche des convaincus »,
« donne-moi ton désir ».
« je peux être l’étoile sur laquelle tu comptes »,
« enivré par mon ravissement, tu ne peux plus détourner le regard »,
« tu ne sais pas que je suis là pour te sauver ».
« je suis tout ce dont tu as besoin »,
« je serai ton idole »,
« continue de crier que je suis ton idole ».
« merci pour la douleur car elle m’a rendu virale »,
« une fièvre qui ne guérit pas »,
« faisant de toi un croyant »,
« tu existes pour moi ».
« donne-moi toute ton attention ».
Il faut mesurer à quel point c’est grave de laisser des enfants écouter cela. Même lorsqu’ils ne comprennent pas les paroles, une chanson s’imprime. Elle tourne, elle revient, elle s’ancre.
Souviens-toi de ce que j’ai dit sur l’inconscient.
→ Pourquoi est-ce que tu te sens apaisé quand tu fais le dhikr, même si tu ne comprends pas tout ?
→ Pourquoi est-ce que tu te sens apaisé quand tu lis le Qur’an, même quand tu ne comprends pas ?
→ Parce que les mots et les fréquences du Coran ont une action.
Le pouvoir des mots
Il y a eu des études et des expériences scientifiques sur le pouvoir des mots. Il y a même un Japonais qui avait fait une expérience avec deux verres d’eau : sur l’un, il répétait des paroles gentilles, et sur l’autre, des insultes et des paroles méchantes, chaque jour. Ensuite, au microscope, il a observé une différence frappante : l’eau exposée aux paroles négatives se détériorait, tandis que l’autre présentait des formes magnifiques.
Après cela, comment dire que les paroles n’ont pas de conséquences, qu’elles n’ont pas d’effet ? Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas tout que cela n’agit pas.
Le cerveau comprend. L’inconscient comprend très bien.
Et les fréquences se chargent du reste, sans parler de sons imperceptibles pour nous, mais perceptibles pour l’inconscient.
Et les paroles continuent dans cette même direction :
« je suis tout ce dont tu as besoin »,
« je serai ton idole »,
« habiter ton esprit maintenant »,
« trop tard car tu es à moi désormais »,
« je te rendrai libre quand tu seras entièrement une part de moi ».
« je prêche des convaincus »,
« puis-je monter un peu le micro »,
« donne-moi ton désir »,
« tu ne peux plus détourner le regard »,
« personne ne viendra te sauver »,
« tu es à genoux ».
« Je serai ton idole »
C’est une chanson virale, intégrée à un dessin animé, et cela ne dérange personne. On entend des enfants la chanter comme si c’était normal.
C’est pour cela que j’ai demandé à cette jeune fille si elle avait compris de quoi cela parlait. Elle répétait les paroles parce que le son se lançait, mais elle ne comprenait pas : c’était en anglais. Et je me suis dit : est-ce que je rêve, ou est-ce que j’entends réellement une chanson qui dit cela, qui parle d’idole, sans même chercher à se cacher ?
Ce jour-là, j’ai repensé au sens du verset sur les taghout, et j’ai aussi regardé des images de ce dessin animé. Et, au fond, ce sont toujours les mêmes mécanismes qui reviennent :
beaucoup de couleurs,
beaucoup d’images à la seconde,
des boys bands,
de la musique,
des récits de rejet,
de coming out,
l’idée de cacher la vérité,
l’idée qu’on nous demande de mentir,
tout un univers où les démons sont présents.
On pourrait en parler longtemps, mais je n’ai pas envie de m’étaler davantage. Ce que je retiens, c’est que cet exemple n’est qu’un exemple parmi d’autres, et ce n’est même pas le pire. Quand on regarde d’autres contenus, cela fait réellement peur. Certains chanteurs et certaines chanteuses parlent explicitement de “vendre leur âme”, sans même s’en cacher.
C’est aussi pour cela que je ne veux pas trancher à ta place. Je ne vais pas décider pour toi : c’est à toi de trancher, pour toi-même, et pour tes enfants.
La zone floue et le piège du “ni bien ni mal”
La question est simple : est-ce que cette parole te fait du bien dans ta balance ?
→ Est-ce que c’est une parole dont tu peux espérer la retrouver du bon côté, dans ton livre de compte ?
→ Est-ce que c’est quelque chose que tu voudrais recevoir “par la droite” ?
Parfois, quand j’aborde ce sujet, on me répond : « Oui, mais ce n’est pas grave. »
On me dit : « Ce n’est pas parce qu’un contenu ne cite pas ALLAH ﷻ qu’il est forcément mauvais. » Quelqu’un m’a même donné cet exemple : un cours de maths, du début à la fin, ne mentionne pas ALLAH ﷻ, et pourtant on ne dit pas que c’est mauvais.
Mais ce n’est pas comparable. Ce n’est pas la même chose.
Et surtout, si l’on entre dans cette logique du “ce n’est ni bien ni mal”, on est en train d’accepter cette zone floue que Shaytân aime installer : une zone où l’on se rassure en disant que ce n’est pas grave, que ce n’est pas vraiment un mal, que ce n’est pas si sérieux.
Or, dans la religion, à la fin, il y a une réalité très claire : il y a ceux qui recevront leur livre de compte par la main droite, et ceux qui le recevront par la main gauche. Il n’y a pas de troisième voie, pas de milieu.
Le piège de l’“entre-deux”
Il y a le bien et il y a le mal.
Il y a un ange qui écrit le bien et un ange qui écrit le mal.
Il y a un paradis et il y a un enfer.
► Il n’y a pas de couloirs entre deux, ni d’endroit “neutre” où l’on serait ni d’un côté ni de l’autre.
Dans ce dessin animé, comme dans beaucoup d’autres contenus, il suffit de regarder l’accoutrement. Est-ce normal d’exposer nos enfants à des modèles vestimentaires qui ne correspondent pas à ce qu’on veut pour eux, puis de s’étonner ensuite qu’ils aient du mal à s’habiller décemment, ou à ne pas suivre la mode ? On leur sert ces modèles-là, et après on s’étonne.
Cette industrie est tellement insidieuse que même ceux qui ne regardent pas, qui n’achètent pas, qui ne vont pas “dedans”, sont malgré tout touchés.
Je prends mon cas : je n’ai pas grandi avec cela, et je remercie mes parents. Ce n’est pas comme si, avec ma fratrie, on n’avait jamais été tentés.
Quand tout le monde connaît les paroles des chansons, que tout le monde en parle, tu peux te retrouver à être la seule à ne pas comprendre, à ne pas savoir, à n’être jamais allée en concert, à ne pas avoir ces magazines, ces brochures, ou même les paroles sous les yeux.
Protéger les enfants
À l’école, pendant la récréation, les enfants improvisent des “concerts” : matin, midi, soir.
Toute ma primaire, j’ai vu cela. Ce n’est pas toujours simple de ne pas se sentir rejeté. Alhamdulillah, je ne me suis jamais sentie réellement à l’écart, mais si on ne fait pas attention, un enfant peut tenter, et on ne peut pas exiger de lui qu’il tienne une position ferme, seul, au prix d’un rejet constant.
On ne peut pas lui demander cela.
Nous aussi, il nous arrivait de demander :
« Est-ce qu’on peut écouter ça ? Je crois que ce n’est pas mauvais. »
Mes parents prenaient toujours le temps d’expliquer, mais ils restaient fermes : non, pas de CD. Non, pas de clips. Non, pas de chaînes musicales en boucle.
À l’époque, c’était le câble, le satellite, et les chaînes qui diffusaient de la musique en continu. Nous, on ne les avait pas. Pendant un temps, j’avais l’impression qu’on avait “moins” que les autres. Puis, en grandissant, on se rendait compte qu’on avait surtout “mieux” , alhamdulillah.
Aujourd’hui, je vois la même chose avec mes enfants. La première fois que j’ai entendu parler de ce “K-pop Demon Hunter”, c’est ma fille qui m’en a parlé. Pas parce qu’elle l’a regardé, mais parce que partout où elle allait, elle en entendait parler.
Elle n’a pas de téléphone, on n’a pas la télévision, et pourtant elle pouvait me décrire l’histoire, des scènes, des noms, et même des titres. Cela veut dire qu’elle l’a entendu au sport, à l’école, au parc, pendant des courses… ALLAH ﷻ ou a‘lam.
Avec elle, je ne cherche pas à couper la discussion en disant : « C’est haram, on n’en parle pas. » Je la laisse expliquer jusqu’au bout, et ensuite je suis pragmatique. Je lui ai montré les paroles que je t’ai lues, sans lui dire d’abord de quoi il s’agissait.
Je lui ai dit : « Lis ça, puis dis-moi ce que tu en penses. »
Elle m’a répondu : « J’ai mal au ventre. J’ai la nausée. Je n’ai pas réussi à lire jusqu’à la fin. »
Elle m’a dit : « On dirait une parole de shaytân. C’est dans des hadiths ? C’est quoi ? » Elle pensait que c’était une citation, comme si quelqu’un avait écrit : « shaytân a dit… » tellement c’était choquant pour elle.
Si je ne lui avais pas répondu, elle aurait presque pu croire qu’il s’agissait d’un passage où l’on rapporte les paroles de Shaytân : un verset où ALLAH ﷻ lui donne la parole, ou une parole rapportée.
Je lui ai dit : « Non, ce n’est pas ça. Tu sais d’où ça vient ? »
Quand je lui ai répondu que cela venait de K-pop Demon Hunter , elle a été sidérée.
Et immédiatement, elle m’a dit : « Il faut que je le dise aux gens que je connais qui écoutent ça. C’est grave. C’est dangereux. Ce n’est pas bon pour le cerveau. »
Elle n’a pas eu besoin d’un long discours : elle a compris toute seule que ce n’était pas normal.
Le plus difficile, c’est que c’est partout. Et ce que je dis n’est pas simple, parce que beaucoup d’entre nous ont grandi avec de la musique, pas seulement dans l’industrie américaine ou française, mais aussi dans nos cultures.
Certains me disent :
« Il y a des chansons, quand je les entends, ça me rappelle des souvenirs, ça me provoque des émotions. »
Parfois même de “bonnes” émotions : cela rappelle un grand-père, une période, un moment.
Et là-dessus, il ne faut pas se flageller. Il ne faut pas se dire :
« Si ça me fait ressentir ça, c’est que je ne suis pas quelqu’un de bien. »
Le fait qu’une chanson déclenche une émotion, ce n’est pas toi le problème. Justement, le but est de provoquer des émotions. Le problème, c’est celui qui t’amène à cela : shaytân. C’est lui le problème.
Séduire par la voix
Est-ce que tu comprends mieux, maintenant, le sens de l’ayah au début, quand ALLAH ﷻ dit : « séduis-les par ta voix » ?
ALLAH ﷻ lui a laissé cette possibilité : tenter d’égarer qui il peut. Et shaytân a choisi de se positionner là.
Les moyens sont nombreux : des paroles, des chansons, d’autres formes de contenus. Mais ici, il “met le paquet”. Et le Coran en parle aussi dans la sourate Luqmân, lorsqu’il est question de ceux qui achètent des discours pour égarer les gens. C’est volontaire.
Regarde ce que fait l’industrie de la musique, et, dans une certaine mesure, le cinéma aussi : est-ce qu’elle ne cherche pas à “acheter” ton temps, ton attention ? Ce n’est même plus seulement ton argent. Aujourd’hui, beaucoup de choses sont accessibles sans payer : tu ouvres YouTube, tu as tout. Tu peux écouter en continu, sans effort. Au mieux, il y a un abonnement, une plateforme… mais même là, l’essentiel, c’est que l’accès est devenu facile, permanent, illimité.
Ce que la musique nous prend
Aujourd’hui, ce n’est même plus ton argent qu’on vise d’abord, parce que beaucoup de contenus sont devenus presque gratuits. On cherche quelque chose de plus précieux :
ton temps,
ton attention,
ton innocence,
ton inconscient,
ton conscient.
Et, ensuite :
tes enfants,
ta famille,
toi-même,
tes ʿibadât,
ton lien à ALLAH ﷻ…
et, au bout du compte, ta place au paradis.
Shaytân l’a annoncé : il a dit qu’il trouverait peu de gens réellement concentrés, peu de gens reconnaissants. Il a dit qu’il serait sur le chemin des gens, devant eux, derrière eux, à droite, à gauche, qu’il les attaquerait de toutes parts, et qu’il y aurait peu de personnes sauvées.
Normalement, cela devrait nous réveiller. Se dire : je vais prouver qu’il a menti, je vais prouver qu’il n’a aucun pouvoir sur moi. Et pourtant, on tombe dans le panneau, encore et encore.
C’est aussi pour cela que, depuis le début, je ne suis pas entrée dans un débat du type « la musique est haram » avec une formule sèche.
Tu es capable de répondre à cette question par toi-même. Si tu aimes ALLAH ﷻ, tu sais ce que tu dois faire. Et si tu aimes tes enfants, et je sais que tu les aimes, tu sais que tu ne peux pas les laisser devant ce genre de choses. Or c’est partout.
Parfois, il suffit de laisser tourner un dessin animé, et beaucoup de productions, comme les Disney, reviennent dans la discussion. On dit : “c’est mignon”, “c’est pour les enfants”. Pourtant, quand on commence à chercher, on tombe sur des analyses au sujet de Walt Disney, sur des accusations de misogynie, de racisme, de franc-maçonnerie, et sur l’idée qu’il y aurait des messages subliminaux obscènes, immoraux, jusqu’à des insinuations très graves.
Et, au milieu de tout cela, il y a toujours des chansons, toujours les mêmes scénarios. Cela devient viral, et on laisse nos enfants devant.
Ne pas subir, remplacer et protéger
Ensuite, on se retrouve à dire : « Mais qu’est-ce qu’on peut leur mettre à regarder ? »
Alors qu’il faut chercher, et qu’on a de quoi remplacer. On a des alternatives. Il faut user de créativité. Il ne faut pas être passifs, comme si on devait tout accepter : on nous sert quelque chose, on le prend, sans réfléchir, comme si on n’avait pas d’autres idées, pas de discernement, pas de solutions pour sauver nos enfants et nous-mêmes.
J’aimerais vraiment que cet épisode fasse réfléchir. Que ce sujet sorte du tabou. Qu’on arrête de se voiler la face. C’est tout ce que j’avais à dire, même si on pourrait en dire beaucoup.
Il faut faire faillite à Netflix et à ces dessins animés-là, parce que ça suffit.
Qu’ALLAH ﷻ nous préserve, nous, nos enfants, nos familles, la Umma, et les humains, des ruses de shaytân, de sa voix et de ses paroles.
Qu’ALLAH ﷻ nous éloigne de ces industries lorsqu’il y a du mauvais, et qu’Il nous en préserve.
Et s’il y a du bien à prendre dans ce monde, qu’ALLAH ﷻ nous l’accorde.
Et qu’ALLAH ﷻ fasse que cela ne soit pas inscrit dans notre livre comme des moments où nous nous sommes éloignés de Lui à ce point.
Qu’ALLAH ﷻ nous accorde plus de temps, plus de concentration.
Qu’ALLAH ﷻ nous accorde plus de baraka, et que tout cela plaide pour nous le Jour de la Résurrection.
Qu’ALLAH ﷻ fasse du Qur’an le printemps de nos cœurs.
Qu’Il fasse que nos enfants soient des amoureux du Qur’an.
Je n’emploie pas le mot “addict”, parce qu’il est négatif, mais l’idée est là : que ce soit le Qur’an qui résonne en boucle dans leurs oreilles, avec le même effet qu’une chanson qui reste dans la tête. Qu’on puisse se dire : « Ce verset ne veut plus quitter mes oreilles. »
Qu’ALLAH ﷻ nous accorde cela, à nous, à nos enfants, à nos époux et épouses, à nos amis, à nos familles, à la Umma, et à l’humanité. Amîn.
J’espère que cet article t’a plu. Si tu cherches un bon moyen de tirer un trait sur la musique, je te propose de la remplacer par un trio gagnant! Tu veux en savoir plus ? C’est juste ici :