Nous allons parler de trois actions, qui lorsqu’elles sont réunies, créent quelque chose de grand, de fort : une véritable baraka ressentie dans tous les aspects du quotidien. C’est pour cela que je parle de trio gagnant .
La ayah qui a motivé l’épisode
Avant d’aller plus loin, je te laisse avec l’ayah qui va motiver l’épisode du jour :
وَمَا كَانَ ٱللَّهُ لِيُعَذِّبَهُمْ وَأَنتَ فِيهِمْ وَمَا كَانَ ٱللَّهُ مُعَذِّبَهُمْ وَهُمْ يَسْتَغْفِرُونَ
« Mais ALLAH ne les châtierait pas tant que tu te trouves parmi eux, de même qu’Il ne les punirait pas tant qu’ils demandent Son pardon. »
(Sourate Al-Anfâl, 33)
Cette ayah est très forte. Nous aurons l’occasion d’y revenir un peu plus tard, mais elle introduit parfaitement le premier élément du trio que je vais mentionner.
Présentation du trio
Ces trois adorations, combinées, transforment profondément une vie. Retenons-les :
Istighfar
Al Baqara
Tahajjud
Une fois mises en place, elles changent tout.
Avant même de parler de ces actions, il faut comprendre que le croyant ou la croyante a besoin d’un allumage intérieur.Cet allumage passe notamment par le dhikr, le rappel d’ALLAH ﷻ, à travers des formules qui réaniment le cœur.
Quand on commence à instaurer de nouvelles habitudes spirituelles, certaines difficultés peuvent apparaître :
la paresse,
les doutes,
la flemme,
l’impression que « ça ne change rien »,
ou tout simplement l’oubli.
Les ruses de Shaytan
Et bien sûr, Shaytan est toujours dans les parages. Quand tu commences à mettre en place des actions qui plaisent à ALLAH ﷻ , c’est comme si tu sonnais chez lui. Il vient « prendre rendez-vous » pour te décourager. Il ne s’acharne pas sur ceux qui sont sur un fleuve tranquille, mais sur ceux qui essaient d’agir.
Shaytan susurre à l’oreille et fatigue le cœur. Il peut faire croire que les actes deviennent mécaniques et vides de sens. Il peut faire douter : « Pourquoi faire autant alors que le Prophète ﷺ en faisait cent fois ? ». Ou encore détourner l’attention vers d’autres priorités apparentes.
Cela peut devenir récurrent et épuisant.
Le préambule nécessaire
Dans ces moments-là, nous avons besoin d’un booster spirituel, plutôt que de foncer tête baissée dans la mise en place d’un programme d’istighfar, de lecture de Baqara et de tahajjud.
Ce préambule, c’est d’abord demander à ALLAH ﷻ de faciliter ces actes, de les aimer et d’y trouver de la constance.
Quand on observe la vie du Prophète ﷺ, on voit qu’il nous a transmis des clés très concrètes pour y parvenir. Ce sont des conditions préalables, des portes d’accès pour que le reste semble plus fluide
Ces trois actions, prises séparément, sont déjà une source de bien énorme.
Mais combinées, elles deviennent un rempart, une source de baraka, un véritable tournant. C’est impossible qu’après cela, ta vie reste inchangée.
Je prends le risque de le dire : impossible .
Comprendre la grandeur de l’enjeu
Mais pour que tout cela tienne dans le temps, il faut bien réaliser que l’enjeu est immense, aussi bien pour toi que pour notre ennemi déclaré, Shayṭān.
Il a mené une guerre contre notre père Ādam عليه السلام, et a juré qu’il se vengerait. Shaytan n’a jamais digéré qu’ALLAH ﷻ lui ait ordonné de se prosterner devant notre ancêtre, et chaque fois qu’il nous voit, nous lui rappelons cette scène qu’il ne supporte toujours pas.
Alors, il a fait un serment : il ramènera avec lui en Enfer le plus grand nombre possible.
C’est pour cela que lorsque tu entres dans ce type de routine spirituelle, il a beaucoup à perdre. Et une fois que tu es ancré dans ces habitudes, il lui sera très difficile de t’en détourner.
Commencer par les prérequis
Avant de se précipiter pour mettre en place un programme d’istighfār, de lecture de Al-Baqara et de tahajjud, il faut poser les pré-requis spirituels, ces éléments qui agissent comme des “boosters”. Quand ils sont présents, le reste s’installe plus naturellement.
Je fais ici un petit disclaimer : tout au long de cet épisode, tu pourras avoir l’impression que je parle de recette miracle. Tu pourrais te dire : « Comment une seule chose peut produire autant de bienfaits ? Peut-être qu’elle exagère. » Mais non. Il faut simplement tester pour comprendre.
Oui, il existe des miracles dans ces actes. Et oui, la chance existe, mais uniquement pour ceux qui ont l’intention et qui commencent à agir. Ceux qu’on appelle « chanceux » sont en réalité ceux qui ont décidé de faire confiance à ALLAH ﷻ et de démarrer une action, même petite, avec constance.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Les œuvres les plus aimées d’ALLAH sont celles qui sont faites avec constance, même si elles sont peu nombreuses. »
(rapporté par Al-Bukhārī et Muslim)
Le premier prérequis : le dhikr du Tawhid
Avant de te lancer dans ce trio gagnant, le dhikr est une amorce puissante. Il s’agit ici de deux pratiques que j’ai personnellement mises en place et qui ont été déterminantes pour moi :
Prononcer le tawḥīd ,
Faire cette formule de façon régulière , consciente et profonde.
La formule du tawhîd
La première pratique est de prononcer la formule du tawhîd , celle que tout musulman dit en entrant dans l’Islam et qui est attendue de nous au moment de notre mort.
لَا إِلٰهَ إِلَّا اللهُ
Lā ilāha illā ALLAH
Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’ALLAH.
C’est cette même formule que l’ange de la mort espère entendre au moment où notre âme sera reprise.
La formule complète
Et il y a une formule encore plus complète , que le Prophète ﷺ a particulièrement recommandée :
لَا إِلٰهَ إِلَّا اللهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ ٱلْمُلْكُ وَلَهُ ٱلْحَمْدُ وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā ilāha illā ALLAH waḥdahu lā sharīka lah, lahu al-mulku wa lahu al-ḥamdu wa huwa ʿalā kulli shayʾin qadīr
Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’ALLAH, unique, sans associé. À Lui la royauté et à Lui la louange, et Il est capable de toute chose.
Il est rapporté dans le recueil de Muslim que le Prophète ﷺ a dit :
« La meilleure des paroles que moi et les prophètes avant moi avons dite est :
لَا إِلٰهَ إِلَّا اللهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ ٱلْمُلْكُ وَلَهُ ٱلْحَمْدُ وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā ilāha illā ALLAH waḥdahu lā sharīka lah, lahu al-mulku wa lahu al-ḥamdu wa huwa ʿalā kulli shayʾin qadīr »
Cette formule est celle de la shahāda, la déclaration de l’unicité d’ALLAH ﷻ. Elle regroupe le tawḥīd, la reconnaissance de Sa souveraineté et de Sa puissance absolue.
La couronne du dhikr
Le Prophète ﷺ a dit que cette formule est la meilleure des paroles, c’est-à-dire le meilleur dhikr, la meilleure manière de se rappeler d’ALLAH.
Les savants ont parlé de ce dhikr comme de تاج الأذكار (tāj al-adhkār ) ou تاج الذكر (tāj adh-dhikr ) la couronne des invocations, la reine de toutes les formules de rappel car elle regroupe :
le tawḥīd (unicité d’ALLAH),
la louange,
la royauté divine,
et l’omnipotence d’ALLAH ﷻ.
Dire cette formule 100 fois par jour
Dans un autre hadith authentique, le Prophète ﷺ a dit :
« Celui qui dit
لَا إِلٰهَ إِلَّا اللهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ ٱلْمُلْكُ وَلَهُ ٱلْحَمْدُ وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā ilāha illā ALLAH waḥdahu lā sharīka lah, lahu al-mulku wa lahu al-ḥamdu wa huwa ʿalā kulli shayʾin qadīr
cent fois dans sa journée, aura la récompense de l’affranchissement de dix esclaves, cent bonnes actions seront inscrites pour lui, cent péchés seront effacés et cela le protégera du Shayṭān toute la journée jusqu’au soir. »
(Rapporté par Al-Bukhārī et Muslim)
C’est énorme quand on pense à la portée de ces promesses : des péchés effacés, des récompenses multipliées, et une protection spirituelle directe.
Une arme contre Shayṭān
Tu comprends maintenant pourquoi je considère cette formule comme un prérequis avant toute autre action. Shayṭān ne peut pas grand-chose contre quelqu’un qui commence sa journée avec Lā ilāha illā ALLAH . C’est une barrière puissante : au moment où tu prononces cette formule, il est neutralisé.
C’est d’ailleurs pour cela que celui qui parvient à prononcer cette parole au moment de sa mort est sauvé : Shayṭān, jusqu’à la dernière seconde, tentera de tout faire pour t’en empêcher — illusions, distractions, peur, soif — mais une fois la parole dite, il est vaincu.
Une invitation à faire plus
Le Prophète ﷺ a précisé que nul n’aura fait mieux que celui qui dit cette formule cent fois, sauf celui qui en dira davantage. Il y a donc ici une invitation claire à l’excès dans le bien.
Certains disent « mieux vaut dire moins mais avec qualité » — ce qui est vrai. Mais cela ne doit pas devenir une excuse pour ne pas viser plus haut.
La qualité est importante, mais la quantité dans le bien, lorsqu’elle est accompagnée de sincérité et de régularité, est également hautement méritoire.
Ce que j’aime dans ce hadith, c’est qu’il vient honorer à la fois la qualité et la quantité.
Dans notre vie, ce qu’ALLAH ﷻ nous demande, c’est l’équilibre. On ne doit pas viser uniquement la qualité au détriment de la quantité, ni l’inverse. Les deux doivent collaborer pour former un combo gagnant.
Les paroles des savants à ce sujet
Ibn al-Qayyim رحمه الله disait que cette formule contient :
la déclaration du tawhīd,
l’affirmation de la royauté d’ALLAH ﷻ,
la reconnaissance de Sa perfection,
et de Sa puissance absolue.
Il explique que c’est le dhikr le plus complet, car il rassemble :
لَا إِلٰهَ
Lā ilāha
« Il n’y a pas de divinité… »
إِلَّا اللهُ
illā ALLAH
« …si ce n’est ALLAH »
Ainsi que la souveraineté, la louange et la puissance.
An-Nawawī رحمه الله, dans son Sharḥ Muslim , a dit que ce dhikr réunit la foi, la reconnaissance des bienfaits et la gratitude. C’est en quelque sorte un résumé de toute la ʿaqīda du musulman.
Ibn Kathīr رحمه الله a quant à lui affirmé :
« Cette parole est la clé du Paradis. Et celui qui la prononce sincèrement au moment de sa mort entre au Paradis. »
Une formule facile à intégrer dans une routine
Personnellement, j’ai intégré cette formule dans ma routine quotidienne depuis longtemps. Je l’ai évalué concrètement : le matin et le soir, je prends environ 20 minutes pour la dire 100 fois tranquillement — parfois moins.
Je le fais le matin, pour bénéficier de la protection jusqu’au soir. Et je le fais le soir, pour bénéficier de la protection jusqu’au matin.
لَا إِلٰهَ إِلَّا اللهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ ٱلْمُلْكُ وَلَهُ ٱلْحَمْدُ وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā ilāha illā ALLAH waḥdahu lā sharīka lah, lahu al-mulku wa lahu al-ḥamdu wa huwa ʿalā kulli shayʾin qadīr
Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’ALLAH, unique, sans associé. À Lui la royauté et à Lui la louange, et Il est capable de toute chose.
Cette formule peut paraître longue, mais en réalité elle est très fluide à répéter une fois qu’on l’a en bouche.
Une invitation à ne pas négliger
Quand le Prophète ﷺ dit « La meilleure parole que moi et les prophètes avant moi avons dite est… »
À ce moment-là, peut-on réellement se dire que cette formule est optionnelle ? Peut-on se permettre de la négliger ?
Non. Il nous donne littéralement de l’or en barre.
C’est une formule à prononcer. C’est une action simple : bouger la langue et prononcer ce qu’il a dit. Elle est complète, puissante, éloigne Shayṭān et réaffirme le tawḥīd. Elle coche toutes les cases.
Le deuxième prérequis : prier sur le Prophète ﷺ
Le dhikr du tawḥīd est le premier prérequis, mais il est accompagné d’un deuxième élément tout aussi fondamental : La prière sur le Prophète ﷺ ( ṣalāt ʿala n-nabī ).
Je pense qu’on connaît tous la portée de cette formule, mais on la néglige encore trop souvent, dans le sens où on ne l’utilise pas assez au quotidien. Peut-être parce qu’on ne réalise pas pleinement à quel point elle est puissante et ouvre des portes.
Le Prophète ﷺ a rapporté — dans un hadith authentique chez At-Tirmidhī — :
« Celui qui prie sur moi une fois, ALLAH prie sur lui dix fois. »
Prends une seconde pour y réfléchir. Si ALLAH prie sur toi, qu’est-ce qui peut réellement t’arriver de négatif ?
Chaque fois que tu adresses une prière sur le Prophète ﷺ, ALLAH t’envoie dix fois Sa miséricorde en retour.
اَللّٰهُمَّ صَلِّ عَلَىٰ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ
ALLAHumma ṣalli ʿalā sayyidinā Muḥammad
Ô ALLAH, prie sur notre maître Muḥammad.
Le mot صَلَّى (ṣallā) englobe
la paix,
le salut,
le lien,
tout le khayr (bien)
C’est une formule qui ouvre littéralement des canaux de bénédiction.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Les plus proches de moi le Jour du Jugement sont ceux qui prient le plus sur moi. »
Chaque fois que tu entends son nom, il est recommandé de prier sur lui immédiatement en disant :
صلى الله عليه وسلم
salla Allahu alayhi wa sallam
Un rappel intégré dans la prière
Regarde le tachahhud final dans la prière : on y prie sur le Prophète ﷺ, mais aussi sur le Prophète Ibrâhîm عليه السلام. ALLAH ﷻ, dans Sa miséricorde, a voulu que cette formule ne disparaisse jamais de nos journées. Même si tu oublies de la dire ailleurs, elle est obligatoirement prononcée dans tes 5 prières quotidiennes.
Et la formule de tawḥīd est elle aussi présente dans le tachahhud. Ce n’est pas anodin.
Ce que les savants en disent
Les savants disent que ces deux formules —
Lā ilāha illā ALLAH (tawḥīd)
ALLAHumma salli ʿalā Muḥammad (prière sur le Prophète ﷺ)
— sont comme l’eau et la lumière.
L’eau purifie : c’est la fonction du dhikr du tawḥīd.
La lumière éclaire et illumine : c’est la fonction de la prière sur le Prophète ﷺ.
Et dans la vie, pour que quoi que ce soit pousse, il faut de l’eau et de la lumière.
Un effet concret sur le cœur et les waswas
Ces deux dhikr sont comme un booster spirituel. Ils purifient l’intention, ouvrent les portes du cœur, éloignent Shayṭān, et facilitent l’accès aux autres adorations.
Tu sais, ce voile invisible qui rend difficile le premier pas ? Cette lassitude qui s’installe au bout de quelques jours ? Toutes les distractions qui te font repousser certaines adorations ?
Ces deux formules viennent lever ces obstacles. Une fois intégrées au quotidien, tout le reste devient plus naturel. La constance devient fluide, la paresse s’éloigne, et les adorations se vivent avec plus de facilité.
Et je te le dis par expérience personnelle : quand tu intègres sincèrement ces deux prérequis, tout change. Ce n’est pas un « effet miracle » sorti de nulle part — c’est simplement la puissance des clés que le Prophète ﷺ nous a laissées.
Pourquoi ces deux prérequis débloquent tout
Sur le plan très concret, ces deux dhikr préalables (tawḥīd puis prière sur le Prophète ﷺ) nettoient ce qui te parasite :
dispersion,
perte de temps,
scrolling,
commérages,
musique, etc.
Ils agissent comme un grand ménage : on retire toiles d’araignée et poussière, puis on peut meubler l’espace avec des œuvres utiles. Une fois ce voile levé, les adorations redeviennent évidentes :
tu les entends,
tu les commences,
tu persévères sans lourdeur.
Premier élément du trio gagnant : l’istighfâr
Le Prophète ﷺ multipliait la demande de pardon plus de 70 fois, et dans une autre version pas moins de 100 fois par jour. L’idée n’est pas de s’arrêter au minimum, mais de monter en régime.
Au point où tu en es :
tu as au moins 100 répétitions du tawḥīd chaque jour,
tu pries fréquemment sur le Prophète ﷺ,
et tu vises ≥ 70 à 100 istighfâr quotidiens…
Et avant de passer à la suite, si tu veux lire l’article sur l’istighfar, c’est par ici :
…parce que maintenant, on va viser plus haut.
L’istighfâr : une clé universelle donnée par le Prophète ﷺ
Dans un ḥadīth rapporté par Abū Dāwūd , le Prophète ﷺ a dit :
مَن لَزِمَ الاسْتِغْفَارَ، جَعَلَ اللَّهُ لَهُ مِن كُلِّ هَمٍّ فَرَجًا، وَمِن كُلِّ ضِيقٍ مَخْرَجًا، وَرَزَقَهُ مِنْ حَيْثُ لَا يَحْتَسِبُ
« Quiconque pratique constamment l’istighfâr, ALLAH lui accordera une issue à toute angoisse, un soulagement à toute difficulté, et Il lui accordera une subsistance d’où il ne s’y attendait pas. »
Regarde bien : tout est inclus dans ces trois promesses .
« Une issue à toute angoisse » → al-faraj (الفرج) : combien de fois avons-nous ressenti cette angoisse ?
« Un soulagement à toute difficulté » → al-makhraj (مخرج) : la difficulté est notre lot quotidien.
« Une subsistance d’où il ne s’y attendait pas » → ar-rizq (الرزق) : sujet de tant d’inquiétudes aujourd’hui.
Avant de courir vers les stratégies « business miracle » pour gagner ses « premiers 100 000 € », il faut passer par le vrai bureau d’entrée : celui de l’istighfâr.
C’est lui qui ouvre les portes du rizq, qui peut ensuite venir à travers des causes apparentes.
Un commentaire d’Ibn al-Qayyim رحمه الله
Il explique que le Prophète ﷺ a lié l’istighfâr à trois bienfaits majeurs :
Al-faraj (الفرج) → soulagement de l’angoisse (passé)
Al-makhraj (مخرج) → sortie de l’impasse (présent)
Ar-rizq (الرزق) → subsistance inattendue (futur)
Et il ajoute :
« L’istighfâr efface le passé, ouvre les portes du présent et prépare les bénédictions du futur. »
Autrement dit : une seule formule agit sur toute ta frise chronologique.
Plus qu’une simple demande de pardon
Réduire l’istighfâr à « dire pardon » serait une erreur.
C’est une déclaration d’humilité : reconnaître que nous ne maîtrisons rien, qu’ALLAH ﷻ seul dénoue les situations.
C’est une porte d’accès spirituelle et matérielle : tout ce qui nous bloque, ALLAH ﷻ peut l’ouvrir à travers cette pratique constante.
C’est une formule de reliance : chaque Astaghfirullāh recentre le cœur et réaffirme la dépendance totale envers Lui.
Quand tu te sens étouffé → dis Astaghfirullāh Quand tu ne vois pas d’issue → dis Astaghfirullāh Quand ta subsistance, ta santé ou tes relations sont bloquées → dis Astaghfirullāh
L’istighfâr n’est pas une simple parole pieuse : c’est une clé vivante, que le Prophète ﷺ utilisait quotidiennement, et qu’il nous a laissée comme un remède intemporel.
L’istighfâr dans le Coran
Pour comprendre la puissance concrète de l’istighfâr, les savants de l’exégèse (mufassirûn) citent souvent comme dalîl ce passage de Sourate Nûḥ, où le Prophète Nûḥ عليه السلام s’adresse à son peuple :
فَقُلْتُ ٱسْتَغْفِرُوا۟ رَبَّكُمْ إِنَّهُۥ كَانَ غَفَّارًۭا يُرْسِلِ ٱلسَّمَآءَ عَلَيْكُم مِّدْرَارًۭا وَيُمْدِدْكُم بِأَمْوَٰلٍۢ وَبَنِينَ وَيَجْعَل لَّكُمْ جَنَّٰتٍۢ وَيَجْعَل لَّكُمْ أَنْهَٰرًۭا
« J’ai donc dit : “Implorez le pardon de votre Seigneur, car Il est grand Pardonneur. Il vous enverra du ciel des pluies abondantes, Il vous accordera des biens et des enfants, Il vous donnera des jardins et vous accordera des rivières.” » (Sourate Nûḥ, v. 10-12)
Ici, la pluie est une métaphore magnifique :
L’istighfâr, c’est la pluie intérieure qui fait reverdir le cœur desséché.
Les fruits qu’elle fait pousser se manifestent à la fois de l’intérieur (sérénité, clarté, motivation) et de l’extérieur (rizq, portes qui s’ouvrent, bénédictions visibles).
Quand un croyant s’attache à cette pratique, son cœur devient comme un jardin luxuriant, irrigué par la miséricorde d’ALLAH ﷻ.
L’istighfâr : la « vidange » spirituelle
On peut comparer l’istighfâr au désencombrement d’une maison que tu viens d’acquérir :
Avant de poser les meubles ou la décoration, tu nettoies, tu rinces, tu retires les toiles d’araignées, tu purifies l’espace.
Ce n’est pas encore la phase d’embellissement, mais sans cette étape , rien d’autre ne tient.
L’istighfâr, c’est cette étape-là dans la vie spirituelle : le grand nettoyage intérieur. Il prépare le terrain pour que tu vives correctement dans cette maison, ainsi que tout ton entourage, pour vous y sentir bien.
Premier témoignage autour de l’istighfar
Les témoignages abondent, et ils ne sont pas anecdotiques. Beaucoup de personnes racontent comment des portes se sont ouvertes après avoir intégré l’istighfâr de manière intense et sincère dans leur quotidien.
Un exemple rapporté dans une conférence illustre cela :
Un homme — qui deviendra plus tard un cheikh reconnu — expliquait qu’à une période de sa vie, il fumait, était malade, très endetté, au bout du rouleau. Il assista à une conférence où on lui parle de l’istighfar.
Le conférencier explique que lui-même était endetté de plus d’un million de dollars et qu’on lui avait conseillé de faire istighfar, et d’en faire beaucoup ! Pas cent fois… beaucoup plus, 1000 !
À ce stade, il s’est dit qu’il n’avait rien à perdre ».Il a mis en place un programme rigoureux, il s’est fixé non pas 1000 mais, 10 000 istighfâr par jour, minimum !
Ce simple acte a enclenché, selon son propre témoignage, des changements concrets dans sa santé, ses finances et sa situation globale, au-delà de ce qu’il imaginait. Et cela… en 3 mois :
sa dette était effacée,
il a eu 1 million de dollars de “surplus” en sa possession
ses relations avec sa famille se sont arrangées, etc.
D’ailleurs, il n’a pas arrêté par la suite, il a continué avec cette habitude.
Plus tard, il devient un enseignant erudit dans le domaine du Coran. Il explique que la porte d’entrée dans l’istighfar c’était la volonté de combler sa dette, mais qu’il a obtenu bien plus que ça… Il avait pris goût à demander pardon à ALLAH ﷻ, il ne le faisait plus par besoin, mais par envie. C’était devenu vital.
Un deuxième témoignage bouleversant
La sœur qui racontait ce témoignage avait elle-même découvert l’istighfâr par cette conférence. À l’époque, elle était atteinte d’une maladie grave et inexpliquée.
Elle perdait énormément de poids, n’arrivait plus à s’alimenter, et aucun médecin n’arrivait à identifier la cause. Elle était physiquement très affaiblie et angoissée.
En écoutant ce récit, elle s’est dit :
« Qu’est-ce que je risque à essayer ? »
Elle a commencé l’istighfâr intensif .
Et non seulement elle a guéri miraculeusement, mais beaucoup d’autres aspects de sa vie se sont transformés, comme des portes qui s’ouvrent les unes après les autres, là où tout semblait bloqué auparavant.
Il y a une baraka qui commence à se manifester dans la subsistance — et cela peut être déroutant. Mais pas seulement : dans les relations avec les gens, dans la fluidité des événements… Des choses commencent à apparaître.
Le cœur réparé par un simple « Astaghfirullāh »
Même avec un cœur fatigué, peu de temps, peu de force… un “Astaghfirullāh” sincère agit comme un soin réparateur . Parce qu’il :
Efface le poids du passé
Ouvre les issues dans le présent
Prépare la pluie de bénédictions pour le futur
C’est exactement ce que disait Ibn al-Qayyim رحمه الله :
« Ce dhikr efface le passé, ouvre les portes du présent et prépare les bénédictions du futur. »
L’istighfâr n’est pas un simple supplément spirituel — c’est le socle sur lequel les autres adorations reposent. Une fois cette base solide en place, tout le reste devient plus fluide, plus naturel, et les obstacles spirituels s’allègent considérablement.
Cette histoire, très connue dans les cercles islamiques arabophones et anglophones, illustre parfaitement le hadith du Prophète ﷺ :
مَن لَزِمَ الاسْتِغْفَارَ جَعَلَ اللَّهُ لَهُ مِن كُلِّ ضِيقٍ مَخْرَجًا، وَمِن كُلِّ هَمٍّ فَرَجًا، وَرَزَقَهُ مِنْ حَيْثُ لَا يَحْتَسِبُ
« Quiconque pratique constamment l’istighfâr, ALLAH lui accordera une issue à toute angoisse, un soulagement à toute difficulté et lui accordera une subsistance d’où il ne s’y attendait pas. » (Rapporté par Abû Dâwûd)
Franchement, moi, le temps d’un trajet de la maison à l’école des enfants le matin, les 1000 istighfâr sont faits. C’est largement faisable. En répétant simplement :
أستغفر الله
Astaghfirullāh « Je demande pardon à ALLAH »
Un retour personnel à l’istighfâr
Quelques années en arrière, je suis moi aussi tombée sur cette vidéo. C’était une période difficile de ma vie.
Je me suis lancée, et comme beaucoup, j’ai commencé par 1000 istighfâr par jour , c’était mon minimum. Puis, avec le temps, j’ai eu une période où j’en faisais moins, où la routine s’était un peu diluée. Je n’avais pas encore mis en place les “pré-requis” comme je te les ai partagés plus tôt.
Et c’est au début de l’année 2025, voire même fin 2024, que l’istighfâr m’a “rattrapée”. C’était une période particulière pour moi, liée au Hajj que j’ai accompli cette année-là, al-ḥamdu lillāh.
Cela faisait des années que je voulais partir au Hajj. Chaque année, il y avait une raison : une fois les études, une autre une grossesse, une autre encore des circonstances extérieures… Il y avait toujours un obstacle.
Mais en 2025, je voyais que tous ces obstacles avaient disparu. Il ne restait qu’une chose : l’invitation d’ALLAH ﷻ .
Et c’est à ce moment que l’istighfâr, tel que je le pratiquais auparavant, est revenu de façon intense. J’ai eu comme un déclic. C’est à ma portée.
Un exemple inspirant
Et je remercie une amie, avec qui j’ai échangé à ce moment-là. Elle, l’istighfâr, c’est 10 000 par jour minimum. Quand la situation est particulièrement tendue, elle monte jusqu’à 50 000 par jour.
Qu’ALLAH la récompense. C’est une maman solo de sept enfants, qu’elle élève seule, mâshâ’ALLAH .
Quand tu vois ses enfants, tu comprends d’où vient cette lumière : les sept sont exemplaires, fatabārakALLAH . Et elle est digne, malgré tout ce qu’elle a traversé.
Élever seul ses enfants, quelle qu’en soit la raison, c’est quelque chose de très éprouvant. Je sais de quoi je parle, car je suis moi-même dans cette situation.
Ce n’est pas facile, loin de là. Et pourtant, elle n’a jamais cessé l’istighfâr. Elle en a fait une colonne vertébrale dans sa vie quotidienne, et ALLAH ﷻ l’a honorée dans bien des domaines.
Quand je la vois, subḥānALLAH , elle ne fait pas semblant. J’ai rarement vu quelqu’un avec des traits du visage aussi détendus en permanence. Je ne l’ai jamais vue se fâcher, jamais crier — même avec ses enfants. Tout est toujours dans le calme, avec un sourire, comme si c’était son deuxième visage.
Elle dégage cette impression de sakîna , de paix. Et moi, je sais d’où ça vient : elle a intégré l’istighfâr dans son quotidien, avec d’autres adorations.
Un rappel décisif
Un jour, je lui confie que j’aimerais aller au Hajj. Cela faisait plusieurs années que j’essayais, mais je ne disais pas ça à beaucoup de gens. Je lui demande simplement : « N’oublie pas de me mettre dans tes du‘â. »
Parce qu’au fond de moi, j’avais intégré qu’ALLAH ﷻ exauçait ses invocations.
Elle me regarde et me dit :
« Zaynab… est-ce que ce ne serait pas plus rapide que tu t’occupes toi-même de ça ? »
Je lui demande : « C’est-à-dire ? » Elle répond : « Tu fais bien l’istighfâr ? »
Je lui dis oui, environ mille par jour, et quand j’ai vraiment peu de temps, je descends à cent — jamais en dessous, comme le Prophète ﷺ.
Elle me regarde, et je vois presque une déception, mais une déception bienveillante. Elle me dit :
« Zaynab… pas toi. Tu ne peux pas me dire que tu as tout tenté pour le Hajj si tu n’as pas fait au moins dix mille istighfâr par jour. Dans ton cas, c’est urgent. Tu es en phase critique. Fais dix mille ! Tu attends quoi ? »
Un déclic
En la regardant, j’ai senti qu’elle me disait une vérité que j’avais enfouie très loin. Tout devenait logique.
Et dans les six mois qui ont précédé le Hajj, c’est devenu mon protocole : dix mille istighfâr par jour, minimum.
Avec une amie qui m’a accompagnée au Hajj, on s’est même lancé ce défi. On se taquinait :
« Il y en a qui font dix mille pas par jour, nous on les fait en istighfâr ! »
Cela devenait un jeu, une motivation. Parfois, je sortais marcher juste pour pouvoir faire mon istighfâr.
D’habitude, je ne raconte pas combien je fais, ni à quelle fréquence.
Mais ici, je pense qu’il faut se sacrifier un peu pour donner une impulsion aux autres. Il serait dommage de ne pas te pousser, dans ce podcast, à intégrer l’istighfâr dans ta vie.
Et encore une fois, ce n’est pas moi qui le dis. C’est ce que le Prophète ﷺ a enseigné, et ce que des générations de savants ont répété.
Le Hajj : une porte ouverte par l’istighfâr
Je ne prétends pas dire que j’ai obtenu le Hajj uniquement parce que j’ai fait de l’istighfâr. Seul ALLAH ﷻ sait.
Mais je sais une chose : cela faisait dix ans que je suivais Dhul-Hijjah avec assiduité, cinq ans que j’avais la possibilité administrative et financière d’y aller, et pourtant ce n’était jamais écrit.
Il y avait toujours quelque chose : un refus, un obstacle, un imprévu. Et parfois, même quand tout semblait ouvert, je n’étais pas sur la liste.
Je croyais avoir tout essayé. Jusqu’à ce que mon amie me dise cette phrase coup de poing :
« Tu dis que tu as tout essayé, mais tu n’as pas fait istighfâr. À qui tu veux faire croire ça ? »
Et cette année, al-ḥamdu lillāh, j’ai fait le Hajj.
Mais ce n’était pas qu’un Hajj. Comme j’ai essayé de le partager dans l’épisode dédié, ce que j’ai vécu allait bien au-delà.
Le vrai miracle, c’est que bien avant le Hajj, j’ai senti la protection d’ALLAH ﷻ, Sa baraka, Son rizq. C’est comme s’Il m’avait tout donné en amont.
Et le Hajj, lui, est venu comme le sommet de tout cela.
Les bienfaits qui continuent de couler
Jusqu’à aujourd’hui, il y a des choses qui continuent de couler, de se déverser dans ma vie :
des opportunités inattendues,
des situations qui se débloquent,
des épreuves longues qui se règlent enfin,
des compréhensions qui arrivent au bon moment,
des relations qui se dessinent clairement :
Tu sais où être, avec qui être.
Tu sais où dire non, où dire oui, quoi accepter, quoi délaisser.
J’aime bien dire : « Pose tes limites » . → Mais en vérité, fais istighfâr , et tes limites se poseront toutes seules.
C’est ça que j’ai vécu. Et ce qui est encore plus beau, c’est que ça va au-delà de l’istighfâr lui-même.
L’istighfâr devient vital
Je comprends désormais ce que disait ce shaykh lorsqu’il expliquait qu’au bout d’un moment, l’istighfâr devient vital, comme respirer.
Je le dis humblement : alors que je pratique l’istighfâr depuis des années, je commence seulement à en intégrer la profondeur .
L’istighfâr permet de :
se relever plus vite,
comprendre plus rapidement les épreuves,
se remettre plus vite entre les mains d’ALLAH ﷻ,
développer plus de patience avec les gens,
mieux prendre soin de soi, de sa santé, de ses relations.
Et même dans les phases de down , comme cela m’est arrivé récemment, l’istighfâr aide à se relever plus rapidement et plus sainement .
Ce n’est pas une question d’être meilleur, plus intelligent ou d’avoir plus de chance. C’est simplement qu’ALLAH ﷻ place sur notre route des personnes qui nous donnent ce conseil, et que nous choisissons de l’appliquer.
Et ces personnes, elles-mêmes, l’ont entendu d’autres, et ainsi de suite, jusqu’au Prophète ﷺ, et même avant lui.
Le premier cadeau d’Adam عليه السلام à l’humanité
On peut ramener ce mérite-là à notre père Adam عليه السلام. Le premier cadeau qu’il nous a transmis, c’est l’istighfâr.
Adam عليه السلام a fauté, puis ALLAH ﷻ lui a enseigné les paroles du pardon. Et grâce à cela, l’humanité a appris à se tourner vers ALLAH ﷻ après une erreur.
S’il avait agi comme Iblîs — qu’ALLAH ﷻ nous en préserve — les conséquences auraient été terribles. Iblîs, lorsqu’il a refusé de se prosterner alors que tous les anges l’avaient fait, ALLAH ﷻ lui a donné l’occasion de s’expliquer.
Au lieu de reconnaître sa faute, il l’a justifiée, il a creusé son propre gouffre.
Il a osé dire à ALLAH ﷻ :
بِمَا أَغْوَيْتَنِي
Bimā aghwaytanī « Puisque Tu m’as égaré… » (Sourate al-A‘rāf, v.16)
C’est-à-dire : « Puisque c’est Toi qui m’as égaré, je vais les égarer à mon tour » . Il a accusé ALLAH ﷻ directement de sa perdition.
Et il a juré :
لَأَقْعُدَنَّ لَهُمْ صِرَاطَكَ الْمُسْتَقِيمَ
La-aq‘udanna lahum ṣirāṭaka al-mustaqīm « Je m’assiérai pour eux sur Ton droit chemin » (Sourate al-A‘rāf, v.16)
La différence fondamentale : l’aveu d’Adam عليه السلام
Si Adam عليه السلام avait dit : « C’est Shayṭān qui m’a induit en erreur » , il n’aurait pas eu tort. Mais il n’a pas dit ça. Parce que dès que tu commences à justifier ta faute par un facteur externe, tu t’effaces de l’équation.
Reconnaître sa part de responsabilité, c’est se respecter. C’est affirmer sa valeur auprès d’ALLAH ﷻ.
Adam عليه السلام a dit :
رَبَّنَا ظَلَمْنَا أَنْفُسَنَا وَإِن لَّمْ تَغْفِرْ لَنَا وَتَرْحَمْنَا لَنَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ
« Seigneur ! Nous nous sommes fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants. » (Sourate al-A‘rāf, v.23)
C’est à partir de là qu’ALLAH ﷻ lui a enseigné la formule du pardon. Avant cela, il ne pouvait pas la connaître. Et c’est de là que nous avons hérité l’istighfâr.
L’istighfar nous relie à Adam عليه السلام
Le premier cadeau que papa Adam عليه السلام nous a transmis — le premier cadeau d’un père à ses enfants — c’est l’istighfâr.
D’une certaine manière, il s’est même « sacrifié » en commettant cette erreur. Il a pu gagner cette formule du pardon et nous la transmettre.
Car s’il s’était justifié, il n’aurait jamais demandé pardon, et l’humanité entière aurait suivi cet exemple.
Et ce jour-là, au Jour du Jugement, nous aurions été tous à dire :
« Personne ne nous a montré l’effaceur, personne ne nous a donné la gomme. Nous ne savions pas que lorsqu’on se trompe, il faut simplement demander pardon. Ce n’est pas dans nos gènes, notre ancêtre ne l’a pas fait. »
Et qui serait alors entré au Paradis ? À part les prophètes, personne.
C’est pour cela que j’aime profondément l’istighfâr : il nous relie à notre père Adam عليه السلام. On se rappelle qu’il s’est trompé… comme nous. Mais la meilleure manière de lui ressembler, c’est de faire ce qu’il a fait :
Ne pas se justifier.
Reconnaître sa part, même lorsqu’on est victime.
Reconnaître qu’ALLAH ﷻ est le seul capable de tout effacer.
L’istighfâr comme assurance spirituelle
Même si, à l’instant où on dit Astaghfirullāh (أَسْتَغْفِرُ اللّٰهَ), on ne pense pas à une action précise dont on n’est pas fier, cela reste bénéfique.
Parce qu’il y a tant de choses que nous faisons, consciemment ou inconsciemment, qui ne sont pas correctes. Nous continuons notre journée… mais ALLAH ﷻ voit tout.
Et les personnes envers qui nous commettons parfois des erreurs sans nous en rendre compte, elles aussi « enregistrent ».
Dire Astaghfirullāh abondamment, c’est comme une assurance : cela couvre tes risques, y compris ceux que tu n’as pas anticipés. Sauf que cette assurance-là est gratuite … et elle couvre vraiment tout.
Une pratique à intégrer dans le quotidien
À ce stade, j’ai presque envie que tout le monde ait un tasbîḥ — un chapelet ou un compteur digital — à portée de main.
Et au passage, non, ce n’est pas une bid‘a (innovation blâmable).
Faire 100, 1000 ou 10 000 Astaghfirullāh , ou encore répéter Lā ilāha illALLAH (لا إله إلا الله) autant de fois…C’est difficile à compter sans support.
Le tasbîḥ est juste un outil. Ce n’est pas lui l’adoration. Il sert simplement à compter, comme une calculatrice sert à calculer la zakât, ou comme un haut-parleur sert à diffuser l’adhān.
Entrer dans un débat sur ce sujet n’a pas lieu d’être : c’est un moyen légitime, rien de plus.
On n’a pas le temps pour ce genre de choses. On a des istighfâr à faire. N’est-ce pas ?
Un petit clin d’oeil
Je tenais absolument à faire un aparté, un remerciement à ma sœur Mélissa, du podcast et du compte Instagram Sakina Seeke r s .
Elle a lancé un istighfâr challenge sur Instagram — je ne sais plus exactement ce qui l’avait motivée au départ — mais chaque jour, pendant au moins 100 jours, elle postait une story avec le nombre du jour : J2, J10, J50… et récemment J100.
Le compteur était fixé à 1000 istighfâr par jour. Et après les 100 jours, elle a continué.
Petit à petit, les sœurs ont commencé à se donner rendez-vous chaque jour autour de ce challenge. Elles partageaient leurs avancées, se motivaient mutuellement. Certaines témoignaient aussi des effets ressentis au fil du temps. Et ce qui était très beau à voir, c’est que beaucoup arrivaient aux mêmes constats que ceux que j’ai partagés plus tôt :
→ L’ istighfâr apporte des bienfaits profonds, bien au-delà de la guérison d’une maladie, du règlement d’une dette, ou de l’amélioration de la subsistance.
C’est une transformation intérieure , une paix qui s’installe.
Qu’ALLAH ﷻ récompense ma sœur Mélissa pour cette initiative. Parce qu’une seule personne qui commence l’istighfâr sérieusement grâce à toi, c’est déjà énormément de ḥasanāt .
Alors imagine plusieurs personnes …
Elle n’avait rien à gagner matériellement. Et pourtant, elle a offert à ces sœurs le monde entre leurs mains .
Pas un MacBook, pas un concours : une clé spirituelle inestimable , avec une seule formule :
أَسْتَغْفِرُ اللّٰهَ
Astaghfirullāh « Je demande pardon à ALLAH. »
Magnifique.
Des effets subtils mais puissants
Quand on pratique l’istighfâr de façon constante, un apaisement réel s’installe. Rappelez-vous de mon amie dont je parlais plus tôt : celle au visage toujours détendu , au comportement imperturbable malgré une vie extrêmement remplie et éprouvante.
Beaucoup de personnes, pour moins que ce qu’elle vit, sont en burn-out permanent. Elle, non. Et elle ne fait pas semblant.
L’importance de partager cette clé
En réalité, si on aime quelqu’un , on doit lui rabâcher l’istighfâr . Quelqu’un vient te dire : « J’ai un souci… » La première question doit être :
« T’as fait istighfâr ? »
S’il ne l’a pas fait, il faut commencer par là. Et surtout, sans culpabiliser : chacun fait ses choix.
Mais une chose est sûre :
→ Celui qui connaît les bienfaits de l’ istighfâr , qui ne le pratique pas, et continue à se plaindre de ses problèmes… Désolée, mais c’est qu’il est amoureux de ses problèmes.
On ne peut pas dire : « J’ai tout essayé » si on n’a pas commencé par l’istighfâr . C’est impossible. Sinon, ça n’a aucun sens.
Deuxième élement du trio gagnant : Sourate Al Baqara
Pour rappel, le Prophète ﷺ a dit au sujet de cette sourate :
« Récitez Sûrat Al-Baqara, car la pratiquer et la réciter est une bénédiction (baraka ), et l’abandonner est une perte (ou un regret). Les magiciens et ceux qui pratiquent le siḥr (la sorcellerie) ne peuvent rien contre elle. » ḥadîth authentique.
Sûrat Al-Baqara, c’est comme une armure invisible . Elle repousse le mal, elle protège ta maison, et elle installe une discipline spirituelle dans ta vie.
Lire un peu chaque jour
Franchement, lire Al-Baqara, c’est énorme. Mais l’exigence ici n’est pas de la lire en entier tous les jours . La recommandation, c’est d’en lire tous les jours — même un verset.
→ Si tu lis un verset par jour , c’est déjà très bien. → Si tu lis cinq versets par jour , c’est parfait :
Il y a 286 versets dans la sourate, donc en lisant cinq versets quotidiennement, tu feras naturellement le tour, puis tu recommenceras.
L’idée, c’est que cette lecture devienne un traitement de fond : elle est là tous les jours, comme une base stable dans ta routine spirituelle.
Une pratique constante
Pendant ce temps, tu continues bien sûr ta vie :
la mémorisation de la sourate que tu travailles en ce moment,
la révision de ce que tu connais déjà,
la lecture quotidienne,
la tadabbur (méditation) personnelle…
Mais la lecture de Sourate Al-Baqara, elle, reste quotidienne, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige. C’est non négociable.
Vaut mieux fait que parfait
Et si tu sais que tu as des difficultés avec la constance, que tu fais partie de ces personnes du “tout ou rien” — celles qui, si elles ne peuvent pas faire beaucoup d’un coup, finissent par ne rien faire du tout — rappelle-toi :
→ Vaut mieux fait que pas fait.
Parce que la perfection, on ne l’atteint pas. Mieux vaut en faire un peu chaque jour , et s’améliorer progressivement, que de vouloir faire trop d’un coup et d’abandonner ensuite.
La récitation de Al-Baqara dans la maison
Et encore une fois, Shaytan déteste particulièrement Al-Baqara. Quand cette sourate est récitée dans une maison, il ne reste pas. Le Prophète ﷺ a clairement dit que Shaytan fuit une maison dans laquelle on récite Al-Baqara.
La base, c’est donc d’instaurer cette récitation dans son foyer.
Je remercie la personne qui m’avait conseillé cela lorsque j’ai déménagé dans mon premier appartement. Elle m’avait dit : avant même d’installer des meubles ou d’emménager, récite Al-Baqara dans toute la maison. Il faut que chaque pièce entende ta récitation.
Je me suis exécutée, je n’ai jamais regretté, et depuis c’est resté une habitude.
Quand on n’a pas mémorisé la sourate, ou qu’on ne peut pas la réciter entièrement, on peut aussi lancer la récitation d’un récitateur. L’essentiel est qu’elle résonne dans la maison.
Une routine quotidienne puissante
Chez moi, j’ai instauré une petite routine avec mes enfants : le soir, ils s’endorment avec la récitation de Al-Baqara par leur récitateur préféré.
Résultat : non seulement cela met de la baraka dans la maison, mais les enfants se sont imprégnés de la sourate sans effort. Au fil des mois, ils ont mémorisé environ un cinquième de la sourate simplement en s’endormant chaque soir avec elle. C’est devenu un rituel d’endormissement paisible et bénissant.
Un effet secondaire particulier
Là où l’istighfar agit profondément sur l’ouverture des portes, la protection et la fluidité dans ta vie, Al-Baqara, en plus de la baraka qu’elle apporte, a un effet très marquant : elle assainit tes relations.
Il faut que je précise une chose : quand on commence à lire Al-Baqara régulièrement, il arrive qu’au bout d’un certain temps, on ait l’impression que “plein de choses ne vont pas”.
On peut traverser une période où certaines relations changent, où des situations qui semblaient stables se déstabilisent, où des choses ressortent à la surface.
Telle personne avec qui j’étais amie… je ne le suis plus. Ce travail-là… on m’a licenciée. Ce genre de situations peut arriver lorsque l’on intègre Al-Baqara à sa vie quotidienne. Et cela peut être perturbant. On peut être tenté de se dire : « À quoi bon ? J’arrête. »
Si les prérequis sont bien en place, normalement, on ne vacille pas.
Mais quand tu mets en place un acte spirituel profond, il peut y avoir une phase de nettoyage, comme un traitement ou un sevrage.
Quand quelqu’un arrête une addiction, il traverse une période difficile. Celui qui arrête le café, ou pire encore certaines drogues, vit une phase de syndrome de sevrage où le corps réagit.
Cette phase peut donner envie de tout arrêter et de replonger. C’est exactement pour ça qu’on prévient à l’avance : pour que tu saches que c’est normal et temporaire.
Dans ces périodes, on met souvent en place des compléments, une meilleure hygiène de vie, un accompagnement. Puis, une fois la phase passée, tout devient plus fluide. Tu n’as plus besoin qu’on te tire hors du pétrin, parce que tu as acquis les clés.
Al-Baqara agit comme un nettoyage profond
Al-Baqara provoque un effet similaire : elle va venir nettoyer. Comme quand on jeûne et que le corps commence à se détoxifier, il évacue ce qui encombrait. Ce processus n’est pas toujours agréable, mais il est nécessaire.
Quand on commence un sport intensif après une longue période d’inactivité, les muscles souffrent. On grimace, on a mal. Est-ce que cela signifie que le sport est mauvais ? Non. Au contraire, c’est le signe qu’un travail en profondeur est en cours. Et si tu abandonnes à ce moment-là, tu passes à côté des fruits de tes efforts.
Des changements parfois déroutants
Avec Al-Baqara, c’est pareil : tu vas observer des bienfaits réels, des ouvertures, des facilités. Puis il peut y avoir une phase où certaines choses se bousculent. Des relations changent, des situations se réorganisent. Cela peut te désarçonner.
Je l’ai vécu personnellement. SubhanALLAH , dans mon cas, c’est surtout au niveau des relations que cela s’est manifesté. Je suis de nature conciliante, j’évite le conflit, je préfère préserver les autres. Mais parfois, cette attitude empêche d’affronter certaines réalités.
Et soudain, certaines relations que je pensais solides ont changé. Ce n’était pas une question de “bon” ou “mauvais” chez les uns ou les autres, mais plutôt un réajustement spirituel. Avec le recul, j’ai compris que c’était un effet collatéral attendu : le Coran, de manière générale, agit ainsi. Il vient remettre de l’ordre, purifier, séparer le vrai de l’accessoire.
Al-Baqara, cet ami jaloux et bienveillant
Al-Baqara agit un peu comme un ami très proche et jaloux. C’est le meilleur ami que tu puisses avoir. Il entre dans ta vie, il s’y installe, et parce que tu lui accordes du temps, il intervient dans ta vie aux moments clés.
Quand je dis « jaloux », c’est dans le sens noble. Il ne va pas te laisser entretenir des liens avec des personnes qui :
ne t’élèvent pas,
ne t’apportent rien de bénéfique
avec qui la relation te fait régresser spirituellement.
Parfois même, ce n’est pas seulement que l’autre n’est plus un bien pour toi, mais toi aussi, tu n’es plus un bien pour elle.
Et là, ALLAH ﷻ prend les rênes. Il retire certaines personnes de ta vie, et te retire toi de la leur. Il place à la place les compagnons qu’il a choisis pour toi :
Ceux avec qui tu dois avancer à une étape précise.
Ceux qui te correspondent mieux spirituellement et humainement.
Ceux avec qui la relation sera plus saine, plus alignée.
Un processus douloureux
Ce processus est souvent douloureux , car naturellement, tu n’irais pas couper ces liens de toi-même. Tu pourrais même te dire : « Mais cette personne ne m’a rien fait… pourquoi je devrais prendre mes distances ? »
Mais lorsque ALLAH ﷻ agit ainsi, il faut apprendre à lui faire confiance. Car plus tard, quand tu regardes en arrière, tu te rends compte que c’était exactement ce qu’il fallait. Tu réalises que si ces personnes étaient encore dans ta vie à certaines étapes critiques, cela n’aurait pas été un bon mélange — ni pour toi, ni pour elles.
Il y a une expression sénégalaise que j’aime beaucoup :
« Une visite fait toujours plaisir, si ce n’est pas à l’arrivée, c’est au départ. »
Cette phrase résume bien les relations humaines. Il y a toujours du bien, soit dans la venue d’une personne dans ta vie, soit dans son départ. Et au fond, personne n’est indispensable à personne. Seul ALLAH ﷻ est indispensable, c’est Lui qui reste.
C’est important de s’attendre à cela avec Al-Baqara. C’est un effet secondaire attendu, pas un signe d’échec. Donc si tu vois des relations ou des situations évoluer de manière inattendue, rappelle-toi :
« Fais confiance au processus. Fais confiance à ALLAH ﷻ. »
Al Baqara doit faire partie de l’équation quotidienne
Alors, qu’on ait mémorisé ou non la sourate, que l’on lise un verset, dix versets, une page ou la sourate entière, l’essentiel est de lire tous les jours.
Le Prophète ﷺ lisait Al-Baqara en entier, et certains compagnons suivaient cet exemple. Tu peux la diviser :
En 5 parties (10 pages par jour),
En 12 parties,
Ou suivre un rythme souple, ce qui t’est facile et t’arrêter là où tu peux.
L’essentiel est que Al Baqara fasse partie de l’équation quotidienne . C’est ce qui crée une baraka durable, profonde, stable.
Le troisième élément du trio gagnant : le tahajjud
Là aussi, il y a un article entier à ce sujet, si vous voulez aller le consulter :
Le Prophète ﷺ a rapporté :
« Notre Rabb descend chaque nuit au ciel le plus bas, lorsqu’il reste le dernier tiers de la nuit. Il dit : “Qui M’invoque pour que Je lui réponde ? Qui Me demande pour que Je lui donne ? Qui implore Mon pardon pour que Je lui pardonne ?” » (Sahih Muslim)
C’est un moment d’intimité unique avec ALLAH ﷻ. Tout le monde dort, le monde est silencieux… et c’est à toi qu’ALLAH ﷻ s’adresse. Il t’invite, il t’attend. Il suffit d’être présent à ce rendez-vous nocturne.
Ce n’est pas réservé à une élite
Le Tahajjud n’est pas réservé à une catégorie de pieux, d’érudits ou de personnes “professionnelles” dans la religion. C’est pour toi, pour moi, pour chacun de nous .
Même si tu commences avec deux rakʿāt avant le Fajr, c’est déjà magnifique. L’important est de commencer et d’y goûter. Parce que ceux qui ont goûté au Tahajjud savent : on ne peut plus s’en passer.
Beaucoup se mettent une pression inutile :
“Oui mais comment je calcule exactement le dernier tiers ?” “Et si je me réveille à 5h20 au lieu de 5h ?” “Est-ce que ce sera valide ?”
Rappelle-toi que les compagnons n’avaient pas de réveil. Leur seule alarme, c’était le chant du coq, ou la lumière de l’aube. Ils n’avaient ni montres, ni horloges, ni notifications.
Aujourd’hui, nous avons tellement d’outils : réveils sur téléphone, montres connectées … Nous pouvons le faire. Il faut juste arrêter de se flageller. Si tu avais prévu de te lever à 5h et que tu t’es réveillé à 5h30, et que le Fajr est à 6h30…Tu as encore le temps.
L’essentiel est d’être dans l’action, pas dans la culpabilité.
Commencer petit pour ancrer durablement le tahajjud
Quand on n’a pas encore l’habitude d’intégrer le Tahajjud dans sa vie, il est inutile de vouloir tout révolutionner d’un coup. Commence doucement, par exemple une fois par semaine.
Si le Fajr est à 6h30, comme c’est le cas actuellement en Île-de-France, il te suffit de faire un petit calcul simple :
Prévoyons 10 à 15 minutes pour les ablutions, un passage aux toilettes et quelques instants pour se réveiller doucement.
Ajoutons 15 à 20 minutes de prière .
Tu peux donc régler ton réveil 30 minutes avant Fajr , par exemple à 6h00 , et prier à ce moment-là.
Si tu veux sécuriser davantage, tu peux même te lever à 5h30 , ce qui reste tout à fait accessible.
Des occasions naturelles à saisir
Il n’est pas nécessaire de prier exactement au dernier tiers de la nuit. Cela peut être au début du tiers, au milieu ou à la fin. ALLAH ﷻ t’invite dans cette plage horaire : réponds à Son appel au moment qui est faisable pour toi.
Certaines personnes ont même des réveils naturels qu’elles ne soupçonnent pas être des cadeaux divins :
Les mamans réveillées par leur bébé la nuit : c’est une alarme naturelle offerte par ALLAH ﷻ.
Ceux qui souffrent d’insomnies soudaines : c’est une occasion inattendue, une porte qui s’ouvre pour prier.
Dans ces moments, saisis le cadeau. Prie quelques rakʿāt, puis rendors-toi. Tu goûteras souvent à ton meilleur sommeil ensuite, avec une sérénité particulière.
Ibn Qayyim رحمه الله disait à propos du Tahajjud :
« Le Tahajjud est comme une flèche qui ne rate jamais sa cible. »
C’est une image magnifique : chaque prière nocturne atteint nécessairement sa destination.
Pourquoi ce trio fonctionne si puissamment
Ce trio — Istighfâr , Al-Baqara , Tahajjud — est d’une cohérence spirituelle profonde :
L’istighfâr purifie le cœur.
Al-Baqara fortifie la maison et la vie quotidienne.
Le Tahajjud élève l’âme et nourrit le lien intime avec ALLAH ﷻ.
En réalité, chacun de ces actes englobe une part des deux autres. Mais ensemble, ils créent une triple protection, une triple lumière et une triple baraka. Tu maximises le potentiel de chacun.
Imagine une porte, une clé et une main. Pris séparément, chacun a de la valeur. Mais c’est l’action combinée qui ouvre véritablement la porte.
La constance avant tout
Comme je l’ai répété à travers cet épisode, il n’y a pas besoin de tout bouleverser. L’essentiel est d’ancrer progressivement, mais sûrement :
Chaque jour, tu peux réciter 100 fois « لا إله إلا الله وحده لا شريك له، له الملك وله الحمد، وهو على كل شيء قدير ».
Chaque jour, tu peux envoyer quelques salât sur le Prophète ﷺ .
Chaque jour, tu peux faire 1000 istighfâr : c’est faisable, vraiment.
Chaque jour, tu peux lire quelques versets d’Al-Baqara .
Chaque semaine au minimum, tu peux intégrer le Tahajjud , et si possible, le pratiquer chaque nuit.
La constance est bien plus puissante que les excès ponctuels. Il vaut mieux en faire un peu mais tous les jours, que de tout donner une seule fois et s’interrompre ensuite pendant des semaines.
L’importance de ces habitudes
ALLAH ﷻ dit :
وَمَا كَانَ ٱللَّهُ لِيُعَذِّبَهُمْ وَأَنتَ فِيهِمْ وَمَا كَانَ ٱللَّهُ مُعَذِّبَهُمْ وَهُمْ يَسْتَغْفِرُونَ
« Mais Dieu ne les châtiera pas alors que tu es parmi eux, et Dieu ne les châtiera pas alors qu’ils demandent pardon.»(Sourate Al-Anfâl, v.33)
ALLAH ﷻ s’adresse ici au Prophète ﷺ. Tant qu’il se trouvait parmi son peuple, aucun châtiment collectif ne pouvait s’abattre sur eux : ni déluge, ni tremblement de terre, ni bouleversement soudain comme les peuples précédents avaient pu en connaître.
Et d’ailleurs, à chaque fois, les prophètes étaient protégés avant que le châtiment ne s’abatte.
Puis ALLAH ﷻ ajoute une deuxième partie, encore plus bouleversante :
« Et ALLAH ne les châtierait pas tant qu’ils demandent pardon. »
Une rahma qui dépasse le temps du Prophète ﷺ
Celui qui lit cette āyah pourrait ressentir une certaine tristesse ou nostalgie : « Le Prophète ﷺ n’est plus parmi nous, donc sommes-nous exposés à la colère divine ? »
Oui, la corruption s’est répandue sur terre aujourd’hui, la turpitude est partout. Mais ALLAH ﷻ, dans Sa miséricorde, ne nous a pas laissés sans protection.
Il nous a donné une porte immense vers Sa rahma : l’istighfâr.
« Et ALLAH ne les châtierait pas tant qu’ils demandent pardon. »
Cette partie est valable autant du vivant du Prophète ﷺ qu’après sa mort. C’est une promesse intemporelle.
Tant qu’il y aura des gens qui demandent pardon, ALLAH ﷻ ne fera pas s’abattre Son châtiment. C’est bouleversant, Il nous dit en quelque sorte
« Tant que vous Me demandez pardon, vous n’avez rien à craindre de Moi. »
Qu’attendons-nous alors ?
Avant de te laisser…
Qu’ALLAH ﷻ nous compte parmi ceux qui demandent pardon constamment, parmi ceux dont la langue est toujours occupée par la formule de tawhīd, parmi ceux qui la prononcent au moment de leur mort comme ils l’ont prononcée durant leur vie.
Qu’ALLAH ﷻ fasse de l’istighfâr une habitude quotidienne sur nos langues. Qu’Il fasse que la sourate Al-Baqara devienne un habitant permanent de nos maisons. Qu’Il fasse que le Tahajjud devienne une seconde nature, facile et légère pour nous. Qu’ALLAH ﷻ bénisse et couvre de Ses salutations et de Sa paix Son Prophète ﷺ, qui fut et reste un exemple vivant pour nous, même après sa mort.
Qu’ALLAH ﷻ accepte tout de nous.
Et j’espère que de belles choses vont fleurir de tout ce que tu as lu, J’espère aussi que tu ne seras plus tout à fait la même personne, et que tu transmettras à ton tour ces bienfaits autour de toi, pour récolter encore plus de hassanat à travers chaque personne qui, grâce à toi, appliquera ces conseils.