Aujourd’hui, je voulais te parler d’un passage du Coran. J’aimerais que l’on se penche sur deux versets placés juste après Ayat al-Kursī , ce verset immense que l’on appelle “le verset du Trône”, dans Sourate al-Baqarah (verset 255).
Ces deux versets qui suivent sont souvent lus sans qu’on réalise leur puissance. Et pourtant, leur place juste après Ayat al-Kursī n’est pas un hasard.
Je ne vais pas m’attarder sur Ayat al-Kursī — ce verset mériterait un épisode entier à lui seul, tant il est immense — mais je voulais parler de ce qui vient juste après.
Parce qu’ALLAH ﷻ, après s’être présenté avec Majesté, après avoir parlé de Sa science, de Sa souveraineté et de Sa protection, enchaîne avec une déclaration bouleversante :
لَآ إِكْرَاهَ فِى ٱلدِّينِ« Lā ikrāha fī-d-dīn » Pas de contrainte en religion.
Après avoir décrit Sa grandeur absolue, ALLAH ﷻ nous rappelle que la foi, elle, ne peut pas être imposée. Et si elle ne peut pas être imposée, c’est parce que la vérité, lorsqu’elle est claire, n’a pas besoin d’être forcée .
Les ayat qui ont inspiré l’épisode
لَآ إِكْرَاهَ فِى ٱلدِّينِ ۖ قَد تَّبَيَّنَ ٱلرُّشْدُ مِنَ ٱلْغَىِّ ۚ فَمَن يَكْفُرْ بِٱلطَّـٰغُوتِ وَيُؤْمِنۢ بِٱللَّهِ فَقَدِ ٱسْتَمْسَكَ بِٱلْعُرْوَةِ ٱلْوُثْقَىٰ لَا ٱنفِصَامَ لَهَا ۗ وَٱللَّهُ سَمِيعٌ عَلِيمٌ ٱللَّهُ وَلِىُّ ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ يُخْرِجُهُم مِّنَ ٱلظُّلُمَـٰتِ إِلَى ٱلنُّورِ ۖ وَٱلَّذِينَ كَفَرُوٓا۟ أَوْلِيَآؤُهُمُ ٱلطَّـٰغُوتُ يُخْرِجُونَهُم مِّنَ ٱلنُّورِ إِلَى ٱلظُّلُمَـٰتِ ۗ أُو۟لَـٰٓئِكَ أَصْحَـٰبُ ٱلنَّارِ ۖ هُمْ فِيهَا خَـٰلِدُونَ
« Pas de contrainte en religion La voie droite s’est distinguée de l’égarement. Celui qui rejette les tāghūt (les fausses divinités) et croit en ALLAH a certes saisi l’anse la plus solide, qui ne se brise jamais. Et ALLAH est Audient et Omniscient. » « ALLAH est le Walī (Protecteur) de ceux qui ont cru : Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière. Quant à ceux qui mécroient, leurs protecteurs sont les tāghūt ; ils les font sortir de la lumière vers les ténèbres. Ceux-là sont les gens du Feu, où ils demeureront à jamais. » (Sourate al-Baqarah, versets 256 et 257)
Le contexte historique
Pour comprendre ce passage, il faut revenir au contexte médinois. D’après Ibn ʿAbbās, cousin du Prophète ﷺ et grand exégète du Coran, cette révélation s’inscrit dans un usage pré-islamique répandu chez certains Arabes.
À l’époque, lorsqu’une famille perdait plusieurs enfants en bas âge, la mère ou le père faisait un vœu :
« Si le prochain survit, je l’élèverai comme un Ahl al-Kitāb » — c’est-à-dire comme un enfant du Livre, souvent dans la religion juive.
Et lorsque l’islam est venu à Médine, certaines de ces familles avaient donc des enfants qui avaient grandi dans la religion du Livre, par fidélité à ce vœu ancien.
Et donc, à Médine, on trouvait parfois des familles où les parents étaient encore polythéistes, attachés aux idoles qu’ils adoraient depuis des générations, mais qui avaient un enfant élevé dans la religion juive à cause de ce vœu ancien.
La situation pouvait sembler paradoxale : des gens qui adoraient plusieurs divinités remettaient pourtant le sort de leur enfant entre les mains d’un peuple monothéiste. Sans le formuler clairement, ils reconnaissaient donc, au fond d’eux-mêmes, que la vérité se trouvait dans l’unicité d’ALLAH ﷻ.
Lorsque l’islam est venu, que la révélation s’est installée à Médine, certaines de ces familles se sont converties. Mais elles se sont alors retrouvées dans un dilemme : que faire de ces enfants élevés comme des juifs ? Certaines ont voulu les contraindre à embrasser l’islam de force. Et c’est à ce moment-là qu’ALLAH ﷻ a révélé :
لَآ إِكْرَاهَ فِى ٱلدِّينِ
« Lā ikrāha fī-d-dīn » Pas de contrainte en religion.
Ce contexte rend le verset encore plus fort. ALLAH ﷻ ne parle pas ici à des inconnus ou à des étrangers : Il parle à des parents. C’est une scène intime, humaine, familiale. Et c’est dans cette relation-là qu’Il place cette règle divine.Il leur apprend que la foi ne se transmet pas par la contrainte, mais par la lumière, par l’exemple, par la vérité qui se suffit à elle-même.
Et c’est logique : On contraint quand on n’a pas réussi à convaincre . On force quand on ne veut pas expliquer ou quand on n’a pas la patience d’enseigner .
Mais l’islam n’a pas besoin de contrainte, parce qu’il se défend par ses preuves, par sa cohérence, et par la lumière qu’ALLAH place dans les cœurs. L’islam n’a pas besoin d’être imposé : il suffit d’être montré .
La foi est un choix libre
► S’il est accepté, l’Islam est un privilège pour celui qui accepte.
► S’il est rejeté alors qu’il y a eu toutes les évidences, cela n’entache pas la vérité de l’islam ; cela montre simplement l’ignorance, l’incompréhension et le voile sur le cœur que la personne a.
Ibn Kathîr, At-Tabari et d’autres exégètes convergent sur cette idée : la foi ne peut naître que d’un choix libre , car elle siège dans le cœur. La contrainte, elle, ne touche que le corps, pas la conviction.
Quand on veut contraindre quelqu’un à quelque chose, ce n’est pas son cœur qu’on atteint. La personne agit extérieurement, mais sans conviction intérieure.
ALLAH ﷻ a rendu la vérité si claire qu’elle n’a pas besoin de contrainte. Dès qu’il faut forcer, c’est qu’il y a un problème.
On ne contraint que lorsqu’on n’a pas réussi à convaincre. Lorsqu’on manque de patience pour enseigner, ou qu’on refuse d’expliquer, on en vient à contraindre. Or, ce n’est pas la méthode d’ALLAH ﷻ .
Pas de contrainte en religion : la signification linguistique
Il suffit d’observer la structure de la āyah.
Le mot ikrâh signifie « contrainte », mais il partage la même racine que la verbe kariha , « détester ».
Cela renvoie à l’idée d’aversion : faire quelque chose qu’on ne supporte pas, mais qu’on est forcé d’accomplir.
Une telle contrainte ne crée ni amour ni conviction ; elle provoque au contraire des tensions intérieures et peut devenir la cause de nombreux péchés.
Ainsi, lā ikrāha fī d-dīn — « pas de contrainte en matière de religion ».
Pourquoi pas de contrainte en religion ? Parce que, comme le dit la suite du verset, la voie droite s’est déjà distinguée de l’égarement . La vérité a éclaté, la clarté s’est révélée :
→ la voie droite est claire,
→ celle de l’égarement aussi est définie.
Il n’y a donc aucun besoin de contraindre.
La perfection d’ALLAH ﷻ révélée dans Ayat Al Kursi
Et en plus, comme je te le disais, ce verset fait directement suite à Ayat al-Kursi , là où ALLAH ﷻ s’est expliqué, s’est révélé, s’est présenté, s’est étendu sur ce qu’Il est réellement.
Ayat al-Kursi répond à toutes les facettes d’ALLAH ﷻ sur lesquelles on pourrait se poser des questions :
comment peut-Il s’occuper de tout le monde, tout le temps ?
→ لَا تَأْخُذُهُۥ سِنَةٌۭ وَلَا نَوْمٌۭ → Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent
Où est-Il ?
Que fait-Il ?
Comment peut-Il gérer l’univers entier sans jamais faillir ?
Et qui s’occupe de Lui ?
Ayat al-Kursi répond à tout cela.
D’ailleurs, j’ai fait exprès de ne pas tout citer ici, pour te donner envie d’aller écouter Ayat al-Kursi , de la lire, de lire sa traduction et de méditer sur ses sens .
Méditer chaque mot du verset
Pour bien la comprendre, prends chaque étape qu’ALLAH ﷻ mentionne dans Ayat al-Kursi, et demande-toi à quoi cela répond :
Quand Il dit que le sommeil ne Le touche pas , à quoi cela répond-il ?
Quand Il dit qu’Il est le Vivant, le Subsistant , qu’est-ce que cela vient éclairer ?
Quand Il parle de Sa royauté , à quoi cela répond ?
Quand Il évoque Son Kursi qui s’étend sur les cieux et la terre, qu’est-ce que cela vient signifier ?
En combinant tout cela, tu vois qu’ALLAH ﷻ répond, un à un, à tous les doutes et toutes les objections que l’être humain pourrait se poser : « Pourquoi devrais-je Lui faire confiance ? » « Pourquoi devrais-je Le suivre et croire en Lui aveuglément ? » « Pourquoi puis-je Lui confier ma vie entière sans crainte ? »
Une confiance absolue
Et c’est là que réside la différence : si tu posais ces questions à un autre être humain, tu ne pourrais jamais lui accorder une confiance totale.
En effet, aucun être humain ne peut veiller sans jamais dormir, être présent partout en même temps — à Rome, à Paris, à Médine, à Makkah, au Sénégal ou ailleurs.
Aucun être humain n’est autosuffisant, immortel ou capable de gérer le monde entier.
Ayat al-Kursi vient répondre à tout cela : elle prouve qu’ALLAH ﷻ est au-delà de toute limite humaine, qu’Il est le seul digne de confiance absolue, et que Lui seul détient la vigilance, la puissance et la souveraineté parfaites.
Quand ALLAH ﷻ annonce toutes les évidences, cela répond déjà à tout : Il est digne de confiance à mille pour cent — et bien plus encore. Il n’a besoin de personne, c’est toi qui as besoin de Lui. C’est nous tous qui avons besoin de Lui. Il répond à tout, en tout lieu, à tout moment.Et qu’est-ce qu’ALLAH ﷻ dit ensuite ? Après t’avoir décrit tout ce qu’Il est dans Ayat al-Kursi , Il dit :
« Pas de contrainte en matière de religion. »
Pourquoi ? Parce que, justement, tout a été exposé.
Pas de contrainte en religion : la liberté laissée par ALLAH ﷻ
Tous les chemins mènent à Lui.
Si quelqu’un choisit une autre voie, celle de al-ghayy (l’égarement), au lieu de ar-rushd (la voie droite), alors que tout a été clarifié, il n’a aucune excuse.
Une fois qu’ALLAH ﷻ s’est présenté, on ne peut plus dire : « Je ne sais pas qui Il est. » Une fois que le Prophète ﷺ est venu avec toutes les évidences, que le Coran a été révélé en entier, que les signes ont été transmis, appris et expliqués, on ne peut plus dire : « Je ne savais pas. »
Quand tout est là — les preuves, les enseignements, la clarté — et que malgré cela une personne choisit autre chose, alors elle se contredit elle-même. Elle s’expose d’elle-même à l’égarement et au non-sens.
La distinction entre ignorance et obstination
Ici, il ne s’agit pas des personnes ignorantes. Il s’agit de celles devant qui tout a été mis :
les signes,
les preuves,
la connaissance.
Celles qui, en étant convaincues intérieurement, choisissent malgré tout une autre voie.
Cette attitude leur fait perdre toute crédibilité, toute authenticité, tout bon sens. Car refuser la vérité quand elle est évidente, c’est refuser le bien pour soi-même et pour les autres. C’est choisir la perdition en pleine conscience.
ALLAH ﷻ n’a jamais contraint
ALLAH ﷻ dit : « Je n’ai pas besoin de vous contraindre. »
Et si tu observes le Coran et la Sunna, tu verras qu’ALLAH ﷻ n’a jamais contraint personne, même les mécréants.
S’Il avait voulu contraindre, il n’y aurait ni Fir‘awn, ni Iblîs, ni aucun égaré. Mais la contrainte aurait créé autre chose : l’hypocrisie .
Quand quelqu’un agit sans conviction, par peur ou par pression, cela ne crée pas la foi ; cela fabrique des hypocrites. La contrainte est une machine à produire l’hypocrisie.
ALLAH ﷻ aurait pu forcer Iblîs à se prosterner, Il ne l’a pas fait. Pourtant, Il savait que c’était ce qu’il aurait dû faire. Mais Il lui a laissé le choix.Iblîs connaissait très bien ALLAH ﷻ, il avait vu les signes avant nous, et pourtant il a choisi l’orgueil et la désobéissance. ALLAH ﷻ ne l’a pas contraint — et c’est précisément cela qui rend juste Sa punition : la liberté du choix .
La justice d’ALLAH ﷻ dans le libre arbitre
Pourquoi y aura-t-il le paradis et l’enfer ?
Parce qu’à ce moment-là, personne ne pourra dire :« ALLAH, Tu m’as forcé à croire », « Tu m’as forcé à agir », « Tu m’as contraint à faire ceci ou cela. »
Non. ALLAH ﷻ ne force personne. Chacun fait ses choix.
Et si, à un moment donné, tu t’es senti forcé, alors regarde bien :
Quel est l’humain qui t’a forcé ?
Quel est le shayṭān qui t’a forcé ?
Quelle est l’idéologie qui t’a forcé ?
Quel est le ṭāghūt (طاغوت) qui t’a forcé ?
Des termes puissants et intraduisibles
Ces termes — walī et ṭāghūt — je les ai volontairement laissés tels quels. Parce qu’ils portent un sens profond qu’aucun mot français ne traduit vraiment.
D’ailleurs, ce sont des mots que les Arabes du temps du Prophète ﷺ ne connaissaient pas sous cette forme . Ils en saisissaient la racine, mais pas le mot exact. En effet, ils connaissaient la racine, ou des mots comme ṭughyān (طغيان), qui signifie « la transgression, le débordement des limites », mais ṭāghūt est un terme qu’ALLAH ﷻ a introduit pour nommer tout ce qui dépasse ses limites et prend la place d’ALLAH ﷻ dans le cœur .
C’est d’une beauté et d’une profondeur immenses.
Une logique parfaite
Regarde l’ordre qu’ALLAH ﷻ a choisi :
Dans Ayat al-Kursi , Il commence par se présenter — majestueusement, parfaitement.
Ensuite, Il dit : « Pas de contrainte en religion » — car Il a déjà tout expliqué.
Puis Il décrit le chemin clair entre la vérité et l’égarement.
Et enfin, Il dit :
فَمَن يَكْفُرْ بِٱلطَّـٰغُوتِ وَيُؤْمِنۢ بِٱللَّهِ
« Quiconque mécroit au ṭāghūt et croit en ALLAH a certes saisi l’anse la plus solide qui ne se brise jamais. »
Rejeter avant d’adhérer
Observe bien : l’ordre est intentionnel. ALLAH ﷻ ne dit pas :
« Quiconque croit en ALLAH et rejette les ṭāghūt. »
Non, Il dit :
« Quiconque rejette les ṭāghūt puis croit en ALLAH. »
C’est très fort. Il faut d’abord se détacher , se libérer de tout ce qui occupe la place d’ALLAH dans ton cœur — les fausses divinités, les idoles modernes, les idéologies, les influences — avant de pouvoir croire sincèrement en ALLAH.Autrement dit : la foi commence par le rejet du faux , avant l’adhésion au vrai.
Les trois formes de contrainte
Avant de revenir à la notion de taghout , il faut rappeler un point essentiel sur la contrainte . Un de mes enseignants expliquait que les contraintes pouvaient se diviser en trois niveaux :
1. les contraintes visibles
Ce sont les plus évidentes :
Les sociétés qui imposent une croyance ou une idéologie unique — religieuse ou antireligieuse.
Les régimes politiques ou les milieux qui forcent les gens à adopter une seule manière de penser ou de croire.
Les familles qui imposent leur foi à leurs enfants sans jamais leur enseigner l’essence ni le sens profond de la croyance.
Tout cela, c’est une succession de contraintes, visibles, palpables.
2. les contraintes intérieures
Celles-ci sont plus subtiles, plus insidieuses. Elles ne se voient pas, mais elles enferment :
La peur du regard des autres .
La pression d’un groupe , le besoin d’appartenance.
Le fait de pratiquer pour plaire à son entourage plutôt que pour ALLAH.
Ce genre de foi ne tient pas : elle n’a pas de racines solides. Sa base repose sur quelque chose d’éphémère — l’opinion des gens, qui changent, qui vont et viennent.
3. les contraintes inversées
Et aujourd’hui, c’est peut-être la forme la plus présente : la société qui force à délaisser la religion . On pousse les gens à cacher leur foi, à gommer leurs signes religieux, à « vivre comme tout le monde ».
C’est une autre forme de ṭāghūt : une tyrannie culturelle . Parce qu’en même temps qu’on prône la liberté, on méprise ceux qui choisissent ALLAH .
Et pourtant, ceux qui choisissent ALLAH ﷻ font preuve de la plus grande liberté : celle du choix conscient, du choix de la vérité.
On ne peut pas prôner la liberté tout en contraignant ou ridiculisant ceux qui l’exercent sincèrement.
La portée universelle du verset “Pas de contrainte en religion”
C’est pour cela que ce verset — « Pas de contrainte en religion » — garde toute sa force. Il ne s’applique pas dans un seul sens.
Il s’applique dans les deux sens :
► Pas de contrainte pour croire , ► et pas de contrainte pour ne plus croire .
Qu’est-ce que le “taghout” ?
Le mot taghout provient du terme arabe طغيان, qui désigne la transgression et le dépassement de la limite.
Le taghout représente tout ce qui dépasse sa condition de créature et prend la place d’ALLAH ﷻ dans votre obéissance, votre amour, votre crainte ou votre confiance.
Avant de parler de confiance en soi, vous devez d’abord placer votre confiance en ALLAH ﷻ. Le taghout désigne donc tout ce qui détourne du culte d’ALLAH ﷻ, tout ce qui prétend avoir une autorité, un pouvoir ou une influence supérieure à la Sienne. Cette prétention n’est pas toujours exprimée de manière explicite, mais ses conséquences la révèlent.
Les formes contemporaines du taghout
Il faut faire attention, car aujourd’hui les taghout ne sont plus faits de pierre.
À l’époque des compagnons, le taghout était facile à identifier : c’étaient les idoles de pierre. Aujourd’hui, les taghout sont faits de pixels, de slogans, d’algorithmes et d’ego.
Ce ne sont plus des objets que vous pouvez tenir dans la main, ce qui rend leur identification bien plus complexe.
Les catégories de taghout selon les savants
Les savants contemporains détaillent plusieurs “chefs de taghout” particulièrement pertinentes pour notre époque.
Iblis : Il appelle à la désobéissance et demeure constamment à l’affût. Cette réalité nous avait été annoncée, et il avait lui-même déclaré qu’il agirait ainsi.
Toute créature adorée en dehors d’ALLAH ﷻ qui se satisfait d’être adorée. Cette catégorie englobe de nombreuses situations.
Quiconque, qu’il soit chef d’État ou personne influente, qui appelle les gens à l’adorer lui-même. Le culte de cette personne constitue une forme de taghout très fréquente aujourd’hui.
La personne qui prétend connaître l’invisible entre aussi dans cette catégorie. Les devins et ceux qui prétendent dévoiler l’avenir, lire le destin ou anticiper ce qui vous attend en échange d’une rémunération représentent une forme de taghout.
La personne qui juge en contradiction avec ce qu’ALLAH ﷻ a révélé constitue une catégorie délicate. Elle érige son propre jugement au-dessus de la loi d’ALLAH ﷻ. Ces personnes donnent la priorité à leur opinion personnelle, à ce que leur intellect leur suggère, à leurs analyses approfondies. Elles s’érigent ainsi au-dessus d’une ou plusieurs lois d’ALLAH ﷻ. Attention, cela constitue une forme de taghout.
Un défi nouveau pour notre temps
Vous constatez que ces tawaghit que nous venons de mentionner ne se prennent pas dans la main. Ils ne se prennent pas dans la main, ce qui les rend très difficiles à identifier.
Ce serait tellement plus simple s’il ne s’agissait que d’idoles à briser.
Autrefois, il suffisait de briser une idole pour libérer un peuple. Aujourd’hui, il faut briser les illusions dans lesquelles ce peuple est bercé.
Les taghout de notre époque
Ce que nous venons d’évoquer est particulièrement actuel avec ces différentes catégories de tawaghit (pluriel de taghout ).
Vous avez les influenceurs enivrés par l’ego, les gourous qui s’érigent en prophètes du bien-être, les charlatans de toutes les formes d’énergie possibles et imaginables. Certaines personnes vendent littéralement de l’invisible, elles ne vendent que de l’invisible.
Vous avez également des idéologies qui exigent une forme d’allégeance totale, comme s’il fallait se soumettre complètement à elles. Elles vous demandent tout de vous.
Le culte de soi
Le fameux culte de soi constitue également un taghout : le « moi » constamment mis en avant. Il est impressionnant de constater comment de nombreux concepts aujourd’hui appellent au culte de soi.
Tout tourne toujours autour de soi, de son bien-être, qui passe avant tout.
Le bien-être et le soin de soi sont importants, cela ne fait aucun doute. Nous ne parlons pas de cela. Nous parlons des personnes qui, sous prétexte de poser leurs limites, finissent par empiéter sur les limites d’autrui. Leur liberté s’étend jusqu’à envahir les libertés des autres. Tout devient centré sur le « moi ».
Il faut faire très attention à ce détail, car cela pousse vers une forme de taghout qui est parmi les plus dangereuses : lorsque vous êtes vous-même le taghout. Lorsque vous êtes vous-même le taghout pour les autres, ou qu’une partie de vous-même devient un taghout pour vous-même.
Une société paramétrée pour le taghout
Avec ce terme, vous allez identifier les tawaghit partout autour de vous. Pas forcément des personnes, bien sûr, mais des idées, des concepts, des courants. C’est partout. La société semble avoir été paramétrée pour que nous suivions ces tawaghit.
Le taghout aujourd’hui n’est pas une idole de pierre. Ce sont les idoles d’écran, les slogans, certains algorithmes.
Une démarche en deux étapes
ALLAH ﷻ parle d’abord des tawaghit. La démarche se fait en deux étapes : d’abord, vous rejetez les tawaghit, puis ensuite vous croyez en ALLAH ﷻ. Une fois que tous les tawaghit sont rejetés, la foi peut s’enraciner.
Le verset dit :
فَمَن يَكْفُرْ بِٱلطَّـٰغُوتِ وَيُؤْمِنۢ بِٱللَّهِ فَقَدِ ٱسْتَمْسَكَ بِٱلْعُرْوَةِ ٱلْوُثْقَىٰ
« Quiconque délaisse les tawaghit puis croit en ALLAH ﷻ s’est saisi de l’anse la plus solide. »
L’anse la plus solide
Les deux termes عُرْوَةِ (ʿurwa) et وُثْقَىٰ (wuthqā) sont très intéressants. Si nous devions traduire directement, il s’agit de l’anse la plus solide, une anse qui ne se fissure pas, qui ne se fissure jamais.
Le mot العروة — ʿurwa — vient de la racine ع – ر- و. Il désigne une anse solide, un câble très solide, quelque chose que l’on tient fermement avec les mains.
Le terme عروة — ʿurwa — ne désigne pas n’importe quelle corde ou anse. Il s’agit de quelque chose auquel vous vous attachez fermement. Cette عروة — ʿurwa — suppose qu’il y a quelque chose qui nous tire, qui nous empêche de nous accrocher.
Tu peux saisir une corde sans qu’il y ait quelque chose qui te tire. Tu attrapes une corde et personne n’essaie de te faire descendre de cette corde. En revanche, lorsque tu parles de — ʿurwa — عروة, différemment par exemple de حبل — habl — qui signifie aussi câble ou anse, cela veut dire que tu tiens fermement quelque chose alors qu’autre chose essaie de te tirer.
La description de l’anse
ALLAH ﷻ décrit cette عروة — ʿurwa — comme étant وثقى — wuthqā.
Ce terme est également très intéressant. Il vient de la racine و – ث – ق.
Dans sa racine, le verbe وثق signifie :
le fait d’avoir confiance,
de placer sa confiance totale en quelqu’un,
d’être ferme dans la confiance que vous accordez à cette personne.
s’attacher fermement,
se fier à quelqu’un,
prendre une résolution ferme.
Lorsque vous parlez de وثقى — wuthqā , il s’agit d’un adjectif qui désigne quelque chose de très ferme, quelque chose de solide. C’est ce en quoi on a une confiance inébranlable, quelque chose dans lequel on est solide, ferme, fidèle, qui ne peut pas se casser, qui ne peut pas se briser.
Elle est indéfectible.
Les paramètres de cette anse
Tu constates que cette anse dont ALLAH ﷻ parle, comporte plusieurs paramètres.
Tu la saisis fermement alors qu’on essaye de te tirer
Tu as confiance en cette corde parce qu’elle ne peut pas se briser.
N’importe quelle corde peut se couper. Une chaîne peut rouiller, s’abîmer, être rongée.
Mais la corde dont ALLAH ﷻ parle ne peut pas se fissurer, ne peut pas se briser, ne peut pas se casser, ne peut pas rouiller.
Tu as donc une pleine confiance.
Il est très intéressant qu’ALLAH ﷻ utilise ce mot pour parler de cela.
L’interprétation des savants
Les savants, lorsqu’ils parlent de cette anse, proposent différentes interprétations.
► Certains vont dire qu’il s’agit de l’islam.
► D’autres vont expliquer que c’est le Coran, dans le même sens que le hadith du Prophète ﷺ lorsqu’il parle du Coran qui est une corde tendue du ciel vers la terre : حبل الله المتين, le câble d’ALLAH ﷻ fermement tendu.
Il peut s’agir d’une métaphore, d’un synonyme de cette anse dont ALLAH ﷻ parle.
Les deux interprétations se rejoignent, car qu’est-ce que le Coran si ce n’est une manifestation de tout ce que l’islam représente ? La religion qu’ALLAH ﷻ a révélée au Prophète ﷺ.
S’accrocher même avec le bout des doigts
Le message qu’il faut comprendre ici, c’est que ce n’est pas toujours facile.
En effet, par moments, tu peux avoir l’impression de te tenir à cette anse avec le bout des doigts. Mais c’est la seule attache qui peut sauver, et tu en es convaincu.
Même s’il ne reste que quelques doigts accrochés, tu peux avoir la conviction que cette anse ne se brisera pas. Finalement, la balle est dans ton camp. Tout ce que tu as à faire, c’est de t’y accrocher.
Tu ne tomberas que si tu te dis : « Ça y est, je lâche. »
Si tu lâche cette عروة — ʿurwa — tu ne tombes pas dans le vide. Tu chutes directement vers ces tawaghit qui attendaient, comme des animaux affamés. Eux vont te ramener où ? Vers les ténèbres.
Des lumières vers les ténèbres.
C’est ce dont ALLAH ﷻ parle dans le verset suivant.
La pédagogie d’ALLAH ﷻ
Alors, pourquoi “ pas de contrainte en religion” ?
Nous en avons parlé juste après, parce que lorsque ALLAH ﷻ se présente, la vérité devient manifeste.
La foi est un acte de lucidité. ALLAH ﷻ n’a pas besoin de forcer. Il n’a besoin de rien, encore moins de forcer les gens. Il explique, Il argumente, Il envoie des preuves, Il envoie Ses prophètes عليهم السلام, Il envoie des signes partout dans l’univers et en toi,autour de toi…
Forcer est un aveu d’échec. C’est l’ombre qui a besoin de crier fort.
Alors, déjà, une ombre par définition :
n’est pas très visible
est floue
n’a pas de limites très claires
Ainsi, si l’ombre voulait se faire voir ou entendre, elle a besoin de crier fort, précisément parce qu’elle est une ombre.
En revanche, la lumière, d’elle-même, elle est là. Elle éclaire. Repensez au verset de la lumière : lorsque la lumière est là, elle fait du bruit juste par sa brillance. Elle a besoin de parler bas, elle n’a pas besoin de crier.
Là où l’ombre, pour se sentir vivante ou existante, pour que tout le monde la voie et la voie bien, doit parler très fort. Et même là, ce n’est pas sûr qu’elle soit vue et entendue.
ALLAH est le Wali des croyants
Ensuite vient un verset où ALLAH ﷻ continue d’expliquer. Ce verset commence très fort avec une très belle image.
ALLAH ﷻ a dit :
اللَّهُ وَلِيُّ الَّذِينَ آمَنُوا يُخْرِجُهُم مِّنَ الظُّلُمَاتِ إِلَى النُّورِ.
ALLAH ﷻ est le Wali de ceux qui croient. Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière.
Le sens de Al-Wali — الولي
Qu’est-ce que le Wali ? C’est un des noms d’ALLAH , avec lequel Il se définit souvent dans le Coran.
Un Wali se traduit et s’explique dans sa racine par :
l’allié proche,
l’ami protecteur,
quelqu’un qui est proche rapidement.
quelqu’un d’intime,
C’est aussi le terme que l’on utilise lorsqu’on parle du tuteur pour une femme, une fille qui veut se marier par exemple. Ainsi, le père est un Wali pour sa fille. Il peut également y avoir un tuteur désigné pour être le Wali, son oncle ou quelqu’un d’autre.
Ainsi, le Wali doit avoir les caractéristiques du protecteur, de l’ami, de la personne disponible, proche, intime dans le fait qu’elle est digne de confiance.
ALLAH ﷻ nous dit qu’Il est الولي. — Al Wali.
La différence entre Wali et Mawla
Le terme ولي — Wali — vient de la même racine que مولى — Mawla .
Dans مولى — mawla — il y a en plus la notion de possession, alors qu’un Wali ne possède pas nécessairement. Le terme renvoie surtout à l’idée de protection.
En revanche, lorsque tu parles de مولى, un terme qu’ALLAH ﷻ emploie également, ALLAH ﷻ est le Mawla . Cela signifie qu’Il n’est pas seulement Protecteur, mais qu’Il agit aussi. Il est légitime pour agir parce qu’Il possède, parce qu’Il est en possession de ce qu’Il protège.
Pour résumer, on pourrait dire que :
Mawla مولى → action
Wali ولي → état, potentiel.
Ainsi, ALLAH ﷻ réunit à la fois le potentiel d’agir et l’action elle-même.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’un être humain, tu peux dire qu’il est Wali , mais pas qu’il est Mawla de tout. D’ailleurs, Mawla مولى est un terme utilisé en arabe pour désigner quelqu’un qui possède, par exemple un père, même si ce n’est plus un usage courant. Autrefois, lorsqu’existait encore l’esclavage, on l’employait pour désigner le maître par rapport à l’esclave.
On voit bien que ce terme convient véritablement à ALLAH ﷻ : Il est Mawla .مَوْلَى الَّذِينَ آمَنُوا، وَلِيُّ الَّذِينَ آمَنُوا
Parfois ALLAH ﷻ dit Wali , parfois Il dit Mawla . Deux termes très riches de sens.
La dynamique de la lumière et des ténèbres
ALLAH ﷻ parle des croyants qui progressent vers la lumière.
Il les fait sortir des ténèbres pour les conduire vers la lumière. Cela signifie que sans ALLAH ﷻ, tu ne peux pas avancer. Si ALLAH ﷻ ne te fait pas sortir, s’Il n’intervient pas, tu ne peux pas être dans la lumière.
Si tu ne vas pas chercher l’intervention d’ALLAH ﷻ, et si cette intervention n’est plus là, ou si ALLAH ﷻ a été délaissé, alors la personne passe de l’état d’être dans la lumière à un retour vers les ténèbres.
Pour les tawāghīt , ALLAH ﷻ dit qu’ils font sortir les gens de la lumière. Ils ne cherchent pas ceux qui sont déjà dans les ténèbres : cela est déjà acquis. Leur action consiste à aller vers ceux qui sont dans la lumière pour les ramener vers les ténèbres.
Tu comprends alors à quel point tu peux être une cible potentielle. Les tawāghīt n’agissent pas sur les gens qui se trouvent déjà dans les ténèbres ; ils vont vers ceux qui sont dans la lumière pour essayer de les en éloigner.
La dynamique, comme je l’ai mentionné, est la suivante : le croyant progresse vers la lumière, tandis que celui qui s’abandonne aux tawāghīt s’en écarte.
La lumière est toujours le repère : soit tu avances vers elle, soit tu t’en éloignes.
Les trois formes de ténèbres
Les savants vont parler de trois grandes formes de ténèbres.
L’ignorance , qui se guérit par la connaissance.
Le doute, qui se guérit par la certitude.
La désobéissance, qui se guérit par la piété et la constance dans la croyance.
Chercher l’alliance d’ALLAH
Lorsque ALLAH ﷻ est ton Wali , Il t’accorde guidance après guidance. Le changement décisif pour celui qui veut réussir consiste à faire en sorte qu’ALLAH ﷻ soit ton Wali . Va chercher l’amitié d’ALLAH ﷻ, Son amitié protectrice. Inscris-toi dans Sa wilaya , dans Sa protection.
Qu’est-ce qu’Il fait alors ? Il te donne guidance après guidance, Il remplace :
→ L’ignorance par le savoir,
→ Le doute par le yaqîn , la certitude,
→ La désobéissance par le goût de Lui obéir.
Dans ce monde comme dans l’autre, ici-bas comme dans l’au-delà, celui dont ALLAH ﷻ est l’allié ne sera pas abandonné le Jour du Jugement.
Si ALLAH ﷻ est ton allié ici, Il ne t’abandonnera pas le Jour du Jugement.
L’exemple d’Ibrahim عليه السلام
Dans les versets qui suivent. ALLAH ﷻ y mentionne Ibrahim عليه السلام et donne un exemple très parlant.
Pour résumer : Ibrahim عليه السلام dialogue avec le roi de l’époque, souvent identifié comme Nemrod. Ibrahim عليه السلام lui dit :
« Mon Rabb , donne la vie et la mort. »
Que répond ce roi orgueilleux, persuadé d’être une divinité sur terre ? Il réplique :
« Moi aussi. »
Puis il explique que, s’il veut donner la vie, il gracie un prisonnier, et s’il veut ôter la vie, il en exécute un autre. Ainsi, il conclut :
« Tu vois, moi aussi je donne la vie et je donne la mort. »
Si tu observes bien, comme je te l’ai expliqué, les tawāghīt n’ont pas de racines solides.
La contrainte sur laquelle ils s’appuient n’a pas davantage de fondement. Tu vois que cet homme, ce roi, fonde tout son règne, tout son discours et toutes ses actions sur la contrainte. Il force une personne à faire quelque chose pour essayer de prouver son propos.
Il part de gens qui sont déjà vivants et dit :
« Celui-ci, je le laisse vivre et je le fais sortir de prison, et celui-là, je le fais mourir. Donc tu vois que j’ai donné la vie et la mort. »
Nous savons tous que son raisonnement repose sur du néant. C’est comme quelqu’un qui utiliserait une matière première et dirait : « Tu vois, j’ai tout fabriqué. » T u aurais envie de lui répondre : « Et la matière première, c’est toi aussi qui l’as créée ? » Évidemment non.
Sauf qu’ALLAH ﷻ, Lui, est présent avant même l’existence de la matière première. Il est là lorsqu’elle produit quelque chose, et Il est là tout au long du processus. Lui peut dire qu’Il est le Mawla et le Wali . Lui peut dire qu’Il donne la vie et qu’Il donne la mort.
La réponse d’Ibrahim عليه السلام
Ibrahim عليه السلام a fait preuve d’une grande force. Il déplace l’argument et le ramène entièrement à ALLAH ﷻ. Il dit — en substance :
« Très bien. ALLAH ﷻ fait venir le soleil de l’est. Toi, fais-le venir de l’ouest. Puisque tu prétends donner la vie et la mort, tu devrais être capable de faire cela aussi. ALLAH ﷻ, Lui, en est capable. Celui qui donne la vie et la mort peut faire cela avec le soleil. Fais-le. »
Le roi est resté muet. C’est un véritable art.
Une démonstration pédagogique
Le fait qu’ALLAH ﷻ fasse suivre cette histoire de tout ce qu’Il a exposé est une démonstration parfaite. Comme tu le vois, ALLAH ﷻ a donné une introduction, un développement clair, nuancé, complet. Puis Il nous accorde une grâce : un très bel exemple, une illustration.
Cette illustration est tellement forte qu’elle pourrait être la leçon à elle seule.
La foi s’impose par l’évidence
La foi ne s’impose pas par la force. Ibrahim عليه السلام ne s’est pas agité, ne s’est pas énervé, n’a pas dit : « Tu oses dire cela ? » Il n’a ni repris le roi sur ses paroles, ni argumenté,ni cherché à démonter son raisonnement. Ibrahim عليه السلام ne s’est pas attardé à cela et ne s’est pas fatigué.
Il a préféré montrer que la foi ne s’impose pas par la force, mais par l’évidence. Et cette évidence, c’est qu’ALLAH ﷻ est le Maître des causes, des cycles, des astres, et de tout ce qui existe. C’est ALLAH ﷻ.
Lorsque tu vois clair, tu n’as plus besoin d’être forcé. Ce roi, après cela, s’il refuse de croire en ALLAH ﷻ, se ridiculise devant sa cour. Tous ont vu l’évidence, et ont vu que son raisonnement à lui n’en était pas une.
C’est ainsi qu’ALLAH ﷻ agit : Il n’a pas besoin de contrainte, parce que tout est clair.
La voie droite se distingue de l’égarement.
Après cela, tu fais ton choix.
Le choix et ses conséquences
C’est pour cela qu’Il pourra te juger un jour : parce qu’Il t’a donné le choix. À aucun moment tu ne pourras accuser ALLAH ﷻ en disant : « J’ai été contraint. »
Pour la prière, par exemple, ALLAH ﷻ ne te contraint pas à la faire dans le sens où, lorsque l’heure arrive, tu as le choix. Tu peux décider toi-même d’y aller ou non. Si le temps de prière passe et que tu ne l’as pas accomplie, il n’y a pas de conséquence immédiate : tu n’es pas puni sur-le-champ, tu n’es pas foudroyé. Cela n’arrive pas.
En revanche, plus tard, tu rencontreras les conséquences de ce que tu as choisi de faire ou de ne pas faire. Les conséquences ne doivent jamais être confondues avec la contrainte.
Le combat pour la liberté de culte
On peut alors entendre :
« Dans ce cas, pourquoi il y a eu des guerres ? Pourquoi le Prophète ﷺ est entré en guerre ? Pourquoi il y a eu Badr, pourquoi il y a eu les coalisés, pourquoi il y a eu tout cela, s’il n’y avait pas de contrainte ? »
Attention, il ne faut pas confondre. Les savants aussi se sont expliqués sur cela et ont anticipé la question. Ici, la guerre n’était pas pour contraindre les gens à adorer ALLAH ﷻ, pour contraindre les gens à embrasser l’islam. C’était pour empêcher les gens de contraindre les musulmans à ne pas croire. C’est surtout cela.
Le Prophète ﷺ s’est battu pour la liberté des musulmans de pratiquer leur religion. Il ne s’est pas battu pour forcer les gens à entrer en islam.
C’est pour cela que lorsqu’il a fait la conquête de La Mecque et qu’il entre glorieux à La Mecque, il n’a obligé personne, parmi ceux qui n’étaient pas encore musulmans, à entrer dans l’islam.
Lorsqu’il avait des prisonniers de guerre, il ne leur imposait pas d’entrer en islam pour les libérer. Ils devaient payer une rançon (apprendre à lire et à écrire à dix musulmans par exemple). Il y avait un échange et ils devaient ainsi payer pour les conséquences de leurs actes. Après tout, ils avaient quand même essayé de tuer des musulmans !
Mais le Prophète ﷺ n’a pas utilisé la religion.
S’il avait contraint ces gens à embrasser l’islam, l’islam aurait été une punition dans ce cas.
Dans aucun récit tu ne verras que le Prophète ﷺ avait contraint les habitants de Médine, qui étaient chrétiens ou juifs, à embrasser l’islam. D’ailleurs, il avait un voisin juif. Il ne l’a pas contraint.
Au contraire, il était même très correct et très poli avec lui. Lorsque le Prophète ﷺ a remarqué qu’il ne croisait plus son voisin, alors que celui-ci avait pour habitude de lui mettre des ordures devant chez lui, il est même allé lui rendre visite. C’est ainsi qu’il était : il ne contraignait pas les gens.
Comment transmettre sans contraindre ?
Alors aujourd’hui, comment ça pourrait se manifester au quotidien ?
Expliquer avant d’exiger quoi que ce soit
L’obéissance vient après la compréhension. C’est ainsi qu’ALLAH ﷻ agit avec nous.
Prier pour la guidance
Pour que la lumière du cœur atteigne la personne à qui tu t’adresses. Parce que la contrainte, comme je l’ai dit un peu plus tôt, ne produit que de l’hypocrisie. Elle fabrique des personnes qui agissent en apparence, tout en pensant l’inverse dans leur cœur.
Donner du temps
La foi est quelque chose qui met du temps à s’enraciner.
Des racines ne se forment pas en un jour. Si une plante, un arbre ou un fruit tient solidement, c’est parce que la racine est forte. Or, une racine solide se construit avec le temps, et c’est nécessaire, car elle devra supporter tout ce qui repose sur elle : le tronc, les branches, les fruits, les tempêtes, les changements de saison… Si la racine reste immobile, c’est qu’elle a eu le temps de devenir ce qu’elle est.
La foi doit être comprise comme un enracinement, pas comme un simple coup de peinture. J’aime bien cette métaphore : la peinture peut être grattée, effacée, dissoute, recouverte, masquée.
Éviter le chantage affectif
Si vous avez de l’influence, si vous êtes un parent, un enseignant, un responsable quelconque, c’est quelque chose que j’aimerais que vous évitiez. Dans le cadre des parents et enfants par exemple, cela fabrique des enfants qui vont obéir à l’affect, mais pas à ALLAH ﷻ.
D’ailleurs, comment fabrique-t-on des enfants qui vont mentir plus tard, qui mentent et qui vont prendre pour habitude de mentir ? Avec la contrainte et la peur.
Séparer le principe de la personne.
Il faut corriger l’acte tout en respectant la dignité.
Cela me fait penser au Prophète ﷺ. Cela s’est produit plusieurs fois, et il agissait ainsi presque constamment. Il séparait véritablement l’acte de la personne. C’est pour cette raison qu’il pouvait parler avec aisance de mécréants restés mécréants, ou de mécréants devenus musulmans plus tard, en sachant mettre en avant leurs qualités.
Par exemple, au moment où il a parlé de Khalid ibn al-Walid رضي الله عنه. Il expliquait que, compte tenu de l’intelligence de Khalid ibn al-Walid, de sa robustesse et de son génie militaire, il était impossible que l’islam passe à côté de quelqu’un comme lui, et qu’il n’y entre pas.
Observe comment il a mis en avant ses qualités. Il reconnaissait qui était Khalid ibn al-Walid. Ce n’était pas parce qu’il n’était pas croyant à ce moment-là que cela faisait de lui un moins bon guerrier ou quelqu’un de moins intelligent. Au contraire, il lui disait : « Tu es tellement intelligent qu’en réalité tu vas entrer dans l’islam. »
Il lui parlait de ce qu’il était, en dissociant cela de son acte de mécréance.
Imagine Khalid ibn al-Walid recevant ces paroles : il n’est pas jugé, il ne se sent pas contraint, alors même qu’il avait combattu contre les musulmans. Il entre dans l’islam en ayant cela à l’esprit, en sachant comment ALLAH ﷻ le considère et comment le Prophète ﷺ le voit.
Le Prophète ﷺ a agi ainsi avec beaucoup de personnes. Il savait corriger l’acte sans dénigrer la personne, en respectant toujours sa dignité.
Montrer l’exemple
La cohérence de nos actes va convaincre mieux que des grands slogans, des grandes phrases, des choses sorties de nulle part. Il vaut mieux montrer l’exemple. Avoir le leadership par l’exemple que tu donnes.
Identifier vos taghout
Est-ce que c’est :
l’ego ?
la validation sociale ?
une idéologie ?
ma relation aux écrans ?
Il faut identifier cela pour pouvoir couper leur circuit d’alimentation.
Cela veut dire :
► Je réduis le temps que je passe sur telle chose, ou avec telle personne. ► Je fais un jeûne des mauvaises paroles, des réseaux. ► Je filtre les sources d’information que je vais avoir devant moi.
Là, je pourrais retenir solidement l’anse que je suis censé tenir. Et cela, c’est :
Le Coran au quotidien.
La prière à l’heure.
Le dhikr tous les jours.
La fréquentation des gens de bien.
Rappelle-toi : tu ne t’arraches pas à un taghout , à une idole, sans t’attacher à ALLAH ﷻ. Si tu parviens à t’en détacher, à sortir des ténèbres, le seul chemin possible est celui qui mène à ALLAH ﷻ, vers la lumière.
Une anecdote sur les taghout modernes
Après une discussion sur les violences conjugales, on m’a recommandé une série coréenne censée sensibiliser à ce sujet. Par curiosité, et parce que je préparais un épisode où je parlais des tawāghīt , j’ai voulu analyser ce contenu sans regarder la série entière. J’ai consulté simplement l’affiche, le synopsis et une bande-annonce.
Cela m’a suffi pour constater à quel point ce type de divertissement banalise des comportements problématiques. L’idée n’était pas de critiquer la série en elle-même, mais de montrer comment certains contenus peuvent devenir des tawāghīt modernes :
ils occupent notre temps,
façonnent nos perceptions,
normalisent ce qui devrait au contraire appeler à la lucidité et au discernement.
Nous sommes tous concernés : nous avons tous grandi avec des films, des dessins animés ou des sagas qui occupaient nos dimanches. Mais il est essentiel de questionner cette habitude.
Comment pouvons-nous accorder du temps, de l’attention et même tirer des leçons de contenus qui, du début à la fin, nous exposent à des tawāghīt modernes — ces distractions qui volent notre concentration, nos idées, notre capacité de réflexion et, finalement, notre temps ?
En analysant la série de manière pragmatique, je me suis demandé ce que les gens retiennent vraiment de ce type de contenus. Sans juger les acteurs, force est de constater que le public retient surtout les visages, les mimiques, les personnalités, les préférences : « Une telle est belle », « Lui je ne l’aime pas », « J’aime sa façon de penser ».
À partir de là, on finit par s’inspirer de leurs tenues, de leurs attitudes, de leurs idées, et même de leurs répliques. Ces contenus influencent subtilement notre manière de voir, de penser et de nous comporter.
L’absence d’ALLAH ﷻ dans ces contenus
Lorsqu’on regarde des séries pendant des heures ou sur plusieurs jours, il faut se poser une question simple : est-ce cohérent de consacrer autant de temps à une fiction où ALLAH ﷻ n’est jamais mentionné une seule fois ? Une saison entière, parfois composée de dizaines d’épisodes de deux heures, se déroule sans la moindre référence à ALLAH ﷻ — ni Bismillah , ni Incha Allah , ni aucune expression du souvenir d’ALLAH ﷻ.
Dans certaines séries, on voit les personnages pratiquer leur religion uniquement lorsqu’ils sont en détresse : un geste de prière, une visite à l’église, un appel à ALLAH uniquement dans les moments difficiles. Cela transmet une idée très problématique : on ne se tourne vers ALLAH que quand ça ne va pas, jamais lorsque tout va bien. Pas de gratitude, pas de shukr , pas de dhikr .
Ce modèle, répété épisode après épisode, finit par véhiculer une vision tronquée du rapport à ALLAH ﷻ.
L’exposition à la transgression
À cela s’ajoute l’exposition constante à des tenues qui ne respectent pas la ʿawra ni la pudeur prescrite en islam. Sur une série de nombreuses saisons — même si j’exagère en parlant de soixante-dix épisodes de deux heures — le temps passé devant des images où hommes et femmes apparaissent de manière dénudée est énorme. On voit des jambes, des cuisses, des décolletés, et la même chose du côté masculin. Et cela n’a rien de normal.
Les scènes suggestives
Dans ces séries, même lorsqu’il n’y a pas de scènes explicites, il y a constamment des scènes suggestives : deux personnages entrent dans une pièce, la porte se ferme… et le spectateur est invité à imaginer le reste.
Or, exposer son esprit à ce type de suggestions n’est pas anodin.
La sourate An-Nur nous enseigne précisément d’éviter les insinuations et les accusations sans preuve, alors que ces fictions nous plongent dans l’inverse : elles nous poussent à imaginer, à interpréter, à supposer.
Ces contenus finissent par agir comme des taghout : ils transmettent subtilement l’idée que ce qui est suggéré dans la fiction est normal dans la vie réelle. Il ne faut donc pas s’étonner d’avoir du mal à entretenir le bon soupçon lorsqu’on passe son temps devant des scènes qui encouragent le mauvais soupçon et l’interprétation.
Les autres transgressions véhiculées
Au-delà des scènes suggestives, ces séries véhiculent aussi des comportements problématiques :
manque de respect entre parents et enfants,
tricherie,
médisance,
mauvaises transactions,
dérives religieuses…
Et malgré cela, on prétend que l’objectif est de « sensibiliser aux violences conjugales ».
Mais une personne réellement confrontée à ces violences n’a pas besoin de soixante-dix épisodes de deux heures pour comprendre ce qu’elle vit ou savoir quoi faire. Elle ne sortira pas de cette série en disant : « Maintenant j’ai toutes les clés pour sauver ou quitter mon mariage, éduquer mes enfants ou avancer dans mes projets. »
Ce qu’on retient réellement, ce sont d’autres influences, bien plus subtiles et souvent invisibles. C’est justement là que les tawāghīt agissent.
L’achat de notre attention
On voit bien comment certains contenus cherchent à « acheter » notre attention, notre pensée, notre temps et même nos valeurs. Et cela commence très tôt : les dessins animés, puis les films et les séries, façonnent déjà l’esprit de nos enfants. Ensuite, on s’étonne de leurs comportements.
Et surtout : est-ce que ces séries apportent réellement plus de clés sur les violences conjugales que le Coran ? Le Coran traite largement ce sujet : la femme de Pharaon, les passages d’Al-Baqara, et bien d’autres versets abordent la question avec profondeur, exemples concrets et solutions véritables.
Rien de ce qui est proposé dans ces fictions ne contient ces solutions. Le Coran, lui, oui.
Une sensibilisation nécessaire
J’aimerais vraiment que tu prennes conscience de cela : les tawāghīt sont partout. Surtout si, après avoir regardé ce genre de contenus, tu te retrouves dans un état d’esprit — bon ou mauvais — qui ne te rapproche pas davantage d’ALLAH ﷻ. Là, il y a un vrai problème.
Je n’ai jamais vu quelqu’un terminer une série en adorant mieux ALLAH ﷻ, en priant mieux, ou en progressant spirituellement. Au contraire, ce sont des heures qui te sont prises. Bien sûr, le divertissement existe et personne ne dit qu’il faut s’en priver complètement ou ne plus rien regarder. Mais choisis au moins des choses qui ne vont pas ajouter de nouvelles charges contre toi.
Le jour des comptes
Qu’est-ce que tu vas présenter à ALLAH ﷻ comme justification ? Lui dire :
« J’ai regardé soixante-dix épisodes de deux heures, mais j’en ai tiré une leçon » ?
Alors que, durant tout ce temps, tu as été exposé à de la nudité, au mensonge, aux insultes, à des scènes vulgaires, à toutes sortes de comportements problématiques… et cela dans un contenu où ALLAH ﷻ n’est pas mentionné une seule fois.
Et au final, ce divertissement t’a plus éloigné d’ALLAH ﷻ qu’autre chose.
Ce travail sur soi peut sembler immense. Tu pourrais te dire :
« Cela veut dire qu’il faut tout arrêter ? »
Non. Mais il faut reconnaître que les taghout d’aujourd’hui sont particulièrement subtils et vicieux. Avant, les idoles se brisaient physiquement. Aujourd’hui, elles ne se cassent pas : elles s’infiltrent dans l’esprit.
Pose-toi simplement la question. L’exemple que j’ai donné prêtait à sourire, mais il est aussi triste : chacun est plongé dans ce système, tout nous pousse à regarder.
Avant, pour regarder un programme, il fallait attendre le samedi soir, la saga du dimanche, un horaire précis. Il n’y avait pas cette possibilité d’enchaîner toute une semaine d’épisodes en une journée. Cela nous dévore du temps.
Aujourd’hui, tout est conçu pour te garder accroché. Et les défis que tu affrontes en tant que croyant sont devenus immenses.
Les défis de chaque époque
À leur époque aussi, les gens avaient leurs propres défis, adaptés à leur contexte. Quand tu regardes leurs épreuves, tu as l’impression que c’était extrêmement difficile. Et honnêtement, je ne souhaiterais pas aux générations passées d’affronter les défis que tu connais aujourd’hui.
Les leurs étaient différents, mais tout aussi éprouvants. Prenons simplement la condition des femmes : autrefois, une femme ne pouvait même pas hériter, posséder de l’argent ou avoir quoi que ce soit à son nom. Tu ne leur envies pas ce qu’elles vivaient, mais eux ne t’envieraient pas non plus ce que tu traverses.
En réalité, ALLAH ﷻ a calibré les épreuves pour chaque époque.
Passer les taghout au peigne fin
Les tawāghīt doivent être examinés minutieusement, car il y a un vrai travail à faire. Et ce travail est possible. ALLAH ﷻ a donné la solution : s’accrocher fermement à Lui et à ce dont Il a parlé.
Si tu te souviens de mon épisode « Le trio gagnant » , ces conseils servent justement à court-circuiter tout cela. Ils permettent à ALLAH ﷻ de mettre dans ton cœur l’envie de Lui obéir et l’amour de rechercher Sa baraka. Ce dhikr est un soutien constant : à chaque sujet, tu verras que le trio gagnant aide.
L’un de ses effets collatéraux, c’est que tu te détaches progressivement de ces choses. À force, rien qu’en entendant « Netflix », tu frissonnes presque, car la part de ce qui est bon dans ces contenus est minuscule face à tout ce qu’ils contiennent de toxique. Et tu finis par réaliser que tu peux t’en passer complètement, en les remplaçant par autre chose.
L’invocation de Yusuf عليه السلام
J’ai envie de finir par une invocation. Cette invocation, j’y ai pensé en entendant le prophète Yusuf عليه السلام parler. Lorsqu’il a conclu avec les retrouvailles avec son père, sa famille, les gens qui se sont prosternés devant lui comme son rêve qu’il a fait au début de la sourate, il termine par un discours qu’il adresse directement à ALLAH ﷻ. Il fait une invocation, et dedans il dit, et j’aime beaucoup, il commence par glorifier, expliquer tout ce qu’ALLAH ﷻ a fait pour lui. Après, il va faire une invocation, une très belle invocation.
رَبِّ قَدْ آتَيْتَنِي مِنَ الْمُلْكِ وَعَلَّمْتَنِي مِن تَأْوِيلِ الْأَحَادِيثِ ۚ فَاطِرَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۖ أَنتَ وَلِيِّي فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ ۖ تَوَفَّنِي مُسْلِمًا وَأَلْحِقْنِي بِالصَّالِحِينَ
Rabbi qadh ātaytanī mina al-mulki wa ʿallamtanī min taʾwīli al-aḥādīth. Fāṭira as-samāwāti wa al-arḍ. Anta waliyyī fī ad-dunyā wa al-ākhirah. Tawaffanī musliman wa alḥiqnī biṣ-ṣāliḥīn.
« Rabbi, Tu m’as donné du pouvoir et Tu m’as enseigné l’interprétation des rêves. C’est Toi le créateur des cieux et de la terre. Tu es mon Wali ici-bas et dans l’au-delà. Fais-moi mourir en parfaite soumission et fais-moi rejoindre les vertueux. »
J’aime beaucoup cette invocation de Yusuf عليه السلام, cette parole qu’il a eue. Au milieu, il dit : « Tu es mon Wali. »
C’est parce qu’ALLAH ﷻ est son Wali, et c’est parce qu’il a choisi ALLAH ﷻ comme Wali, qu’il a eu tout cela, qu’il a eu le pouvoir, qu’il a pu avoir l’interprétation des rêves. C’est parce qu’ALLAH ﷻ est son Wali.
La suite, après avoir dit qu’Il est son Wali, c’est : qu’est-ce qui me reste après tout ce que Tu m’as donné et du fait que Tu es mon Wali ? J’aimerais que la fin, il a parlé du début, j’aimerais que la fin aussi se termine bien, et que je finisse avec les bonnes personnes.
Une invocation pour nous
Mon invocation par rapport à cela, c’est :
Ô ALLAH ﷻ, sois mon Wali.
Sors-moi des ténèbres vers Ta lumière.
Fais-moi mourir soumis.
Fais-moi être parmi les pieux.
Donne-moi tout ce que quelqu’un qui Te prend comme Wali a comme opportunité, comme bénédiction, comme privilège.
Après tout ce que Yusuf a traversé et à la fin il dit : « ALLAH ﷻ, Tu es mon Wali. Ca signifie littéralement :
Tu es mon protecteur, mon ami protecteur, mon ami proche protecteur. Tu m’as protégé pendant tout ce temps et Tu as été proche de moi pendant tout ce temps. »
Avant de te laisser…
Après Ayat al-Kursi, ALLAH ﷻ n’a pas dit : « Soumets-toi par la force. » Il a dit : pas de contrainte, parce qu’Il a déjà tout clarifié. Tu n’as pas besoin d’écraser, tu as besoin d’éclairer. Tu n’as pas besoin d’être dur, tu as simplement besoin d’être vrai. Tu n’as pas besoin de taghout , tu as besoin d’ALLAH ﷻ.
Tiens fermement ton anse, l’anse solide. Même si tes doigts tremblent parfois, ne lâche pas. Car ce qui est certain, c’est que cette anse d’ALLAH ﷻ ne se brisera jamais.