La mort, parlons-en

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Aujourd’hui, un épisode particulier : c’est la première fois que je consacre un épisode à ce thème.
Tu l’as vu dans le titre : notre mort, parlons-en.

J’aimerais que nous parlions de notre mort – de la tienne, de la mienne, de la nôtre – mais rassure-toi, cet épisode ne sera pas morbide ni trash.
Mon intention est de t’offrir un moment de tadabbur, une plongée immersive dans la version bienheureuse que nous pouvons espérer de notre mort, si nous œuvrons correctement aujourd’hui – et c’est ce que nous implorons tous à ALLAH ﷻ.

Sommaire

La version douloureuse de la mort existe et ALLAH ﷻ et Son Prophète ﷺ nous en parlent dans le Coran et la Sunna. Mais aujourd’hui, je choisis volontairement de m’éloigner de cette version, pour t’aider à désirer la bonne mort, à t’y préparer et à la rendre réelle et belle dans ton cœur.

Cet épisode est inspiré d’un hadith où le Prophète ﷺ nous dit :

« Rappelez-vous fréquemment de celle qui détruit les plaisirs : la mort. »

C’est un ordre : il nous enjoint de multiplier les rappels au sujet de la mort. Et c’est étonnant, car c’est un sujet que nous aimons rarement aborder.

Beaucoup de personnes avec qui j’ai échangé m’ont confié avoir peur de la mort.
Nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas, peur de ce à quoi nous ne sommes pas préparés.
Et parfois, au fond, nous avons du mal à y croire vraiment : nous agissons comme si cela n’allait pas nous arriver.

Nous évitons d’en parler, pensant peut-être qu’en l’évitant, nous pourrons retarder l’échéance.


Mais la mort est une des vérités les plus claires de ce monde : nous allons tous mourir.

Les deux grandes vérités de ce monde

Je dis souvent qu’il y a deux vérités absolues dans ce monde :

  • nous venons d’ALLAH ﷻ,
  • et nous retournerons à Lui.

Ne pas se préparer à la mort, dans le but d’accéder au paradis, c’est comme vouloir un diplôme sans passer l’examen. Pourtant, cet examen est obligatoire et la date est déjà fixée.

La différence avec la mort, c’est que pour cet examen, nous ne connaissons pas la date.
C’est un examen surprise, mais nous avons tout pour réussir : 

  • les codes, 
  • les réponses,
  • les « antisèches » 

Tout est là dans le Coran et la Sunna.

Pourtant, nous évitons de réviser, nous oublions volontairement les leçons, et parfois, nous ne voulons même pas entendre parler de ce qui nous aiderait à nous préparer.

Quand quelqu’un nous dit « parlons de la mort », notre premier réflexe est souvent de changer de sujet.
C’est pour cette raison qu’il existe si peu de conférences sur ce thème – et même lorsqu’elles existent, ce ne sont pas les plus fréquentées.

Pourtant, ce sont celles auxquelles nous devrions accourir.

Une anecdote personnelle

Pour détendre un peu ce thème, je te partage une anecdote qui concerne ma maman.

Un jour, il y a quelques années, elle m’a dit quelque chose qui a vraiment eu un impact sur moi – et mes amies peuvent en témoigner.

Elle m’a dit :

« Zaynab, je ne comprends pas. Dans votre vocabulaire, les jeunes, quand vous voulez dire quelque chose de positif, vous dites c’est mortel, le truc de la mort qui tue, je suis mort de rire, c’est fou, c’est une dinguerie… »

Et elle ajoutait :

« C’est étrange : vous utilisez le vocabulaire de la mort ou de la folie, deux sujets que les gens n’aiment pas aborder. »

Effectivement, si aujourd’hui on proposait à des amis : « Venez, on parle de la mort » ou « de la folie », tout le monde nous regarderait avec des yeux ronds.
Pourtant, ces deux thèmes sont présents en permanence dans notre langage quotidien.

Depuis ce jour, cette remarque m’a marquée. J’ai du mal à employer ces expressions.
Je dis souvent à mes amies que ma mère m’a traumatisée avec ça et que je vais les traumatiser à mon tour ! D’ailleurs, certaines amies, quand elles m’écrivent MDR dans un message, s’amusent à dire :

« J’imagine ta maman en PLS si elle lisait notre conversation ! »

Cette remarque m’a permis de me remettre en question et d’observer de plus près mon langage.

Accepter de parler de la mort

En fait, cette anecdote m’a directement fait penser au hadith du prophète ﷺ que j’ai cité plus haut :

« Rappelez-vous fréquemment de celle qui détruit les plaisirs : la mort. »

Et je me suis dit que, sans s’en rendre compte, nous prouvons que nous avons besoin de ce rappel. Même dans notre vocabulaire quotidien, la mort est présente – pas de la manière attendue, mais elle est là. C’est une preuve que, quelque part, nous y pensons et que nous la prenons au sérieux.

En réalité, cela montre que nous savons que la mort est une vérité inévitable et que nous devons nous y préparer. Nous en parlons inconsciemment, même pour dire quelque chose de positif.

À partir de là, si quelqu’un refuse de parler de la mort, mais emploie sans problème des expressions comme « c’est mortel » ou « mort de rire », j’ai envie de dire : Arrêtons le simulacre, arrêtons de fuir, et parlons sérieusement de ce sujet.

La mort, c’est la poignée de porte qui nous permet d’accéder à la suite.
Cette vie est éphémère – ALLAH ﷻ et le Prophète ﷺ nous l’ont répété : elle n’a pas plus de valeur que l’aile d’un oiseau.

Dans l’au-delà, cette vie nous semblera avoir duré une journée.
Alors accorder une importance démesurée à une vie qui s’envole et négliger l’au-delà dans nos actes, nos rappels, nos discussions et nos invocations, ce n’est pas sérieux.

Viser al-ihsan même pour la mort


Encore une fois, notre objectif reste al-ihsan. Nous visons l’excellence et nous voulons réussir l’examen final, obtenir notre place au paradis. Et cela commence dès maintenant.

Alors aujourd’hui, nous allons parler de la mort – de la bonne mort. Nous allons voir comment s’y préparer et comment la rendre concrète dans nos cœurs.

Puisque cet épisode se veut immersif, je t’invite à te mettre dans de bonnes conditions : 

  • installe-toi confortablement, 
  • respire profondément, 
  • garde à l’esprit que ce que je vais décrire n’est pas un conte, mais le fruit de ce que tu sèmes aujourd’hui.

Es-tu prêt ? Allez, bismillah.

La ayah qui a motivé l’épisode

Avant de plonger dans cette réflexion, voici la ayah qui a motivé l’épisode du jour :

كُلُّ نَفْسٍۢ ذَآئِقَةُ ٱلْمَوْتِ ۗ وَإِنَّمَا تُوَفَّوْنَ أُجُورَكُمْ يَوْمَ ٱلْقِيَـٰمَةِ ۖ فَمَن زُحْزِحَ عَنِ ٱلنَّارِ وَأُدْخِلَ ٱلْجَنَّةَ فَقَدْ فَازَ ۗ وَمَا ٱلْحَيَوٰةُ ٱلدُّنْيَآ إِلَّا مَتَـٰعُ ٱلْغُرُورِ

« Toute âme goûtera à la mort. Et c’est seulement au jour de la Résurrection que vous recevrez pleinement vos récompenses. Quiconque est écarté du Feu et introduit au Paradis a certes réussi. Et la vie d’ici-bas n’est qu’une jouissance trompeuse. »

-Sourate Âl ‘Imran, ayah 185

Cette ayah résume parfaitement tout ce que j’ai voulu dire jusqu’ici. Elle pose le cadre de notre réflexion.

Quand l’âme goûtera la mort

Aujourd’hui, là, maintenant, tu sens que l’heure approche. Ton souffle devient plus court, ta poitrine se serre un peu plus lourdement. Une soif étrange t’envahit, une soif que ni l’eau ni les larmes ne peuvent apaiser.

À ce moment précis, un mélange de sensations t’habite : l’incompréhension, la soif, l’urgence. Tu sais que tu dois dire quelque chose. Tu sens que la fin approche.

C’est là qu’une autre présence se fait sentir. Tu ne le vois pas, mais tu sais qu’il est là : Shaytan. Toute sa vie, il a tenté de t’égarer, et maintenant il joue sa dernière carte. Il te murmure : ne dis pas la shahada. Il sème le doute, il te suggère d’autres mots, il tente de détourner ta langue pour t’empêcher de prononcer la parole la plus importante de ta vie.

C’est ton dernier combat avec lui. Alors tu rassembles tout ce que tu as en toi, tu refuses ses murmures, tu choisis tes derniers mots et tu les prononces.

لآ إلَـهَ اِلا الله مُحَمَّدٌ رَسُولُ الله

Lâ ilâha illâ Allâh, Muhammadun Rasûlu Allâh

La shahada sort de ta bouche. À cet instant, tu sais que tu viens de remporter ta plus belle victoire. Ton cœur se calme, la soif disparaît, la paix t’envahit. Tu as gagné ta dernière bataille avec Shaytan dans ce monde.

Le passage vers l’autre monde

Et là, tu te rappelles avec joie cette parole du Prophète ﷺ que tu as déjà entendue : 

« Celui dont la dernière parole est la ilaha illallah entrera au paradis. » 

Ton âme glisse doucement, sans douleur, comme une goutte qui se détache lentement d’une cruche d’eau. Tu te souviens des versets de surat An-Nazi‘at : 

« Par ceux qui arrachent violemment les âmes, et par ceux qui les retirent avec douceur ». 

Et tu sais, à cet instant, que ton âme a été prise avec douceur.

Les anges s’émerveillent de toi, comme dans le hadith du Prophète ﷺ : 

« Quelle belle âme ! » 

Tout à coup, une lumière t’apaise. Tu aperçois comme une fenêtre entre-ouverte, un jardin verdoyant, un paysage magnifique. Est-ce le paradis ? Cette vision te berce, et tu t’endors paisiblement, comme soulagé.

Autour de toi, tout s’active. Tu sens qu’on te déplace, qu’on te retourne doucement. De l’eau semble couler, puis tu sens qu’on te lave. Tu ne comprends pas. Des pleurs, des voix, des invocations t’arrivent aux oreilles, mais tu ne te réveilles pas. Puis vient le moment de la terre : tu entends les dernières pelletées, puis le silence. Les pas s’éloignent, et tu te souviens de la parole du Prophète ﷺ : 

« Lorsque le croyant est placé dans sa tombe et que ses compagnons s’en vont, il entend le bruit de leurs sandales. »

Tout devient clair : tu es passé de l’autre côté. Tu es mort(e). À peine le temps de réaliser que deux êtres s’approchent. Leur présence est imposante, ils ont l’air sévères. Ils ne sont pas là pour plaisanter, ça se voit. Ils te posent leurs trois questions, sans indice, sans te laisser le temps de réfléchir, sans délai : 

« Qui est ton Seigneur ? » 

Allah. 

« Quelle est ta religion ? » 

Islam. 

« Qui est ton Prophète ? »

 — Mohammed ﷺ.

Parce que tu as vécu avec sincérité, tes réponses sortent claires, sans hésitation. Et immédiatement, tout change : 

  • l’étroitesse de la tombe disparait, 
  • les parois de ta tombe s’élargissent,
  • un parfum agréable se répand,
  • une lumière douce remplit l’espace.

Tu entends qu’on te dit : 

« Dors comme dort le chef de famille bien-aimé de sa famille. » 

Tu réalises alors que ta tombe est devenue un jardin.

La tombe

Tu te rappelles encore une fois les paroles du Prophète ﷺ et tu es profondément heureux de l’avoir pris comme compagnon à travers ses hadiths. Tu réalises que ses avertissements, ses rappels et ses bonnes nouvelles t’accompagnent dans ce moment crucial.

Le Prophète ﷺ a dit :

« La tombe est soit un jardin parmi les jardins du paradis, soit un gouffre parmi les gouffres de l’enfer. »

Et le Coran vient confirmer ce que tu es en train de vivre n’est pas la fin, mais une escale :

« La course aux richesses vous distrait, jusqu’à ce que vous visitiez les tombes. »
(Sourate At-Takathur, 102:1-2)

Visitiez… pas pour y rester, mais pour y faire halte. Là, tout prend sens : ta tombe n’est pas la fin, c’est une escale. Et pour toi, c’est une escale où il fait bon vivre.

La compagnie des bonnes actions

Soudain, tu comprends que tu n’es pas seul. Tes bonnes actions t’accompagnent.

Tu tournes la tête et vois une silhouette lumineuse qui s’avance.
« Qui es-tu ? » demandes-tu.

La silhouette répond :

« Je suis ton Coran. Tu m’as récité, médité, appliqué et transmis. Aujourd’hui je viens te tenir compagnie. »

Ton cœur se remplit de joie. Tu réalises que chaque heure passée avec le Coran en valait la peine.

Les actions qui continuent après la mort

Plus loin, tu aperçois un coffre en train de se remplir. 

Tu t’étonnes :

« Mais pourquoi ce coffre continue de ce remplir si je suis mort(e) ? »

Alors la réponse résonne :

« Lorsque le fils d’Adam meurt, ses actions s’interrompent sauf trois : une aumône continue (sadaqa jariya), une science utile ou un enfant pieux qui invoque pour lui. »
(Hadith authentique rapporté par Muslim)

Un sourire s’affiche sur ton visage. Tu comprends que la mort n’a pas interrompu tes bonnes actions.

Ainsi, tu te remémores :

  • une aumône que tu croyais insignifiante,
  • la science utile, apprise et transmise,
  • des cours financés pour quelqu’un,
  • l’école où tu as contribué à bâtir un programme pour enseigner le Coran.

Puis ton cœur se tourne vers tes enfants. Tu sens, à l’instant même, qu’ils viennent d’invoquer pour toi. Le coffre qui se remplit en est la preuve.

Et même au-delà de tes enfants, tu penses à tous les enfants que tu as aidés, consolés, réjouis, à qui tu as souri ou fait du bien. Chacun d’eux, quelque part, se souvient de toi et invoque pour toi.

Voilà pourquoi ce coffre continue de se remplir.

Un lieu confortable

Là, tu réalises que tu es dans une attente paisible. Tu es comme dans un lounge VIP accordé par ALLAH ﷻ, avant le grand départ. C’est confortable ; tu es dans un endroit spacieux et lumineux. Tu savoures Sa rahmah et tu as hâte de Le rencontrer – sans être pressé(e) de quitter ici, car tu sais que ce qui t’attend sera intense.

Tu repenses souvent à cette invocation que tu faisais lors des funérailles des autres :

« Ô ALLAH, fais de sa tombe un jardin parmi les jardins du paradis. »

Aujourd’hui, tu goûtes à cette réalité. Alors, tu restes un certain temps dans cette tombe où il fait bon vivre. Tu pourrais y rester encore longtemps, mais tu sais que ce délai finira.

La fin du barzakh

Soudain, quelque chose bouge. La terre tremble. Le temps du barzakh est terminé.

On souffle dans la trompe. Toute l’humanité se lève. Tu n’as pas d’autre choix que de te redresser. La terre a rendu à ALLAH ce qu’Il lui avait confié jusqu’à ce jour.

Tu reconnais des visages, tu en découvres d’autres. Tu réalises que l’humanité entière est là : du premier homme, Adam عليه السلام, au dernier qui a foulé la terre. Et toi, tu te dis :

« Je vais enfin rencontrer mon Rabb. Je vais enfin connaître ma destination. »

Tu espères la rahmah d’ALLAH ﷻ, Son regard bienveillant, Son agrément.

Le rassemblement de l’humanité

Tu n’es plus seul dans ton cocon paisible. Tu es au milieu de milliards et milliards d’êtres humains. Les prophètes عليهم السلام, les rois, les pauvres, les riches, les anonymes… tous sont là.

Et il fait chaud. Une chaleur insoutenable. Rien à voir avec les 35 degrés de la vie d’ici-bas. Tu as l’impression que le soleil est tout près.

Le Prophète ﷺ a dit :
« Le Jour de la Résurrection, le soleil sera rapproché des créatures jusqu’à n’être qu’à très peu de distance d’elles. Les gens seront alors dans la sueur selon leurs œuvres. »

En fonction de leurs actes, certains auront de la sueur jusqu’aux chevilles, d’autres jusqu’aux genoux, d’autres jusqu’à la taille, et certains seront presque étouffés par leur propre sueur.

L’ombre d’ALLAH ﷻ

Tu te demandes comment tenir dans cette chaleur. Et soudain, tu lèves la tête. Un nuage, un ombrage. La fraîcheur descend sur toi.

Tu comprends. Tu fais partie de ceux dont le Prophète ﷺ a parlé :

« Sept catégories de personnes qu’ALLAH couvrira de Son ombre le Jour où il n’y aura d’ombre que la Sienne. »

Ton cœur s’emplit de gratitude. Tu repenses peut-être à cette aumône discrète que tu avais faite, à ce jour où tu as retenu ta colère, à l’amour sincère que tu as porté à ton frère ou à ta sœur en ALLAH ﷻ.

Tu remercies ALLAH ﷻ de t’avoir compté parmi ces sept catégories privilégiées.

“Al-Maqam al-mahmoud” : Une attente insoutenable

Autour de toi, l’humanité commence à s’agiter. L’attente est longue, presque hors du temps. On ne sait plus quel jour on est, ni quelle heure il est. Tout le monde veut que le jugement commence, toi aussi. La tension est telle que les foules se mettent à courir vers Adam عليه السلام, le premier homme, pour lui demander d’intercéder auprès d’ALLAH ﷻ.

Mais Adam refuse, en rappelant son erreur dans le jardin du paradis. Alors l’humanité entière se dirige vers Nuh عليه السلام, qui les renvoie à Ibrahim عليه السلام. Puis Ibrahim les renvoie à Moussa عليه السلام, qui les renvoie à Isa عليه السلام. Et ainsi de suite… Chacun rappelle une épreuve qui l’empêche de demander à ALLAH ﷻ de commencer le jugement.

Enfin, toute l’humanité se dirige vers Mohammed ﷺ et le supplie d’intercéder.

Le Prophète ﷺ répond :
« Ana laha, ana laha »
(Je suis celui qu’il faut, je suis celui qu’il faut).

Dans une autre version : « Elle est pour moi. »

Alors, le Prophète ﷺ se prosterne sous le Trône d’ALLAH ﷻ et Le loue avec des paroles que personne avant lui n’avait prononcées. ALLAH ﷻ lui dit alors :

« Relève ta tête, demande et tu seras exaucé. Intercède et ton intercession sera acceptée. »

C’est à ce moment-là que le jugement commence. Cette scène est ce qu’on appelle Al-Maqam al-Mahmoud, la station louée, que le Prophète ﷺ nous a décrite en détail.

La distribution des livres

L’humanité pense que le jugement va démarrer immédiatement. Mais d’abord, les anges circulent parmi les gens et distribuent des livres.

ALLAH ﷻ  dit :
« Lis ton livre, aujourd’hui tu te suffis à toi-même comme comptable. »

Sourate al Isra, ayah 14

Tu comprends que ce sont les registres des actions. Et tu réalises, avec un frisson, que tout ce que tu avais lu dans le Coran est en train de se dérouler sous tes yeux.

Certains reçoivent leur livre par la main droite. Leur visage s’illumine. Ils courent vers leurs proches en s’exclamant, comme tu l’avais lu dans sourate Al-Haqqa :

هَآؤُمُ ٱقْرَءُوا۟ كِتَـٰبِيَهْ (…) 

«(…) Tenez, lisez mon livre ! »

Leur joie ressemble à celle de quelqu’un qui vient de réussir un examen et veut montrer sa copie au monde entier.

Ceux qui reçoivent leur livre par la gauche

Mais tu en vois d’autres dont le visage se fige. L’ange s’approche d’eux et leur remet le livre par la main gauche. Et là, tu te rappelles ce que tu avais appris : recevoir son livre de comptes par la main gauche est un signe terrible.

Tu en vois d’autres, ceux qui, en apercevant l’ange approcher avec le livre de comptes, mettent leur main derrière leur dos. C’est un geste désespéré, une ultime tentative pour éviter de recevoir leur livre. Mais l’ange, obéissant à l’ordre d’ALLAH ﷻ, contourne leur geste, saisit leur main et y dépose le livre — dans la gauche, derrière le dos.

Leurs visages s’assombrissent. Parce qu’ALLAH ﷻ a ordonné à tout le monde de lire son livre. Et il n’y a pas d’échappatoire.

Et tu les entends dire exactement ce que tu avais lu dans sourate Al-Haqqa :

فَيَقُولُ يَـٰلَيْتَنِى لَمْ أُوتَ كِتَـٰبِيَهْ (…)

« (… ) Hélas ! Si seulement je n’avais pas reçu mon livre. »

Ils préféreraient ne pas recevoir leur registre, comme quelqu’un qui a eu un zéro pointé à un examen et refuse de relire sa copie. Mais il n’y a pas le choix.

ALLAH ﷻ dit :
« Lis ton livre, aujourd’hui tu te suffis à toi-même comme juge et comptable. »

Ton livre, reçu dans la main droite

Et voilà que ton tour arrive. Tu as à peine le temps de réaliser que ton livre de comptes est placé dans ta main droite. Ton visage s’illumine et s’accompagne d’un sourire. Alors, tranquillement, tu t’installes. Toujours sous l’ombre fraîche qui te protège, tu ouvres ton livre. Tu trembles un peu, car tu es sur le point de relire toute ta vie.

Chaque action est là. Tout geste oublié est inscrit.
Chaque moment de sincérité, chaque faiblesse aussi.

Les péchés effacés

Et là, tu fais une découverte bouleversante. Certains péchés que tu sais avoir commis… ne sont plus là. Comme s’ils n’avaient jamais existé. Effacés.

Tu te rappelles alors cette invocation répétée pendant Ramadan :

« Allahumma innaka ‘afuwwun tuhibbul ‘afwa fa’fu ‘anni. »

Et tu comprends que Al-‘Afw ne signifie pas seulement pardonner, mais effacer, faire comme si le péché n’avait jamais existé. Et tu remercies ALLAH ﷻ de t’avoir accordé cela.

Les péchés pardonnés

D’autres fautes apparaissent, mais barrées, avec une mention dans la marge :

« Pardonné. »

Et tu réalises que ce sont celles pour lesquelles tu avais demandé pardon sincèrement.

Les bonnes actions valorisées

Et là, une autre surprise t’attend. Tu vois de petites actions que tu croyais insignifiantes, mais qui apparaissent avec un énorme coefficient.

Ces sourires donnés à quelqu’un de triste.
Des invocations discrètes pour ton frère ou ta sœur.
Une aumône que tu pensais dérisoire.

ALLAH ﷻ te montre que leur poids est immense dans la balance.

Là, ton cœur déborde de hamd, de reconnaissance et de gratitude.
Tu vois qu’ALLAH ﷻ, Al-‘Adl (Le Juste) et Al-Ghafour (Le Pardonneur), avait tout prévu, tout pesé avec justice.

Tu as terminé de lire ton livre et tu le présentes à ton entourage. Ce n’est plus le moment de fuir les regards : tout le monde connaît déjà plus ou moins son sort.

Mais le jugement n’a pas encore eu lieu.

Le jugement commence

Tu vois que le jugement va enfin commencer.
Imagine : toute l’humanité, un par un, va passer devant ALLAH ﷻ.

Certains sont exposés devant tous — leurs fautes révélées, leurs secrets dévoilés. La honte est insoutenable.

Et il y a ceux qu’ALLAH ﷻ honore par un jugement en tête-à-tête.
Tu vois une file différente.
Eux, lorsqu’ils sont jugés, une porte se ferme derrière eux : ils sont seuls avec leur Rabb.


Le Prophète ﷺ en avait parlé lorsqu’il a dit :

« ALLAH rapprochera le croyant, le couvrira de Son voile et lui dira :
“Reconnais-tu ce péché ? Reconnais-tu celui-là ?”
Jusqu’à ce qu’il pense être perdu. Puis ALLAH dira :
“Je t’ai couvert dans la vie d’ici-bas, et aujourd’hui Je te pardonne.” »

Le mérite de couvrir les fautes

À ce moment, tu te rappelles un autre hadith :

 « Celui qui couvre les fautes de son frère, ALLAH couvrira ses fautes le Jour du Jugement. »

Et tu réalises avec soulagement que tu fais partie de cette file. Ton jugement se déroule en privé, voilé des autres.
Alhamdulillah, Rabbil ‘Alamin.

Tu te souviens de ces moments où tu avais couvert les fautes de quelqu’un, alors que tu aurais pu les exposer.
ALLAH ﷻ applique pour toi la même règle : Il te couvre. Il n’y a que toi et Lui.

Ceux qui passent sans jugement

Et là, tu vois encore une autre catégorie de personnes : Ceux qui passent sans jugement.

Ils n’ont même pas besoin de plaider leur cause.
Quand ils arrivent devant ALLAH ﷻ, Il leur dit :

« Passe. Entre. »

Ceux-là ont directement accès au Paradis. Ils attendent les autres, déjà installés dans leur félicité.

Et tu comprends que ce sont ceux qui ont placé leur pleine confiance en ALLAH ﷻ, qui ont vécu dans une sincérité totale et une piété constante durant toute leur vie.

Le temps des intercessions

Vient maintenant le moment des intercessions.
Tout au long du jugement, tu entends ici et là des invocations, comme des jokers qu’ALLAH ﷻ accorde à certains de Ses serviteurs.

Tu observes des personnes qui semblent bénéficier d’un traitement de faveur.
Mais tu réalises qu’en réalité, ce n’est pas de la chance : elles ont œuvré pour cela.

Le Coran et le jeûne prennent la parole

Tu assistes à ce que le Prophète ﷺ avait décrit :

« Récitez le Coran, car il viendra le Jour de la Résurrection intercéder en faveur de ceux qui le récitaient.
Le jeûne et le Coran intercéderont pour le serviteur.
Le jeûne dira : “Rabbi, je l’ai privé de nourriture et de désir, permets-moi d’intercéder pour lui.”
Et le Coran dira : “Je l’ai privé de sommeil, permets-moi d’intercéder pour lui.”
Alors ALLAH leur permettra d’intercéder. »

(Rapporté par Ahmad)

À ce moment, tu réalises que le Coran prend ta défense. Quel bon compagnon !
Tu remercies ALLAH ﷻ de t’avoir donné la force de l’avoir récité, médité et appliqué malgré les difficultés.

Pages du coran

L’intercession des enfants

Puis tu vois d’autres scènes bouleversantes. Des enfants apparaissent et plaident en faveur de leurs parents.

Et là, tu ne peux t’empêcher de penser au hadith du Prophète qui disait :

« Les enfants morts jeunes intercéderont pour leurs parents.
On leur dira : “Entrez au Paradis.”
Ils répondront : “Rabbi, pas sans mon père et ma mère.”
Alors on dira : “Entrez au Paradis, vous et vos parents avec vous.” »

Si tu as perdu un enfant, tu le vois s’approcher, te tendre la main et te dire, comme pour t’inviter :
« Viens, ALLAH m’a permis d’entrer au Paradis, mais avec toi. »

Et si ce n’est pas ton cas, tu es quand même ému d’assister à cette scène : des parents qui retrouvent leurs enfants et qui les emmènent avec eux au Paradis.
En réalité, ils ne les avaient pas perdus, mais gagnés.

Les croyants libèrent leurs frères du feu

Puis tu vois d’autres formes d’intercession : celles de personnes qui étaient destinées à l’Enfer. En effet, le Prophète ﷺ avait dit : 

« Les croyants diront :
“Rabbi, ce sont nos frères, ils priaient avec nous, jeûnaient avec nous, œuvraient avec nous.”
Alors ALLAH dira :
“Allez et sortez-les du feu, sortez du feu quiconque vous reconnaîtrez.” »

Et tu vois les véritables croyants sortir beaucoup de gens des flammes. C’est bouleversant.

Tu repenses à ces amis qui, ici-bas, t’avaient dit :

« Si tu ne me vois pas au Paradis, demande après moi. Si ton sort est bon, intercède pour moi. »

Aujourd’hui, tu as la permission d’ALLAH ﷻ de le faire également. Tu cours, tu reconnais des visages et tu les libères. Quel honneur !

Ce jour-là, les anges intercéderont, les prophètes intercéderont et les croyants intercéderont.
Et toi, tu réalises qu’ALLAH ﷻ t’a inclus parmi ceux qui sauvent d’autres âmes de l’Enfer. Ton cœur déborde de gratitude.

L’intercession d’ALLAH ﷻ

Et dans le hadith, le Prophète ﷺ avait dit :

« Puis ALLAH, le Tout-Puissant, le Majestueux, dira :
Il reste Mon intercession. »

Et là, tu assistes à cette scène.
ALLAH ﷻ saisit alors des poignées de gens de l’Enfer et les fait sortir.
Il les jette dans un fleuve à l’entrée du Paradis.
Puis ils pousseront sur les rives comme une graine pousse après la pluie.

À cet instant, tu te dis :
« C’est magnifique… Il faut vraiment ne pas vouloir être sauvé pour ne pas être touché par la rahma d’ALLAH ﷻ. »

Tu réalises que tout le monde finit par être sauvé, à l’exception des hypocrites et des polythéistes — aʿūdhu billāhi min ash-shayṭāni r-rajīm.

La traversée du pont – As-Sirāt

Le jugement est terminé, tout le monde est passé. C’était long.

Et là, un pont est dressé. Tu te retrouves dans la file qui mène au Paradis. Mais avant d’entrer, tu comprends qu’il te reste encore une épreuve : le pont As-Sirāt, dressé au-dessus de l’Enfer, que chacun devra traverser.

Ce pont est fin, tranchant comme une lame. Ton cœur se serre mais tu avances.

En dessous, tu entends des hurlements, des cris. Ce sont les habitants de l’Enfer qui supplient :

« Envoyez-nous un peu de votre lumière ! »
Sourate Al-Hadid, ayah 13

Mais il est trop tard. Tu te rappelles le verset où les croyants répondaient :

« Revenez en arrière et cherchez vous-mêmes la lumière. »

Et là, sans même réfléchir, tu prononces ces mêmes paroles.
Tu réalises que tu es en train de réciter exactement ce qu’ALLAH avait décrit dans le Coran.

Pas après pas, ton cœur s’apaise. Ton pas devient plus ferme. Puis, lorsque tu termines de traverser le pont, un immense soulagement t’envahit. Tu sens que tu es plus près que jamais du Paradis.

L’approche du paradis

Là, tu prends un temps pour remercier ALLAH ﷻ, car tu réalises que c’est la dernière fois de toute ta vie que tu verras de la souffrance. La dernière fois que tu entendras des cris. Parce que de l’autre côté, c’est la délivrance. C’est la sakina. C’est la rahma.

Ah… le paradis. Il te tarde le paradis.

Tu viens de finir de traverser le sirat, ce pont au-dessus de l’Enfer. Ton cœur bat encore très fort, mais tu sais que le plus dur est derrière toi. Devant toi, tu sens que le paradis n’est plus loin.

Et là, avant d’accéder au cœur du paradis, tu vois un bassin immense. Si vaste qu’on dirait la distance d’un mois de marche. Son eau est d’une blancheur éclatante, plus blanche que le lait. Son parfum est plus enivrant que le musc — tu n’as jamais rien senti d’aussi pur.

Autour de toi, des coupes en argent brillent comme des étoiles, prêtes à être saisies. Ton cœur s’emballe. Tu reconnais ce lieu. C’est le bassin du Prophète ﷺ.

Tu te rappelles de la parole du Prophète ﷺ lorsqu’il disait : 

« Je vous précéderai au bassin. Celui qui viendra à moi boira. Et celui qui boira n’aura plus jamais soif. »

Tu avances. Et là, tu le vois. Le Messager d’ALLAH ﷺ est debout, et il t’attend. Son visage rayonne d’une lumière plus douce que celle du jour. Il tient une coupe. Il te la tend, à toi.Tu tends la main, tremblant d’émotion.

L’eau touche tes lèvres. Elle est plus douce que le miel, plus fraîche que la neige. Et alors que tu bois, tu sens qu’une soif ancienne — la fatigue de toute une vie — disparaît d’un coup.

Tu comprends la promesse : Tu ne connaîtras plus jamais la soif.

Autour de toi, les croyants boivent aussi, chacun à son tour, servis par les mains bénies du Prophète ﷺ. Ton cœur déborde de gratitude — pour eux, pour toi.

Tu dis :

 « Quelle rahma immense ! »

 Et tu te rappelles la Parole d’ALLAH ﷻ :

 « Tu n’as été envoyé que comme une rahma pour l’univers. »

Sadaqa ALLAH Al-‘Azim.

Après avoir bu, ton visage s’éclaire. Ton cœur se remplit de joie et de hamd. Tu sais que le paradis est à quelques pas.

Enfin, tu arrives aux portes du paradis.

Aux portes du paradis

Le Prophète ﷺ avait dit :

« Je viendrai à la porte du paradis le Jour de la Résurrection.

Le gardien dira : “Qui es-tu ?”

Je dirai : “Mohammed.”


Et il dira : “J’ai reçu l’ordre de n’ouvrir à personne avant toi.” »

L’ange gardien du paradis — souvent désigné dans les récits comme Ridwān — se tient là, et il ouvre la porte.

Tu te rappelles qu’elles sont huit :

  • la porte de la prière,
  • la porte du jihād,
  • la porte de l’aumône,
  • celle du jeûne,
  • celle du pèlerinage,
  • celle de ceux qui retiennent leur colère et pardonnent,
  • celle des gens satisfaits de ce qu’ALLAH ﷻ leur a donné,
  • et la porte du dhikr, du rappel.

Les différentes portes du paradis

Et tu te rappelles ce hadith : Abou Bakr رضي الله عنه avait demandé au Prophète ﷺ :
 

« Est-ce qu’il y a quelqu’un qui sera appelé par toutes les portes en même temps ? »

Le Prophète ﷺ répondit :

« Oui. Et j’espère que tu seras parmi eux. »

Là, tu tournes la tête. C’est qui, celui qui entre par toutes les portes à la fois ? C’est Abou Bakr رضي الله عنه. Quel honneur ! Il l’a mérité. Et tu vois d’autres croyants qui, eux aussi, seront appelés par toutes les portes, parce qu’ils ont excellé dans tous les domaines. 

Est-ce que tu en fais partie ?

La dernière purification

Alors, la porte s’ouvre. C’est ton tour. Mais avant de franchir le seuil, un ruisseau coule devant toi. On te dit : 

« Entre, purifie-toi. » 

Alors tu plonges. Ton corps est lavé de toute fatigue, toute saleté, toute imperfection. Tu ressors avec l’âge de 33 ans – l’âge de ʿĪsā عليه السلام – et un visage beau comme celui de Yūsuf عليه السلام, qui avait reçu la moitié de la beauté de la Terre. Ton cœur est léger, ton âme apaisée.

C’est la dernière étape de purification avant ta demeure éternelle. Maintenant, tu es prêt(e) à rentrer au Paradis.

L’entrée au Paradis

Tu avances et sans qu’on te guide, tu reconnais ta maison. C’est comme si tu l’avais toujours connue. Le Prophète ﷺ l’avait annoncé :

« Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, l’un de vous connaîtra sa demeure au Paradis mieux qu’il ne connaît sa maison ici-bas. »

Là, tu souris. Elle est là, ta maison. Tes rivières, tes jardins, tes palais. Tout ce que tu avais espéré – même en secret – t’attend déjà. Il suffisait de le demander.

À peine entré, tes yeux s’émerveillent. Tout scintille, mais pas d’un éclat qui éblouit. Non : d’une lumière douce, enveloppante, qui apaise. Et tu te rappelles cette parole du Prophète ﷺ :

« ALLAH ﷻ a dit : J’ai préparé pour Mes serviteurs pieux ce que nul œil n’a jamais vu, ce qu’aucune oreille n’a jamais entendu, et ce qui n’a jamais effleuré le cœur d’un être humain. »

Là, tu réalises que ce que tu vois maintenant, même ton imagination la plus débordante n’aurait jamais pu l’inventer. 

Alhamdoulilah.

Les rivières du paradis

Tu entends l’eau couler, mais ce n’est pas comme l’eau d’ici-bas. Les rivières du paradis sont pures, limpides, agréables à regarder. Et tu te rappelles cette ayah :

 « … des ruisseaux d’eau incorruptible, des ruisseaux de lait dont le goût ne se gâte pas, des ruisseaux de vin délicieux à boire qui n’enivrent pas, des ruisseaux de miel épurés… »

Tu tends ta main, tu bois. Le lait te nourrit et te fortifie. Le miel apaise ton cœur. Et le vin du paradis – pur – ne t’enivre pas, il te rend même plus lucide encore.

C’est magnifique. Devant toi, il y a tout : des palais aux murs translucides, certains en pierres précieuses, d’autres en or, d’autres encore en argent. 

Chaque croyant reconnaît sa demeure sans qu’on ait besoin de la lui montrer. Et toi, tu es chez toi à présent.

les retrouvailles au paradis

Tu n’es pas seul : ta famille est là, tes amis sont là, tout le monde est réuni. ALLAH ﷻ l’avait promis :
 

« Ceux qui ont cru et que leur descendance aura suivi dans la foi, Nous ferons que leur descendance les rejoigne. »

Ceux que tu n’as pas connus sur Terre – tes ascendants, tes descendants – sont là aussi. Les retrouvailles se font sans peur de séparation.

La rencontre des prophètes au Paradis

Tu rencontres aussi les prophètes que tu avais toujours rêvé de voir. C’est Nūḥ عليه السلام, Ibrāhīm عليه السلام, notre père, Mūsā عليه السلام – qu’est-ce qu’il est grand –, ʿĪsā عليه السلام, et enfin Muḥammad ﷺ, que tu vois depuis un bon moment maintenant. Il te sourit et te souhaite la bienvenue.

Les nourritures du paradis apparaissent sans que tu aies besoin de demander. Les boissons sont servies par des serviteurs magnifiques, infatigables, avec des plateaux d’or. Il y a des fruits, de la viande, tout ce que tu n’avais jamais goûté sur terre.

Puis un appel retentit :
« Ô habitants du paradis, venez au marché ! »

Ça signifie que nous sommes vendredi, le jour du marché au Paradis. Tu entends donc cet appel résonner.

Tu te rends sur une vaste plaine avec des millions de croyants. Personne ne vend, personne n’achète : c’est un lieu de rencontre, de beauté et de joie. Tout est parfumé, lumineux. 

À chaque vendredi, chacun repart encore plus beau, plus éclatant. 

Ton ami te tape l’épaule et te dit : « Chaque vendredi, on repart plus beau ! »

Le plus beau des instants

Puis vient le moment ultime. Tous les bienfaits du paradis ne sont rien en comparaison. Le Prophète ﷺ avait décrit ce moment : 

ALLAH ﷻ s’adressera aux habitants du paradis et dira :

« Voulez-vous que Je vous donne quelque chose de plus grand encore ? »

Les croyants répondront :

« Ne nous as-Tu pas déjà tout donné, ne nous as-Tu pas comblés ? »

Alors ALLAH ﷻ retirera Son voile de Nūr, celui devant lequel même la montagne n’avait pu tenir. Et là, tout le monde Le verra.

Il n’y a rien de plus beau que cette vision. Tu lèves les yeux. Ton cœur se dissout dans une joie inconnue. Tu comprends : c’est ça la véritable récompense. Tout le reste n’était qu’une introduction à ce moment-là.

Al-hamdoulilLAH, Al-hamdoulilLAH, Al-hamdoulilLAH.

Un déroulement possible

On revient maintenant à la vie présente.

Voilà à quoi pourrait ressembler ta mort si ALLAH ﷻ t’accorde Sa rahma. Voilà ce qui t’attend si tu fais de ta vie l’investissement de l’au-delà.

Comme je te le disais au début, j’ai choisi volontairement cette scène avec un beau dénouement parce que je voulais reproduire ici une technique qu’ALLAH ﷻ emploie dans le Coran : la visualisation.

Ici, je n’ai rien ajouté à ce qu’ALLAH ﷻ avait déjà dit dans le Coran. C’est pour ça que j’ai récité ces āyāt comme si tu les vivais au présent. Et ce que le Prophète ﷺ a dit dans les hadith, je n’ai fait que te les raconter.

Construire ce futur maintenant

Normalement, tu dois te rendre compte que ces scènes-là que tu as vécues en imagination se construisent maintenant. Si tu veux les vivre ainsi – et même mieux, car ce sera encore plus beau que tout ce qu’on peut raconter – il faut les construire dès aujourd’hui.

Aujourd’hui, tu as encore le temps d’acheter ton billet pour le paradis. Tu as encore le temps de remplir le coffre de bonnes actions qui continue de se remplir dans ta tombe. Tupeux encore faire de ton Coran ton compagnon et ton avocat, celui qui intercédera pour toi en disant : « Ô ALLAH, permets-moi de parler pour lui. »

La mort : la porte vers la vraie vie

Comme je te le disais au début, la mort n’est pas la fin. C’est la poignée de porte que tu saisis. C’est le début du vrai voyage.

La mort, c’est juste une escale. Alors prépare-toi dès aujourd’hui pour avoir le plus beau des départs.

Du moment où tu réalises que tu meurs, jusqu’à :

  • l’interrogatoire dans la tombe,
  • le séjour dans la tombe,
  • la résurrection,
  • le long moment d’attente avant le jugement,
  • la lecture de ton livre de comptes,
  • le jugement,
  • la traversée du sirat,
  • l’accueil par le Prophète ﷺ au bassin,
  • la purification dans le ruisseau,
  • l’entrée dans le paradis et la découverte de ta demeure,
  • jusqu’à ce que tu voies ALLAH ﷻ de tes propres yeux.

Tout cela nous a déjà été décrit par ALLAH ﷻ dans le Coran.

Et ce jour-là, tu seras étonné de voir à quel point chaque scène correspond à ce qu’ALLAH ﷻ nous avait annoncé. Les répliques des gens à Yawm al-Qiyāmah seront exactement celles qui ont été révélées. Les disputes, les regrets, les dialogues – tout sera conforme.

Des scènes de regrets

Je n’ai pas tout raconté, car cela ferait un épisode entier d’une journée. Mais il y aura des scènes où les gens vont se disputer et se renvoyer la responsabilité.

Shaytān aussi parlera.

Le Coran nous dit qu’au Jour du Jugement, certains essaieront de l’accuser : « C’est lui qui m’a égaré ! » Et il répondra :

« Je n’avais sur vous aucune autorité. Je vous ai seulement appelés, et vous m’avez répondu. Ne me blâmez donc pas ! »

Lui-même les reniera : il ne sera pas un bon allié.

Là où le Coran sera un allié fidèle et intercédera pour ses compagnons, Shayṭān abandonnera ceux qui l’auront suivi.

Il y aura aussi des amis qui se disputeront. Ceux dont l’amitié ne reposait pas sur la piété se renieront mutuellement. ALLAH ﷻ dit dans Sūrat al-Furqān :

« Si seulement je n’avais pas pris un tel pour ami ! Il m’a détourné du rappel après qu’il me soit parvenu. »

Ce jour-là, ces paroles seront réellement prononcées. Nous serons témoins des mêmes répliques que nous lisons aujourd’hui dans le Coran.

La mort, cet examen dont nous avons les réponses

Ce sera bouleversant. À la fois effrayant et saisissant : nous entendrons les gens prononcer exactement ce qu’ALLAH ﷻ avait révélé.

Nous comprendrons alors : j’avais toutes les réponses de l’examen.

Alors pourquoi ne pas s’y préparer ? Pourquoi ignorer un examen dont les réponses sont déjà données ?

Viser les plus hauts degrés

Si tu veux vivre ces scènes avec sérénité, prépare-les dès maintenant. Ne vise pas seulement d’être sauvé : vise l’excellence. Demande à ALLAH ﷻ :

  • d’être parmi ceux qui seront jugés seul avec Lui, sans humiliation publique ;
  • d’avoir le Coran comme intercesseur ;
  • d’être de ceux pour qui le Prophète ﷺ intercédera ;
  • et d’avoir nous-mêmes le privilège d’intercéder pour d’autres, par la permission d’ALLAH ﷻ.
  • Ou encore de faire partie des personnes pour qui ALLAH ﷻ Lui-même va intercéder.

ALLAH ﷻ dit :

« Ce jour-là, aucune intercession ne servira, sauf celle à laquelle ALLAH aura donné Sa permission. »

Même le Prophète ﷺ rappellera que son intercession n’est acceptée que si ALLAH ﷻ l’autorise.

Alors demandons à ALLAH ﷻ :

Ya ALLAH, accorde-nous à tous une bonne fin.
Fais de nos tombes des jardins parmi les jardins du paradis et non des gouffres de l’Enfer.
Accorde-nous la compagnie du Coran dans la tombe et le Jour de la Résurrection.
Permets-nous la joie de Te rencontrer lorsque Tu seras satisfait de nous.
Amin, ya Rabb al-‘Alamin.

Si cet article t’a plu, je t’invite à continuer cette expérience immersive en lisant cet autre article :

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