Délaisser la polémique : un raccourci vers le Paradis

Temps de lecture estimé : 16 min

Et si aujourd’hui on parlait du fait de délaisser la polémique – et en quoi je trouve que c’est un raccourci gratuit vers le paradis.

Sommaire

Tu ouvres ton téléphone aujourd’hui, sur quoi tu tombes ? Une polémique.
Tu vas à un dîner, un repas ? La discussion tourne au clash.
Tu publies une idée qui te semblait pertinente ? Des gens la démontent publiquement.

Aujourd’hui, c’est presque mal vu de rester sage, de faire preuve de hikma.
Il faudrait avoir un avis tranché, un ton qui pique, une présence forte.

Pourtant, dans cette course à la réaction, le Prophète ﷺ nous appelle à une autre direction : le retrait, parfois silencieux, même quand tu es en ton droit.

Voyons ensemble comment le fait de délaisser la polémique peut complètement changer la donne.

Hadith sur le fait de délaisser la polémique

D’après Abou Umama رضي الله عنه, le Prophète ﷺ a dit :

« Je garantis une maison à l’entrée du paradis à celui qui délaisse la polémique, même s’il a raison.
Et je garantis une maison au milieu du paradis à celui qui délaisse le mensonge, même lorsqu’il plaisante.
Et je garantis une maison au plus haut du paradis à celui qui améliore constamment son comportement. »


(rapporté par Abou Dawoud dans son Sahih, traduction rapprochée)

Ce n’est pas un simple conseil : c’est une promesse, et pas n’importe laquelle. On parle de maison au paradis.

Aujourd’hui, sur terre, tout le monde n’a pas la chance d’être propriétaire de sa maison. Ici, le Prophète ﷺ promet une propriété… au paradis. Même la plus petite maison du paradis est meilleure que tout ce que la dounya contient.

Trois niveaux de récompense

Ce hadith est fascinant parce qu’il structure trois niveaux du paradis – on dirait presque les niveaux d’un jeu.

  • À l’entrée du paradis : pour celui qui délaisse la polémique, même en ayant raison.
  • Au milieu du paradis : pour celui qui délaisse le mensonge, même en plaisantant.
  • Tout en haut du paradis : pour celui qui améliore constamment son comportement.

Regarde comme c’est progressif. Le premier palier est déjà incroyable : entrer au paradis. Mais les niveaux supérieurs sont réservés à ceux qui vont encore plus loin dans leur purification.

Premier niveau : délaisser la polémique

Dans la version arabe, le terme utilisé pour « entrée du paradis » est rabad al-jannah.
Rabad désigne la périphérie, l’extérieur de quelque chose, mais toujours à l’intérieur du paradis. C’est comme une transition avant de pénétrer dans le cœur du Paradis.

Cela signifie que délaisser la polémique peut suffire pour entrer au paradis, même si ce n’est pas encore la « prime d’excellence ».

Pourquoi ? Parce que al-mirâ’ – la polémique – est une forme subtile d’orgueil.
Insister pour avoir le dernier mot, chercher à avoir raison à tout prix, nourrir le débat inutilement : c’est un piège pour le cœur.

Ici, le Prophète ﷺ valorise l’humilité plus que le fait d’avoir raison. Celui qui délaisse la dispute par taqwa, par crainte de décevoir ALLAH ﷻ, même en ayant raison, fait preuve d’une grandeur d’âme qui mérite le paradis.

Pourquoi délaisser la polémique mène au paradis

Quand le Prophète ﷺ parle de cette récompense, il parle de maison au paradis. Ce n’est pas rien. Même si c’est « à l’entrée », ce n’est pas un niveau inférieur : c’est quand même le paradis.

Alors posons-nous la question : pourquoi délaisser la polémique est une voie vers le paradis ?

D’abord, parce que la polémique nourrit l’égo. Même si tu as raison, l’intention peut très vite glisser :

« Je veux avoir le dernier mot. »

Et quand c’est l’égo qui prend la parole, il en ressort rarement grandi.

Le Prophète ﷺ savait qu’une langue occupée à polémiquer tire l’âme vers le bas plus qu’elle ne l’élève.

La polémique : un gaspillage de temps et d’énergie

Il faut aussi voir que la polémique est une énorme perte de temps. Et le temps, c’est notre capital le plus précieux. Ainsi, la polémique consomme : 

  • ton temps,
  • ton énergie,
  • ta paix intérieure.

Tu entres dans la discussion pour corriger un tort, tu en ressors… avec de la colère, de la tension, parfois même de l’amertume.

On a presque l’impression d’être un blessé de guerre après certaines polémiques, même quand « on a eu raison ».

Et ceux qui assistent à cette polémique ne ressortent pas indemnes : eux aussi ont été nourris par le bruit. Eux aussi ont perdu leur temps.

Et au final, il n’y a eu aucun nour dans tout ce processus.

En réalité, dans une polémique, il n’y a aucun gagnant :

  • Tu n’as pas vraiment convaincu ton opposant, tu l’as juste enfermé dans sa posture.
  • Tu n’as pas renforcé ta vérité, tu as juste rendu ton propos, ou la personne en face, peut-être encore plus antipathique.
  • Tu es sorti vidé, pas grandi.

Et c’est dommage.

Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère du clash permanent. C’est devenu le décor de nos vies :

  • Sur les réseaux sociaux, c’est le règne de l’humiliation publique et du débat sans fin.
  • On polémique avec des inconnus, au nom de la vérité.
  • On expose, on attaque, on répond… puis on répond à la réponse.

Et à la fin ?
On a perdu une heure, une journée, parfois même une nuit.
On a perdu notre calme… et peut-être une partie de notre baraka.

Le clash chez les prédicateurs : une responsabilité manquée

Et ce phénomène n’est pas limité aux réseaux sociaux.
Dans nos cercles de communauté, on observe aussi des prédicateurs qui se répondent par vidéos interposées :

  • « Réponse à untel »
  • « Pourquoi tel imam a tort »
  • « Réfutation de l’autre vidéo »

Ces séquences se multiplient, et elles finissent par ressembler à un spectacle public.

Et moi, en tant qu’auditrice, je me sens manquée de respect. Parce que tout ce temps passé à se répondre, à se lancer des pics, à régler des comptes en public…c’est du temps qui aurait pu servir à élever les cœurs et les esprits.

Et très souvent, si on observe bien, il y a des attaques personnelles qui se glissent : des piques, des moqueries, des petites phrases assassines.

Un jour, j’ai regardé une de ces vidéos qu’on m’avait envoyée.
Et à la fin, je me suis demandé :

« Qu’est-ce que j’ai retenu ? »

Honnêtement ? Pas grand-chose sur le fond. Pas grand-chose à propos de la correction sur le dogme. Ce qui est resté gravé dans ma mémoire, ce sont les piques, les noms cités, les sous-entendus.

C’est grave. Parce que si quelqu’un comme moi, qui essaie de se concentrer, qui a quelques connaissances sur le sujet, retient surtout la forme et non le fond, qu’en est-il des autres ?

Ce n’est pas normal. J’attends de ceux qui ont l’audience et la parole publique qu’ils élèvent le niveau, qu’ils portent nos cœurs vers plus de lumière, pas vers plus de bruit.

Quand la polémique fatigue les cœurs

Déjà, le temps qu’on passe à scroller, à regarder des vidéos…on le regrette souvent.

Alors si, dans ce temps-là, les personnes qu’on écoute passent leur temps à se clasher et à polémiquer, c’est encore pire. Franchement, c’est inadmissible.

Avant de publier une vidéo pour dénoncer quelque chose, il faut se poser des questions :

  • Est-ce que mon intention est sincère ?
  • Qu’est-ce que je cherche réellement : la réforme ou le buzz ?
  • Est-ce que j’ai coupé toutes les parties où je suis tentée d’ajouter une attaque personnelle ?

C’est un vrai travail sur soi. Il faut se relire, revisionner, recommencer, couper, jusqu’à ce qu’il ne reste que ce qui est nécessaire.

Parce que le problème, c’est que dans nos cercles communautaires, on voit de plus en plus de prédicateurs se répondre par vidéos interposées. Et ces polémiques religieuses se transforment trop souvent en guerres d’égo sous couvert de science.

Résultat ? On a des jeunes, des étudiants, des mamans, qui regardent… et qui perdent le goût de la douceur de l’islam.

C’est désolant. Certains finissent même par fuir les prêches du vendredi de leur propre ville, parce qu’ils savent que l’imam va encore entrer dans une polémique, attaquer, clasher, élever le ton…

Et ils se mettent à chercher des mosquées où l’imam s’inspire réellement du modèle prophétique dans sa parole.

C’est grave. Parce que le vendredi est censé être le rendez-vous des cœurs. Un moment où les hommes de la communauté viennent se nourrir spirituellement.

Alors si ce rendez-vous ne les nourrit plus, c’est un problème majeur.

Le modèle prophétique

Le Prophète ﷺ gagnait le cœur des gens par sa retenue. Il n’a jamais gagné son autorité en humiliant, ni son influence en polémiquant.

Délaisser la polémique aujourd’hui est une preuve de grandeur : dans un monde où tout t’incite à répondre, choisir le silence devient un acte de courage. Dans une société où avoir raison est devenu une obsession, quand tu choisis la sakîna – la paix – tu choisis la clairvoyance. Dans un monde où le clash attire et crée du buzz, on peut choisir la hauteur en suivant la voie prophétique.

Et c’est précisément parce que c’est difficile que la récompense est immense : une maison à l’entrée du paradis. Ce n’est pas “juste” une maison, c’est un refuge réservé à ceux qui ont préféré l’élégance du silence à l’arrogance du débat.

Deuxième niveau : délaisser le mensonge, même en plaisantant

Ensuite, le Prophète ﷺ dit qu’il garantit une maison au milieu du paradis – donc plus élevée – à celui qui délaisse le mensonge, même en plaisantant. On pourrait se dire que c’est facile, que tout le monde sait qu’il ne faut pas mentir, mais ici le Prophète ﷺ ajoute cette précision “même en plaisantant” pour nous montrer que ce n’est pas un détail.

Délaisser le mensonge, c’est purifier sa langue et son cœur, et cela te hisse à un niveau encore plus élevé dans le paradis.

Même lorsqu’il paraît “léger” ou qu’il se cache derrière l’humour, le mensonge déforme la réalité, altère la vérité et affaiblit l’âme.

Un hadith glaçant

Dans un hadith nawawi, le Prophète ﷺ dit : 

« Prenez garde au mensonge, car le mensonge conduit à l’enfer. »

Il explique qu’une personne peut continuer de mentir, encore et encore, jusqu’à être inscrite auprès d’ALLAH ﷻ comme un kadhdhâb – un menteur chronique. Ce n’est plus un acte isolé : c’est devenu une identité.

🤲🏽 Qu’ALLAH ﷻ nous préserve d’avoir cette mention-là inscrite auprès de Lui.

Mentir une fois est grave, mais si on se repent, cela peut être effacé. Par contre, passer de : « Cette personne a menti » à : « Cette personne est un menteur », c’est une étape dramatique. 

Renoncer au mensonge par amour d’ALLAH ﷻ

Celui qui renonce au mensonge par amour de la vérité, par amour d’ALLAH ﷻ, du Prophète ﷺ et du paradis qu’il espère atteindre, prouve sa sincérité. Même s’il perd un effet de style, un rire qu’il aurait pu susciter chez les gens, ou une mise en valeur personnelle – car parfois on ment pour se donner un rôle ou briller un instant – il choisit l’authenticité.

Le Prophète ﷺ a dit dans un hadith rapporté par Abû Dâwûd :

« Malheur à celui qui ment pour faire rire les gens. Malheur à lui, malheur à lui. »

Cette répétition montre la gravité de l’acte, même quand il semble anodin. L’humour ne justifie pas le mensonge.

« C’était juste une blague » ?

Mentir, même en plaisantant, c’est aussi donner un mauvais exemple – surtout pour les enfants. Et il ne faut pas sous-estimer l’impact de ces « petits mensonges » sur leur éducation.

Beaucoup pensent que le mensonge disparaît quand on le justifie par : « mais je rigolais ». Pourtant, le Prophète ﷺ a été très clair : il promet une maison au milieu du paradis à celui qui délaisse le mensonge – même en plaisantant. Cette précision élimine toute excuse.

Prenons un exemple simple : un couple est en pleine discussion.
L’épouse demande :

« T’as bien pris rendez-vous chez le dentiste pour Malik cette semaine ? »

Et l’époux, qui veut plaisanter, répond :

« Ah non, j’ai oublié. »

Sa femme, qui peut être stressée ce jour-là, ou débordée, réagit :

« Mais non ! C’est la seule chose que je t’avais demandé de faire… C’était urgent ! »

Puis il éclate de rire :

« Mais non, je rigole, j’ai pris rendez-vous. »

Alors, pourquoi ce type de blague pose problème ? Même si à la fin elle est soulagée, elle a eu un stress inutile.

  • Elle a ressenti de la peur.
  • Elle a peut-être eu un pic de colère ou de frustration.
  • Et toi, tu lui as fait perdre de l’énergie émotionnelle pour « rien ».

Créer un problème pour ensuite soulager la personne, ce n’est pas vraiment drôle : c’est la moindre des choses qu’elle soit soulagée, puisque c’est toi qui as créé le stress. Alors, on ne peut plus blaguer ? Bien sûr que si …

Le style prophétique : un humour sans mensonge

L’humour est permis en islam – et même recommandé pour détendre et rapprocher les cœurs – mais jamais au prix de la vérité. Le Prophète ﷺ plaisantait parfois avec ses compagnons, mais sans mentir.

Dans la même scène, l’époux qawwam, qui veut à tout prix plaisanter, pourrait répondre :

« À ton avis ? On teste ton niveau de confiance en moi : tu penses que j’ai pris rendez-vous ou pas ? »

L’épouse sourit, et ça crée du dialogue. Elle répond :

« Oui, j’ai confiance en toi, j’espère bien que tu l’as pris ! »

Et lui :

« Exactement, ça c’est ma femme ! Tu as confiance en moi. Et oui, c’est fait ! »

Résultat : pas de stress inutile, un moment complice, et la blague a joué son rôle – détendre et créer un échange.

Quand on décide de ne plus mentir, même pour blaguer, on découvre une créativité nouvelle. Et crois-moi, elle est bien plus savoureuse que la blague basée sur un mensonge qu’on avait prévue à l’origine.

La question des humoristes, des sketchs…

Petite parenthèse : c’est en partie pour cette raison que je n’assiste jamais à des spectacles humoristiques ni à des vidéos de stand-up. Pas parce que rire est interdit, mais parce que j’ai observé que ces spectacles contiennent presque toujours trois choses problématiques :

  • des grossièretés et de la vulgarité : c’est devenu monnaie courante dans l’humour contemporain.
  • du mensonge : les « je rigole » qui cachent des contre-vérités sont partout.
  • de la moquerie et de l’humiliation : souvent sur des gens absents, parfois sur des proches, voire des membres de la famille, exposés publiquement au nom de l’humour.

Ce n’est pas anodin. Même si tout le monde rit, même si la maman dont on se moque dit qu’elle n’est pas vexée, ce n’est pas quelque chose qui devrait devenir normal dans notre communauté.

Être humoriste n’est pas forcément un mal en soi, mais le Prophète ﷺ a fortement déconseillé de faire de son métier le fait de faire rire. Si on le fait malgré tout, il faudrait au minimum respecter les codes éthiques de l’islam : pas de mensonge, pas de vulgarité, pas d’humiliation.

Une promesse qui devrait suffire

Rien que l’ordre du Prophète ﷺ « Ne mentez pas » devrait nous suffire. Mais il ne se contente pas de donner un ordre : il nous fait une promesse incroyable :

« Je garantis une maison au milieu du paradis à celui qui délaisse le mensonge, même en plaisantant. »

Ce n’est pas une petite récompense. Cela montre bien que ce comportement demande un effort spirituel particulier.

Et là, quand on repense à toutes les fois où on a fait une blague contenant un mensonge, où on a dit « je rigole » après coup – que ce soit à nos enfants, à notre entourage, à nos élèves, ou même à notre audience – cela doit nous pousser à demander pardon à ALLAH ﷻ.


🤲🏽 Qu’ALLAH ﷻ nous pardonne ce qui est passé et nous donne la force d’améliorer ce qui vient.

Quand vouloir avoir raison abîme les relations

Ce que nous enseigne ce hadith, c’est que dire la vérité tout le temps, refuser de mentir même pour plaisanter, c’est un degré encore supérieur. Aujourd’hui, mentir pour une blague donne un effet de style, fait rire l’audience, met en valeur celui qui plaisante… mais le Prophète ﷺ nous montre que la sincérité a beaucoup plus de valeur aux yeux d’ALLAH ﷻ que cette validation éphémère. 

Ce que tu gagnes ici-bas, c’est léger comparé à la récompense qui t’attend si tu renonces à mentir, même pour amuser la galerie.

Et la même logique s’applique à la polémique. Comme si le Prophète ﷺ nous disait : « Mais tu es encore en train de débattre pour avoir raison ? » Même si tu es dans le vrai, si tu cherches à avoir le dernier mot à tout prix, c’est une perte de temps et d’énergie.

Regarde dans un couple, entre des parents et des enfants, entre collègues ou amis : est-ce qu’on a déjà gagné le cœur de quelqu’un en lui prouvant qu’on avait raison coûte que coûte ? Au contraire, la personne finit fatiguée, résignée, et dit juste : « Ok, d’accord… » pour que ça s’arrête. Ce n’est pas de cette manière qu’on bâtit des liens solides.

Un exemple personnel

Récemment, j’ai vu mes deux aînés discuter. Ma fille, enthousiaste, racontait quelque chose à son frère. Et lui, qui savait déjà de quoi il s’agissait, répond simplement :

« Oui, je sais. »

Puis elle continuait, et il répétait :

« Oui mais je sais. »

Ce n’était pas méchant de sa part, mais j’ai vu l’expression de ma fille changer légèrement. Elle a continué à parler, parce qu’elle est très vivante et bienveillante tabarakALLAH, mais j’ai senti qu’il lui avait volé un petit plaisir : celui de partager quelque chose qu’elle avait découvert.

Après la discussion, j’ai pris mon fils à part et je lui ai rappelé ce que faisait le Prophète ﷺ. Lorsqu’on lui parlait d’un sujet qu’il connaissait déjà, il n’interrompait pas et ne surenchérissait pas. Il laissait la personne aller jusqu’au bout de son idée, lui laissant le plaisir de transmettre son savoir.

Parce que ce n’est pas grave de savoir et de ne rien dire. Ce n’est pas grave de garder pour soi le fait que l’on savait déjà. Ce qui compte, c’est de ne pas briser l’élan de l’autre, de ne pas lui retirer la joie de partager.

Une astuce pour gérer la situation

Mon fils avait 8 ans à ce moment-là. Plutôt que de lui faire une énième remontrance, j’ai préféré lui offrir une astuce concrète.

Je lui ai dit :
« Tu sais, quand quelqu’un te partage une information que tu connais déjà, au lieu de répondre “je sais”, tu peux dire : “tu as raison”. »

Au début, il a été surpris :
« Mais pourquoi ? »

Alors, je lui ai demandé de me dire quelque chose, et après sa phrase je lui ai répondu :
« Ah ! T’as raison. »

Je lui ai ensuite demandé ce qu’il avait ressenti. Il m’a répondu :
« Que j’ai dit la vérité… et que tu savais déjà ! »

Je lui ai donc expliqué que « t’as raison » avait deux avantages :

  • Ça valide ce que la personne vient de dire. On lui offre de la reconnaissance et on l’encourage à poursuivre, tout en lui faisant passer l’information qu’on connaît déjà l’information.
  • Ça lui permet de continuer à parler sans se sentir coupée dans son élan et en conservant son enthousiasme.

Alors que « je sais » peut, sans qu’on le veuille, sonner comme : « Arrête de parler, tu ne m’apprends rien. »

Mon fils est reparti tout sourire, avec ce petit tips dans la poche. Et je me suis dit : qu’ALLAH ﷻ nous permette de corriger ce réflexe, même en tant qu’adultes. Parce qu’on a tous rencontré – ou été – cette personne qui dit « je sais » à répétition…

Troisième niveau : améliorer son comportement

Après la polémique et le mensonge, le hadith nous emmène à un troisième niveau : le sommet du paradis.

Le Prophète ﷺ promet une maison, cette fois au plus haut du paradis, à celui qui améliore constamment son comportement.

Cette partie du hadith est puissante, car elle nous montre le lien direct entre le travail sur nos akhlaq (nos comportements) et la proximité avec les meilleurs des croyants. Ce plus haut rang du paradis, c’est là où se trouvent les Prophètes, les véridiques, les martyrs et les gens vertueux.

Pour te donner une image, je le vois un peu comme la classe affaires ou la première classe d’un vol. Peut-être qu’ici-bas on n’aura jamais ce privilège… mais au paradis, ce statut VIP est accessible. Et il ne s’achète pas avec de l’argent : il s’acquiert en travaillant son caractère, jour après jour.

Un lien direct avec la mission du Prophète ﷺ

Le Prophète ﷺ a dit :

« Je n’ai été envoyé que pour parfaire les caractères. »

C’est sa mission. Et le bon comportement, ce n’est pas la perfection – parce que la perfection, on ne pourra jamais la toucher – mais c’est le fait de viser al ihsan, la constance dans le fait de vouloir s’améliorer.

Les savants expliquent que dans le bon comportement, on trouve :

  • la douceur,
  • la rahma,
  • l’endurance dans l’épreuve,
  • le silence au bon moment,
  • la générosité,
  • la politesse même face à l’agressivité,
  • la bienveillance même face à l’erreur.

Ibn al-Qayyim رحمه الله dit :

« Le bon comportement est l’empreinte prophétique dans le cœur du croyant. C’est la plus haute forme de fidélité au message divin. »

Et si tu veux être fidèle au message d’ALLAH ﷻ, voilà par où commencer.

Pour résumer 

Ce hadith est comme un jeu de niveaux. À chaque niveau, une qualité morale, un effort à fournir, et une récompense.

🔑 Niveau 1 : l’entrée du paradis

  • Qualité associée : délaisser la polémique, même quand on a raison
  • Difficulté : 🟠 Moyenne (pas évident aujourd’hui !)
  • Récompense : une maison à l’entrée du paradis, une entrée garantie

🔑 Niveau 2 : le milieu du paradis

  • Qualité associée : délaisser le mensonge, même pour plaisanter
  • Difficulté : 🔴 Difficile (cela demande une vigilance constante)
  • Récompense : une maison plus élevée, une élévation de rang au paradis

🔑 Niveau 3 : le sommet du paradis

  • Qualité associée : améliorer constamment son comportement global
  • Difficulté : 🔥 Très difficile (c’est le travail de toute une vie)
  • Récompense : la meilleure place, avec les Prophètes, les véridiques et les martyrs

Ce hadith nous enseigne trois choses majeures :

  1. Le caractère prime sur le savoir. Tu peux avoir raison, mais si ton comportement est mauvais, tu peux être rejeté. Le silence, parfois, vaut mieux qu’un bon argument. Céder dans une dispute, ce n’est pas perdre : c’est peut-être l’acte de foi qui te fait gagner… le paradis. Littéralement. Se retirer d’une polémique n’est pas une défaite : c’est une victoire discrète, mais une victoire quand même. Et sa récompense ? Une maison à l’entrée du paradis – juste une maison… mais quelle maison.

  2. La vérité sans humilité peut blesser. Délaisser la polémique, c’est préserver son cœur et celui des autres.
  3. La quête du bon comportement dure toute la vie. Car l’islam est une réforme intérieure. Ce n’est pas seulement cocher des cases ou être “islamiquement correct”, c’est transformer le cœur en profondeur, jour après jour. Et c’est cette quête qui te donne accès aux plus hauts degrés du paradis. 

Avant de te laisser… 

L’Islam, c’est une réforme intérieure. Ce n’est pas seulement cocher des cases ou être “islamiquement correct”, c’est transformer le cœur en profondeur, jour après jour.

Alors retiens cette phrase :

Si tu veux entrer au paradis, apprends à te taire quand tu pourrais triompher.
Si tu veux monter dans le paradis, apprends à dire vrai même quand c’est moins drôle.
Et si tu veux toucher le sommet du paradis, adopte les traits de celui qui a été envoyé pour parfaire les caractères.

🤲🏽 Qu’ALLAH ﷻ nous offre ces trois clés d’excellence, ces trois voies vers le paradis. Qu’ALLAH ﷻ fasse qu’une maison au paradis porte notre nom – de l’entrée jusqu’au sommet.
Amin ya Rabb al-‘Alamin.

Je suis Oustadha Zaynab. Depuis plus de 10 ans, j’aide les femmes à apprendre et à aimer le Coran. Mon but ? Que chaque sœur vive vraiment avec le Coran, qu’elle le ressente profondément et qu’il devienne un repère dans sa vie. Et toi aussi, tu peux vivre cette expérience. Oui, c’est possible,
bi idhnILLĀH !

Partager cet article :
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Quiz gratuit

Découvre ton profil d'apprentissage et des conseils pour mémoriser le Coran

Par ce test, tu en apprendras davantage sur ton profil d’apprentissage, le style que tu préfères utiliser pour recueillir et utiliser les idées et les informations.

Coche les réponses qui correspondent au mieux à tes habitudes et tes préférences. À la fin, découvre tes résultats et les conseils associés.

Retour en haut