Les violences conjugales, à la lumière de l’Islam

Temps de lecture estimé : 58 min

Aujourd’hui, on traite d’un sujet que je voulais aborder depuis longtemps. Et tu l’as vu dans le titre : on reste dans cette série de sujets tabous parce qu’en réalité il n’y a aucun tabou à avoir sur ce thème.
Il est temps de briser le silence.

Et pour ça, je me fais accompagner de Maître Soraya Rahmouni, que tu connais peut-être déjà, puisqu’elle a déjà été invitée dans ce podcast.
Maître Soraya Rahmouni est avocate en droit de la famille, en exercice depuis plus de quinze ans, et elle fait vraiment des merveilles dans son travail.

Cet épisode sur les violences conjugales est très important, parce que c’est d’abord un sujet d’utilité publique.
On a besoin de donner des clés concrètes à toutes les personnes qui vivent ces situations, et de rappeler que ALLAH ﷻ en parle énormément, dans le Coran comme dans la Sunna.
Nous avons déjà toutes les clés : il suffit de les relire, de les remettre en lumière, et surtout de tendre la main pour que ces violences diminuent, et qu’un jour elles disparaissent.

Sommaire

Les ayat qui ont inspiré cet article 

Dans le Coran, il y a une femme dont la voix a traversé les siècles.
C’est une femme qui a été blessée, humiliée, mais qui a refusé de se taire : Khawla bint Thaʿlaba, رضي الله عنها.

Elle vivait au temps du Prophète ﷺ, et ALLAH ﷻ a parlé d’elle, directement, dans le Coran.
Écoutons les versets qui ont inspiré l’épisode du jour :

قَدْ سَمِعَ ٱللَّهُ قَوْلَ ٱلَّتِى تُجَـٰدِلُكَ فِى زَوْجِهَا وَتَشْتَكِىٓ إِلَى ٱللَّهِ وَٱللَّهُ يَسْمَعُ تَحَاوُرَكُمَآ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ سَمِيعٌۢ بَصِيرٌ
ٱلَّذِينَ يُظَـٰهِرُونَ مِنكُم مِّن نِّسَآئِهِم مَّا هُنَّ أُمَّهَـٰتِهِمْ ۖ إِنْ أُمَّهَـٰتُهُمْ إِلَّا ٱلَّـٰٓـِٔى وَلَدْنَهُمْ ۚ وَإِنَّهُمْ لَيَقُولُونَ مُنكَرًۭا مِّنَ ٱلْقَوْلِ وَزُورًۭا ۚ وَإِنَّ ٱللَّهَ لَعَفُوٌّ غَفُورٌۭ

« ALLAH a bien entendu la parole de celle qui discutait avec toi à propos de son époux et se plaignait à ALLAH.
ALLAH entendait votre conversation, car ALLAH est Audient et Clairvoyant.
Ceux d’entre vous qui répudient leurs femmes en disant : “Tu es pour moi comme le dos de ma mère” — alors qu’elles ne sont nullement leurs mères, car leurs mères sont seulement celles qui les ont enfantés — prononcent certes une parole blâmable et mensongère.
Mais ALLAH est Indulgent et Pardonneur. »


(Sourate al-Mujādalah, versets 1-2)

Explication du contexte

Ces versets sont très forts. Ils concernent cette Compagnonne, Khawla bint Thaʿlaba رضي الله عنها, dont le mari l’avait offensée par une pratique injuste de l’époque pré-islamique appelée aẓ-ẓihār : une formule par laquelle un homme disait à son épouse :

« Tu es pour moi comme le dos de ma mère. »

C’était une manière de rompre le lien conjugal sans libérer la femme, une pratique profondément injuste qu’l’Islam a totalement abolie.

Quand cela est arrivé, Khawla vivait aussi d’autres formes de violences conjugales.
Elle est alors allée se plaindre au Prophète ﷺ.

Et même lorsque le Prophète ﷺ n’avait pas encore reçu de révélation à ce sujet, elle revenait, elle persistait, elle ne se taisait pas. Elle pleurait, elle répétait sa plainte : c’était l’eau qui faisait déborder le vase.

Elle a dit à son mari, selon le hadith rapporté par ‘Aïsha رضي الله عنها :

« Wallāhi, tu ne me toucheras plus tant qu’ALLAH ﷻ et Son Messager n’auront pas tranché sur cette affaire. »

À partir de ce moment-là, elle a brisé le silence.
Elle s’est rendue auprès du Prophète ﷺ, qui l’a écoutée avec patience, à chaque venue.
Et c’est alors qu’ALLAH ﷻ a révélé ces versets : pour statuer pour la première fois dans l’histoire de l’Islam sur cette question.

Cette femme, en parlant, a ouvert la voie à toutes les autres.
C’est grâce à sa parole qu’aujourd’hui nous avons ces repères et ces règles.

Une des clés que nous enseigne cette sourate, en cas de violence conjugale, c’est briser le silence.
Et la première chose qu’ALLAH ﷻ nous fait entendre, c’est qu’Il a entendu :

« ALLAH a bien entendu la parole de celle qui discutait avec toi… »

ALLAH ﷻ commence par dire qu’Il écoute.

Avant même de dire qu’Il voit, qu’Il est Clairvoyant. Il insiste : Il est Audient.
Il entend : les pleurs, les plaintes, les douleurs.

Un manifeste contre le silence 

Et donc, cette femme, par sa voix, ALLAH ﷻ a voulu parler à toutes les femmes jusqu’à la fin des temps.
Il faut se rendre compte qu’ALLAH a enregistré la voix de cette femme dans cette sourate.
C’est comme s’Il disait à toutes les femmes :

« Je t’entends, Je te vois, et ta douleur M’importe. »

Ces versets, je les vois comme un manifeste contre le silence imposé aux femmes depuis trop longtemps.
C’est un rappel que la plainte d’une femme, quand elle est juste, ne diminue pas sa foi.
Au contraire, elle peut devenir source de révélation, comme cela a été le cas ici.

Et aujourd’hui, ces Khawla existent encore.
Elles sont nombreuses : ce sont nos sœurs, nos amies, parfois nos mères…
Parfois même, c’est nous-mêmes.

En Islam, la dignité d’une femme est sacrée.
ALLAH ﷻ l’a consignée dans une sourate, et la foi ne consiste pas à tout supporter en silence. Ce n’est écrit nulle part.

La foi, c’est se relever, mais avec ALLAH ﷻ.
ALLAH aurait pu condamner cette plainte, Il aurait pu dire à cette femme de se taire,
Il aurait pu lui reprocher d’aller se plaindre au Prophète ﷺ. Mais Il ne l’a pas fait.

Il a fait exactement l’inverse.

ALLAH ﷻ a validé sa plainte, Il a fait de la douleur de cette femme une sourate du Coran qui porte son nom, et qui commence par son histoire.

À travers elle, ALLAH ﷻ nous enseigne que la foi n’est pas le silence devant l’injustice,
mais le courage de dire la vérité.

Les violences conjugales, une situation expliquée par Maître Soraya Rahmouni

Le nombre de femmes victimes de violences conjugales en France avoisine chaque année les 300 000.

Et dans la grande majorité de ces cas, il y a des enfants.
Des enfants qui sont co-victimes : parce que subir des violences ou simplement y assister, ça produit les mêmes effets sur leur santé psychologique.

C’est scientifiquement démontré, et aujourd’hui reconnu par la loi et par les tribunaux. Le droit évolue, il prend enfin en compte cette réalité.

Je voudrais surtout rassurer les femmes qui ont peur. Beaucoup me disent qu’elles n’osent pas dénoncer, de peur que les services sociaux s’en mêlent, ou qu’on leur retire leurs enfants.

Il faut savoir que le juge des enfants n’a qu’un seul rôle : protéger. Ainsi, le placement d’un enfant n’intervient que si aucun des deux parents n’est capable de le protéger.

Or, si vous dénoncez, si vous demandez de l’aide, si vous refusez de vivre dans un foyer violent, vous êtes en train de protéger vos enfants. Vous faites exactement ce qu’il faut faire.

Donc, il n’y a aucune raison qu’on vous les enlève. Il suffit qu’un seul parent soit une source de protection pour que le placement ne soit pas nécessaire.

C’est une information essentielle, et c’est une peur que j’entends presque systématiquement chez les femmes qui viennent me voir avant de franchir le pas.

Les conséquences invisibles des violences

L’autre chose qu’il faut absolument comprendre, c’est l’impact des violences sur la santé. La santé mentale, mais aussi la santé physique.

Les violences conjugales ont des effets dévastateurs, tant sur les mères que sur les enfants.

Les effets des violences conjugales

Les violences conjugales entraînent plusieurs conséquences graves sur la santé physique et mentale : 

  • Le stress, 
  • Les troubles du sommeil, 
  • L’anxiété,
  • Une perte de confiance en soi, 
  • La santé physique, avec l’apparition de maladies inflammatoires ou auto-immunes. 
  • Des troubles cognitifs,
  • De l’amnésie traumatique.

Soyez attentive à votre ressenti, car votre corps vous parle et ne ment jamais. À cause de ces troubles, vous pourriez parfois douter de votre lucidité et penser que vous êtes folle. Pourtant, si vous écoutez cet épisode, c’est probablement parce que vous ressentez de la peur, de la tristesse ou de la honte. 

Une réalité majoritairement féminine

Je ne serai pas hypocrite : les violences conjugales sont, dans 97 % des cas, commises par des hommes. Nous parlerons donc ici des violences conjugales subies par les femmes.

Ainsi, si vous vous sentez en danger dans votre foyer, c’est qu’il se passe quelque chose d’anormal.

Vous allez peut-être vous dire qu’il a ses raisons, que la situation va s’arranger ou que vous exagérez. Sachez que c’est faux. Si vous ressentez ce que vous ressentez, vous n’êtes pas folle et certains signaux doivent vous alerter : 

  • Vous n’êtes pas en paix chez vous, 
  • Vous marchez sur des œufs,
  • Vous contrôlez chacun de vos gestes ou de vos paroles,
  • Vous changez de comportement par peur de contrarier votre conjoint, 
  • Vous ne dites plus ce que vous pensez, 
  • Vos proches remarquent que vous avez changé, que vous êtes éteinte. 
  • Votre corps se crispe en sa présence
  • Vous ressentez une tension en étant avec lui…

Alors, c’est qu’il y a un problème. 

Si vous n’êtes pas certaine de ce que vous vivez, je vous invite à faire un test appelé le diagnostic Opal. Ce questionnaire anonyme, d’une durée de 15 minutes, porte sur tous les types de violences.

Comprendre les différentes formes de violences conjugales

Il est essentiel de bien cerner ce que recouvrent les violences conjugales. On a souvent tendance à les réduire aux seules violences physiques, c’est-à-dire aux coups et aux blessures visibles. Pourtant, cette vision est très réductrice.

Les stéréotypes, comme celui de la femme battue qui cache un œil au beurre noir sous des lunettes de soleil ou qui invente une excuse pour justifier un bleu, ne reflètent qu’une infime partie de la réalité. Les violences conjugales ne se limitent pas à ces situations.

Les différentes formes de violences

Les violences conjugales peuvent prendre plusieurs formes :

  • Physiques : coups, blessures, agressions ;
  • Sexuelles : toute forme de contrainte ou d’aggression à caractère sexuel ;
  • Psychologiques : humiliations, menaces, chantage, dévalorisation, isolement ;
  • Économiques :
    • absence de carte bancaire ou allocation d’argent au compte-gouttes ;
    • interdiction de travailler ;
    • confiscation ou contrôle abusif des revenus (par exemple, salaire versé sur un compte joint dont vous ne pouvez plus disposer librement).
    • le fait de ne pas participer équitablement aux charges du foyer, vous laissant assumer seule les responsabilités financières ;
    • le contrôle ou la privation des ressources financières.
  • Administratives : 
  • la rétention de tous les documents administratifs ;
  • la gestion exclusive des papiers, vous privant de toute connaissance de votre situation ou de celle de votre famille ;
  • l’ignorance de procédures importantes, comme une éventuelle expulsion.

Ces formes de violences, bien que moins visibles, peuvent avoir des conséquences graves sur votre autonomie et votre sécurité.

Les violences psychologiques : les plus insidieuses

Parmi toutes les formes de violences, les violences psychologiques sont souvent les plus difficiles à percevoir et à reconnaître. Pourtant, elles sont tout aussi destructrices, voire plus, car elles agissent en profondeur et de manière insidieuse.

Voici quelques exemples de violences psychologiques :

  • Le contrôle :
    • lecture de vos messages ;
    • appels constants pour savoir où vous êtes et avec qui ;
    • isolement (vous empêcher ouvertement de voir votre famille, vos amis, ou en les critiquant pour créer des conflits).
  • Les menaces et le chantage :
    • menaces directes ou indirectes ;
    • culpabilisation ;
    • silence punitif.
  • Les humiliations et la dévalorisation :
    • insultes ;
    • critiques permanentes ;
    • remise en question de votre personne, de votre version des faits, de votre ressenti, voire de votre santé mentale.

Toutes ces actions visent à instaurer un climat de contrôle et de domination.

Une éthique conjugale inspirée du hadith

Parmi les enseignements du Prophète Muhammad ﷺ, un hadith rapporté par Abu Hurayra dans le Sahih Bukhari résume avec justesse l’équilibre que le Coran prône dans la relation entre l’homme et la femme. Ce hadith, que j’apprécie particulièrement, dit :

« Celui qui croit en ALLAHﷻ et au Jour dernier, qu’il ne cause pas de gêne à son voisin. Et soyez bon envers les femmes. En effet, elles sont certes créées à partir d’une côte, et ce qui est le plus tordu de la côte, c’est sa partie supérieure : si on veut la redresser, on la casse, et si on la laisse, elle reste tordue. Soyez bon envers les femmes. »

Ce hadith, par sa répétition même de l’injonction « Soyez bon envers les femmes », souligne l’importance de la bienveillance et du respect dans la relation conjugale. 

Ce texte, à lui seul, pose les bases d’une éthique conjugale complète, où la bonté et le respect mutuel priment. Il rappelle que toute déviation par rapport à ces principes ouvre la porte aux violences conjugales.

Le Prophète ﷺ, ici, ne parle pas de faiblesse féminine, mais d’une spécificité voulue par ALLAHﷻ. Il parle de création, ce qui signifie que personne ne peut rien y changer. Quand ALLAHﷻ décide ou fait quelque chose, on n’a rien à redire.

Il commence par répéter, comme je le disais, par deux fois le même conseil : « Soyez bon envers les femmes. » Cette insistance n’est pas anodine. Pour moi, elle montre à quel point la bonté est la base de toute relation saine, et encore plus conjugale.

La métaphore de la côte

La métaphore qu’il utilise, celle de la côte, est révélatrice. Une côte, on sait qu’elle est courbée, elle n’est pas droite, ce n’est pas un fémur. Cette courbe n’est pas un défaut, elle a une fonction. 

Pour aller au bout de la métaphore, quand on regarde ce que fait une côte : 

  • elle protège le cœur, 
  • elle enveloppe les poumons,
  • elle forme une barrière autour de ce qui est vital.
  • C’est la partie la plus proche de tout ce que contient la cage thoracique.

Cette côte n’est pas droite parce qu’elle a été créée justement pour protéger ce qui est fragile. Si elle était droite, elle ne protégerait rien du tout, et toutes les agressions seraient possibles pour le noyau.

Quand le Prophète ﷺ dit : 

« Si tu veux la redresser, tu la briseras »

Il nous met en garde contre toute forme de violence, qu’elle soit verbale, psychologique ou physique. Cette violence naîtrait du refus de la différence de la femme. Quand on veut redresser une femme, ça veut dire qu’on veut la forcer à réagir, raisonner ou ressentir comme un homme. C’est nier sa nature, c’est nier ce qu’ALLAHﷻ a façonné en elle, c’est tenter de corriger ce qu’ALLAHﷻ a parfaitement créé. Et là, il y a problème.

On pourrait se dire : « D’accord, elle est courbée, je n’essaie pas de la redresser. Si j’essaie, je vais la briser. Donc je la laisse comme ça. »

Mais le Prophète ﷺ dit aussi : 

« Si tu la laisses, elle restera courbée. » 

Cela ne veut pas dire qu’il faut la négliger ou l’abandonner à elle-même. Souvent, quand quelqu’un n’arrive pas à redresser quelque chose, il a tendance à punir la personne pour être restée dans cet état.

Là, le Prophète ﷺ nous montre que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Ce qu’il dit, ce n’est pas de l’abandonner à elle-même, de la négliger ou de l’attaquer sous sa forme originale. Il s’agit de l’aimer dans sa forme propre, de comprendre ses émotions, de respecter sa sensibilité, de respecter la forme qu’ALLAHﷻ lui a donnée.

Une côte ne protège bien que si elle reste une côte, donc courbée. 

Adopter une intelligence émotionnelle prophétique

Ce hadith appelle les hommes à une intelligence émotionnelle prophétique. Et cette intelligence, c’est celle de reconnaître la beauté de la différence de l’autre, la complémentarité, au lieu de vouloir absolument dominer.

Il n’y a pas de domination dans un couple, en vérité. ALLAHﷻ aurait pu créer la femme à partir d’une pierre, d’un métal, de quelque chose de malléable, mais Il a choisi une côte, une matière vivante et proche du cœur. Et là, il y a un beau message : la femme est censée être proche, intime, enveloppante par ses émotions.

Ce n’est pas une créature qu’on doit dompter, car on ne peut pas dompter une côte. C’est une âme qu’on doit comprendre.

Quand un homme punit une femme pour être simplement ce qu’elle est, quand il cherche à corriger cette courbe, il ne s’agit pas de force, mais d’ignorance. La vraie force, ce n’est pas la force physique de vouloir redresser quelqu’un, c’est la force de la douceur.

Le Prophète ﷺ l’a dit dans un autre hadith que l’on connaît : 

« Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs envers leurs épouses. »

Ce hadith, ce n’est pas qu’une leçon de comportement, c’est un rappel à l’équilibre. La femme n’a pas besoin d’être dressée, ni corrigée physiquement. Elle a besoin d’être comprise, honorée, entourée, comme la côte protège le cœur.

Fonctionnement de l’homme et de la femme : ce que les neurosciences révèlent

Cela m’évoque les neurosciences, et plus précisément une étude de 2013 qui met en lumière les différences subtiles, mais bien réelles, entre le cerveau masculin et féminin.

Chez la femme, le cortex singulaire antérieur — cette zone du cerveau qui analyse, pèse les options et anticipe les conséquences — est un peu plus volumineux. C’est aussi cette région qui permet de capter les signaux faibles, de pressentir les choses avant qu’elles ne se produisent. Les femmes perçoivent des détails que d’autres ne remarquent pas.

Si l’on s’intéresse au cortex préfrontal, responsable de la maîtrise des émotions et du raisonnement moral, on sait qu’il atteint sa maturité complète vers 40 ans, chez l’homme comme chez la femme. Cependant, il arrive à maturité environ deux ans plus tôt chez la femme, et il est généralement plus développé. 

Cela ne signifie pas que l’homme est incapable de réfléchir ou de prendre des décisions, mais cela confère à la femme une capacité naturelle à mieux réguler ses émotions et à garder le contrôle, même dans des situations chargées d’affect.

Il est d’ailleurs paradoxal de constater que, lorsqu’on évoque les émotions mal régulées, ce sont souvent les femmes qu’on accuse de ne pas maîtriser leurs émotions, alors que les données scientifiques montrent plutôt l’inverse. Cette particularité cérébrale leur donne justement une aptitude naturelle à réfléchir avant d’agir, à garder leur sang-froid.

Les neurones miroirs et l’empathie féminine

Ces neurones, qui nous permettent de ressentir ce que l’autre ressent, sont plus nombreux chez les femmes. Cela signifie qu’elles sont naturellement plus aptes à lire les émotions dans les visages, les intonations, les manières. 

Cette architecture cérébrale rend leur empathie plus fine, plus intuitive.

Cette empathie, à la fois force et potentiel point de vulnérabilité, peut être mal comprise ou exploitée par d’autres. Quand on observe ces différences entre le cerveau masculin et féminin, à la lumière du Coran et des enseignements du Prophète ﷺ, on réalise à quel point ses paroles étaient justes et visionnaires.

Bien avant que la science moderne ne révèle ces spécificités, le Prophète ﷺ avait déjà expliqué que la femme n’est pas identique à l’homme, et que cette différence n’est pas un défaut à corriger. Ce serait, en effet, remettre en cause la création d’ALLAHﷻ. Il s’agit plutôt d’un équilibre à préserver : les spécificités de l’homme et de la femme sont des forces complémentaires, selon les situations.

Ce que les neurosciences appellent aujourd’hui empathie, intuition ou maturité émotionnelle, le Prophète ﷺ l’avait résumé en une seule image : celle de la côte, courbée mais protectrice, à respecter telle qu’elle est.

Comprendre la courbe plutôt que la redresser

Je l’ai souvent répété, mais il est essentiel de le redire : il faut chercher à comprendre pourquoi cette côte est courbée, et se demander ce que l’on peut faire pour elle, dans son état naturel. Vouloir la rendre droite, c’est la briser. C’est précisément là que réside la sagesse du hadith.

La violence conjugale, quelle que soit sa forme, naît souvent de l’incapacité de l’homme à accepter la différence voulue par ALLAH ﷻ. Et c’est un problème majeur.

Violences conjugales dans le Coran : une interprétation à clarifier

Quand on aborde la violence physique, un verset revient souvent, mais il est malheureusement mal compris et instrumentalisé :

ٱلرِّجَالُ قَوَّٰمُونَ عَلَى ٱلنِّسَآءِ بِمَا فَضَّلَ ٱللَّهُ بَعْضَهُمْ عَلَىٰ بَعْضٍۢ وَبِمَآ أَنفَقُوا۟ مِنْ أَمْوَٰلِهِمْ ۚ فَٱلصَّـٰلِحَـٰتُ قَـٰنِتَـٰتٌ حَـٰفِظَـٰتٌۭ لِّلْغَيْبِ بِمَا حَفِظَ ٱللَّهُ ۚ وَٱلَّـٰتِى تَخَافُونَ نُشُوزَهُنَّ فَعِظُوهُنَّ وَٱهْجُرُوهُنَّ فِى ٱلْمَضَاجِعِ وَٱضْرِبُوهُنَّ ۖ فَإِنْ أَطَعْنَكُمْ فَلَا تَبْغُوا۟ عَلَيْهِنَّ سَبِيلًا ۗ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلِيًّۭا كَبِيرًۭا

« Les hommes sont responsables et protecteurs envers les femmes, en raison de ce qu’ALLAHﷻ a favorisé les uns par rapport aux autres, et de ce qu’ils dépensent de leur bien. Et les femmes salihat sont obéissantes (à ALLAH), gardiennes du secret, quant à celles dont vous craignez la désunion, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans le lit conjugal, et “frappez-les” »

[Sourate An-Nisa, v.34]

Mais revoyons ensemble les termes employés. 

“Les femmes dont on craint la désunion”, traduit parfois par « nushûz – نُشُوز», un terme fort qui ne désigne pas les simples disputes du quotidien, mais une attitude volontairement nuisible, presque diabolique.

Pour ces cas extrêmes, le Coran prescrit d’abord : 

  • l’exhortation, 
  • l’éloignement dans le lit conjugal. 
  • le terme «  ضَرَبَ – daraba », souvent traduit par « frapper », mais dont le sens est bien plus large. Dans le Coran, « daraba » peut signifier :
    • quitter, 
    • éloigner, 
    • donner un exemple fort, 
    • séparer, 
    • marquer le coup. 

Ainsi, l’interprétation littérale et violente est une instrumentalisation qui va à l’encontre de l’esprit du texte et de la sagesse prophétique.

Une mesure de désescalade, pas de violence

Les plus grands exégètes — et parmi eux deux que j’aime particulièrement, Ibn ‘Âshur et Ar-Razi — qu’ALLAH les agréé — ont expliqué que ce verset parle d’une mesure de désescalade, et non de violence. C’est une succession d’étapes graduelles, pensées pour ramener la paix dans le foyer, pas pour instaurer la peur : 

  1. Il faut d’abord exhorter : donner des conseils, rappeler avec bienveillance que quelque chose ne va pas. 

Si cela ne suffit pas, on passe à la deuxième étape : 

  1. Boycotter le lit conjugal, mais tout en continuant la première. On ne coupe pas la communication. Ce n’est pas le “silence punitif” du style : je vais dans ma chambre et je ne parle plus. Non. On continue à discuter, à expliquer, à chercher la réconciliation.

Si malgré cela, la situation ne s’améliore toujours pas : 

  1. “wa-ḍribūhunna”, signifiant secouer symboliquement, de faire prendre conscience, dans le sens figuré du terme. C’est un rappel ferme, pas un acte de violence.

Violences conjugales et Islam : l’exemple du Prophète ﷺ

Si ce verset autorisait la brutalité, il contredirait directement l’exemple du Prophète ﷺ, et c’est impossible. ALLAH ﷻ et Son Messager ﷺ ne se contredisent jamais.

Le Prophète ﷺ, d’ailleurs, n’a jamais levé la main sur une femme ni sur un serviteur. Son épouse ‘Aïsha رضي الله عنها a rapporté :

“Jamais le Prophète ﷺ n’a frappé quoi que ce soit de sa main, ni une femme ni un serviteur, sauf lorsqu’il combattait dans le sentier d’ALLAH.”

Et sur le champ de bataille, c’est le seul endroit où l’on s’attend à ce qu’un coup soit porté.

Dans son foyer, lorsqu’un conflit éclatait, il choisissait l’éloignement temporaire, jamais la brutalité.
Un jour, il s’est même retiré de toutes ses épouses pendant un mois, à cause de désaccords entre elles. Il s’est mis à l’écart pour apaiser les tensions, non pour punir. Et ALLAH ﷻ a ensuite mis fin à ce retrait, en lui ordonnant de retourner vers elles — preuve que ce geste n’avait rien de punitif.

La sagesse prophétique face à la jalousie

Je pense aussi à un autre épisode, celui de la jalousie de ‘Aïsha رضي الله عنها. Ce jour-là, elle recevait le Prophète ﷺ chez elle, en présence de compagnons invités. Une autre épouse lui fit parvenir un plat de nourriture, préparé pour lui. ‘Aïsha, prise de jalousie, frappa le plat, qui tomba et se brisa, répandant la nourriture au sol.

Imagine aujourd’hui la scène, devant des invités : la plupart des gens auraient crié, humilié, puni.
Mais le Prophète ﷺ n’a ni crié, ni puni, ni même réprimandé.
Il a simplement regardé ses compagnons et dit, avec un calme impressionnant :

“Votre mère a ressenti de la jalousie.”

Chaque mot ici est important.

L’intelligence émotionnelle du Prophète ﷺ 

Déjà, il a nommé ce qui s’est passé. Il a tout de suite compris — une intelligence émotionnelle très forte. Il a tout de suite nommé ce qui s’est passé : elle est jalouse. C’est l’effet, elle a été jalouse à l’instant T, et on peut la comprendre. Il ne l’a pas blâmée : c’est un sentiment normal. Là, il nous a montré comment on traite cette côte ! C’est-à-dire qu’il n’a pas cherché à la briser, mais il ne l’a pas laissée comme ça non plus, en l’état.

Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a d’abord commencé par cadrer les choses en nommant l’émotion et en bloquant tout de suite ce qui pourrait poser problème, c’est-à-dire les compagnons qui analysent, qui commentent. 

Et dans les mots, c’est important, parce qu’il dit “votre mère”. Il n’a pas dit “Aïcha”, il n’a pas dit “mon épouse”, il n’a pas dit “la fille d’Abu Bakr”. Il a dit “votre mère”.

En disant cela, il coupe toute possibilité à ses compagnons de parler, de commenter, et même à nous qui lisons ce hadith. 

Parce que qui va parler en mal de sa mère ? 

Qui va la critiquer publiquement ? Personne.

En disant “votre mère”, il ferme toute porte à la médisance, à la calomnie, à la moquerie.

Puis il dit : “Votre mère a ressenti de la jalousie.” En arabe, cette phrase ne contient que deux mots : ghārat ummukum

C’est simple, concis, doux. Il n’a pas dramatisé, il n’a pas humilié.

La douceur du Prophète ﷺ dans l’action

Juste après, il s’est baissé, a ramassé la nourriture par terre, a remis les morceaux du plat à leur place. Puis il a simplement dit à ‘Aïsha رضي الله عنها :

“Un plat contre un plat. Tu lui rends son plat.”

Autrement dit, il lui a enseigné la réparation symbolique, la justice équilibrée — sans colère, sans humiliation. C’est comme ça qu’il a accompagné cette “côte”. Il ne l’a pas brisée, mais il ne l’a pas laissée s’abîmer non plus. Il a redressé avec bienveillance.

C’est un exemple très fort. C’est ça, le modèle prophétique : la maîtrise de soi, la douceur, l’équilibre.

Et dans un autre hadith, cité dans le recueil d’Abu Dāwūd et authentifié par Al-Albānī, il dit :

“Ne frappez pas les servantes d’ALLAH.”

Toutes les tournures ici sont importantes. Il n’a pas dit : 

“ne frappez pas vos femmes”, 

 “ne frappez pas les femmes”. 

Il a dit “les servantes d’ALLAH” — c’est-à-dire : ne levez pas la main sur celles qui appartiennent à ALLAH ﷻ. Ce n’est pas à vous. Avec cette expression, il montre que c’est une impossibilité morale et spirituelle : comment oser frapper quelqu’un qui ne vous appartient pas ?

Violences conjugales et Islam : Une interdiction claire

Il ajoute aussi :

“Comment l’un d’entre vous pourrait-il frapper sa femme comme on frappe un esclave ou une bête, puis partager sa couche le soir ?”

Non seulement il interdit la violence, mais il en ridiculise l’absurdité

→ Comment aimer quelqu’un qu’on terrorise ? 

Tu ne trouveras nulle part dans le Coran ou les hadiths un commandement d’agresser, de brutaliser ou d’humilier une femme. C’est toujours l’inverse :

“Soyez bons envers elles.”
“Vivez convenablement avec elles.”

Même en cas de séparation, le Coran demande de le faire avec bienveillance :

“Et si vous éprouvez de l’aversion pour elles, il se peut qu’ALLAH mette dans ce que vous détestez un grand bien.”

C’est-à-dire : dans ce défaut, cette épreuve, ce trait qui t’agace chez ton épouse (ou chez ton époux), il y a peut-être un bien que toi, tu ne vois pas encore.

La responsabilité quand on cite le Coran

Prétendre justifier une violence à partir d’un verset mal compris, c’est une lecture contraire à tout l’esprit du Coran.
Utiliser la parole d’ALLAH ﷻ pour nourrir une brutalité, c’est une aberration.
Le croyant, lui, ne s’appuie jamais sur un texte pour nourrir son ego — mais pour purifier son cœur.

Ça aussi, c’est très important. Moi, à chaque fois que je cite des hadiths et des versets, j’ai plus peur que quand je ne les cite pas. Dans le sens où je me dis : il ne faut pas que ces versets que je cite servent mes intérêts, valident mon argument en me disant “ah bah là, j’ai bien parlé”. Non.

Chaque fois qu’on emploie la parole d’ALLAH ﷻ, on doit se dire : attention.

Il y a une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes : le Coran témoignera de la manière dont on l’a utilisé, de comment on l’a appliqué. Et nous, on souhaite tous que le Coran soit un avocat pour nous, pas un témoin à charge. On ne veut pas qu’il dise, le Jour du Jugement : 

“ce jour-là, quand tu as cité ce verset, c’était pour toi, pas pour aider les gens.”

Donc attention, attention, attention. On doit se référer au Coran pour grandir en justice, en douceur et en maîtrise de soi, comme le Prophète ﷺ l’a fait.

Les femmes face aux violences justifiées à tort par la religion

Beaucoup de femmes musulmanes qui consultent justifient les violences qu’elles subissent… par la religion. Comme si notre communauté validait ça. Comme si c’était normal.

Et je trouve que c’est vital — littéralement — qu’on connaisse ces éléments, qu’on entende ces hadiths, qu’on comprenne ces versets, pour ne pas tomber dans la manipulation. Parce que ces fausses interprétations, elles sont dangereuses. Et ce que tu viens de rappeler, c’est une clé précieuse pour échapper à ces manipulations.

Il faut aussi comprendre que les violences physiques, tout le monde les voit, tout le monde les reconnaît. Mais elles n’arrivent jamais d’un coup. Avant les coups, il y a toujours eu des violences psychologiques. Et même quand il y a des violences physiques, il y a forcément des violences psychologiques. Parce que frapper, c’est humilier.

Et il y a un cycle de la violence — c’est quelque chose qu’on connaît bien maintenant — et qu’il faut savoir repérer.

Le cycle de la violence

  1. Une phase de tension

Une pression invisible, une oppression qui s’installe. On se sent stressée, sous surveillance, mal à l’aise. On se dit : 

“il est juste dur… il est colérique… il est stressé…” 

Mais en réalité, la tension monte.

  1. L’explosion 

C’est la crise. Les cris, les insultes, les objets jetés, les murs frappés… parfois même des coups. C’est la phase de déchaînement.

  1. Les excuses

Ces excuses ne sont jamais des excuses sincères. Ce sont des excuses accompagnées de justifications. Et c’est ça le piège. Parce qu’au lieu d’assumer, il retourne la faute. 

“Oui mais toi aussi, tu m’as poussé à bout… Tu sais comment je suis… Tu me provoques…”

Et à force, vous finissez par y croire. La première fois, non. Mais à force que le cycle recommence, encore et encore, vous finissez par penser que c’est vous le problème.

  1. L’accalmie trompeuse ou lune de miel

Tout redevient calme, il est plus doux, plus attentif, presque tendre. Et c’est cette période-là qui entretient l’espoir. C’est là que la victime se dit que les choses vont changer, que c’était un accident, qu’il a compris…  Il va faire des promesses, offrir un cadeau, proposer un week-end, se montrer plus attentionné. Tout cela pour se faire pardonner.

Et c’est précisément à ces périodes de calme, à ces excuses et à ces promesses que vous allez vous accrocher. Vous allez y voir des signes d’espoir, des preuves de changement. 

Mais en réalité, le cycle va recommencer, inévitablement. Et à chaque fois, la crise sera un peu plus forte, un peu plus violente.

Il faut vraiment insister : ne croyez pas que ça va s’arranger si vous ne posez pas des limites très fortes. Cela ne s’améliorera pas. Au contraire, ça s’aggravera.

Poser des limites fortes face aux violences conjugales

Quand on parle de poser des limites fortes, il ne s’agit pas de “bouder pendant une semaine” ou de “faire le silence”. Il s’agit d’actes concrets et visibles :

  • en parler,
  • exposer la situation à des proches — les vôtres ou les siens,
  • prévenir les forces de l’ordre,
  • vous éloigner physiquement,
  • poser un ultimatum clair (ex: aller en thérapie)

Si vous poursuivez comme si de rien n’était, même après être partie quelques jours, mais que personne n’est au courant, il y a peu de chances qu’il juge utile de se remettre en question. Parce qu’il a un problème — un vrai problème — et il ne le réglera pas par sa seule volonté.

Le contrôle coercitif : une emprise invisible

Ce cycle installe peu à peu ce qu’on appelle l’emprise, ou le contrôle coercitif.
C’est le mécanisme qui fait que, sans s’en rendre compte, la victime perd : 

  • sa liberté de penser, 
  • de décider,
  • de ressentir librement.

Le contrôle coercitif, c’est une stratégie globale de domination. Une véritable prison invisible, construite sur la durée. Des comportements répétés, souvent pendant des années, s’intensifient de manière subtile, presque imperceptible.

Il ne s’agit pas forcément d’actes violents isolés, mais d’un ensemble  de : 

  • micro-pressions, 
  • petites manipulations, 
  • intimidations, 
  • surveillances, 
  • restrictions minuscules 

… mais cumulées, elles installent un état de peur et de soumission.

Comment l’emprise se met en place ?

Ce mécanisme fonctionne parce qu’il attaque vos droits fondamentaux :

  • Créer de l’insécurité : par des menaces ou du chantage. Vous vivez dans la crainte qu’une violence éclate, qu’elle soit physique ou psychologique, dirigée contre vous ou vos enfants. Vous vous dites “il va crier”, “il va se fâcher”, “il va terroriser tout le monde”… Ce climat oppressant entretient la peur.
  • Restreindre votre liberté : il contrôle vos choix, vos déplacements, vos relations…
  • Porter atteinte à votre dignité : il use de remarques humiliantes, de dévalorisations constantes, d’attitudes condescendantes. Ces humiliations finissent par anéantir votre estime de vous-même.

En résumé : il déshumanise et infantilise, jusqu’à ce que vous doutiez de votre propre valeur.

Un mécanisme de survie

C’est ainsi que nait l’emprise. Cette emprise est maintenue par une alternance de bons et mauvais moments : entre menaces et grandes déclarations. C’est ce que l’on appelle souffler le chaud et le froid. 

Ainsi, un mécanisme se met en place : on essaye de rester calme, de plus en plus, parler de mieux en mieux, s’adapter pour passer plus de bons que de mauvais moments.
C’est là que la terreur s’est installée, que l’aliénation se créée, etc. 

La honte s’installe également. La honte de ce que l’on accepte, de la situation, de ne pas réussir à se défendre ou le quitter.

Un système qui fonctionne sur tout le monde

Mais ce contrôle coercitif fonctionne, non pas parce que vous êtes faibles, mais parce que c’est un système qui fonctionne sur n’importe quel être humain. Peu importe la force de caractère, la foi ou votre intelligence. Ce sont des stratégies psychologiques qui utilisent ce qu’il y a de plus profond dans le cerveau humain : 

  • la peur,
  • la confusion,
  • la culpabilité, 
  • l’espoir de mieux. 

Ces mécanismes, une fois répétés, sont si puissants qu’ils fonctionnent sur n’importe qui. C’est d’ailleurs une étude qui a été menée sur des militaires qui avaient été faits prisonniers de guerre. Donc, des hommes qui avaient été entraînés à résister à la torture, à la faim, etc. et ça avait fini par les briser psychologiquement.

Alors, si ces stratégies fonctionnent sur des hommes entrainés à endurer l’extrême, comment pouvez-vous vous en vouloir alors que vous n’avez pas été préparée à ça ? D’autant plus que vous n’êtiez pas supposée vous trouver face à un ennemi, mais face à quelqu’un qui devait vous protéger et vous aimer !  

Vous n’avez pas échoué à résister ou à vous protéger, c’est uniquement un système de domination qui a fonctionné, comme il fonctionne sur n’importe quel être humain.

Ainsi, la première des choses, c’est d’arrêter de vous en vouloir. 

La vraie force selon le Prophète ﷺ

Cette notion de force, qu’elle soit physique ou psychologique, est souvent mal comprise. La personne violente se pense forte, dominante, victorieuse — alors qu’en réalité, elle ne manifeste qu’une profonde faiblesse. Le Prophète ﷺ a dit :

« Le fort n’est pas celui qui terrasse les autres par sa force, mais celui qui se maîtrise lorsqu’il est en colère. »

Et c’est justement de la colère que naissent souvent les violences. La vraie force, c’est la maîtrise de soi, pas la domination. C’est cette maîtrise qui distingue l’homme croyant de celui qui ne l’est pas — l’homme véritable de celui qui n’en est qu’une caricature.

J’ose le dire : un homme qui frappe une femme, ce n’est pas un homme. Un homme qui inspire la peur à sa femme ne peut pas prétendre à la qiwāmah — cette responsabilité bienveillante dont parle le Coran. La qiwāmah, ce n’est pas l’autorité brutale ; c’est une charge de protection, de miséricorde et de bienveillance.

La virilité selon l’islam : douceur, paix et retenue

La douceur, la paix, la retenue — voilà les marques de la virilité d’un croyant. Celui qui veut être viril autrement, par l’intimidation ou la peur, n’a rien compris à la virilité qu’ALLAH ﷻ valorise.

L’emprise, au contraire, c’est l’opposé absolu de cette virilité-là. Elle enferme, isole, détruit et fait douter. Et tout ce qu’ALLAH ﷻ demande au croyant, c’est précisément l’inverse : éviter le doute, ne pas s’isoler, ne pas se refermer. Faire le contraire de cela, c’est aller à rebours de ce qu’ALLAH ﷻ veut pour nous.

Le doute : l’arme de Shaytān

Ce doute, c’est la clé du contrôle. Et c’est aussi la méthode de Shaytān : il sème le doute, il brouille les pistes, il enjolive le mal pour qu’on y entre sans s’en rendre compte.

“Et Shaytān leur a embelli leurs actions.”

Un homme qui manipule sa femme, qui la coupe de ses repères, de ses proches, finit souvent par la couper de sa foi. C’est ça, le plus grave. Pas seulement parce qu’elle souffre, mais parce que sa relation avec ALLAH ﷻ devient brouillée, affaiblie, épuisée.

Certaines femmes finissent par se poser des questions terribles :

“Pourquoi ALLAH m’a laissé dans ce mariage ? Pourquoi m’a-t-Il mariée à cet homme ?”

Cette lassitude spirituelle est une conséquence directe de la violence et de l’emprise. La fatigue mentale épuise tout : la capacité à prier, à éduquer ses enfants, à penser clairement. 

Et pourtant, ALLAH ﷻ aime le croyant fort, celui qui se bat pour rester debout, qui lutte pour ne pas s’éteindre.

Mais tout le monde n’a pas la force de réagir ainsi. Certaines femmes, malgré la douleur, se rapprochent d’ALLAH ﷻ ; d’autres s’effondrent — non par manque de foi, mais par épuisement.

Quand la religion devient un outil d’emprise

Et c’est encore plus destructeur quand la religion elle-même est utilisée comme une arme.
Des hommes manipulent le sacré pour asservir :

“Tu n’iras pas au Paradis si tu fais ça.”
“Ton paradis dépend de moi.”
“Les anges te maudiront si tu refuses.”

Ces phrases, beaucoup de femmes les entendent. Et elles sont fausses.

Parce qu’en agissant ainsi, l’homme se place entre la femme et ALLAH ﷻ, il se met littéralement au milieu de leur relation.

Et ça, aucun être humain n’en a le droit.
La relation entre un serviteur et son Seigneur est exclusive : personne n’a le droit de s’y interposer, encore moins par la peur ou par la manipulation.

L’emprise : faire oublier à l’autre qui il est

Vraiment, l’homme qui manipule sa femme la coupe progressivement de ses repères, de sa dignité, de sa valeur. À cause de cela, elle finit par se croire fautive de la douleur qu’il lui inflige lui-même. C’est dramatique.
Et cela me fait penser à une âyah de la sourate Al-Hachr, verset 19, où ALLAH ﷻ dit :

وَلَا تَكُونُوا۟ كَٱلَّذِينَ نَسُوا۟ ٱللَّهَ فَأَنسَىٰهُمْ أَنفُسَهُمْ ۚ أُو۟لَـٰٓئِكَ هُمُ ٱلْفَـٰسِقُونَ

« Ne soyez pas comme ceux qui ont oublié ALLAH, et ALLAH leur a fait oublier leurs propres âmes. »

C’est exactement ce qu’est l’emprise : c’est oublier qui tu es vraiment. Et être la cause de cet oubli chez quelqu’un d’autre, c’est gravissime.

Parce qu’ALLAH ﷻ est juste, la conséquence pour cet homme-là sera souvent qu’à son tour, ALLAH lui fera oublier qui il est, le coupera de sa propre nature. Et souvent, quand la femme finit par se relever, c’est lui qui s’effondre.


ALLAH ﷻ dit qu’Il prend soin des besoins et des soucis de chacun — et on le voit : celles qui brisent le cycle de la violence voient ALLAH ﷻ les réparer, les guérir, les relever.
Et pendant ce temps, ceux qui ne se remettent pas en question, qui ne demandent pas pardon et qui justifient leurs injustices, voient leur baraka s’éteindre : dans leur vie, dans leur adoration, dans leurs relations. 

C’est un déclin invisible, mais bien réel.

L’emprise fait oublier, la guérison fait se souvenir

L’emprise, c’est oublier qui tu es.
La guérison, c’est se souvenir.

Et ALLAH ﷻ rappelle sans cesse aux femmes :

« Tu es la servante d’ALLAH, pas celle d’un homme. »

Nulle part dans le Coran, ALLAH ﷻ ne demande à une femme une obéissance absolue à son mari.
Même dans le verset souvent cité à tort, dans la sourate An-Nisâ’, certains traduisent :

« Les femmes pieuses sont obéissantes à leur mari. »

Mais c’est une erreur de traduction.
La racine du verbe utilisé par ALLAH ﷻ dans ce verset renvoie uniquement à l’obéissance à Lui, jamais à un être humain.
ALLAH ﷻ emploie cette même racine pour s’adresser à Maryam, qui n’était pas mariée :

يَـٰمَرْيَمُ ٱقْنُتِى لِرَبِّكِ وَٱسْجُدِى وَٱرْكَعِى مَعَ ٱلرَّٰكِعِينَ

« Ô Maryam, obéis fermement à ton Seigneur, et prosterne-toi avec ceux qui se prosternent. »

(Sourate Ali’Imran, ayah 43)

C’est donc une obéissance spirituelle, jamais conjugale.
ALLAH ﷻ n’a jamais demandé à une femme d’obéir pleinement à un autre être humain, fût-il son mari.

Croire le contraire, c’est un contre-sens total du message coranique.

La question des finances

Il y a un autre point qui revient tout le temps : les finances dans le couple.
Des femmes complètement soumises au choix du mari, que ce soit pour son argent à lui, ou pire, pour leur propre argent.

Des femmes sans carte bleue, obligées de quémander pour acheter à manger ou subvenir aux besoins essentiels de leurs enfants, pendant qu’on leur répète : 

« tu dépenses trop », 

« t’as pas besoin de travailler »,

« je gère tout ».

Il faut être clair : en islam, le droit économique de la femme est parfaitement établi et non négociable.

ALLAH ﷻ dit dans le Coran que l’homme est qawwām, c’est-à-dire responsable et garant du foyer, non pas dominateur.
Il précise immédiatement la raison de cette responsabilité :

« Parce qu’ils dépensent de leurs biens. »

(Sourate An-Nisâ’, 4:34)

Cette responsabilité découle donc de la dépense, pas de la supériorité.
Et nulle part ALLAH ﷻ ne mentionne que la femme a l’obligation de dépenser pour son foyer.
Le devoir financier revient entièrement à l’homme, et c’est un acte d’adoration, pas une faveur.

Un devoir, pas un privilège

ALLAH ﷻ dit dans Sourate At-Talâq (65:7) :

لِيُنفِقْ ذُو سَعَةٍۢ مِّن سَعَتِهِۦ ۖ وَمَن قُدِرَ عَلَيْهِ رِزْقُهُۥ فَلْيُنفِقْ مِمَّآ ءَاتَىٰهُ ٱللَّهُ ۚ لَا يُكَلِّفُ ٱللَّهُ نَفْسًا إِلَّا مَآ ءَاتَىٰهَا ۚ سَيَجْعَلُ ٱللَّهُ بَعْدَ عُسْرٍۢ يُسْرًۭا

« Que celui qui est aisé dépense selon son aisance, et que celui dont les biens sont restreints dépense selon ce qu’ALLAH lui a accordé. ALLAH n’impose à aucune âme que selon ce qu’Il lui a accordé. »

Cela montre que la dépense envers sa famille est une obligation religieuse adaptée aux moyens de chacun.
Et dans un hadith authentique, le Prophète ﷺ dit :

« Tu ne dépenseras rien en quête de la satisfaction d’ALLAH sans qu’ALLAH ne t’en récompense, même la bouchée que tu mets dans la bouche de ton épouse. »
(Rapporté par al-Bukhârî et Muslim)

Cette parole suffit à elle seule à rétablir l’équilibre : la dépense du mari est un acte de piété, pas un outil de contrôle.

La justice dans les dépenses et la proportionnalité

Et c’est là que la violence économique prend tout son sens.

Il ne s’agit pas seulement d’empêcher une femme de travailler, mais parfois de restreindre délibérément ses moyens.

Certains hommes vont jouer la carte du minimalisme forcé : ils dépensent le strict minimum, alors qu’ils ont largement de quoi offrir mieux.

En islam, comme en droit français d’ailleurs, il y a une notion de proportionnalité. Le niveau de vie que la femme et les enfants avaient durant le mariage doit être maintenu selon les moyens de l’homme.

ALLAH ﷻ a été clair : celui qui a des ressources doit dépenser selon son aisance — il n’a pas le droit de faire semblant d’être pauvre pour économiser à leurs dépens.

Et malheureusement, dans beaucoup de cas, les femmes ne connaissent même pas les revenus réels de leur mari.

Certaines découvrent des années plus tard qu’elles vivaient dans des conditions précaires alors que leur époux gagnait très bien sa vie.

C’est une injustice manifeste, parce qu’elle les prive de leurs droits fondamentaux et de leur sécurité.

Devoir de transparence

En cachant ses revenus ou en contrôlant l’accès à l’argent, l’homme prive sa femme d’un droit fondamental : celui de savoir si les règles qu’ALLAH ﷻ a établies dans leur foyer sont respectées. Et c’est très grave, car cela revient à lui retirer la possibilité de vérifier que la justice d’ALLAH ﷻ s’applique dans sa propre maison.

Or, cette responsabilité spirituelle — celle de veiller à ce que les lois divines soient appliquées — incombe à l’homme comme à la femme. Si elle ignore tout des finances du foyer, comment peut-elle en être témoin ?

Et au-delà de l’injustice, cela crée des conséquences lourdes : imagine qu’il décède subitement — comment la femme pourrait-elle gérer la succession, les biens, les dettes, sans jamais avoir été informée ?

Psychologiquement, c’est un fardeau immense : devoir faire face à la perte, tout en découvrant des réalités cachées.

L’islam repose sur la transparence et l’honnêteté. 

Le droit de la femme à disposer de ses biens

Le Coran est tout aussi clair sur le droit économique de la femme.
ALLAH ﷻ dit dans Sourate An-Nisâ’ (4:32) :

(…) بَعْضٍۢ ۚ لِّلرِّجَالِ نَصِيبٌۭ مِّمَّا ٱكْتَسَبُوا۟ ۖ وَلِلنِّسَآءِ نَصِيبٌۭ مِّمَّا ٱكْتَسَبْنَ ۚ (…)

« (…) Aux hommes revient la part de ce qu’ils ont acquis, et aux femmes revient la part de ce qu’elles ont acquis. (…) »

Autrement dit, chacun est propriétaire de ce qu’il gagne.
La femme a le droit d’acquérir, posséder et gérer ses biens librement, sans ingérence.

Des exemples issus de la sirah

Et l’histoire des femmes autour du Prophète ﷺ en témoigne :

  • Khadīja رضي الله عنها, première épouse du Prophète ﷺ, était une commerçante prospère. Le Prophète ﷺ avait travaillé pour elle avant leur mariage.
  • Aïsha رضي الله عنها, qui avait ses revenus, ses terres…
  • Zaynab bint Jahsh رضي الله عنها, cousine du Prophète ﷺ, était très riche et extrêmement généreuse. On la surnommait Umm al-Masākīn — la mère des pauvres — parce qu’elle aimait donner. Elle dépensait sans compter pour les nécessiteux, et le Prophète ﷺ n’a jamais limité sa générosité.

Dans tous ces exemples, le Prophète ﷺ a validé l’indépendance économique des femmes, sans jamais les contrôler ni les juger.

La vision islamique

En islam, une femme a le droit :

  • d’avoir son propre compte,
  • de gérer son argent,
  • et de refuser de participer aux dépenses du foyer, car cette charge revient à l’homme.

Lui imposer ou même lui suggérer d’y contribuer est contraire à la loi d’ALLAH ﷻ.
Cette responsabilité financière n’est ni un privilège, ni un pouvoir, mais une épreuve confiée à l’homme.

ALLAH ﷻ veut voir comment il gère cette charge : avec justice, bienveillance et transparence.

La vision selon le droit français

En droit français, chacun des époux doit contribuer aux charges du mariage à proportion de ses facultés respectives.

C’est important de le rappeler, surtout pour les auditrices vivant en France : il existe un cadre légal, mais le cadre spirituel de l’islam est plus exigeant sur la justice.

Les juristes contemporains musulmans le rappellent :

La femme musulmane a le droit absolu de disposer librement de son salaire et de ses biens, indépendamment de l’avis de son mari.

Ainsi, priver une femme de ses revenus ou l’empêcher de travailler, c’est enfreindre un droit qu’ALLAH ﷻ lui a accordé.
Et pour l’homme, cette responsabilité économique est une amānah, un dépôt sacré — une épreuve d’ALLAH ﷻ, pas un outil de pouvoir.

La violence économique : une trahison de la confiance

Plus un homme gagne, plus ALLAH ﷻ lui confie une responsabilité lourde : celle de subvenir aux besoins de sa famille avec justice et générosité. Et s’il dépense égoïstement, s’il prive sa femme et ses enfants de ce qu’il a les moyens d’offrir, alors il trahit la confiance qu’ALLAH ﷻ a placée en lui.

La violence économique, ce n’est pas simplement refuser de partager l’argent du foyer ; c’est une forme de trahison spirituelle.
ALLAH ﷻ dit dans Sourate An-Nisâ’ :

أَنفُسَهُمْ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ لَا يُحِبُّ مَن كَانَ خَوَّانًا أَثِيمًۭا

« ALLAH n’aime pas le traître perfide et plein d’ingratitude. »
(4:107)

Et c’est souvent quand l’argent entre dans la relation que l’on voit surgir la perfidie, l’ingratitude et la manipulation. 

Le cadre juridique des violences conjugales

En droit français, les violences conjugales sont reconnues dans toutes leurs formes : physiques, sexuelles, psychologiques, économiques et verbales. Et plusieurs articles du code pénal permettent de les sanctionner.

Certaines formes de violences psychologiques sont indirectes mais redoutables, comme les appels ou messages malveillants répétés après une séparation.

→ Par exemple, lorsqu’un ex-conjoint appelle sans cesse, harcèle ou menace, cela relève du harcèlement moral — un délit puni par la loi.

Les menaces de mort ou menaces de commettre un crime ou un délit sont également sanctionnées. Tous ces faits deviennent des circonstances aggravantes lorsqu’elles sont commises par le conjoint ou ex-conjoint.

Les recours pénaux et civils

En cas de danger immédiat :

  • appelez le 17,
  • ou envoyez un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler.

Le déroulé des démarches qui peuvent être effectuées

  • Une plainte peut être déposée au commissariat ou à la gendarmerie.
    Cette plainte peut conduire à une convocation du conjoint, voire à une interpellation à domicile.
  • S’il existe des preuves ou des éléments graves, il peut être placé en garde à vue.
  • À l’issue de cette garde à vue, le conjoint violent peut être déféré au tribunal, où un contrôle judiciaire lui sera notifié.
     

Ce contrôle judiciaire peut comprendre :

  • l’interdiction de revenir au domicile conjugal,
  • l’interdiction d’approcher ou de contacter la victime,
  • et parfois même l’interdiction d’approcher les enfants.

Ces mesures de protection s’appliquent jusqu’au procès, qui peut avoir lieu plusieurs semaines ou mois plus tard.

Et à cette audience, la victime peut demander que ces interdictions soient maintenues après la condamnation, notamment dans le cadre d’un sursis avec mise à l’épreuve.

Conseils essentiels pour les victimes de violences conjugales

Si votre conjoint est placé en garde à vue ou déféré, vous recevrez un “avis à victime” vous informant de la suite.
Votre présence à l’audience n’est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée.
Vous pouvez :

  • vous y rendre accompagnée d’un avocat,
  • ou, si c’est trop difficile, écrivez une lettre pour confirmer vos déclarations.

Il faut savoir que ne pas venir, ne rien dire, c’est laisser le champ libre à l’agresseur pour raconter ce qu’il veut, sans contradiction.
Votre silence peut être interprété comme une absence de plainte, alors qu’en réalité, c’est souvent la peur ou l’épuisement qui vous retiennent.

Enfin, sachez qu’il existe :

  • des aides juridictionnelles pour couvrir les frais d’avocat,
  • et des avocats de permanence formés à ce type de dossiers.

Même si la procédure peut sembler longue ou difficile, chaque pas est une reprise de pouvoir. Et si votre plainte est classée sans suite, d’autres voies existent : 

  • assistance juridique, 
  • dépôt de main courante, 
  • ordonnance de protection

… Autant de moyens légaux pour reprendre votre sécurité et votre dignité.

Comment déposer une plainte efficacement

Il faut le dire clairement : vous n’êtes pas seule pour déposer plainte.
Vous pouvez être accompagnée dès cette étape cruciale — par une association spécialisée, par un avocat, ou même par un travailleur social.

Cet accompagnement est essentiel, car une plainte mal rédigée ou incomplète risque d’être classée sans suite, ce qui ne fait qu’alimenter l’impunité de l’agresseur.
Pour l’éviter, il faut bien circonstancier les faits, c’est-à-dire décrire précisément :

  • les événements (dates, lieux, gestes, paroles) ;
  • les témoins éventuels ;
  • les conséquences physiques, psychologiques ou matérielles.

Une plainte solide est celle qui expose les faits avec clarté et preuves à l’appui (certificat médical, témoignages, messages, etc.). Alors n’hésitez pas à demander de l’aide pour rédiger, structurer et déposer votre plainte — c’est un acte de protection et de justice, pas seulement une formalité administrative.

L’ordonnance de protection : un outil puissant

En parallèle du dépôt de plainte, ou même sans plainte préalable, il existe une procédure civile très forte : l’ordonnance de protection.

C’est une mesure d’urgence délivrée par le juge aux affaires familiales (JAF), qui peut intervenir en moins d’une semaine.

Pour que le juge l’accorde, il faut prouver deux choses :

  1. Que les faits de violence sont vraisemblables,
  2. Et qu’il existe un danger réel pour la victime ou les enfants.

Le juge peut alors rendre une décision qui a force exécutoire immédiate, avec des effets concrets très rapides :

  • Interdiction de contact : le conjoint ne peut plus vous appeler, vous écrire ni s’approcher.
  • Interdiction de paraître dans certains lieux : votre domicile, votre lieu de travail, l’école des enfants, la maison de vos parents.
  • Obligation de quitter le domicile conjugal, même s’il est propriétaire.
  • Interdiction de port d’armes.
  • Proposition de soins ou d’un stage de sensibilisation aux violences conjugales (à laquelle il a tout intérêt à se soumettre).
  • Autorisation pour la victime de dissimuler sa nouvelle adresse, si elle a déjà quitté le domicile.
  • Décision concernant l’autorité parentale et le droit de visite : il est essentiel de comprendre que le conjoint violent peut instrumentaliser la coparentalité pour maintenir son emprise.

S’il garde un droit de décision partagé, il pourra continuer à vous contacter sous prétexte d’échanger “pour les enfants”.

C’est pourquoi, dans ces situations, il faut demander l’exercice exclusif de l’autorité parentale.
Cela permet de :

  • protéger les enfants de toute manipulation,
  • et surtout de vous libérer de tout contact imposé.

Le juge peut également :

  • suspendre le droit de visite,
  • ou le rendre médiatisé — c’est-à-dire dans un centre de visite surveillée ou en présence d’un tiers de confiance (par exemple dans la famille, une belle-sœur digne de confiance).

Organisation financière et durée de l’ordonnance

L’ordonnance de protection permet aussi de régler provisoirement les aspects financiers :

  • pension alimentaire,
  • paiement du loyer ou du crédit,
  • répartition des charges.

Elle est valable six mois, mais peut être prolongée si une autre procédure (divorce, plainte, garde des enfants, etc.) est engagée dans ce délai.

C’est un outil juridique rapide, protecteur et complet, souvent méconnu — mais capable de sauver des vies et d’éviter le retour à l’emprise.

Les procédures urgentes 

Lorsqu’une ordonnance de protection risque de ne pas aboutir — faute de preuves suffisantes ou parce que la situation est jugée moins urgente — il existe une autre voie rapide : celle des mesures urgentes.
Cette procédure se rattache au divorce ou à la requête devant le juge aux affaires familiales (JAF), mais elle est accélérée.

Concrètement, au lieu d’attendre une audience dans plusieurs mois — parfois dix mois, comme c’est le cas dans certaines juridictions — le juge peut accepter d’être saisi à bref délai, c’est-à-dire dans un délai de trois semaines à un mois et demi.
Il faut simplement motiver la demande en expliquant qu’il existe des allégations ou des suspicions de violence.

C’est un dispositif qui permet de protéger rapidement tout en amorçant la procédure au fond (divorce, garde, pension, etc.).
Mais ces démarches doivent toujours être discutées avec un avocat, lors d’un entretien personnalisé, afin de choisir la stratégie juridique la plus adaptée à la situation et au danger réel.

Le sens profond de ces lois : empêcher la peur et l’injustice

Finalement tous ces textes, toutes ces procédures, ces décisions du juge, ont un même objectif :

  • empêcher que la peur s’installe,
  • empêcher que la violence continue.

Et c’est important de le rappeler, parce que tout ce vocabulaire juridique peut sembler lourd, voire effrayant.
Mais ici, on ne parle que des situations où la violence persiste, où le cycle ne s’arrête jamais.

C’est pour ces cas-là que ces recours existent. Ce sont des outils de survie, pas de rupture systématique.

Et ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ce que la loi punit aujourd’hui, le Coran l’avait déjà interdit.

La position du Coran : un rappel clair et sans ambiguïté

Dans Sourate al-Baqara, ALLAH ﷻ dit :

« Ne les retenez pas pour leur faire du tort, afin de transgresser ainsi les limites d’ALLAH. »
(2:231)

C’est un verset d’une puissance incroyable.
ALLAH ﷻ s’adresse directement aux hommes, en leur interdisant de garder leurs épouses dans la souffrance, par vengeance, par contrôle ou par abus.

Il ne dit pas : “Ne frappez pas  » seulement.
Il dit : “Ne les retenez pas pour leur faire du tort.”
C’est-à-dire : ne les enfermez pas dans la peur, dans l’humiliation, dans la dépendance.

Et ce verset est un ordre explicite.
Il ne s’agit pas d’un conseil ou d’une recommandation morale : c’est une interdiction formelle.

La liberté de la femme et le droit de partir

ALLAH ﷻ, dans Sa sagesse, parle différemment aux femmes : souvent à la troisième personne, en leur ouvrant des portes.
Il leur donne le droit de demander de l’aide, de partir, de chercher un arbitre ou une médiation, sans honte et sans culpabilité.

Donc, quand une femme quitte un foyer violent, elle n’est pas dans la désobéissance : elle agit dans la justice et dans la dignité.

Dénoncer l’injustice : un acte de foi

ALLAH ﷻ nous montre que dénoncer l’injustice n’est pas un acte de rébellion, mais un acte d’imân, un acte de foi.
Parce qu’en réalité, on part d’un principe fondamental : ALLAH ﷻ s’est Lui-même interdit l’injustice.

En effet, dans un hadith qudsi, ALLAH ﷻ dit :

« Ô Mes serviteurs, Je Me suis interdit l’injustice à Moi-même, et Je l’ai interdite entre vous. Ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. »

Quand on médite ce hadith, on comprend qu’il n’y a même pas besoin d’ajouter autre chose : celui qui ose commettre une injustice s’autorise une chose qu’ALLAH ﷻ, qui a pourtant pouvoir sur toute chose, s’est interdit à Lui-même. 

C’est une forme de guerre ouverte contre les limites qu’ALLAH ﷻ a fixées.

Et c’est ce qu’a fait Khawla bint Tha‘laba رضي الله عنها, cette femme dont nous avons parlé au début : 

  • Elle n’a pas gardé le silence.
  • Elle a parlé, elle a osé dénoncer, elle a brisé le cycle.
  • ALLAH ﷻ l’a fait entendre dans Son Livre.

Combien de femmes, aujourd’hui, vivent la même lutte intérieure ?
Elles craignent de détruire leur famille en parlant, alors qu’en réalité, elles cherchent à la sauver. 

Le musulman ne doit ni humilier, ni se laisser humilier

Le Prophète ﷺ a dit :

« Le musulman n’est pas celui qui humilie, ni celui qui se laisse humilier. »

Ce hadith est d’une justesse profonde : il nous rappelle que subir passivement une injustice, ce n’est pas de la patience, c’est laisser s’installer l’humiliation qu’ALLAH ﷻ déteste.

La patience dans le Coran, ce n’est jamais “supporter l’inacceptable”.
C’est tenir bon en avançant vers la justice d’ALLAH ﷻ, rester debout, lucide et digne, même dans l’épreuve.

Aider son frère : empêcher l’injustice

Un autre hadith illustre parfaitement cela. Le Prophète ﷺ a dit :

« Aidez votre frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé. »

Les compagnons ont demandé :

« Ô Messager d’ALLAH, nous savons comment aider l’opprimé, mais comment aider l’oppresseur ? »
Et le Prophète ﷺ répondit :
« En l’empêchant d’opprimer. »

C’est d’une clarté absolue. Quand une femme parle, elle ne cherche pas à se venger :

  • elle s’aide elle-même,
  • elle aide aussi celui qui l’oppresse, car elle l’empêche d’ajouter du péché sur le péché.

Elle empêche une injustice de se répéter, elle met une limite là où l’homme, lui, a perdu la sienne.

Protéger, c’est participer à la justice d’ALLAH

Chaque fois qu’une société protège une femme, qu’un juge prononce une ordonnance, qu’un avocat plaide pour une victime, qu’un imam conseille avec équité, tous accomplissent la même mission prophétique : restaurer la justice qu’ALLAH ﷻ aime.

Et ALLAH ﷻ dit :

« ALLAH ordonne la justice, la bienfaisance et l’assistance aux proches. »
(Sourate An-Nahl, v. 90)

Comment se reconstruire après des violences conjugales ?

Partir n’est pas toujours possible immédiatement.

C’est important de le dire clairement : partir n’est pas une décision simple ni immédiate. Beaucoup de femmes ne partent pas tout de suite, non pas par faiblesse, mais parce qu’elles sont dans un processus.

Alors elles préfèrent attendre, espérer, ou juste tenir un peu plus longtemps.

Et pourtant, venir parler, venir consulter, venir dire “je ne suis pas prête à partir mais je souffre”, c’est déjà un acte immense.

La peur de partir

L’emprise, c’est ce qui crée toute cette confusion intérieure : on veut partir mais on ne peut pas, on dit non puis on dit oui, on espère et on culpabilise.

C’est normal, parce que l’emprise désorganise tout le système de pensée : elle crée de la sidération, de la dissociation, parfois même un état de stress post-traumatique.

Alors non, changer d’avis n’est pas un échec.

Ouvrir un dossier dans un cabinet d’avocat, puis ne plus donner de nouvelles. Dire qu’on laisse tomber, puis revenir.
C’est normal. C’est le rythme de la guérison.

Comme dans toute guérison, les rechutes font partie du chemin.
Et ce n’est pas parce que vous n’êtes pas prête à partir que vous ne pouvez pas en parler, vous informer, vous préparer.

Violences conjugales : oser parler, c’est déjà agir

Vous pouvez venir dire :

“Je ne suis pas prête à partir, mais je veux comprendre.”
“Je ne partirai pas maintenant, mais je veux savoir ce que je peux faire.”

Et c’est déjà énorme.
Parce que parler, c’est mettre des mots sur les maux. C’est reprendre un peu de pouvoir sur la réalité.

En consultation, ou auprès d’une association, d’un avocat, d’une amie de confiance — parler permet de :

  • poser à plat la situation,
  • sortir de la confusion,
  • se projeter, même symboliquement,
  • visualiser une issue possible,
  • et retrouver le sens du possible.

Que faire si je subis des violences mais que je ne suis pas prête à partir ?

Quand on n’est pas encore prête à partir, il existe des petits pas concrets à poser, sans pression, juste pour se protéger :

  • Tenir un journal des faits : noter les événements, les dates, les SMS, les gestes, les phrases, les photos s’il y en a. Ce journal peut ne jamais être utilisé en justice, mais il va ancrer la réalité et réduire la confusion.
  • Préparer, sans urgence :
    • Ranger et sécuriser vos papiers importants (pièce d’identité, livret de famille, documents bancaires).
    • Mettre de côté un peu d’argent.
    • Faire une demande de logement social, discrètement.
    • Créer une nouvelle adresse mail ou une seconde ligne téléphonique pour vos démarches.
  • Se reconstruire intérieurement :
    • Suivre une formation, reprendre une activité, renouer avec une passion.
    • Se reconnecter à soi, à sa foi, à son corps, à sa dignité.
  • Identifier un lieu sûr : une amie, un membre de la famille, un centre d’accueil.
    Savoir où aller en cas d’urgence, même si on espère ne pas en avoir besoin.

Garder des traces : un geste de protection essentiel

Quand on parle de “garder des traces”, on imagine souvent que c’est compliqué, voire impossible.
Mais en réalité, il existe de nombreuses manières simples et concrètes de le faire — sans même engager de procédure.
Ces éléments ne sont pas forcément des preuves isolées, mais ensemble, ils forment un faisceau d’indices cohérent, et c’est cela qui fera toute la différence le moment venu.

  • Photos : blessures visibles, objets cassés, trous dans les murs, vêtements abîmés.
  • Vidéos et enregistrements audio : même si leur recevabilité en justice dépend des cas, conservez-les. On en discutera ensuite avec un avocat.
  • Certificats médicaux : ils peuvent être établis par un médecin généraliste ou un service hospitalier, et mentionner votre état physique ou psychologique.
  • Captures d’écran : conservez les SMS menaçants, insultants, manipulateurs. Pensez à les sauvegarder avant tout changement de téléphone.
  • Historique d’appels : utile pour démontrer un harcèlement téléphonique ou des appels malveillants.
  • Témoignages de proches : même s’ils n’ont pas été témoins directs, ils peuvent attester de votre état psychologique ou de la dégradation de votre santé.
  • Attestations de professionnels : assistante sociale, psychologue, médecin, éducateur, enseignant, association.
    Ces documents peuvent confirmer un contexte de violence sans que vous n’ayez rien demandé d’officiel.
  • Comptes rendus d’entretien : par exemple avec un psychologue ou une association d’aide aux victimes.
  • Dessins ou paroles des enfants, remarques d’enseignants ou incidents à l’école : tout cela peut témoigner du climat familial.
  • Journal personnel : notez régulièrement les faits, les dates, les comportements, les paroles, les ressentis. Même sans procédure judiciaire, cela aide à objectiver la réalité et à sortir de la confusion.

Le jour où vous déciderez de partir — parce qu’il y aura eu l’événement de trop, ou simplement plus de force pour continuer — ces éléments anciens donneront du poids à votre parole.
Ils montreront la cohérence, la continuité, et rendront vos allégations crédibles.

Une erreur fréquente : détruire les preuves après réconciliation

Il arrive qu’après une réconciliation, on veuille “tout effacer” pour repartir à zéro.
C’est humain, mais ne détruisez rien.
Dites que vous le ferez, mais gardez des copies ailleurs : chez une amie, un proche, une avocate, ou dans un dossier en ligne sécurisé.


Où et à qui parler des violences que l’on subit ?

Vous n’avez pas besoin d’avoir un plan complet pour parler.
Vous pouvez simplement écrire quelques mots, passer un appel, poser une question.
C’est déjà une première victoire.

Voici des ressources fiables et accessibles :

N’hésitez jamais à les contacter : vous ne serez jamais jugée, on respectera votre rythme, et personne ne vous forcera à prendre une décision immédiate.

Ces accompagnements tiennent compte du fait que les démarches se font par étapes, et que parfois la prise de conscience doit précéder l’action.

Clarifier, comprendre, se libérer

L’objectif premier n’est pas forcément de partir tout de suite, mais de comprendre ce que vous vivez.
Les associations et les professionnels vont vous aider à :

  • poser des mots justes sur la situation,
  • distinguer le conflit de la violence,
  • évacuer la culpabilité qui s’installe souvent.

Beaucoup de femmes disent :

“Oui mais moi aussi je parle mal parfois”,
« Moi aussi je me mets en colère”,
“Moi aussi je jette des choses…”

Mais ces comportements ne sont pas de la violence conjugale : ils sont des réactions à une situation de violence.

Et c’est cette distinction qu’il faut clarifier, pour retrouver une lecture juste de ce que vous traversez.

Sortir de la culpabilité

Un point essentiel à intégrer :

Si monsieur est sanctionné, ce n’est pas à cause de vous.
C’est à cause de ses actes.

Les conséquences judiciaires ou sociales ne dépendent que de lui, pas de votre parole.

Et d’ailleurs, il est important de le rappeler : un homme ne va pas en prison à la première plainte, sauf dans des cas de violence grave (fractures, hospitalisation, danger immédiat).

Une autre croyance très lourde, c’est celle qui fait croire que “partir ou parler, c’est détruire la famille.”
C’est faux.

La seule personne qui a brisé cette famille, c’est celle qui a commis la violence.

On ne reste pas “pour les enfants”

C’est une idée profondément ancrée, mais totalement fausse : on ne reste pas pour les enfants — on part pour eux.

Protéger ses enfants commence toujours par se protéger soi-même.
Parce qu’un enfant ne se construit pas dans la peur, ni dans la tension, ni dans le chaos.

Et surtout, ce que vous vivez devient leur modèle.
Les violences que vous acceptez leur montrent que ces violences peuvent être acceptables.
Or, aucun enfant ne devrait grandir en pensant que crier, humilier ou frapper fait partie de l’amour.

Un mari violent ne peut pas être un bon père

C’est une phrase forte, mais essentielle :

Un homme qui détruit la mère de ses enfants ne peut pas être un bon père.

Et cette vérité est désormais reconnue, même dans les juridictions.
Parce qu’on ne peut pas dissocier le mari du père quand la violence a brisé le foyer.
Un homme qui humilie, menace, ou frappe sa femme détruit aussi, indirectement, la sécurité émotionnelle et spirituelle de ses enfants.

Comment s’occuper de soi ?

Quand on sort d’une situation de violence, on se sent vidée, épuisée, démunie. Mais il faut se souvenir de ceci : ce qui vous sauvera, ce n’est pas seulement de fuir le danger,
c’est de ne pas vous abandonner à lui.

Ne pas s’abandonner, c’est refuser d’être réduite à ce que vous avez subi.
C’est continuer à vous voir comme une femme capable, aimée d’ALLAH ﷻ,
digne d’être respectée et soutenue.

Des femmes brisées, j’en ai vu. Des femmes qui pensaient que leur vie était finie, que plus rien n’était possible. Et je les ai vues renaître. Je les ai vues retrouver le sourire en même temps que leur liberté.

Oui, ça prend du temps.
Oui, il faut du soutien.
Mais c’est possible.

Et la guérison commence souvent par un seul geste : parler, demander de l’aide, écrire, respirer, prier, se relever — encore un peu.

Petites clés pour commencer à se reconstruire

L’écriture

Quand une femme n’est pas encore prête à partir ou à engager des démarches, il y a des petits gestes concrets qui peuvent déjà l’aider à se reconnecter à elle-même, à son corps, à son souffle, à sa vie intérieure.

Je donne souvent ces conseils aux femmes qui me disent :

“Je ne vais pas le faire aujourd’hui, j’ai besoin de réfléchir.”

Alors je leur dis : écrivez.
Souvent elles me répondent :

“Non, je ne peux pas écrire. Et s’il trouve mes écrits ?”

Mais on peut écrire et détruire ensuite. L’écriture est thérapeutique, même si personne ne lit.

La respiration, le sommeil et l’alimentation

La respiration profonde, la cohérence cardiaque par exemple, aide à réguler le stress et les émotions.
Essayez aussi de marcher, de préférence le matin, pour exposer votre corps à la lumière du jour. Une marche de 30 minutes soutient la santé mentale et le système nerveux.

Dormez dès que vous le pouvez, même par petites siestes, et soignez votre alimentation.
Ce sont des bases physiologiques simples, mais elles soutiennent votre santé mentale et votre équilibre émotionnel.

Prendre soin de soi, c’est déjà se sauver un peu

Renseignez-vous sur les thérapies corporelles douces (sophrologie, relaxation, massages thérapeutiques), ou sur les thérapies brèves (EMDR, hypnose, thérapie du trauma, etc.).
Elles peuvent aider à relâcher ce que le corps a emmagasiné.

Mais il faut le dire clairement : ces pratiques, aussi bénéfiques soient-elles, ne suffisent pas si vous vivez un stress post-traumatique.

Comprendre le stress post-traumatique

Quand on a subi des violences, le corps et le cerveau restent en alerte permanente.
Même après la séparation, même quand tout semble “calme”, le danger semble toujours présent.
C’est une sensation de mort imminente, une hypervigilance constante.

Ce n’est pas “dans votre tête” : c’est une réaction biologique.Le cerveau traumatisé reste bloqué sur le mode survie.
Et à long terme, cet état détruit tout :

  • le sommeil, 
  • la mémoire, 
  • les émotions, 
  • la santé, 
  • le système immunitaire.

Vous pouvez ressentir :

  • de la nervosité, de l’irritabilité,
  • des crises d’angoisse, des cauchemars,
  • des flashs,
  • ou au contraire une absence totale d’émotion,
  • de la confusion, des pertes de mémoire,
  • une impression d’être “morte à l’intérieur”.

Vous n’êtes pas folle. 

Ces symptômes ne font pas de vous une personne faible ou folle : votre cerveau essaie de vous protéger.

Mais il ne sait plus comment se calmer.

Pourquoi il faut le soigner ?

Comme l’explique la psychiatre Muriel Salmona :

Imaginez que vous tombiez du quatrième étage, avec des fractures partout.
On vous dit : “Ne bougez pas, ça va se consolider.”
Oui, les os vont se souder, mais de travers.
Vous serez debout, mais brisée.

C’est pareil avec un stress post-traumatique non soigné : vous survivrez, mais vous ne vivrez plus vraiment.

Certaines approches, comme l’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), ou la thérapie du trauma, permettent de ranger les souvenirs dans le cerveau, de les retravailler sans la douleur émotionnelle qui y est associée.

L’EMDR est d’ailleurs une méthode rapide et très efficace : vous vous souvenez de ce qui s’est passé, mais vous ne le revivez plus à chaque fois.

C’est un vrai soulagement, et souvent le début de la guérison.

Se soigner, même sans moyens

Il faut savoir que vous pouvez être soignée gratuitement.
Si vous faites de votre santé mentale une priorité, des solutions existent.

  • Vous pouvez vous rapprocher d’une association ou d’un centre médico-psychologique (CMP).
  • La Sécurité sociale peut prendre en charge des consultations psychologiques, pas seulement psychiatriques, sous certaines conditions.
  • Le service social de la CAF peut vous aider à obtenir des aides financières pour vos soins ou votre reconstruction.

Le corps en alerte, le cœur en survie

Khaoula bint Thaʿlaba رضي الله عنها, que nous avons citée au début, n’était pas folle quand elle est allée se plaindre auprès du Prophète ﷺ.

ALLAH ﷻ a placé dans le corps une capacité incroyable à se réparer.
Les femmes brisées peuvent se relever. Mais pour cela, il faut du temps, de la douceur,
et de la miséricorde envers soi-même. Il faut du soutien, du nour, et de la foi.

Le sens de l’épreuve

Et pour celles qui se demandent :

“Pourquoi moi ? Pourquoi cette épreuve ? Est-ce que j’ai souffert pour rien ?”

Le Prophète ﷺ a dit :

“Aucune fatigue, ni maladie, ni tristesse, ni peine, ni chagrin, ni affliction
ne touche le croyant ou la croyante, même une simple épine,
sans qu’ALLAH ﷻ n’efface pour cela une part de ses péchés.”

(rapporté par al-Bukhārī et Muslim)

Ce hadith englobe toutes les douleurs — physiques, morales, psychologiques.
Même celles qu’on ne peut pas montrer, ni prouver.

Cela ne veut pas dire qu’il faut rester dans la souffrance, mais cela veut dire qu’ALLAH ﷻ voit, entend et récompense.

Des blessures qui deviennent des ponts vers ALLAH ﷻ

Quand une femme se relève, quand elle décide de parler, quand elle cherche la guérison, ALLAH ﷻ la regarde avec miséricorde.

Ces blessures peuvent devenir des ponts vers Lui, des passerelles vers le pardon, vers la lumière, vers la paix.

Et qui dit pardon, dit page blanche.
C’est comme si ALLAH ﷻ disait :

“Tu as traversé la douleur.
Tu as tenu.
Maintenant, recommence, Je t’efface ce qui a pesé.”

C’est une promesse de restauration, une preuve que même dans l’obscurité, la foi reste un remède.

La première thérapie

Et c’est pour cela que, même au milieu de tout ce chaos, le Coran nous rappelle :

“أَلَا بِذِكْرِ اللَّهِ تَطْمَئِنُّ الْقُلُوبُ”

“N’est-ce pas par le rappel d’ALLAH que se tranquillisent les cœurs.”
(Sourate ar-Raʿd, v. 28)

Le dhikr : une thérapie du cœur

Le trio gagnantistighfâr, tahajjud, sourate al-Baqarah Parce qu’il rassemble les trois axes de la réparation intérieure :

  • l’istighfâr, qui nettoie ;
  • le tahajjud, qui élève ;
  • al-Baqarah, qui protège.

Et à travers tout cela, le dhikr devient une véritable thérapie. Respirer, marcher, écrire, prier : ce sont des gestes du quotidien, mais ce sont aussi des gestes qui réparent aussi.

Le Prophète ﷺ nous rappelle que le chemin vers as-sakîna, la paix, commence toujours par la traversée de ce qu’on redoute le plus. Il ne contourne pas la peur : il la transforme.

Se reconstruire, c’est aussi redéfinir ses priorités, ses relations …

Préserver son âme et sa famille

Beaucoup de femmes se sentent encore coupables d’avoir “cassé la famille”.
Mais c’est exactement l’inverse. En se protégeant, on protège aussi ses enfants.

ALLAH ﷻ dit dans le Coran :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا قُوا أَنفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَارًا

“Ô vous qui avez cru, préservez vos personnes et vos familles du Feu.”
(Sourate at-Taḥrīm, v. 6)

C’est une responsabilité spirituelle : refuser la reproduction de la douleur, couper le cycle avant qu’il ne touche les générations suivantes.

On le voit dans les cabinets, dans les tribunaux, mais aussi — et c’est bouleversant — dans l’enseignement du Coran.

Car même dans une simple séance d’apprentissage, le cœur trahit parfois ce qu’il porte.
Certaines sœurs s’interrompent, butent sur une ligne, incapables de mémoriser une demi-page.
Elles disent :

“Je ne comprends pas, d’habitude j’avance vite, mais là, je reste bloquée.”

Et la réponse se trouve souvent dans leurs propres mots : elles sont préoccupées, épuisées, blessées. Leur esprit est saturé, leur cœur encombré.

Et le Coran, dans sa sagesse, ne s’imprime pas dans un cœur encombré. Il se dépose dans un cœur qui se vide pour LUI.

Préserver sa relation avec ALLAH ﷻ

Aucun être humain — qu’il soit parent, époux, patron, ou même guide spirituel
n’a le droit de se placer entre une âme et son Seigneur.
Personne n’est assez grand pour créer une désharmonie entre toi et ALLAH ﷻ.

Quand quelqu’un essaie d’étouffer ton lien avec ton Créateur,
rappelle-toi : il est trop petit pour rentrer dans cette relation.

C’est une limite à poser intérieurement :
“Tu n’as pas ce pouvoir sur moi.” Parce qu’accorder à un être humain la possibilité de t’éloigner d’ALLAH ﷻ, c’est, sans s’en rendre compte, le placer au-dessus d’ALLAH, et c’est une inversion dangereuse.

Parler, c’est une étape. Mais pour qu’il y ait parole, il faut qu’en face quelqu’un écoute. ALLAH ﷻ écoute. Le Prophète ﷺ écoutait.
Et nous, à notre tour, devons être cette oreille, cette main tendue.

Parce que même si tu n’as jamais connu la violence, tu as forcément déjà croisé quelqu’un qui la subissait — une collègue, une sœur, une voisine, une amie, une femme qui s’éteint doucement sans rien dire.

Être la main tendue, c’est un privilège spirituel. ALLAH ﷻ t’a placée sur sa route pour que tu la voies, pour que tu l’écoutes.

Comment être une main tendue ?

Si tu remarques une femme qui se referme, qui semble isolée, fatiguée, triste, méfiante, n’attends pas qu’elle parle d’elle-même. Tu peux simplement lui dire :

“Je te sens préoccupée. Si un jour tu veux parler, je suis là.”

C’est parfois suffisant pour semer une graine de confiance. 

Et si elle choisit de parler, écoute-la. Juste de l’écoute.

Ce n’est alors pas le moment de l’interrompre, de la juger, de la presser à agir, de la pousser à rester ou à partir. Elle a besoin d’un espace où elle se sent écoutée, crue et comprise. Laisse-la reprendre le contrôle de sa parole.

Pose-lui plutôt des questions ouvertes :

  • “Comment tu te sens ?”
  • “De quoi as-tu peur ?”
  • “Qu’est-ce qui te ferait du bien maintenant ?”

Ce sont des clés qui ouvrent un espace de sécurité.

Beaucoup, par maladresse, ferment la porte à ces confidences avec une seule phrase.
Évite à tout prix :

  • “Mais pourquoi tu pars pas ?”
  • “S’il t’avait vraiment fait du mal, tu serais déjà partie.”
  • “Moi, à la première gifle, j’aurais quitté.”
  • “Oui, mais il ne t’a jamais frappée.”
  • “C’est quand même un bon père.”
  • “Franchement, il a l’air gentil.”
  • “Tu n’exagères pas un peu ?”

Ces phrases, dites sans méchanceté parfois, sont des coups de poignard émotionnels.
Elles ferment la bouche d’une femme qui venait d’ouvrir son cœur.

Ce sont là des violences secondaires. 

Si tu n’es pas capable d’écouter sans juger, alors choisis le silence. Parce qu’un silence bienveillant vaut mieux qu’une parole qui détruit.

Violences conjugales : Une question de courage ? 

Les femmes victimes de violence ne manquent pas de courage.

Elles manquent de sécurité, de repères, de mots. Elles vivent dans un brouillard où la peur et la honte se confondent.

Elles n’ont pas besoin qu’on les secoue. 

Et parfois, la seule aide juste, c’est l’écoute. Une écoute qui ne questionne pas, qui ne juge pas, qui accueille.

Le Prophète ﷺ a dit :

“Le musulman est le frère du musulman.
Il ne l’abandonne pas, ne le trahit pas, et ne le méprise pas.”
(Rapporté par al-Bukhārī et Muslim)

Et quand on réfléchit, ces trois catégories couvrent toutes les erreurs possibles qu’on peut commettre face à quelqu’un qui souffre :

  • L’abandonner, quand on détourne les yeux d’une personne qu’ALLAH ﷻ a placée sur notre chemin.
  • Le trahir, quand on répète ce qu’on a entendu en confidence, ou quand on agit sans discrétion. Certaines femmes regrettent d’avoir parlé, parce que leur confidence a été mal gardée. Et cette trahison-là peut être plus grave encore que le silence.
  • Le mépriser, parfois sans s’en rendre compte. À travers une remarque, un haussement d’épaules, ou ces phrases assassines qu’on croit “motivantes” :


    “Moi, à ta place, je ne me serais jamais laissée faire.”
    “Mais t’as du caractère pourtant, comment t’as pu ?”
    “Je te croyais plus forte que ça.”

Ces mots, sous couvert d’étonnement ou de franchise, sont des humiliations déguisées.
Elles transforment la victime en coupable, et enferment encore plus celle qui cherchait juste un peu d’air.

Sauver une vie, c’est sauver l’humanité

« … quiconque sauve une vie,
c’est comme s’il avait sauvé l’humanité entière. »
(Sourate al-Mā’idah, v. 32)

Ce verset, placé juste après l’histoire tragique du premier meurtre — celui de l’un des fils d’Ādam عليه السلام — vient nous rappeler une vérité immense : toucher à une vie, c’est toucher à l’humanité. Et sauver une vie, c’est sauver l’humanité.

Autrement dit :

Tu n’as pas le droit de détourner le regard.
Tu n’as pas le droit de dire “ce n’est pas mon problème.”

ALLAH ﷻ nous parle ici d’un devoir collectif. Ce verset appelle autant celui qui souffre à chercher la main tendue que celui qui peut aider à tendre cette main. Les deux participent au même acte de sauvetage.

Être une main tendue, ce n’est pas faire à la place de l’autre. C’est être un refuge. C’est créer un espace où l’autre peut respirer, retrouver un peu de sécurité, un peu de lumière.

Parce que la sécurité, c’est ce qui manque le plus à une femme en danger. Et cette sécurité, c’est à nous, en tant que communauté, de la redistribuer.

On parle souvent de redistribuer la richesse, mais il faut aussi redistribuer la sécurité.

Certains ont un trop-plein de sakîna, de paix, de stabilité, d’ancrage. Et quand on garde ce trop-plein pour soi, on trahit un dépôt qu’ALLAH ﷻ nous a confié.

Parce que la sakîna, elle n’est pas là pour être stockée, elle est là pour être diffusée. Et le croyant qui est apaisé, c’est celui qui, par sa simple présence, apaise les autres.

Du silence à la lumière

On part du silence, et on marche vers la lumière — an-Nūr.

Ce chemin, c’est celui de la foi, celui de la conscience, celui du courage partagé.

Et pour conclure, ce hadith :

“Les croyants, dans leur miséricorde,
leur compassion et leur affection mutuelles,
sont comme un seul corps :
si un de ses membres souffre,
c’est tout le corps qui tremble ”
(Rapporté par al-Bukhārī et Muslim)

Chaque femme qui souffre devrait être ressentie par toute la communauté, comme une blessure commune, comme un signal d’alarme spirituel.

Et c’est tout le propos de cet épisode :briser le silence, oui — mais surtout allumer une lumière collective.

Ne pas laisser le mal devenir la norme

On sait que ces violences existent et notre manière de ”trembler” face à elles, c’est d’en parler. Parce que quand on ne les voit pas autour de nous, on se dit que tout va bien. Quand les problèmes ne se présentent pas devant nos yeux, on les réduit à des faits divers, on croit que ça n’arrive qu’aux autres.

Mais non, ça arrive. Et quand une femme souffre dans son foyer, c’est toute la communauté qui devrait trembler. Parce qu’un foyer où règne la peur n’est plus un foyer. On ne peut plus appeler ça un foyer — c’est une prison. Et le silence de ceux qui savent, ce silence-là devient une forme de complicité.

Aider une femme victime de violence, ce n’est pas briser un foyer. Parce qu’il n’y a pas qu’elle qui a la sensation de “briser” le foyer : celui qui aide peut aussi croire qu’il le fait. 

Mais non — il restaure la justice d’ALLAH ﷻ. Il empêche un homme de mal agir, il l’aide à sauver sa foi, tout en aidant la femme à sauver la sienne. 

Par un seul geste, on peut aider les deux.

Le silence n’est jamais un acte de piété lorsqu’il y a une injustice.

ALLAH ﷻ a dit :

“ALLAH a bien entendu la parole de celle qui discutait avec toi au sujet de son mari et se plaignait à ALLAH. Et ALLAH entend votre conversation.”
(Sourate al-Mujādilah, v.1)

Après cela, on ne peut plus dire à une femme “je ne t’écoute pas”, “ce n’est pas si grave” ou “ce n’est pas important”. Parce qu’aujourd’hui encore, ALLAH ﷻ entend celle qui pleure en silence.

À toute femme qui vit cela : sache avant tout qu’avant qu’un être humain ne t’entende, ALLAH ﷻ t’a déjà entendue. Il t’entend encore. Et Il voit aussi ceux qui te tendent la main.

Ainsi, souviens-toi : ALLAH ﷻ t’observe. À l’une, Il dit “Je t’entends.” À l’autre, Il dit “Je te vois.” Entre les deux, il y a la responsabilité que chacun porte.

La foi, ce n’est pas tout supporter en silence.
La foi, c’est se relever avec ALLAH ﷻ.
Et ne jamais laisser le mal devenir la norme.

Avant de te laisser…

Parler, c’est vraiment le mot qui résume tout. 

Parler, encore et encore, à quelqu’un de confiance — un proche, un professionnel, une voix sûre. Parce que c’est en parlant qu’on commence à s’entendre soi-même, et c’est en s’entendant qu’on commence à se comprendre et à prendre des décisions plus claires, plus justes, plus alignées.

Qu’ALLAH ﷻ accepte ce qu’on a fait ici, qu’Il nous pardonne nos manquements,

Qu’Il fasse de ce moment une sadaqa jariya pour toute femme qui retrouvera un peu de lumière et pour tout cœur qui aura tremblé en entendant ces mots. 

Qu’ALLAH ﷻ vienne en aide à toutes les personnes opprimées, 

Qu’Il récompense celles et ceux qui les soutiennent 

Qu’Il permette aux oppresseurs de se relever par la prise de conscience et le repentir, car tant qu’il y a de la vie, il y a la possibilité du retour.

Qu’ALLAH ﷻ nous garde justes, sincères et utiles aux autres. 

Rappel des liens utiles

→ Diagnostic Opal : ici

→ Aide juridictionnelle pour avoir un avocat : ici

→ Site du gouvernement : ici

→ Chat de la police : ici

→ CIDFF : ici

→ Associations : La maison des femmes Elles imaginent En avant toutes

→ Lectures  :
Pourquoi fait-il ça ? Dans l’esprit des conjoints violents et maltraitants – Lundy Bancroft
Le corps n’oublie rien – Bessel A. Van Der Kolk

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