Le sens des priorités dans l’éducation des enfants

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Dans cet épisode, on s’inspire de la sagesse de Luqman pour repenser notre manière d’éduquer nos enfants. Comment choisir ses batailles, parler d’ALLAH ﷻ au quotidien, et construire une relation qui prépare nos enfants à rester droits même quand on n’est plus là. Un épisode pour les parents en quête de hikmah.

Sommaire

Dans cet épisode, on s’inspire de la sagesse de Luqman Al-Hakim pour repenser notre manière d’éduquer : moins de bruit, plus d’impact. Comment choisir ses batailles, parler d’ALLAH ﷻ au quotidien, et construire une relation qui prépare nos enfants à rester droits même quand on n’est plus là. Un épisode pour les parents fatigués, sincères, et en quête de hikmah.

Les ayat qui ont inspiré l’épisode

وَلَقَدْ آتَيْنَا لُقْمَانَ الْحِكْمَةَ أَنِ اشْكُرْ لِلَّهِ ۚ وَمَن يَشْكُرْ فَإِنَّمَا يَشْكُرُ لِنَفْسِهِ ۖ وَمَن كَفَرَ فَإِنَّ اللَّهَ غَنِيٌّ حَمِيدٌ
وَإِذْ قَالَ لُقْمَانُ لِابْنِهِ وَهُوَ يَعِظُهُ يَا بُنَيَّ لَا تُشْرِكْ بِاللَّهِ ۖ إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ
وَوَصَّيْنَا الْإِنسَانَ بِوَالِدَيْهِ ۖ حَمَلَتْهُ أُمُّهُ وَهْنًا عَلَىٰ وَهْنٍ وَفِصَالُهُ فِي عَامَيْنِ ۖ أَنِ اشْكُرْ لِي وَلِوَالِدَيْكَ ۖ إِلَيَّ الْمَصِيرُ
وَإِن جَاهَدَاكَ عَلَىٰ أَن تُشْرِكَ بِي مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ فَلَا تُطِعْهُمَا ۖ وَصَاحِبْهُمَا فِي الدُّنْيَا مَعْرُوفًا ۖ وَاتَّبِعْ سَبِيلَ مَنْ أَنَابَ إِلَيَّ ۚ ثُمَّ إِلَيَّ مَرْجِعُكُمْ فَأُنَبِّئُكُم بِمَا كُنتُمْ تَعْمَلُونَ
يَا بُنَيَّ إِنَّهَا إِن تَكُ مِثْقَالَ حَبَّةٍ مِّنْ خَرْدَلٍ فَتَكُن فِي صَخْرَةٍ أَوْ فِي السَّمَاوَاتِ أَوْ فِي الْأَرْضِ يَأْتِ بِهَا اللَّهُ ۚ إِنَّ اللَّهَ لَطِيفٌ خَبِيرٌ
يَا بُنَيَّ أَقِمِ الصَّلَاةَ وَأْمُرْ بِالْمَعْرُوفِ وَانْهَ عَنِ الْمُنكَرِ وَاصْبِرْ عَلَىٰ مَا أَصَابَكَ ۖ إِنَّ ذَٰلِكَ مِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ

Nous avons effectivement donné à Luqman la sagesse : sois reconnaissant à ALLAH. Quiconque est reconnaissant n’est reconnaissant que pour soi-même. Quant à celui qui est ingrat, en vérité ALLAH se dispense de tout et Il est digne de louange.

Et lorsque Luqman dit à son fils tout en l’exortant: « Ô mon fils ! Ne donne pas d’associés à Allah, car l’association est vraiment une injustice énorme. »

Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère. Sa mère l’a porté en subissant pour lui peine sur peine. Son sevrage a lieu à deux ans. Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents ; vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas. Mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi ensuite est votre retour, et Je vous informerai alors de ce que vous faisiez.

Ô mon enfant, fût-ce le poids d’un grain de moutarde au fond d’un rocher, ou dans les cieux, ou dans la terre, ALLAH le fera venir. ALLAH est infiniment Doux et parfaitement Connaisseur.

Ô mon enfant, accomplis la salat, commande le convenable, interdis le blâmable, et endure avec patience ce qui t’arrive. Telle est la résolution à prendre dans toute entreprise.

Sourate Luqman, ayat 12 à 17.

Je voulais vraiment parler du fait de faire preuve d’un sens des priorités dans l’éducation des enfants.

On va entrer dans une partie de sourate qui, à elle seule, ressemble à un manuel de la parentalité au sens coranique du terme : la sourate Luqman.

Luqman n’était peut-être pas prophète, mais c’était un homme à qui ALLAH a donné la hikmah, la sagesse.

وَلَقَدْ آتَيْنَا لُقْمَانَ الْحِكْمَةَ

« Walaquad aateyna Luqman al-hikmah »

Ce qui est frappant, c’est que lorsque ALLAH mentionne la sagesse dans le Coran, Il ne nous montre pas un grand discours public, une fatwa compliquée, ni un débat intellectuel difficile. Il nous montre un père qui parle avec son fils, au détour d’une conversation.

ALLAH a choisi de préserver jusqu’au Jour du Jugement une conversation intime de famille. On est invité dans l’intimité d’un père de famille avec son fils.

C’est comme pour nous dire que c’est là que tout commence chez toi, avec tes enfants.

Dans cet épisode, j’espère qu’on va tirer, de ces quelques ayat, quelques principes de hikmah pour l’éducation.

Des pistes à explorer

  • L’amour avant le conseil.
  • Parler moins et incarner plus.
  • Choisir ses batailles.
  • Prioriser ce qui compte vraiment.
  • Parler d’ALLAH avant de parler des règles.
  • Et quand les règles arrivent : comment les présenter ?

Tout cela se trouve dans ce passage.

Du texte au concret

On va essayer de traduire tout ça en concret.

Qu’est-ce que ça donne dans nos salons ? Avec nos enfants qui : 

  • cassent des mugs,
  • arrivent en retard, 
  • disent : « C’est pas juste »
  • posent des questions difficiles
  • sont confrontés aux écrans, aux réseaux, à l’hyper-stimulation en continu.

La quête de la hikmah commence à la maison

On commence souvent par se dire : « Je veux être un parent juste. Je veux être un parent qui a de la hikmah, qui a de la sagesse. »

La hikmah n’est pas seulement le fait de bien parler. Ce n’est pas non plus ne jamais crier, ni être toujours parfait. 

Cela n’existe pas.

Dans le Coran, la hikmah c’est : 

  • voir juste, 
  • prioriser, 
  • choisir le bon moment, 
  • choisir le bon ton, 
  • viser le cœur avant de viser le comportement extérieur de l’enfant.

Et ce qui est magnifique, c’est qu’ALLAH ﷻ nous montre la hikmah de Luqman à travers son rôle de père. Luqman, on le connaît à travers ce rôle. ALLAH ﷻ ne l’a pas mentionné dans une autre fonction. Il a acquis cette sagesse dans son rôle de père.

C’est comme si ALLAH ﷻ nous disait : « Tu veux savoir à quoi ressemble la sagesse ? Regarde comment il parle à son fils et tu vas comprendre. »

Première leçon : l’amour avant le conseil

On le voit dans la manière dont il appelle son fils : « Ya Bounayya. »

Cela fait penser aussi à Ya’aqoub عليه السلام, le père du prophète Yusuf عليه السلام dans la sourate Yusuf. Regarde comment il parle à son fils : « Ya Bounayya. »

« Ya Bounayya », ce n’est pas « Ya Bni », ce n’est pas seulement « mon fils ». C’est plus profond.

Dans cette sourate, ALLAH ﷻ dit :

et lorsqu’il dit à son fils, en l’exhortant : « Ya Bounayya. » 

Ce terme revient plusieurs fois lorsqu’il parle à son fils. Il ne le dit pas seulement une fois au début de son discours : il le répète à plusieurs reprises, à des moments stratégiques.

Ce n’est pas un détail linguistique. ALLAH ﷻ ne répète pas sans raison. Quand cela revient, c’est pour transmettre quelque chose.

ALLAH ﷻ nous restitue les récits avec les émotions qui les accompagnent, qu’il s’agisse d’un prophète, d’une personne pieuse ou d’un mécréant. Il y a une restitution du récit, avec ce qu’il porte.

Rappelle-toi la série sur le plus beau des récits, Yusuf عليه السلام : la manière dont Yusuf عليه السلام parle quand il est petit, lorsqu’il raconte son rêve. Dans le Coran, ALLAH ﷻ nous fait percevoir la manière de parler d’un enfant de cet âge, quand il se répète et quand il veut dire quelque chose.

Et ici, on ressent aussi l’émotion de Luqman Al-Hakim lorsqu’il se répète, lorsqu’il dit « Ya Bounayya » plusieurs fois. Ce n’est pas un détail.

Le lien avant la règle

C’est la première leçon de parentalité qu’on lit dans cette sourate :

  • L’amour avant le conseil.
  • Le lien avant la règle.
  • La connexion avant la correction.

Cela est souvent négligé.

Luqman ne commence pas par : « Fais ceci, fais cela. » 

Il commence par rappeler à son fils qu’il est son enfant, qu’il est précieux, et qu’il l’aime.

C’est une question à se poser honnêtement : 

► Quand nos enfants entendent notre voix, entendent-ils d’abord l’amour dans notre voix, même quand on veut les réprimander ? Ou entendent-ils d’abord la critique ?

► Est-ce qu’un enfant pourrait dire : « Quand papa ou maman m’appelle par mon prénom, je sens l’amour » ? 

► Ou est-ce qu’il se dit : « Quand j’entends mon prénom, c’est souvent pour être réprimandé ; je sais ce qui va suivre. »

Luqman Al-Hakim, qu’ALLAH ﷻ soit satisfait de lui, enseigne ceci : avant de parler à leur tête, à leur intellect, parle à leur cœur.

Quelqu’un qui dit « Oh mon bien-aimé fils » vise d’abord le cœur. C’est stratégique, tout en restant doux et naturel.

Sécuriser le lien avant de corriger

Avant de corriger le comportement, il faut sécuriser le lien.

Concrètement, cela signifie passer du temps avec eux sans corriger, sans donner de consignes : être simplement avec eux

Est-ce qu’il y a suffisamment de moments comme ceux-là, où l’on n’est pas en train de dire quoi faire, d’énoncer une règle, ou de reprendre quelqu’un ?

Cela signifie aussi : 

  • avoir des mots de tendresse, 
  • des surnoms doux, 
  • des regards bienveillants. 
  • parfois, un regard suffit, sans rien dire, 
  • les prendre dans les bras, même quand ils grandissent. 

Lorsqu’ils deviennent adolescents, voire adultes, ceux qui y parviennent naturellement sont souvent ceux qui l’ont fait régulièrement depuis l’enfance. 

Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il faut forcer un enfant à faire un câlin. Parfois il en aura moins envie, mais il sait que les bras de ses parents seront ouverts quand il en aura besoin.

Sécuriser le lien, c’est leur faire ressentir, dans nos yeux, ce message : même quand tu te trompes, je t’aime. Même quand tu te trompes, tu es aimé dans cette maison. 

Tu vaux plus que tes erreurs.

Ce qui est évident pour nous ne l’est pas pour eux

En tant que parents, si quelqu’un vient nous dire cela, on peut penser que c’est évident. On peut se dire que l’amour est inconditionnel, qu’il n’y a pas besoin de le répéter, et que le fait de réprimander fait partie de cet amour : on reprend l’enfant parce qu’on ne veut pas qu’il tombe dans quelque chose de mauvais.

Mais l’enfant, lui, n’est pas dans notre tête. Il n’est pas dans notre cœur. Et lorsqu’il est petit, il n’est pas encore parent : il ne sait pas.

Ce n’est souvent qu’à l’âge adulte, et plus encore quand on a ses propres enfants, qu’on comprend enfin certaines choses : 

  • des raisons qui n’avaient pas été dites, 
  • des explications qui manquaient, 
  • des fiertés qui n’avaient pas été exprimées.

Une responsabilité de génération

Aujourd’hui, on appartient à une génération qui veut garder le bon de ce qu’elle a reçu et y ajouter quelque chose de meilleur.

Avec le monde qui attend nos enfants, on n’a pas le luxe de se dire : « On n’en est pas mort » ou « Ça va aller ». 

On n’a pas le luxe de se reposer sur nos lauriers, ni de dupliquer ce qu’on a reçu en espérant que cela suffira.

Sinon, d’autres feront à notre place ce travail d’éducation, en injectant d’autres choses dans la tête de nos enfants, alors que ce n’était pas la mission de base. Et ensuite, il ne restera qu’à pleurer ou à demander à ALLAH ﷻ que l’enfant, en grandissant, se remette en question et fasse un travail sur lui-même. 

Et on perdra encore du temps, génération après génération.

Un message à faire passer 

Il est important que les enfants ressentent, dans nos yeux, ce message : “même quand tu te trompes, même quand tu as fauté, même quand tu me fatigues, tu es aimé. Tu vaux plus que tes erreurs.”

Il est important de le préciser. Parce que si un enfant se sent rejeté dès qu’il se trompe, le jour où il fera une très grosse erreur, il ne viendra pas vers nous. Il la cachera.

Et c’est ainsi que la peur commence, et que l’on cache. 

Le menteur dissimule la vérité. 

Le voleur dissimule le fait qu’il a pris quelque chose à quelqu’un. 

► Dans les deux cas, c’est la peur qui crée cela : la peur, le manque, et ce qui en découle.

Mettre la rahma au premier plan

Indirectement, on l’a initié. Simplement parce qu’on n’a pas écouté, parce qu’on a rejeté, ou parce qu’on n’a pas su mettre l’amour en avant.

L’amour que l’on porte à son enfant, la rahma que l’on a pour lui, doit toujours précéder toute action. Cela doit passer avant ce que l’on fait, avant ce que l’on dit. C’est essentiel.

Deuxième leçon : ne pas faire de son foyer
une conférence permanente

ALLAH ﷻ dit, lorsqu’il parle à son fils, qu’il l’exhorte. Le verbe utilisé indique qu’il prodiguait des conseils, mais pas en continu. Pas chaque minute, pas sur tout. 

C’est ciblé, c’est précis : cette séance était pour cela, et une partie de la discussion était pour cela.

C’est une sagesse immense.

Luqman ne parle pas tout le temps. Il parle au bon moment. Ce simple mot, « wa huwa ya’idhuhu », indique cela. Les exégèses sont intéressantes à ce sujet.

Sortir du prêche automatique

Certains parents transforment chaque incident en prêche.

Un verre cassé : dix minutes de morale.
Un retard : vingt minutes de reproches.
Une note moyenne : une conférence sur l’avenir et la réussite.
Des chaussures mal rangées : une remarque, puis une deuxième, puis une troisième, et cela ne s’arrête pas.

À force, l’enfant n’écoute plus. C’est toujours la même chose. Il pourrait presque réciter ce qu’il va entendre. Alors, il lève les yeux et attend que cela se termine. Les plus polis diront « d’accord » et partiront.

Ce n’est pas cela qui est attendu.

À force, l’enfant : 

  • n’écoute plus, 
  • se construit une carapace, 
  • finit par se dire : quoi que je fasse, on me fait la morale.

Choisir ses moments

Luqman nous montre une autre voie. 

Cela vaut la peine d’aller voir ce qu’il propose, puisque la voie précédente ne fonctionne pas.

En effet, la parole d’ALLAH ﷻ nous amène autre chose.

Luqman montre que, parfois, on peut corriger sans parler, simplement par l’exemple, le modèle.

Un regard doux mais sérieux, ferme, peut suffire.

Parfois, on laisse parler, parce que ce n’est pas le moment, parce que la relation vaut plus que le détail que l’on a envie de relever.

Un parent sage ne commente pas tout. Il choisit ses moments. Il économise ses mots pour les utiliser : 

  • au bon endroit, 
  • au bon moment, 
  • de la meilleure des façons.

Parler moins et être davantage écouté

Une question peut vraiment se poser : veux-tu être un parent qui parle beaucoup, ou un parent que l’on écoute vraiment quand il parle ?

Quand on parle trop, une partie de ce que l’on dit ne porte plus. Et lorsque l’on regarde Luqman Al-Hakim, on voit qu’il aborde des points essentiels, importants, mais avec intelligence.

Et il introduit ses paroles par « Ya Bounayya », comme une façon de sécuriser le lien avant de parler.

Troisième leçon : prioriser, choisir ses batailles.

La première chose que Luqman dit à son fils, c’est : 

« Ya Bounayya, n’associe rien à ALLAH ﷻ, car l’association est une injustice énorme. » 

[Sourate Luqman, ayah 13]

Avant la salat, avant la morale, avant la tenue, avant les horaires de coucher, il commence par le tawhid : l’unicité d’ALLAH ﷻ, sans rien Lui associer.

Cela parle directement aujourd’hui.

On peut être épuisé à courir derrière les devoirs, les rangements, les chaussures, les vêtements, les écrans, la politesse à table. Et finir par passer moins de temps à parler de  

  • Qui est ALLAH ﷻ, 
  • pourquoi on L’aime, 
  • pourquoi on Lui obéit, 
  • ce que signifie « La ilaha illALLAH ».

La hikmah, la sagesse, c’est aussi cela : tu ne peux pas tout corriger. Tu dois choisir tes batailles.

La priorité des priorités

Au sommet des priorités, il y a la relation avec l’enfant, mais surtout la relation de l’enfant avec ALLAH ﷻ. C’est la relation la plus importante de toute sa vie.

Le parent n’est qu’un dépositaire : un “soldat” placé par ALLAH ﷻ ici, chargé de veiller à ce que cette connexion se fasse, se fasse bien, et demeure, même après ton départ de ce monde.

Ce n’est pas une démarche égoïste. Il y a une responsabilité. Il y a un contrat avec ALLAH ﷻ. 

ALLAH ﷻ t’a choisi comme parent pour cela.

Ce que cela implique concrètement

Choisir ses batailles, cela veut dire accepter de laisser passer certaines petites choses pour consacrer son énergie aux grandes.

Cela veut dire ne pas reprendre l’enfant quinze fois sur le ton de sa voix, puis oublier de lui parler du sens de la prière.

Et parfois, quand un enfant vient avec une vraie question sur la foi, tout poser, être entièrement présent, à cet instant. Même si l’on était en train de faire quelque chose d’important. Parce que cette occasion peut ne pas revenir. La question peut ne pas être reposée si l’enfant ne s’est pas senti accueilli à ce moment-là.

La finesse de Luqman : parler au cœur avec la justice

Luqman ne dit pas seulement que c’est haram d’associer quoi que ce soit à ALLAH ﷻ. Il l’explique par la logique de la justice.

Comment Celui qui t’a tout donné, qui t’a créé, pourrait-Il être mis au même niveau qu’un autre ? Ce n’est pas juste. C’est une injustice.

Et c’est beau qu’il le dise à son enfant.

Les enfants, aujourd’hui, ont facilement « c’est pas juste » à la bouche. Luqman utilise ce point d’entrée : ce sens inné de la justice que l’enfant porte.

Quand un enfant dit : « C’est pas juste », au lieu de le reprendre sur cette phrase, cela peut rappeler que le sens de la justice est inné, qu’il fait partie de la fitra. Même si ce que tu dis n’est pas injuste, lui l’a perçu comme tel.

Cela montre à quel point la justice compte à cet âge.

Luqman s’appuie alors sur ce sens inné de la justice pour faire comprendre le tawhid : il montre la plus grande forme d’injustice, associer quelqu’un à ALLAH ﷻ. 

Et cela, c’est injuste.

Se placer aux côtés de l’enfant

L’enfant peut parfois dire « ce n’est pas juste » à son parent, et cela devient un face-à-face : lui contre son parent.

Luqman Al-Hakim se place du côté de son enfant. Ensemble, ils font face à l’injustice d’associer quoi que ce soit à ALLAH ﷻ. Comme s’ils regardaient la scène de loin, ils constatent : « Tu vois comme ce n’est pas juste. »

Ils sont ensemble contre le shirk, le fait d’associer quelqu’un à ALLAH ﷻ.

Quatrième leçon : planter la conscience d’ALLAH ﷻ avant de parler de contrôle

Avant même de parler de prière, Luqman Al-Hakim dit :

« Ô mon fils, fût-ce le poids d’un grain de moutarde, au fond d’un rocher, ou dans les cieux, ou sur la terre, ALLAH ﷻ le fera venir. ALLAH ﷻ est Subtil et parfaitement Connaisseur. »

[Sourate Luqman, ayah 16]

L’image est forte. Le grain de moutarde est minuscule. Caché au fond d’un rocher, perdu dans l’immensité des cieux ou de la terre : aucun être humain ne le verrait. 

Pourtant, ALLAH ﷻ le voit, ALLAH ﷻ le sait, ALLAH ﷻ le connaît, et ALLAH ﷻ peut le faire apparaître d’où Il veut, vers où Il veut.

Pourquoi c’est central dans l’éducation ?

Si Luqman en parle à son fils, c’est que c’est central.

Parce que nous, parents, nous sommes limités.

On peut couper le wifi, mettre un contrôle parental, interdire certaines sorties. Mais l’enfant peut emprunter le téléphone d’un ami, voir des choses à l’école, être exposé à des idées ailleurs. 

Et on ne sera pas là. 

On ne peut pas être derrière lui 24h/24.

La seule vraie protection, c’est cette “graine de moutarde” : la conscience qu’ALLAH ﷻ le voit toujours.

Même si papa et maman ne voient pas, ALLAH ﷻ voit.

Et il ne s’agit pas seulement de peur. 

Il y a l’amour, la pudeur, la honte respectueuse devant ALLAH ﷻ.

Quand cette graine est plantée, on peut laisser l’enfant grandir, étudier plus loin, prendre le métro seul, aller à l’université. Parce qu’au fond de son cœur, il y a : « ALLAH ﷻ me voit. Je ne veux pas seulement décevoir mes parents : j’ai peur de déplaire à ALLAH ﷻ que j’aime. »

Là, on a visé juste.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de limites pratiques, mais cela signifie que l’objectif ultime n’est pas le contrôle total. C’est de l’amener vers une autonomie dans sa religion, sa spiritualité et son comportement, pour plaire à ALLAH ﷻ.

Cinquième leçon : les règles reposent sur
un amour déjà installé

Après avoir parlé de tawhid, et après avoir rappelé qu’ALLAH ﷻ voit tout, Luqman Al-Hakim dit à son fils :

يَا بُنَيَّ أَقِمِ الصَّلَاةَ وَأْمُرْ بِالْمَعْرُوفِ وَانْهَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَاصْبِرْ عَلَىٰ مَا أَصَابَكَ

Ya bunayya, aqimi salat, wa amur bil ma’ruf, wa anha ‘anil munkar, wa sbir ‘ala ma asabak. 

Il dit : « Ô mon bien-aimé fils, accomplis la salat, ordonne le bien, interdis le mal, et endure patiemment ce qui t’arrive. »

[Sourate Luqman, ayah 17]

L’ordre est clair :

  1. connaître ALLAH ﷻ, L’aimer, Le reconnaître comme l’Unique ;
  2. comprendre qu’ALLAH ﷻ voit tout ;
  3. La prière, la morale, la patience, les efforts.

Beaucoup de parents, parfois par inquiétude, font l’inverse : ils commencent par 

« Prie, fais ceci, ne fais pas cela, mets ton hijab, va à la mosquée », 

sans avoir pris le temps de parler de qui est ALLAH ﷻ, pourquoi on L’aime, ce que signifie 

« La ilaha illALLAH », ni même le fait qu’on peut parler à ALLAH ﷻ avec ses propres mots.

Alors, la règle devient pesante. Elle n’est plus portée par l’amour et la rahma, mais par la pression.

Luqman Al-Hakim enseigne que le socle, c’est la relation avec ALLAH ﷻ. Les règles viennent ensuite comme une conséquence naturelle de cet amour.

À quoi cela ressemble concrètement ?

Cela peut ressembler à des discussions simples, à table : « Qu’est-ce que tu aimes le plus chez ALLAH ﷻ ? »

Quand l’enfant a une peur, lui rappeler : « ALLAH ﷻ est avec toi, parle-Lui. »

Quand on voit quelque chose de beau : « Tu as vu comme ALLAH ﷻ a rendu cela beau pour nous ? » Ramener les choses à ALLAH ﷻ.

Et associer la prière non pas à une obligation sèche, mais à un moment où l’on vient se recharger auprès de Celui qu’on aime.

Quand on aime quelqu’un, passer du temps avec lui n’est pas pesant. Ce n’est pas vécu comme une charge : cela recharge. Ici, c’est la même logique.

Mettre en pratique la hikmah de Luqman

J’aimerais maintenant proposer quelques pistes concrètes, à adapter selon ta réalité, ta sensibilité, et l’âge de tes enfants.

Instaurer des moments non négociables de présence aimante

L’idée est simple : créer des espaces où l’enfant n’est pas corrigé, où il n’a rien à prouver, où il peut simplement “être” avec toi.

Par exemple :

  • dix minutes par jour, par enfant, sans téléphone ;
  • sans correction, sans consigne, sans rappel ;
  • uniquement de la présence.

Tu peux aussi instaurer un rituel hebdomadaire : une promenade, un chocolat chaud, une lecture, un jeu de société.

Dans ces moments-là, il est précieux de rappeler, même après une dispute : tu peux être contrariée, mais ton amour pour lui ne change pas. Et surtout, que cela ne soit pas seulement entendu, mais aussi visible dans tes gestes et ta manière d’être. C’est précisément pour cela que ces moments sont importants.

Réduire le “bruit” des conseils

Il y a une question à se poser régulièrement : est-ce que cela mérite un discours, là, maintenant ? Ou est-ce que cela peut attendre un moment où l’enfant sera plus réceptif ?

Oui, cela demande de l’énergie. 

Cela demande de se retenir, puis de se souvenir d’en reparler au bon moment. Mais personne n’a dit que la parentalité était facile, ni que ce rôle était un repos. C’est une mission de toute une vie, avec des étapes différentes.

Quand une bêtise est faite et que l’enfant a déjà compris, il suffit parfois d’une phrase courte :

  • « Tu as vu ce qui s’est passé ? »
  • « Qu’est-ce que tu apprends de ça ? »

C’est souvent plus efficace que de répéter une longue morale.

Choisir le bon moment pour les grandes discussions

Les grandes discussions gagnent à être réservées à des moments où l’enfant est disponible émotionnellement : quand il est apaisé, content, réceptif. Pas dans le feu de l’émotion.

Dans la crise, l’enfant n’entend pas.

Ce point a été très éclairant pour moi : en plein débordement émotionnel, gronder ou multiplier les sermons ne fait généralement qu’aggraver la situation. À ce moment-là, la priorité est de calmer.

Le parent doit d’abord se réguler, et devenir un sas de calme pour l’enfant.

Corriger sans parler : accueillir avant d’expliquer

Dans certaines crises, il est parfois plus juste de ne pas parler, et d’accueillir.

Prendre l’enfant dans les bras, rester présent, stable, posé. Sortir de l’œil du cyclone : ne pas chercher à “placer” une morale, ni à obtenir une compréhension immédiate. Accueillir l’émotion, et offrir une sécurité.

Ce calme enseigne déjà énormément, sans mots :

  • que la tristesse, la colère, le débordement ne sont pas honteux ni haram ;
  • que l’émotion a le droit d’exister ;
  • mais qu’on apprend à la traverser et à la gérer.

L’enfant apprend en observant notre réaction : que faire quand je suis contrarié, frustré, débordé ?

La frustration, par exemple, existe. Un enfant peut être frustré lorsqu’on lui dit non. Cela ne doit pas être puni. En revanche, cela peut être accompagné, nommé, et encadré.

Nommer ce qu’il vit, et parfois même se mettre à sa place :

« À ta place, j’aurais ressenti la même chose. »

Ce type de parole ne nie pas la limite. Il sécurise l’enfant dans ce qu’il ressent, et lui apprend une manière saine de vivre l’émotion.

Choisir ses batailles

Je le disais tout à l’heure : cette piste-là, c’est de faire une petite liste mentale.

En gros :

  • ce sur quoi je ne lâche pas ;
  • ce sur quoi je peux être flexible.

Sur ce sur quoi tu ne lâches pas, on peut reprendre l’enseignement de Luqman Al-Hakim : le tawhid, la prière à un certain âge, le respect des limites fondamentales.

Et puis, il y a tout ce sur quoi tu peux être flexible : l’ordre dans la chambre, la manière de ranger, les petits oublis, les imperfections du quotidien.

Et se rappeler ceci : ton enfant n’a pas besoin d’être irréprochable pour être sur le bon chemin. Il a besoin de se sentir accompagné sur le bon chemin.

Parler d’ALLAH ﷻ au quotidien

Une autre piste, c’est de parler d’ALLAH ﷻ au quotidien. Au quotidien. Au quotidien.

Utiliser les événements de la journée pour rappeler un nom d’ALLAH ﷻ. Et cela demande aussi, en tant qu’adulte, de s’y intéresser nous-mêmes.

Par exemple :

  • après une petite protection : « Tu as vu comment ALLAH ﷻ t’a protégé ? »
  • après une bonne nouvelle : « Regarde comme ALLAH ﷻ répond aux invocations. »
  • lorsqu’un enfant reçoit quelque chose : au lieu de dire « Je t’ai acheté ça », on peut dire : « Regarde ce qu’ALLAH ﷻ t’a offert. Et figure-toi qu’Il m’a placé à ce poste-là et qu’Il m’a employé pour te le donner. »

Et quand ils prononcent le fameux : « C’est pas juste », ou « C’est injuste », tu peux ouvrir une discussion sur ce qu’est la vraie justice, et la vraie injustice, ici-bas et dans l’au-delà, en les ramenant à ce que Luqman Al-Hakim enseigne.

Dernière leçon : préparer son enfant au jour où il sera loin de toi

Luqman Al-Hakim prépare son fils à être seul : seul dans un rocher, seul dans les cieux, seul sur la terre. Il lui rappelle le petit grain de moutarde : un jour tu seras seul dans ce monde, sans moi, mais ALLAH ﷻ sera là.

Et nous aussi, on doit penser à ce moment :

  • un jour ton enfant dormira ailleurs ;
  • un jour il aura un téléphone entre les mains et tu ne seras pas à côté ;
  • un jour il fera des choix que tu ne pourras pas contrôler ;
  • un jour il fera même des choix différents de ce que toi tu aurais fait, sans désobéir à ALLAH ﷻ pour autant.

Et la question est : qu’est-ce que tu veux lui laisser ce jour-là ?

  • des réflexes de peur de toi ?
  • ou une relation avec ALLAH ﷻ qui est vivante, présente, allumée ?

Demander la hikmah

Et on termine comme on a commencé : avec la hikmah.

Luqman Al-Hakim n’était pas prophète. C’était un serviteur à qui ALLAH ﷻ a donné la sagesse. Et cela signifie que ce don peut être demandé, recherché, invoqué.

Le fait qu’ALLAH ﷻ ait cité une relation père-enfant à travers quelqu’un qui n’est pas prophète porte un message très fort : cet exemple est accessible, intemporel, et possible.

C’est comme si on nous disait : toi aussi, tu peux le faire.

Tu as le droit de dire :

Ô ALLAH ﷻ, donne-moi la hikmah dans l’éducation de mes enfants. 

Donne-moi les bons mots au bon moment. 

Donne-moi la douceur là où je suis dure. 

Donne-moi la fermeté là où je suis trop laxiste. 

Donne-moi le silence quand je devrais me taire. 

Donne-moi la parole quand je dois parler.

Plante en eux l’amour de Toi, l’amour du Coran, l’amour de Ton Prophète ﷺ. 

Protège-les quand mes yeux ne peuvent plus les suivre. 

Fais d’eux une sadaqah jariya pour nous et un bien pour cette umma.

Car un enfant qui continue d’invoquer pour ses parents après leur mort fait partie des actions qui ne s’arrêtent pas avec la mort.

Des enfants parfaits, ce n’est pas le but

Pour obtenir ça, il faut que l’enfant ait des raisons, la rahma, et l’envie de le faire. Et ça, ça passe par comment on s’est occupé d’eux : comment on a planté, arrosé, fait fleurir leur relation avec ALLAH ﷻ.

Mais des fois, on a le comportement de gens qui veulent faire ça. On est exigeant envers nous-mêmes, exigeant avec nos enfants, et on reporte sur eux les exigences du parfait, tout en les réprimandant d’être imparfaits. Donc ça veut dire que ce n’est pas possible.

ALLAH ﷻ ne te demande pas de Lui livrer des enfants parfaits à la fin. Il te demande des efforts qui sont sincères. Il te demande de la hikmah, la sagesse. Il te demande de revenir à Lui quand tu te trompes.

Revenir aux ayat de la sourate Luqman quand tu es dépassé(e)

Et si tu te sens dépassé(e), fatigué(e), découragé(e), alors relis ces ayat, relis ces ayat de la sourate Luqman. Moi, je les lis souvent quand je suis un peu dépassée comme ça.

Il y a des journées où ce n’est pas facile, quand on est parent. Il y a des journées où ce n’est pas facile. Il y a des journées où on a l’impression que tous, là, ils se sont donné le mot, et que c’était opération « rendre le parent fatigué », même si ce n’est pas leur intention.

Et dans ces moments-là, je trouve que revenir à des exemples de parentalité qui entendent, finalement, les difficultés qu’on pourrait avoir, ça fait du bien. Et ça, on trouve ça où ? Dans la parole d’ALLAH ﷻ.

Luqman : un exemple immortalisé

ALLAH ﷻ a capturé… C’est comme si, littéralement, on avait une fenêtre dans la maison d’un homme lambda, mais qui est sage. Donc comme quoi, il n’y a pas besoin d’avoir 36 000 followers, d’être célèbre, d’être fils d’un tel, d’être riche, d’être prophète même, pour qu’ALLAH ﷻ valorise ce que tu es.

Je suis émue quand j’y pense et que je me dis : au Jour du Jugement, au Paradis, il va se rendre compte qu’il y a des milliards et des milliards de gens qui ont entendu sa conversation avec son fils.

C’est-à-dire qu’au moment où il parlait avec son fils, le Coran n’était pas encore révélé. Il n’avait aucune idée qu’ALLAH ﷻ allait compiler sa conversation, cette partie de sa vie, cette partie de sa journée, cette partie de son existence avec son fils, dans un Livre comme ça.

Dans le Coran al-ʿAzim, le Livre de la sagesse même, ALLAH ﷻ lui a mis un chapitre dedans. Et en plus, Il lui a donné le nom : le titre de la sourate porte son nom, Luqman.

Et le zoom se fait sur sa conversation avec son fils. Ce n’est pas lui au travail, avec son épouse, avec ses amis, devant un juge ou encore dans une administration. Ce n’est même pas lui quand il est tout seul. 

C’est lui quand il parle à son fils, un matin, ou une après-midi, d’un jour lambda, d’une époque qu’on ne connaît pas, dans un peuple qu’on ne connaît pas.

Mais on sait que Luqman est Hakim. Et on sait qu’il a un fils à qui il parle.

La valeur de ton rôle de parent

Est-ce que ça, ce n’est pas un appel d’ALLAH ﷻ pour te dire : qu’est-ce que tu attends ? Qu’est-ce que tu attends pour comprendre que ton rôle, c’est un rôle de valeur ?

Parce que ce que Luqman Al-Hakim est en train de faire, le temps qui passe avec son enfant… est-ce qu’on n’a pas la même chose ? 

Est-ce qu’on n’a pas des occasions comme celle qu’il a eue, pour parler à son fils ?

Est-ce qu’à travers ce passage, ALLAH ﷻ n’est pas en train de nous montrer : tu peux être Hakim. C’est à ta portée. Il n’y a pas besoin d’être relationné, il n’y a pas besoin d’avoir des likes et des vues, et que tout le monde soit au courant que tu es Hakim.

Ton fils, ta fille, a besoin de savoir que tu es Hakim. 

Et ALLAH ﷻ voit tout. Rappelle-toi le grain de moutarde.

Tu dois vraiment te rappeler qu’ALLAH ﷻ a jugé digne d’être immortalisé un père, un soir, un matin, ou une après-midi, qui parle à son fils. Et ça, ça vaut tout. Ça dit tout.

Qu’ALLAH ﷻ fasse de nous des parents de hikmah, des parents qui sont Hakim, et qu’Il fasse de nos enfants des cœurs attachés à Lui.

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