Khawla bint Tha‘laba dans le Coran

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Allah ﷻ a décidé de porter haut la voix d’une femme. Comme tu le sais, tout ce qui se trouve dans notre Coran nourrit notre voie vers le Paradis. Ainsi, je vais te parler de cette femme qu’Allah ﷻ voulait qu’on écoute, comme Il a pris soin de l’écouter. Cette femme s’appelle Khawla bint Tha’laba (qu’Allah ﷻ l’agrée). Voyons ensemble son récit et la trace indélébile qu’a laissée Khawla bint Tha’laba dans le Coran, jusqu’à la fin des temps.

Sommaire

La plainte de Khawla bint Tha’laba

Khawla bint Tha’laba était mariée à un homme qui s’appelait Aws ibn As-Samit. Elle nous a fait le récit de sa mésaventure avec son mari :

« J’étais sa femme, mais dès qu’il devint un vieillard son comportement se transforma au pire des comportements. Un jour il entra chez moi pour discuter d’une certaine affaire. Il s’irrita contre moi et déclara :

« Tu es pour moi comme le dos de ma mère ».

Puis, il partit pour passer une heure dans une assemblée avec ses amis. En rentrant, il se rapprocha de moi pour avoir un rapport. Je lui répondis catégoriquement :

« Par celui qui détient l’âme de Khawla, tu ne pourras le faire avant qu’Allah et Son Messager ne tranchent entre nous. »

Il essaya de se rapprocher de moi par la force et je pus le repousser. Je me rendis ensuite chez le Messager d’Allah et je m’assis devant lui. Je lui racontais alors tout ce qu’il s’était passé entre nous, en accusant mon mari du mauvais caractère dont il a fait preuve.»

Dans une autre version, elle dit :

« J’étais une très belle femme quand il m’a épousé, j’avais plusieurs prétendants, et c’est lui que j’ai choisi. J’ai porté ses enfants, je me suis occupée de ma maison, j’ai beaucoup donné.

Maintenant que j’ai pris de l’âge, que je ne peux plus avoir d’enfant, que le temps a passé, il me néglige, ne patiente plus avec moi et me dit que je suis comme le dos de sa mère.

Je me plains à Allah pour ses enfants qui, s’ils restent avec moi, connaîtront la faim, et qui, s’ils restent avec lui, seront négligés. »

“Tu es comme le dos de ma mère”, pourquoi cette formule était à ce point problématique ?

C’était une formule de divorce à l’époque, ce n’est plus le cas.

À l’époque pré-islamique, quand un homme était faché avec sa femme, il pouvait dire “Tu es comme le dos de ma mère”.

C’était gravissime, car l’homme faisait alors mention de sa mère, avec qui l’intimité des époux est impossible.

Cela signifiait donc que l’homme ne voulait plus de sa femme. C’est un degré où la personne n’était pas réellement divorcée. C’était une forme de séparation, où l’homme dit à sa femme qu’il ne veut plus rien avoir à faire avec elle, il n’aura plus d’échanges avec elle, plus de rapports intimes. II n’applique plus ses obligations vis-à-vis d’elle, mais il ne la libère pas. Elle reste officiellement sa femme, elle reste sous son toit, mais il l’ignore. C’est totalement interdit en Islam. Soit tu es avec la personne, dans les règles de l’art, soit tu ne l’es pas et tu la libères. C’était une grande forme d’injustice.

Khawla bint tha’laba dans le Coran : les versets révélés

Notre Prophète ﷺ n’avait pas voulu devancer la révélation d’Allah ﷻ, car il ne savait pas quelle mesure prendre quand un homme prononce de telles paroles, tellement c’était énorme comme propos.

Il l’a cependant écoutée attentivement, sans la couper. Elle a pu se confier à lui et elle s’est plainte à lui en toute liberté.

Aïsha, l’épouse du Prophète ﷺ, qu’Allah l’agrée, rapporte que Khawla, avant de s’en aller, a fait une invocation devant le Prophète ﷺ, en disant :

“Ô, Allah, je me plains à toi de mon grand malheur et de la souffrance que me cause la séparation d’avec mon époux. Ô Allah, fais descendre sur la langue de Ton Envoyé ce qui peut soulager notre malheur.”

À peine Khawla partie, Allah ﷻ a révélé à son Prophète ﷺ les versets :

Sourate al-mujadalah ; versets 1-4

Le Prophète ﷺ l’appela alors avec un diminutif affectueux et lui dit :

Ô Khouwayla, Allah a fait descendre des versets à votre sujet, toi et ton mari :

Allah a bien entendu la parole de celle qui discutait avec toi à propos de son époux et se plaignait à Allah ﷻ. Et Allah entendait votre conversation, car Allah est Audient et Clairvoyant.

قَدْ سَمِعَ ٱللَّهُ قَوْلَ ٱلَّتِى تُجَٰدِلُكَ فِى زَوْجِهَا وَتَشْتَكِىٓ إِلَى ٱللَّهِ وَٱللَّهُ يَسْمَعُ تَحَاوُرَكُمَآ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ سَمِيعٌۢ بَصِيرٌ

Après avoir récité le verset, le Prophète ﷺ dit à Khawla :

“Dis à ton époux d’affranchir un esclave.”

Elle lui répondit :

“Quel esclave ? Son seul domestique, c’est moi !

– Alors, dis lui de jeûner deux mois consécutifs, 60 jours, continua le Prophète.

– Par Allah, il ne peut pas le faire, il boit plusieurs fois dans la journée de l’eau et sa vue a baissé suite à une faiblesse de son corps. Il est incapable de jeûner toute cette période. »

Le Prophète ﷺ conclut :

“Dis-lui alors de nourrir 60 pauvres.

– Mais comment pourrait-il le faire alors que nous ne possédons que le repas d’une journée ?\ » répondit-elle.

Le Prophète ﷺ finit alors par lui dire :

Dis-lui alors d’aller chez untel et de prendre chez cette personne un bac rempli de dattes qu’il pourra distribuer à 60 pauvres.

Khawla se retourna chez elle, informa son époux de tout ce qu’il s’était passé. Elle courut chercher le bac de dattes, qu’elle donna à son époux pour qu’il puisse le distribuer à 60 pauvres.

Cette conversation, entre une femme du peuple et notre Prophète ﷺ, a été gravée à jamais dans le Coran. Allah ﷻ voulait que cette histoire soit connue du monde, jusqu’à la fin des temps. En lui donnant en plus le titre d’une sourate “Al mujadalah”, la conversation, et en lui consacrant les 4 premiers versets de cette sourate.

Les regrets de l’époux de Khawla

Par la suite, nous apprenons que son époux a regretté ses gestes et son comportement. Il a fait beaucoup d’efforts pour se faire pardonner et ils ont pu reprendre une vie commune paisible.

Il faut savoir que Khawla ne voulait pas divorcer de son époux. Malgré le mauvais traitement, elle l’aimait. Elle voyait l’injustice qui avait été faite. Elle pensait aussi à ses enfants et s’est dit que seule ce serait compliqué. Avec lui aussi, ce serait compliqué. Elle était tout simplement perdue avant d\’aller voir le Prophète ﷺ.

Khawla et Omar Ibn Al Khattab

Des années plus tard, après la mort du Prophète ﷺ, une scène s’est déroulée durant le califat d\’Omar. Alors que ce dernier était sur sa monture, en train de conduire toute une armée, avec des personnes haut placées, une vieille dame l\’interpelle.

Elle lui dit “Ô Umayr (petit Omar)” et elle lui demande de descendre pour discuter avec lui. Omar Ibn al Khattab s’exécute. Il descend de la monture, va vers elle, et discute. Il la laisse parler, à tel point que les compagnons avaient dit que ça avait duré presque une heure.

Ensuite, afin de continuer sa route, il remonte en selle. Un des compagnons dit alors :

“On ne t’a jamais vu faire cela ! Pourquoi avoir arrêté un groupe de personnes pour une vieille dame qui t’interpelle.”

Les compagnons qui voient la scène de l’extérieur s’étonnent même de la manière dont la vieille dame lui a parlé.

Omar rétorque à ce compagnon :

Laisse-la, ne sais-tu pas qui elle est ? C’est Khawla bint Tha‘laba. Cette femme dont Allah a entendu a entendu la plainte, au-dessus des 7 cieux, et pour laquelle il a révélé :

قَدْ سَمِعَ ٱللَّهُ قَوْلَ ٱلَّتِى تُجَٰدِلُكَ فِى زَوْجِهَا

Il dit ensuite :

“Omar est plus à même de l’écouter. WAllahi, si elle restait à me parler toute la nuit, je ne la quitterais que pour aller faire la prière, et je reviendrais l’écouter.

Ainsi, si le Messager d’Allah ﷺ l’a écouté parlé, si Allah ﷻ l’a écouté parler, Allah ﷻ a consigné une conversation privée dans un Livre que tout le monde va pouvoir lire jusqu’à la fin des temps, et moi Omar je ne l’écoute pas ? »

Les leçons à retenir de ce récit

Prendre la mesure des paroles prononcées

Allah ﷻ a rendu l’affaire, cette injustice, publique. L’extérieur ne peut entendre tout ce qui se dit dans un foyer. Cependant, il faut toujours garder en tête qu’Allah ﷻ entend tout et voit tout.

Ce fait était tellement grave, l’impact psychologique, familial, sociétal, de tels propos, ceux-là ou d’autres qui s’en apparentent. Allah ﷻ n’a pas laissé passer cela. L’injustice ne se tait pas. Si une femme subit une injustice dans son foyer, de la part de celui qui est censé la protéger, la conseiller, lui offrir un cadre de sécurité, vers qui peut-elle se tourner ?

Est-ce qu’elle est censée patienter, se résigner, garder tout caché et se plaindre à personne ?

Ou est-elle censée se débrouiller seule face à un homme qui est censé être son mahram ?

Être à l’écoute

La voix de la femme a tellement de valeur auprès de son Créateur qu’Il a tenu à nous informer de l’importance qu’il accorde à cette femme, aux femmes et quoi de mieux que de nous le rappeler dans Sa propre parole, dans le Coran, qui va être récité, lu, appris, par des milliards de personnes.

Rends-toi compte qu’Allah ﷻ et son Prophète ﷺ ont été à l’écoute. Ils étaient à l’écoute des gens, de toutes catégories. Ça nous montre aussi à notre échelle la nécessité d’être à l’écoute des autres. Quels que soient leurs propos, leurs requêtes, leurs émotions, il faut imaginer cette femme au moment où elle vient parler au Prophète ﷺ.

Elle n’a pas dû parler tout calmement, tout simplement, sans problème. Elle a parlé avec ses émotions, elle a dû parler vite, reprendre son souffle plusieurs fois, elle a dû émettre des gestes, etc.

L’expiation attendue

Face à cette injustice, parmi les formes d’expiation qu’Allah ﷻ a données en premier, c’était d’affranchir un esclave. Pourquoi ? Parce qu’une femme, lorsqu’elle se trouve dans cet état-là, lorsqu’on lui parle sur ce ton, on l’emprisonne ? On crée une prison psychologique. Allah ﷻ, pour faire gouter à cet homme son injustice et qu’il se rende compte de ce qu’il lui a infligé, lui impose de libérer quelqu’un qui est aussi dans une forme de prison.

S’il ne peut pas, il doit jeûner 60 jours, sans interruption. En effet, s’il arrive au 40e jour et qu’il loupe un jour, il est obligé de recommencer depuis le début ! C’est pour lui montrer à quel point c’est grave de prononcer de telles paroles dégradantes.

Khawla bint Tha‘laba dans le Coran : à retenir

La leçon que je veux que tu emportes aujourd’hui, que tu sois une femme ou un homme, c’est d’être à l’écoute quand quelqu’un vient te faire part d’une difficulté.

Si tu n’as pas de solution, alors fais au moins en sorte de lui recommander quelqu’un qui pourra l’aider. Accompagne cette personne dans la résolution de son problème.

Dans ton foyer, sache qu’une fois les portes fermées, personne n’est avec vous, l’extérieur ne peut pas savoir ce qu’il se passe, mais Allah ﷻ est avec vous. Il prend part à toutes les conversations.

Rappelle-toi que c’est une conversation privée qui est aujourd’hui dans toutes les maisons. C’est une conversation pourtant privée, et qui aujourd’hui se tient dans beaucoup de foyers, rappelle-toi que c’est cette conversation privée qu’Allah ﷻ a rendue publique, visible, permanente, mémorisée dans le cœur de milliards de personnes jusqu’à la fin des temps.

Quand tu parles avec ton épouse, rappelle-toi qu’Allah ﷻ a porté haut la voix d’une épouse aussi. Rappelle-toi que le mari de Khawla a eu la chance de rectifier son sort ici-bas. Il a eu le temps de demander pardon. En effet, lorsqu’on fait une injustice à quelqu’un, il faut d’abord le pardon de la personne pour qu’Allah ﷻ accorde le Sien.

Il a d’abord demandé pardon à son épouse, il a rectifié sa faute ici-bas pour ne pas à avoir à y répondre dans l’au-delà. Veille à ne pas avoir à régler ton compte à toi dans l’au-delà, car ce jour-là, ce ne sera pas seulement une révélation de tes conversations avec ton époux ou ton épouse. Ce sera le décret d’Allah ﷻ qui sera à ce moment-là irréversible.

Le récit de Khawla bint Tha’laba dans le Coran nous montre à quel point elle a été très courageuse. Elle aurait pu aller porter la plainte à ses amis, ou a des membres de sa famille. Elle a eu le courage d’aller voir directement le Messager d’Allah ﷺ. En faisant cela, elle a fait un acte fort pour tout le monde. Elle a parlé en son nom et au nom de toutes les femmes qui vivent ce genre d’injustices qui perdurent encore maintenant aujourd’hui, sous des formes différentes. Pour finir sur une note joyeuse, sache que chaque gentillesse, chaque belle conversation avec ton épouse, ton époux, est aussi entendue dans les hautes sphères du Ciel, et discutée parmi les anges, consignée par eux aussi et génère des fruits découlant de ça, qui t’attendront aussi le jour du jugement.

Qu’Allah amène apaisement, paix, sérénité, amour, mawadda, rahma dans tous les foyers.

Et si tu veux en savoir davantage sur le mariage dans le Coran, c’est par ici !

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