Partir du bon pied dans le mariage

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Le mariage est une thĂ©matique souvent abordĂ©e durant des confĂ©rences. Pour autant, beaucoup de questions sont encore trĂšs souvent posĂ©es. Nous avons fait plusieurs Ă©pisodes Ă  ce sujet. Aujourd’hui, on a envie de donner de l’espoir aux couples qui dĂ©butent dans leur mariage. Les jeunes Ă©poux ont conscience qu’il va y avoir des problĂšmes, des dĂ©saccords, mais ce n’est pas une fatalitĂ©. On peut apprendre Ă  ĂȘtre en dĂ©saccord et se disputer correctement ! Si je suis qawwam, si je suis saliha, si j’ai en tĂȘte ce but qui est la sakina, il n’y a pas de raison que ça se passe mal et que l’on ne trouve pas d’issue. Alors, voyons ensemble comment partir du bon pied dans son mariage, et pour Ă©tudier ce sujet, j’ai fait appel Ă  Zina Hamzaoui, thĂ©rapeute de couple et sexologue clinicienne.

Sommaire

Les présentations, avec Zina Hamzaoui

Je suis Zina Hamzaoui, une femme nĂ©e Ă  Paris il y a maintenant 33 ans. Je suis installĂ©e en Belgique depuis quelques annĂ©es. J’ai toujours Ă©tĂ© intĂ©ressĂ©e par les sujets liĂ©s Ă  la santĂ©, Ă  la fĂ©minitĂ©, au couple et trĂšs simplement j’en ai fait mon mĂ©tier. Je me suis formĂ©e, je suis devenue sage-femme, sexologue clinicienne et thĂ©rapeute de couple. C’est un mĂ©tier qui ne court pas les rues, et pourtant qui rĂ©pond Ă  une grande demande. Ça me rĂ©jouit au quotidien de pouvoir apporter ma pierre Ă  l’édifice et de pouvoir soulager les futurs couples dans cette prĂ©paration, mais aussi les couples dans leurs rĂ©parations. Je suis installĂ©e en Belgique oĂč j’ai d’ailleurs ouvert, avec d’autres collaborateurs, le centre Mizen.

Tu as cette qualitĂ© que j’apprĂ©cie beaucoup, c’est de rappeler aux couples qu’ils sont une seule et mĂȘme Ă©quipe, et qu’ils ne sont pas des adversaires. C’est finalement aberrant de vivre avec son concurrent.

Oui tout Ă  fait, je leur pose souvent la question :

« Est-ce que vous ĂȘtes en mode duo ou en mode duel » ?

C’est une question trùs courte, mais qui en dit long ! Ensemble, ou l’un contre l’autre !

Comme je le fais avec mes autres invitĂ©s, j’aimerais que tu nous partages ton mot prĂ©fĂ©rĂ© dans ton Coran et que tu nous expliques pourquoi ce mot-lĂ .

J’ai envie de dire que ce sont les dĂ©rivĂ©s du mot Rahma qui reviennent tout au long du Coran, comme Rahim, Rahman, Rahma
 DĂ©jĂ  dans la basmala, on est servis presque Ă  chaque sourate.

Ça me parle Ă©normĂ©ment dans ma fonction de sage-femme. C’est un point que tu as d’ailleurs dĂ©jĂ  pris le temps d’expliquer dans des Ă©pisodes. C’est un mot dont on pense souvent qu’il se rĂ©sume Ă  MisĂ©ricorde, MisĂ©ricordieux. En fait, quand on le lit et qu’on le comprend avec cette question d’amour inconditionnel, cet amour qu’une mĂšre porte Ă  son enfant, et la corrĂ©lation vue avec le terme « utĂ©rus ». Si ce mot rythme notre Coran autant de fois, c’est pour moi lourd de sens.

Dans le dernier Ă©pisode, Firdaws a donnĂ© le mĂȘme mot ! Je trouve ça trĂšs beau que ce soit le terme qui revient lorsqu’on pense au Coran. Alors Zina, de quoi va-t-on parler aujourd’hui ?

On va parler de couple, de préparation, de se préparer plutÎt que de réparer.

Le trousseau des mariés

Avec mon collĂšgue Oussama Jammal Ă  Bruxelles, on organise Ă©galement un sĂ©minaire sur la prĂ©paration au mariage. On a un peu importĂ© ce qui se passe en Malaisie, oĂč les gens, avant de se marier, Ă©tudient, assistent Ă  un sĂ©minaire, pour comprendre :

  • le rĂŽle de chacun,
  • comment fonctionne un couple,
  • les diffĂ©rents problĂšmes que l’on peut rencontrer,
  • comment y faire face,
  • comment rebondir,
  • comment se passe la vie intime, etc.

Dans ce sĂ©minaire, l’idĂ©e c’est vraiment que les futurs mariĂ©s puissent avoir leur  « trousseau ».

Je suis d’origine tunisienne et comme dans beaucoup de cultures, les mariĂ©es vont prĂ©parer des valises avec plein de vĂȘtements, la vaisselle, des Ă©lĂ©ments de dĂ©coration, du maquillage, etc.

On avait envie de sortir de ce concept matĂ©rialiste du « trousseau ». C’est une formation ouverte aux femmes et aux hommes. C’est aussi un message envoyĂ© aux parents, pour leur demander de rĂ©flĂ©chir au bagage qu’ils souhaitent donner Ă  leurs enfants pour qu’ils puissent arriver dans un mariage avec un bon bagage.

Le verset qui a motivĂ© l’épisode du jour

Je trouve que cette ayah est trĂšs marquante pour le sujet, car elle crĂ©e cette cohĂ©sion : on est issus d’un mĂȘme couple, que c’est une personne qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e Ă  partir d’une autre et qu’à partir de ces deux personnes, beaucoup d’hommes et de femmes ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s.

Allah ï·» emploie le terme de zawj, qui signifie le conjoint ou la conjointe. Donc Allah ï·» a assignĂ© une conjointe, et cette cohĂ©sion-lĂ  a permis Ă  l’humanitĂ© de fleurir. Comme pour nous dire que si cette base n’était pas lĂ , il n’y aurait pas tous ces hommes et ces femmes pour lire cette sourate.

La sourate An Nissa est riche, complexe, mais magnifique ! Je trouve que cette ayah replace tout. Allah ï·» nous fait ce rappel : « taqwAllah » qui est traduit tantĂŽt par Craignez Allah, et tantĂŽt par « prenez garde Ă  Allah » ou par « ayez conscience d’Allah » dans tout ce que vous faites, et je pense que c’est une traduction qui englobe tout.

Allah ï·» rappelle aussi dans cette ayah qu’il faut prendre garde Ă  Lui, prendre conscience de Lui. De la mĂȘme façon, Il dit aussi qu’il faut prendre conscience des matrices (comprendre ici utĂ©rus). C’est en effet le siĂšge de l’HumanitĂ© et c’est Ă  la femme qu’il a confiĂ© de le contenir. Comme pour rappeler le rĂŽle de l’homme vis-Ă -vis de son Ă©pouse. Prendre soin de ces matrices, car tu en es issu et que toute l’humanitĂ© en sera issue. Ce message est donc pour les hommes, mais aussi pour les femmes ! Elles doivent avoir conscience de leur valeur et prendre garde Ă  ces matrices-lĂ .

Finalement, les deux doivent prendre conscience de cette valeur. La matrice est Ă  l’intĂ©rieur de la femme, mais elle bĂ©nĂ©ficie aux deux.

Prendre soin, c’est avant tout connaütre

Prendre soin, c’est dĂ©jĂ  ĂȘtre Ă  l’écoute des signaux que ces utĂ©rus vont envoyer. Quand une femme n’est pas sous contraception hormonale, elle va ĂȘtre cyclique. En fonction de son cycle menstruel, elle va avoir des moments oĂč elle va ĂȘtre :

  • pleine d’énergie,
  • plus fatiguĂ©e,
  • plus sensible,
  • agrĂ©able
  • moins agrĂ©able.

Quand une femme connait son cycle, est Ă  l’écoute de son utĂ©rus, et Ă  l’écoute de ses changements internes, ça va ĂȘtre beaucoup plus facile pour elle de les expliquer Ă  son Ă©poux.

Un homme saura s’adapter dĂšs lors qu’il va dĂ©velopper sa capacitĂ© Ă  ĂȘtre Ă  l’écoute de son Ă©pouse et qui va ĂȘtre en mesure d’observer ces changements-lĂ . Par l’écoute et la dĂ©couverte, les deux Ă©poux vont grandir ensemble.

Avant tout, ça commence par se connaĂźtre soi en temps que femme. Je suis toujours Ă©tonnĂ©e du nombre de femmes qui dĂ©couvrent comment fonctionne un cycle menstruel. Parfois, une fois qu’elles sont mariĂ©es voire, aprĂšs avoir eu des enfants. C’est incroyable, on devrait apprendre ça au moment de la puberté ! On devrait apprendre ça Ă  nos filles et Ă  nos garçons pour faire d’eux des adultes riches de connaissances. Beaucoup dĂ©couvrent cela durant un projet bĂ©bĂ©.

Cette idĂ©e de trousseau, c’est aussi avoir des connaissances qui peuvent paraĂźtre secondaires alors qu’elles sont hyper importantes.

Le mariage, la moitiĂ© de la foi ?

Dans les épisodes précédents, on a évoqué pas mal de mots-clés :

  • la recherche de la sakina
  • la mawadda et la rahma
  • l’homme qawwam
  • la femme saliha

Aujourd’hui, on a d’autres notions encore qui rentrent en compte. On va ajouter de nouveaux mots-clĂ©s, comme celui de « zawj ».

C’est trĂšs important de bien garder en tĂȘte cette notion. On entend souvent « le mariage, c’est la moitiĂ© de la foi », mais on le comprend comme quelque chose d’accompli une fois le mariage prononcĂ©. Non, on espĂšre que tu arrives dans le mariage en ayant dĂ©jĂ  accompli une partie, et que le mariage va venir travailler la suite.

Ton Ă©poux, ton Ă©pouse, va te permettre de t’amĂ©liorer, de dĂ©velopper la meilleure version de toi-mĂȘme. Quand on se marie, l’autre va nous voir dans notre vraie nature. On va ĂȘtre intimes au sens psychique. L’autre va nous dĂ©couvrir, parfois appuyer lĂ  oĂč ça fait mal.

Quand l’un et l’autre ont compris qu’elle Ă©tait la source de leur sakina, ils sont Ă  l’écoute. Ils Ă©changent sur les paroles qui leur font du mal, ils dĂ©cident de travailler sur telle ou telle chose. L’un et l’autre viennent se complĂ©ter. Ils avancent et forment une entitĂ© « couple » qui va grandir.

Parfois, il y en a un qui a des compĂ©tences donc il gĂšre ces choses en question. À l’inverse, si l’on admet que l’autre a davantage de compĂ©tences, alors on laisse l’autre gĂ©rer. Chacun va avoir des facilitĂ©s, des aptitudes, Ă  gĂ©rer ou non certaines situations. Ils vont donc apprendre Ă  se faire confiance et grandir ensemble. C’est ainsi que chacun est une source de paix pour l’autre.

Les désaccords dans le couple

On dit que l’une des rĂšgles des couples heureux, c’est d’ĂȘtre d’accord d’avoir des dĂ©saccords.

Quand on a compris que l’un et l’autre, on est lĂ  pour s’aider, avancer, grandir, alors on s’amuse, on est plus authentiques, spontanĂ©s, etc.

Ainsi, on n’est plus dans ces calculs, dans ces rĂšglements de compte, car on n’a pas la peur d’ĂȘtre jugĂ© par l’autre vu qu’il est lĂ  pour me complĂ©ter. C’est un des ingrĂ©dients des couples qui vont bien, c’est ĂȘtre convaincu que l’autre a une bonne intention.

La bonne intention et le bon soupçon

À partir du moment oĂč tu doutes de l’intention de l’autre, c’est le dĂ©but de la fin. « Zawj » est censĂ© installer la sĂ©curitĂ©. Normalement, je me marie pour trouver ma paix, ma sakina, donc toi en tant qu’époux ou Ă©pouse tu dois y contribuer. Si tu doutes de moi, tout ce que je vais faire est perdu d’avance.

C’est toujours facile de discuter de ce que l’autre fait. Mais il faut se responsabiliser quand on se marie :

  • Qu’est-ce que je fais pour rĂ©pondre Ă  mes responsabilitĂ©s ?
  • Qu’est-ce que moi j’apporte ?
  • Comment je contribue au bien-ĂȘtre de cette entitĂ© « zawj » ?

Comment les hommes peuvent dĂ©marrer, en tant que qawwam, dans le mariage ?

L’homme est par nature qawwam avec les membres de sa famille. Cependant, il n’aura pas le mĂȘme rĂŽle avec son Ă©pouse. Il doit alors passer par plusieurs Ă©tapes.

ConnaĂźtre ses valeurs

Il doit se demander :

  • quelles sont les valeurs qui, pour moi, sont fondamentales,
  • quels sont les mots-clĂ©s auxquels les gens vont m’identifier en pensant Ă  moi ?
  • Quelles sont les valeurs qui me caractĂ©risent ?
  • Dans quelle mesure, dans mon quotidien, je vis ces valeurs-là ?
  • Dans ma relation avec mon Ă©pouse, comme je fais paraĂźtre ces valeurs pour qu’elle puisse les sentir ?

Comprendre son Ă©pouse

Il doit s’intĂ©resser aux valeurs de son Ă©pouse.

  • Quelles sont les valeurs qui l’ont attirĂ© chez cette femme ?
  • Comment lui montrer que ces valeurs lui parlent aussi ?

Dans un couple qui fonctionne bien, on n’est pas obligĂ© d’avoir exactement la mĂȘme liste de valeurs, mais il y en a certaines qui doivent ĂȘtre similaires. AprĂšs, on va un peu rejoindre le monde de l’autre.

Par exemple, si l’homme n’est pas trĂšs joyeux, pas trĂšs amusant, mais qu’il sait que c’est important pour son Ă©pouse, alors il va un peu relĂącher son cĂŽtĂ© « sĂ©rieux », la surprendre, etc.

Comment les femmes peuvent-elles partir du bon pied dans leur mariage ?

Conscientiser ses valeurs

De la mĂȘme façon que pour l’homme, c’est une Ă©tape essentielle.

Être prĂȘte Ă  abandonner de fausses croyances

Il faut faire un tri des croyances que l’on a par rapport au couple. C’est un conseil valable pour les hommes aussi. Il faut arriver en paix dans le mariage et avoir le bon soupçon.

Exprimer clairement ses besoins.

C’est une erreur souvent faite par les femmes : attendre d’ĂȘtre comprise, que l’autre devine, etc. En fait, il s’agit de bien avoir en tĂȘte que l’homme et la femme ne rĂ©flĂ©chissent pas forcĂ©ment de la mĂȘme maniĂšre.

Elle doit exprimer ses besoins et ne pas se dire « je me donne Ă  150 % » pour faire la super-Ă©pouse en pensant recevoir en retour. Fais ce que tu peux faire, pas moins, pas plus. Il y a souvent de la frustration.

On dit souvent qu’il faut donner sans attendre en retour, mais dans le mariage, ça ne fonctionne pas, et c’est humain !

On a envie de donner, de s’investir, et on attend indirectement ce fameux « retour sur investissement » : un merci, une reconnaissance, une considĂ©ration, etc.

Il ne faut pas commencer Ă  :

  • calculer,
  • ĂȘtre sur la dĂ©fensive,
  • attendre le faux pas,
  • souligner ce qui ne va pas.

Non, tranquillement, on va construire la relation ensemble.

Parfois, il faut fermer les yeux. Au dĂ©but du mariage, on est gĂ©nĂ©ralement un peu aveuglĂ©s. Mais, au fil du temps, cette lune de miel va s’estomper. Les conseils vont donc ĂȘtre diffĂ©rents en fonction de la phase dans laquelle se trouve le couple.

Instaurer des rĂšgles dans le couple, une bonne idĂ©e ?

C’est un des points dĂ©veloppĂ©s dans le cadre du sĂ©minaire de prĂ©paration au mariage : les rĂšgles du couple.

En effet, on invite l’époux et l’épouse Ă  lister les rĂšgles de la maison. Ça peut ĂȘtre :

  • prĂ©venir quand on est en retard,
  • manger au moins un repas ensemble,
  • attendre l’autre pour prier, etc.

Des rĂšgles simples, basiques, mais qui vont permettre d’instaurer des rituels. L’ĂȘtre humain a besoin de rituels. Ça crĂ©e de la sĂ©curitĂ©. Quand on dĂ©roge Ă  ces rituels, on s’interroge alors dessus et on Ă©change Ă  ce sujet.

Instaurer ces rĂšgles, c’est un bon point de dĂ©part. Puis, il faut Ă  chaque fois y revenir.

On donne souvent l’exemple de l’entreprise. Le lundi matin, on a une rĂ©union pour faire le point sur la semaine qui s’est Ă©coulĂ©e, ce qui s’est bien passĂ©, les points de vigilance, nos attentes, etc.

Il y a des couples qui peuvent passer parfois des mois sans se poser, sans discuter sur ces fameux rituels, faire une mise au point. C’est en quelque sorte l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du couple ! Ça amĂšne un cadre, mais surtout, on se soucie de l’entitĂ© couple, et on prend soin de nous. Ce sont des rituels Ă  instaurer le plus tĂŽt possible.

Se fixer une ligne rouge Ă  ne pas franchir

C’est quelque chose que l’on peut observer chez les couples qui consultent. Certains banalisent l’idĂ©e du divorce en l’évoquant Ă  chaque dispute. On ne sait pas si l’autre est sĂ©rieux, s’il a vraiment envie de se sĂ©parer, si le problĂšme est si grave que ça ou non. Ce sont vraiment des rĂšgles de bonne conduite Ă  instaurer au sein du couple :

  • on ne se manque pas de respect,
  • on ne se dĂ©nigre pas,
  • on ne s’insulte pas, etc.

D’ailleurs, Ă  ce sujet on n’imagine pas le nombre de personnes qui ont l’insulte facile. C’est Ă  bannir tant c’est inadmissible dans notre communautĂ©.

Comment une langue qui Ă©voque son Seigneur peut aussi insulter ?

C’est souvent le cas des personnes trĂšs nerveuses, qui n’arrivent pas Ă  gĂ©rer les excĂšs de mal-ĂȘtre. On peut ne pas ĂȘtre en accord, ĂȘtre en colĂšre, mais on discute de la maniĂšre dont on va gĂ©rer les conflits. On peut Ă©tablir une rĂšgle de maniĂšre commune pour leur bien-ĂȘtre Ă  tous les deux.

Par exemple : quand on s’énerve, on change de piĂšce chacun, on se donne trente minutes et on en rediscute.

Des rÚgles vouées à évoluer

Ces rĂšgles ne sont pas figĂ©es, elles peuvent Ă©voluer. En effet, quand on avance en Ăąge dans le couple, on est censĂ©s :

  • se rĂ©concilier de plus en plus vite,
  • comprendre que l’autre est lĂ  pour notre bien-ĂȘtre aussi,
  • voir disparaĂźtre des sources de conflits,
  • constater que le temps de dispute va s’écourter.

Tout cela a lieu dĂšs lors que l’un et l’autre ont fait un travail de gestion de la colĂšre et ont pris le temps de dĂ©briefer les conflits.

Quand il y a un conflit, on ne le met pas sous le tapis. Les « ce n’est rien », ou « il n’y a rien », ne vont faire que s’accumuler et ils finiront par ressortir, avec souvent des dĂ©tails trĂšs prĂ©cis !

Le vrai pardon

Quand on pardonne, c’est archivĂ©, affaire classĂ©e. Si on pardonne rĂ©ellement, on ne revient plus dessus.

Zaynab : C’est d’ailleurs la rĂšgle normalement. Quand Allah pardonne Ă  quelqu’un, ça fait partie de la biensĂ©ance de ne pas rappeler Ă  la personne son pĂ©chĂ© ou son erreur. C’est entre elle et Allah. On n’a aucun droit de l’évoquer !

D’ailleurs, on se rend compte que ça devient un combat d’égo. Tu m’as fait mal, alors je vais ressortir aussi un dossier pour te faire mal. Quand tu prends du recul, tu te rends compte Ă  quel point c’était petit. Et on se rappelle que « zawj » est lĂ  pour nous faire grandir.

C’est un petit clin d’Ɠil à tous les rancuniers et les rancuniùres !

Le mariage est lĂ  pour nous rĂ©former. C’est un travail sur soi, sur nos dĂ©fauts, nos points Ă  amĂ©liorer. Il nous aide Ă  ĂȘtre de meilleures personnes. Il nous permet ainsi de travailler notre foi mais il faut se donner le temps. C’est cette fameuse dĂ©sillusion ! On avait une image de l’autre, mais il faut se dire que, l’un et l’autre, ce ne sont pas des versions accomplies, finies. La premiĂšre annĂ©e de mariage, vous allez arriver Ă  la version 1.0.

La phase « lune de miel »

La phase lune de miel peut aussi ĂȘtre vĂ©cue avant le mariage, durant la phase oĂč les familles se rencontrent, etc.La phase de sĂ©duction, avec les rĂšgles de la pudeur, vient crĂ©er des choses tellement douces et agrĂ©ables que ça remplit la fameuse « banque d’amour ».

Plus tard, quand ça n’ira pas, vous repenserez Ă  ces moments-lĂ . Si vous avez dĂ©jĂ  rĂ©ussi Ă  le vivre, alors vous pouvez le revivre. C’est en cela que c’est important de s’autoriser Ă  vivre la lune de miel.

Certains couples vont la vivre quelques semaines, et d’autres presque un an. Elle peut durer encore dans le temps si elle est entretenue, et que les deux ont dĂ©posĂ© leurs armes. Ça demande un vrai effort, une vraie remise question et prise de conscience. En effet, il faut se responsabiliser, et se demander ce que l’on peut faire pour rendre la chose plus mielleuse.

La phase de désillusion

Bien Ă©videmment, la dĂ©sillusion va venir avec la routine, le quotidien. À nous d’avoir des rituels sains. Nous ne sommes pas que des Ă©poux. Il y a un homme et une femme. Ils ne doivent pas mettre leur vie individuelle de cĂŽtĂ© pour s’investir uniquement dans le couple.

Chacun ne doit pas oublier :

  • sa famille,
  • ses amis,
  • ses moments rien qu’à lui/elle, etc.

C’est trĂšs important d’avoir ces moments-lĂ  pour :

  • se ressourcer
  • bien se retrouver

Dans la phase de dĂ©sillusion, si l’homme et la femme ont pris soin d’eux individuellement, ils vont se retrouver sans rendre exclusivement responsable l’autre de son bien-ĂȘtre.

Comprendre cela permet de dĂ©charger l’autre de ce qui ne lui appartient pas. Parfois on entend « c’est ma vie, c’est ma raison de vivre », etc. Non, on a d’autres objectifs de vie, on est croyants et notre objectif est d’ĂȘtre dans l’adoration. Ça passera toujours avant le reste.

Il faut aussi avoir en tĂȘte qu’il y aura des moments moins chouettes que d’autres et des moments de disputes. Vous allez dĂ©couvrir des facettes de l’autre qui vont vous donner mal Ă  la tĂȘte, et c’est normal ! Bienvenue dans la vraie vie ! Mais, il faut se dire qu’à cĂŽtĂ©, il y a des choses belles, des choses qui vont bien. Ceci nĂ©cessite :

  • d’avoir des rendez-vous amoureux,
  • de prendre du temps pour soi,
  • de nourrir son couple.

Quand on pense aux couples qui vont bien, on a cette idĂ©e qu’ils sont tout le temps au restaurant, qu’ils s’offrent des cadeaux tous les jours, qu’ils se tiennent la main tout le temps
 C’est assez dĂ©cuplĂ© avec les rĂ©seaux sociaux, mais tout ça, c’est du bluff.

Cependant, c’est possible dans une certaine mesure de kiffer quotidiennement. Ça demande un effort.

La phase de construction du couple

Quand la dĂ©sillusion est accueillie et comprise, qu’on a tout mis Ă  plat et qu’on a trouvĂ© des solutions, on se retrouve alors dans la construction du couple. Un couple qui a envie d’avancer et de cheminer ensemble vers Dieu. Et lĂ , on goĂ»te au sakina ultime.

Il y a des couples qui restent trĂšs longtemps dans la phase de dĂ©sillusion, parfois toute leur vie. En consultation, on voit des couples qui sont ensemble depuis 20-30 ans, mais sans le vouloir, ils sont restĂ©s Ă  cette Ă©tape du couple.

À l’inverse, certains couples vont avoir 6 mois de lune de miel, puis dĂ©sillusion durant quelques mois, parfois un temps trĂšs court en fonction de leur maturitĂ©, et trĂšs vite ils entrent dans la phase de construction.

Ça demande de la maturitĂ© et d’ĂȘtre dans la rĂ©forme personnelle. Pour cela, il faut impĂ©rativement ĂȘtre dans une rĂ©forme spirituelle Ă©galement.

Tout ça me rappelle la parole d’une proche qui disait : le fait de prendre souvent des moments Ă  deux, de se crĂ©er des rituels, c’est comme se crĂ©er des moments pour pouvoir voir le maximum de qualitĂ©s chez l’autre. C’est se rappeler les qualitĂ©s de l’autre. Dans ces moments-lĂ , on voit moins les dĂ©fauts.

On arrive ensuite Ă  une phase oĂč l’on a tellement travaillĂ© pour mettre en avant les qualitĂ©s de l’autre, que finalement ça arrive Ă  un niveau oĂč les dĂ©fauts de la personne deviennent mignons. Ils sont tellement concentrĂ©s sur les qualitĂ©s qu’au final, les dĂ©fauts n’ont pas eu de place pour s’exprimer.

Par contre, quand on n’est pas qawwam, ni saliha, les qualitĂ©s ne sont alors pas assez mises en lumiĂšre. Ainsi, le dĂ©faut qui est insignifiant en temps normal devient un calvaire et ça fait de l’autre un monstre !

On entend souvent en thĂ©rapie le reproche qui est fait Ă  l’autre de ne pas ĂȘtre considĂ©rĂ© Ă  sa juste valeur, de ne pas avoir suffisamment de place, de ne pas ĂȘtre dĂ©sirĂ©, etc. J’aime beaucoup dire que pour ĂȘtre admirĂ© il faut ĂȘtre admirable. Pour ĂȘtre dĂ©sirĂ©, il faut ĂȘtre dĂ©sirable. Qu’est-ce que tu fais pour faire naitre de l’admiration chez l’autre ? C’est une vraie question de responsabilitĂ©. C’est toujours plus facile de se dire que c’est Ă  l’autre de changer. Mais c’est toi, en tant qu’individu, qui a pris la responsabilitĂ© de te marier. Qu’est-ce que tu fais pour que l’autre puisse avoir envie de te retrouver ? Quand on arrive Ă  ce niveau-lĂ , on est vraiment dans le « zawj ».

Quand on Ă©coute tout ça, on se dit que c’est logique, que ça coule de source. Pourtant, il y a encore trop de couples pour qui ce n’est pas Ă©vident. Je pense que ça peut en partie s’expliquer par le fait que l’on n’en parle pas assez. Le mariage c’est un des sujets les plus abordĂ©s, et pourtant, suite aux diffĂ©rents Ă©pisodes que j’ai pu faire, j’ai beaucoup de retours de personnes me disant qu’elles n’avaient jamais entendu parler du mariage de cette maniĂšre.

Les parents, le premier exemple de couple

Les parents aussi ont une responsabilitĂ©. Quel couple d’amoureux sont-ils ? Comment se comportent-ils devant leurs enfants ?

Les enfants ont besoin de voir ce qu’est un couple sain, proche, amoureux. Il y a des personnes qui ne savent absolument pas quoi faire pendant un conflit, car ils n’ont jamais vu leurs parents se prendre la tĂȘte. Ce sont des parents qui pensent bien faire, nous ne sommes pas lĂ  pour juger les intentions, bien loin de lĂ . Ils se disputent en cachette, Ă  l’abri du regard de leurs enfants, mais au final ils n’ont jamais appris Ă  leurs enfants Ă  rĂ©gler un conflit et comment le dĂ©samorcer.

Les enfants doivent voir les dĂ©saccords de leurs parents. On ne parle pas ici de gros conflits, on peut tout de mĂȘme hausser le ton. Ensuite, l’un ou l’autre peut s’excuser, mĂȘme rigoler, et la situation va se dĂ©samorcer. Les enfants comprennent alors qu’on peut ne pas ĂȘtre d’accord, mais ça reste dans le respect.

Au contraire, il y a des enfants qui voient la dispute, mais qui ne voient jamais la rĂ©conciliation ! Ils revoient les parents le lendemain en s’étonnant du changement.

Ainsi, la maniĂšre de gĂ©rer le conflit, de nĂ©gocier avec l’époux/l’épouse va former les enfants dans leur future relation maritale.

La formation « Le trousseau intime des mariĂ©s »

On pense que l’intimitĂ© et la sexualitĂ© sont des sujets tabous ou interdits, alors qu’on prie avec des versets qui Ă©voquent ces sujets.

Ces tabous ont crĂ©Ă© Ă©normĂ©ment de difficultĂ©s au sein des couples mariĂ©s. Je suis toujours Ă©tonnĂ©e du nombre de couples qui viennent en consultation et qui ont des difficultĂ©s d’ordre intime, sexuel, et qui ne connaissent pas le b.a.-ba en sexologie.

Comme je le dis souvent, tu ne montes pas dans une voiture si tu n’as pas suivi ni la thĂ©orie ni les heures de conduite. Ici, on dit aux gens de se prĂ©server jusqu’au mariage, ce qui est trĂšs bien, mais on n’explique pas la suite.

Il faut connaĂźtre son corps, savoir comment ça se passe, connaĂźtre le corps de l’autre, et surtout ne pas surestimer « la nuit de noces ». On ne peut pas demander Ă  quelqu’un qui s’est prĂ©servĂ© de se retrouver quelques heures aprĂšs la cĂ©rĂ©monie de mariage, dans un Ă©tat de nuditĂ© totale face Ă  quelqu’un qu’elle connait Ă  peine.

Ça peut crĂ©er des blocages et Ă  terme des conflits. Être en disharmonie sexuelle, dans un inconfort intime, ça va crĂ©er des tensions, ça va vite amener la dĂ©sillusion pour le coup !

L’idĂ©e de cette formation c’était donc de donner un concentrĂ© de connaissances en matiĂšre d’intimitĂ©. Le tout en respectant toujours la biensĂ©ance et les rĂšgles de pudeur dans les explications, avec tout un bagage scientifique dans l’anatomie, de physiologie, etc. Nous Ă©voquons aussi quelles sont les difficultĂ©s que les couples peuvent rencontrer, et mes prĂ©conisations pour que leur vie intime se passe de la maniĂšre la plus Ă©panouissante possible.

Les derniers conseils pour partir du bon pied dans le mariage

Lancez-vous

Faites-vous confiance, faites confiance Ă  l’autre, mais surtout Ă  Allah ï·» avant tout.

Donnez-vous du temps

Acceptez de voyager ensemble, de grandir ensemble. Dites-vous que c’est par l’expĂ©rience et le fait de traverser toutes ces Ă©tapes-lĂ , que vous allez vous complĂ©ter de la plus belle des maniĂšres au fil du temps.

C’est ainsi que s’achĂšve cet Ă©pisode sur le fait de savoir comment partir du bon pied dans le mariage. Nous espĂ©rons qu’il vous a plu. N’hĂ©sitez pas Ă  nous dire dans les commentaires si ce sont des conseils que vous auriez aimĂ© entendre avant de vous marier. Si vous n’ĂȘtes pas encore mariĂ©(e), est-ce que ces conseils vous rassurent ? Si la thĂ©matique du mariage vous intĂ©resse, n’hĂ©sitez pas Ă  consulter les autres sujets traitĂ©s dans les Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents.

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qasdfghjkl

TrÚs bénéfique, jazak allahu kheiran

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