Sur les pas de notre mère Hajar

Temps de lecture estimé : 18 min

Si tu n’es pas au sein de la Maison des Salihats, c’est un bonus pour toi. S

La Maison des Salihats, c’est un programme spécifique aux femmes, où on parcourt le Coran, où on étudie ses leçons, où on apprend à être des Salihats à travers le Livre d’ALLAH ﷻ. Deux directs par semaine — tous les lundis et jeudis matins — avec toute une bibliothèque de rediffusions accessibles. Un bel abonnement à t’offrir, si tu n’y es pas encore. Toutes les informations sont dans les notes de l’épisode.

Sommaire

La saison du Hajj

Il y a une saison qui s’avance vers nous, qui s’apprête à frapper à notre porte : Dhul-Hijjah. La saison du hajj. L’une des plus belles saisons de l’année.

Et ces dix premiers jours de Dhul-Hijjah sont les jours les plus aimés d’ALLAH ﷻ. Le Prophète ﷺ nous l’a dit : 

Il n’existe pas de jours dans lesquels les œuvres pieuses sont plus aimées d’ALLAH ﷻ que ces dix jours-là. 

Plus aimés que n’importe quels autres jours de l’année — même les dix premiers jours du Ramadan, si l’on parle en termes de journées.

Ma chère Saliha, est-ce qu’on mesure vraiment la portée de ça ?

Alors j’ai pris une décision pour cet épisode. Je veux qu’on se prépare à ces jours bénis — pas seulement dans nos agendas, pas seulement dans notre liste de jeûnes et de dhikr, mais dans nos cœurs d’abord.

Et pour préparer notre cœur, il faut s’inspirer de quelqu’un. Je n’ai pas trouvé mieux, pour cette occasion, que notre mère Hajar عليها السلام — la femme par qui les rites du hajj existent, celle dans les pas de qui chaque pèlerin court depuis des millénaires.

Alors aujourd’hui, on va être en sa compagnie. On va courir avec elle, s’arrêter avec elle, monter sur Safa, redescendre vers Marwa. Et on va voir, inch’ALLAH ﷻ, que cette femme extraordinaire a énormément de choses à nous dire — à nous, femmes de 2026, dans nos cuisines, nos voitures, nos vies parfois très compliquées.

Pourquoi Hajar عليها السلام ?
Pourquoi maintenant ?

ALLAH ﷻ a dit dans le Coran, dans Sourate Al-Hajj, qu’Ibrahim عليه السلام est notre père — au sens religieux du terme.

« Suis la religion de ton père Ibrahim. »

Et quand un père s’en va, ses enfants héritent. Nous héritons de sa religion, de son tawakul, de sa soumission à ALLAH ﷻ.

Mais si Ibrahim عليه السلام est notre père, alors Hajar عليها السلام — celle qu’ALLAH ﷻ a choisie pour lui, celle qui a porté son fils Ismaïl عليه السلام, ancêtre de notre Prophète Mohammed ﷺ — Hajar عليها السلام est notre mère. Et hériter d’elle, c’est notre droit, j’oserais même dire notre devoir.

Hajar عليها السلام, c’est tellement nous. Tellement femme, tellement mère, tellement épouse. Elle a été laissée dans un désert avec un nourrisson. Elle a connu la peur, la faim, la soif, l’isolement total. Elle a couru pour son enfant, prié pour son époux. Et elle a fait jaillir une source — par sa foi et par ses pieds qui couraient — une source qui coule encore aujourd’hui, quatre mille ans plus tard.

Station 1 — Le don qu’elle était

Pour comprendre Hajar عليها السلام, il faut remonter le temps.

Ibrahim عليه السلام est né en Irak. Il a appelé son peuple au tawhid, on l’a rejeté. Il est parti en Palestine, on l’a rejeté. Puis il est parti en Égypte avec son épouse Sarah عليها السلام.

En Égypte, un roi tyrannique avait l’habitude de s’emparer des femmes mariées d’une grande beauté. Il envoya ses soldats chercher Sarah عليها السلام et la fit amener seule dans son palais. Et là — elle invoqua ALLAH ﷻ. Le roi s’avança vers elle, et sa main se paralysa immédiatement. Pris d’une peur immense, il supplia Sarah d’invoquer son Rabb pour le délivrer, promettant de la laisser partir. Elle invoqua, et il fut délivré. Il recommença, deux fois, trois fois — et à chaque fois, la même chose. Finalement vaincu, il dit :

« Tu n’es pas une femme, tu es un démon. Sortez-la de chez moi. »

Et juste avant qu’elle parte, il lui offrit un cadeau — comme quoi, quand une femme se respecte, on peut passer de celui qui veut la blesser à celui qui la chasse parce qu’il la craint. Il lui offrit une jeune servante, captive, d’origine noble. Et son nom, ma chère Saliha — écoute bien — son nom était Hajar.

En arabe ancien, Hajar signifie voici un cadeau.

Et ce nom, elle allait le vivre toute sa vie : elle est entrée dans la famille d’Ibrahim عليه السلام comme un cadeau, elle est devenue un cadeau pour Ibrahim عليه السلام, elle a porté un cadeau dans son ventre — Ismaïl عليه السلام — et elle nous a laissé à toutes un cadeau : Zamzam.

Le temps passe. Sarah عليها السلام vieillit, et la maternité lui échappe. Elle voit dans le cœur de son mari Ibrahim عليه السلام ce désir d’être père. Et alors — écoute bien ce qu’elle fait, parce que c’est admirable — elle propose à Ibrahim عليه السلام et à Hajar عليها السلام de se marier. « Épouse-la, peut-être qu’ALLAH ﷻ te donnera un enfant à travers elle. » Quel cœur que celui de Sarah عليها السلام.

Ibrahim عليه السلام épouse Hajar عليها السلام. Et quelques mois plus tard, après des décennies sans enfant, Hajar عليها السلام tombe enceinte. Elle met au monde un fils. Et Ibrahim عليه السلام, dans cette joie immense, lui donne un nom : Ismaïl عليه السلام — Sami’a ALLAH — « ALLAH ﷻ a entendu ».

Comme si Ibrahim عليه السلام disait à travers ce nom : ALLAH ﷻ a entendu mon invocation, ALLAH ﷻ m’a exaucé. Et là, une première leçon glisse doucement :

Nomme tes joies. Nomme tes bénédictions. Quand ALLAH ﷻ exauce une de tes douas, marque-le dans ta mémoire — pour te souvenir qu’ALLAH ﷻ t’a entendu, et qu’il t’entend : au passé, au présent, au futur.

Station 2 — Le désert

Le bonheur dans la maison d’Ibrahim عليه السلام n’est pas total. Sarah voit grandir Ismaïl عليه السلام, elle voit l’amour d’Ibrahim عليه السلام pour son fils, et une tristesse naît en elle — le rappel douloureux de la maternité qu’elle n’a pas vécue. C’est humain, tellement humain.

ALLAH ﷻ, le meilleur des planificateurs, décide alors. Il ordonne à Ibrahim عليه السلام de prendre Hajar عليها السلام et le nourrisson Ismaïl عليه السلام, et de les emmener loin — très loin — jusqu’à La Mecque.

Imagine la scène : un homme âgé, une jeune épouse, un nourrisson, une longue route depuis la Palestine jusqu’au cœur du désert d’Arabie. Et au bout de cette route — rien. Pas de Kaaba encore. Pas un être humain, pas un animal, pas une goutte d’eau, pas une feuille verte. Du sable brûlant, un soleil implacable, des montagnes de pierre.

Ibrahim عليه السلام dépose Hajar et Ismaïl dans cette vallée morte. Il leur laisse une outre d’eau et quelques dattes. Et il leur tourne le dos.

Hajar عليها السلام court derrière lui. Elle appelle, elle est terrifiée. « Où vas-tu ? Tu nous laisses ici sans âme, sans vie, sans personne ? »

Ibrahim عليه السلام ne se retourne pas. Pourquoi ? Les savants l’ont expliqué : s’il s’était retourné, s’il avait vu le visage innocent de son fils et la peur dans les yeux de son épouse, ses émotions auraient pris le dessus. Il n’aurait peut-être pas pu obéir au commandement d’ALLAH ﷻ. Il a choisi de mettre l’ordre d’ALLAH ﷻ devant ses propres émotions — et c’est ça qui lui a valu ce titre d’avoir réussi chaque épreuve avec brio.

ALLAH ﷻ ne veut pas seulement que nos membres lui soient soumis, ni seulement notre langue. Il veut aussi nos émotions. Pas qu’on ne ressente rien — mais qu’on les dompte. C’est ça le vrai test.

Et là, Hajar عليها السلام s’arrête. Elle cesse de courir après lui. Elle pose une seule question — une seule, et retiens-la :

« Allahu amaraka bihada ?
Est-ce ALLAH ﷻ qui t’a ordonné cela ? »

Ibrahim عليه السلام hoche la tête. « Oui. »

Des paroles qui méritent d’être gravées

Hajar عليها السلام prononce ces paroles :

« Si c’est ALLAH ﷻ qui te l’a ordonné — alors Il ne nous abandonnera pas. »

Dans le désert. Avec un nourrisson. Sans eau, presque sans nourriture.

Voilà ce qu’est le tawakul. Pas le tawakul des moments faciles — le tawakul du désert.

Un détail à méditer avant de continuer.

Ibrahim عليه السلام, enfant en Irak, a vécu deux blessures profondes : son propre père l’a menacé de le lapider (« Si tu n’arrêtes pas, je te tuerai ») et lui a dit de disparaître, de s’éloigner de sa vue. Les deux blessures les plus profondes d’une enfance selon les psychologues — être blessé par ses parents, et être abandonné par eux.

Et ALLAH ﷻ, dans sa hikmah infinie, va demander à Ibrahim عليه السلام de revivre ces deux blessures — mais du côté de celui qui les inflige : abandonner son épouse et son fils dans un désert. Puis plus tard, sacrifier son fils.

Pourquoi est-ce que je te dis ça ?

Parce que Ibrahim عليه السلام, lui, avait choisi de ne pas reproduire ce qu’il avait subi. Son nom même le dit : Abu Rahim — le père de la tendresse, le père plein de rahma. C’était son combat de vie. Et c’est précisément là qu’ALLAH ﷻ l’a testé.

► ALLAH ﷻ nous teste là où c’est le plus dur, là où ça fait le plus mal. Pas par cruauté — jamais. Mais parce qu’Il sait qu’au bout de ce test précis, il y a une élévation que rien d’autre ne pourrait nous offrir.

Ibrahim عليه السلام s’éloigne. Quand il est suffisamment loin pour ne plus les voir, il s’arrête, se tourne vers ce qui sera plus tard la Kaaba, lève les mains et invoque. ALLAH ﷻ a tellement aimé cette dou’a qu’il l’a inscrite dans le Coran :

رَّبَّنَآ إِنِّىٓ أَسْكَنتُ مِن ذُرِّيَّتِى بِوَادٍ غَيْرِ ذِى زَرْعٍ عِندَ بَيْتِكَ ٱلْمُحَرَّمِ رَبَّنَا لِيُقِيمُوا۟ ٱلصَّلَوٰةَ فَٱجْعَلْ أَفْـِٔدَةًۭ مِّنَ ٱلنَّاسِ تَهْوِىٓ إِلَيْهِمْ وَٱرْزُقْهُم مِّنَ ٱلثَّمَرَٰتِ لَعَلَّهُمْ يَشْكُرُونَ

« Ô notre Rabb, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans culture, près de ta maison sacrée, afin qu’ils accomplissent la prière. Fais donc que les cœurs de certaines personnes inclinent vers eux, et nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants. »

— Sourate Ibrahim, verset 37

Regarde l’ordre de ses demandes : qu’ils établissent la prière. Pas qu’ils mangent, pas qu’ils boivent, pas qu’ils survivent — alors que c’était l’urgence. Sa première demande, c’est la salat.

Ibrahim عليه السلام savait que si la salat est droite, tout reste droit. La nourriture du corps est secondaire à la nourriture de l’âme.

Et c’est seulement à la toute fin de sa doua qu’il dit : « nourris-les de fruits. » Comme si le rizq découlait naturellement de l’adoration.

► Combien d’entre nous ont délaissé la prière sous prétexte de devoir gagner leur vie, s’occuper du foyer ? Ibrahim عليه السلام nous chuchote à travers les âges : c’est l’inverse. Obéis à ALLAH ﷻ, et ALLAH ﷻ prendra soin de ta subsistance. C’est promis — et c’est écrit dans Son Livre.

Station 3 — La course entre Safa et Marwa

Les jours passent.

Hajar عليها السلام mange les dattes, boit l’eau. Elle allaite son fils. Et un jour, l’outre est vide. Son lait se tarit. Le petit Ismaïl عليه السلام commence à pleurer — de faim, de soif, il frappe le sol de ses petits pieds, il se tord de douleur.

Tu connais ce son, ma sœur ? Le pleur d’un bébé qui souffre. ALLAH ﷻ a placé ce son comme une alarme dans le cœur d’une mère — quel que soit le niveau de fatigue, dès que ça retentit, on est debout.

Hajar عليها السلام vient d’accoucher. Elle n’a pas eu ses quarante jours de repos. Elle est dans le désert. Et elle ne peut pas regarder son fils mourir.

Alors elle se lève. Elle le pose doucement — elle ne peut pas l’emmener, c’est trop dangereux. Elle court vers la montagne la plus proche : Safa.

Elle monte. Elle scrute l’horizon. Une caravane, un voyageur, n’importe quoi. Il n’y a rien.

Elle redescend. En face, une autre montagne : Marwa. Elle court. Elle monte. Elle scrute. Toujours rien.

Et elle revient vers Safa.

Pourquoi revenir sur Safa ? Elle n’a rien vu la première fois — pourquoi le reverrait-elle ? Parce qu’elle est aimantée à son enfant. Le cœur d’une mère, c’est un aimant — elle ne peut pas s’éloigner trop loin. Safa, Marwa, Safa, Marwa — sept fois.

Sept allers-retours désespérés, épuisés.

Et sur sa langue, en boucle, elle répète :

« Il ne nous abandonnera pas. Il ne nous abandonnera pas. »

Cette phrase qu’elle a dite à Ibrahim عليه السلام, elle la garde — et c’est ça qui lui permet de continuer.

Ma chère Saliha, tu sais ce que ces sept allers-retours sont devenus ?

Un pilier du hajj et de la umra. Le sa’i.

Sa’i — aller en quête. Et depuis lors, chaque pèlerin qui va à La Mecque parcourt ce trajet entre Safa et Marwa, sept fois, dans les pas de cette femme.

ALLAH ﷻ a tellement aimé sa course qu’il l’a immortalisée. Il a tellement aimé son tawakul au cœur de la peine qu’il en a fait une adoration pour l’éternité. Il a tellement aimé le cœur de cette femme qu’il a dit : « Tous ceux qui m’aiment, ils passeront par où elle est passée. »

L’honneur d’être une femme qui marche dans les pas de Hajar عليها السلام. Qu’ALLAH ﷻ nous l’accorde.

Station 4 — Zamzam jaillit

Au septième aller-retour, Hajar عليها السلام entend quelque chose. Un bruit — étrange, dans une vallée où le silence est total. Elle se dit à elle-même : « Chut… qu’est-ce que c’est ? » Et le son revient.

Elle se précipite vers Ismaïl عليه السلام. Et là, à côté de lui, l’ange Jibril عليه السلام est descendu. Cet ange qui descendra plus tard sur Mohammed ﷺ avec la révélation — il est là, pour Hajar et Ismaïl. Il frappe le sol — avec son aile selon une narration, avec son talon selon une autre. Et de cette terre morte, sèche, brûlante…

De l’eau jaillit.

De l’eau dans le désert.

Hajar عليها السلام se précipite. Et là, son réflexe est ingénieux : elle commence à entourer l’eau avec du sable, à la rassembler pour qu’elle ne s’étale pas. Et en faisant cela, elle répète : « Zam, zam » — « Rassemble-toi, rassemble-toi. » C’est de là que vient le nom Zamzam.

✦ Bonus — Liste pratique pour le Hajj

Un petit aparté utile, surtout à l’approche du hajj.

Pour celles qui y vont, pour celles qui projettent d’y aller, ou qui connaissent des personnes qui s’apprêtent à partir — j’ai constitué une liste de ce qui est essentiel à emporter au hajj. Des choses utiles et efficaces, que beaucoup auraient aimé avoir au moment de partir.

Quelques éléments à noter, notamment une nouvelle règle en vigueur à Mina : les petites valises cabines à roulettes ne sont plus autorisées dans les tentes, tout comme les grands sacs à main. Par souci d’espace, seuls les sacs à dos sont désormais acceptés. Ce sont le genre de petits détails qui peuvent tout changer sur place.

La liste comprend également des éléments spécifiques aux femmes, des éléments de santé, et tout ce qui peut faciliter le séjour.

Notre Prophète ﷺ a dit qu’ALLAH ﷻ fasse preuve de rahma à la mère d’Ismaïl عليه السلام — car si elle n’avait pas contenu l’eau ainsi, Zamzam serait aujourd’hui une rivière qui s’étalerait à l’air libre. Elle l’a rassemblée, et c’est resté un puits. Un puits qui ne tarit pas — depuis 4000 ans.

► Quand tu bois Zamzam, tu bois la réponse d’ALLAH ﷻ à une mère qui a cru en lui.

Quelques instants plus tard, des oiseaux commencent à tournoyer. Au loin, des membres de la tribu de Jurhum, qui avaient quitté le Yémen, aperçoivent ces oiseaux. Ils savent : là où des oiseaux tournent, il y a de l’eau ou des restes de vie. Ils s’approchent, trouvent Hajar عليها السلام, trouvent Ismaïl عليه السلام, trouvent Zamzam.

Et Hajar عليها السلام — femme respectable, femme dans son droit — leur dit : « Vous pouvez vous installer ici. Mais l’eau est à moi et à mon fils. »

C’est comme ça que La Mecque est née. Cette vallée qui était morte — « un endroit sans culture », selon les mots d’Ibrahim عليه السلام — est devenue une ville.

Aujourd’hui une ville qui ne dort jamais, dont le tawaf ne s’arrête pas, vers laquelle des millions de cœurs se tournent chaque jour. Et tout ça, à travers une femme.

À travers un cœur qui a dit : « S’il l’a ordonné, il ne nous abandonnera pas. »

Les leçons pour nos cœurs

On a couru avec Hajar عليها السلام. On a bu Zamzam avec elle. On a monté et descendu Safa et Marwa. Maintenant, asseyons-nous — et regardons ce qu’on peut emporter de ce récit.

Leçon 1 — La question qui change tout

Souviens-toi : Hajar عليها السلام courait après Ibrahim عليه السلام en demandant

« Où vas-tu ? Pourquoi ? »

Et il ne répondait pas. Ces questions l’épuisaient, la faisaient tourner en rond.

Puis elle a changé de question. Une seule : « Est-ce ALLAH ﷻ qui t’a ordonné cela ? »

Cette question — fais-en la tienne, ma chère Saliha. Pour chaque épreuve que tu traverses. Que ce soit un deuil, une maladie, une rupture, une infertilité, une difficulté financière, un mariage qui se complique, un enfant difficile à élever, une fatigue chronique.

Arrête de demander « Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? »

Ces questions t’épuisent sans te donner de réponse. Pose-toi une seule question à la place :

« Est-ce qu’ALLAH ﷻ me l’a décrété ? »

Et la réponse est toujours oui — rien n’arrive sans Sa permission. Donc si la réponse est oui, la suite logique est ce que Hajar عليها السلام a dit :

« Il ne m’abandonnera pas. »

ALLAH ﷻ ne t’a pas mise dans cette épreuve pour te détruire. Il a préparé pour toi, au bout de ce chemin, une élévation — un Zamzam, une récompense. Tu ne la vois peut-être pas encore. Mais Il l’a préparé.

Leçon 2 — Le tawakul des pieds qui courent

Hajar عليها السلام n’est pas restée dans le sable à répéter « ALLAH ﷻ va me sauver » les bras croisés. Elle s’est levée. Elle a couru — épuisée, jeune accouchée, bébé qui pleure, seule dans le désert. Elle a utilisé les moyens qu’elle avait à disposition. Et c’est seulement après qu’elle eut utilisé ces moyens que Zamzam a jailli.

Elle n’a pas eu Zamzam parce qu’elle a attendu. Elle a eu Zamzam parce qu’elle a couru — avec la ferme conviction qu’ALLAH ﷻ allait la sauver.

► Le vrai tawakul, ce n’est pas le fatalisme. Ce n’est pas subir. C’est : je fais ma part, j’utilise les moyens que j’ai, je donne ce que je peux donner — et le résultat, je le confie à ALLAH ﷻ.

Ça démarre avec ALLAH ﷻ, ça finit avec ALLAH ﷻ. Et entre les deux, il y a ton sa’i — ton action, ta course.

Concrètement :

→ Tu veux te marier ? Tu fais tes douas et tu te présentes aux bonnes personnes.
→ Tu veux un enfant ? Tu fais tes douas, tu consultes, tu prends soin de ton corps.
→ Tu veux apprendre le Coran ? Tu fais tes douas, tu t’inscris dans un cours, tu ouvres ton mus’haf.

Il y a toujours quelque chose qu’on peut faire. Alors fais-le — et au bout de tes pas, ALLAH ﷻ fera jaillir ce que tu n’imaginais pas.

Leçon 3 — Cinq calamités, cinq miracles

Dans Sourate Al-Baqara (ayah 155), ALLAH ﷻ dit :

« Nous vous éprouverons certes par un peu de peur, de faim, de diminution de biens, de personnes et de fruits — et fais la bonne annonce aux endurants. »

Cinq calamités. Et les savants disent que toute épreuve qu’un être humain traverse revient à l’une de ces cinq-là.

Hajar عليها السلام les a toutes vécues — les cinq.

  • La peur : seule dans un désert avec un nourrisson.
  • La faim : l’outre vide, et plus de lait.
  • La perte de biens : il ne lui restait rien.
  • La perte des personnes aimées : son mari parti.
  • La perte de subsistance : rien à donner à son fils.

Et regarde ce qu’ALLAH ﷻ a fait, parce qu’elle a tenu, parce qu’elle a cru, parce qu’elle a couru : il a transformé chacune de ses cinq épreuves en son exact opposé — à La Mecque, pour toujours.

Sa peur est devenue sécurité : « Nous avons fait de cette maison un lieu de sécurité. »
Sa faim : les pèlerins ne souffrent pas de la faim, Zamzam nourrit et guérit. Les sacrifices nourrissent les gens.
Sa perte de biens : le mètre carré le plus cher du monde est aux abords de la Kaaba.
Sa perte de personnes : La Mecque ne se vide jamais, toujours pleine de monde.
Sa perte de subsistance : ALLAH ﷻ dit que des fruits et des subsistances de toutes sortes affluent vers cette ville.

Ma chère Saliha — ta peur ? ALLAH ﷻ peut la transformer en sécurité. Ta faim, au fond du cœur ? ALLAH ﷻ peut la combler. Tu as perdu quelque chose ? ALLAH ﷻ peut le remplacer par mieux — toujours. C’est sa promesse.

Mais à une seule condition : que tu fasses ce que Hajar عليها السلام a fait. Que tu te lèves, que tu t’en remettes à lui, que tu coures — et que ta langue répète : « S’Il l’a décrété ainsi, Il ne m’abandonnera pas. »

Leçon 4 — Faire de ses pas une adoration

Hajar عليها السلام n’a pas couru pour accomplir un rite. Elle a couru parce qu’elle était mère, et son fils était en train de mourir. C’était de l’amour pur, du désespoir maternel, le courage d’une lionne.

Et ALLAH ﷻ — regarde sa grande rahma — Il a transformé ces pas-là en ibada, en adoration. Pour l’éternité.

► Ce que ça veut dire pour toi : tes pas peuvent devenir des adorations.

→ Tes courses dans la cuisine pour préparer le repas de tes enfants.
→ Tes nuits debout à marcher avec un bébé qui pleure.
→ Tes allers-retours pour conduire un parent malade chez le médecin.
→ Tes trajets vers le travail, sur le lieu de travail, en revenant du travail — pour subvenir aux besoins de ta famille.

Tout ça peut devenir du sa’i. Tout ça peut devenir Safa et Marwa.

Si tu y mets l’intention.

Tu n’es pas une simple mère qui court. Tu es une Saliha qui fait son sa’i au quotidien — si ton cœur dit : « Ya Rabb, je fais ça pour toi. Je te confie le résultat. »

Vivre ces dix jours bénis comme Hajar عليها السلام

Voilà trois axes concrets pour entrer dans ces dix premiers jours de Dhul-Hijjah autrement — en s’inspirant de notre mère Hajar عليها السلام.

Axe 1 — Le travail intérieur

► Chaque matin, trente secondes après ton réveil et tes adhkar :

« Ya Rabb, ce qui m’arrivera aujourd’hui, Tu l’as décrété. Et puisque Tu l’as décrété, Tu ne m’abandonneras pas. »

► Avant chaque action ménagère ou maternelle — renouvelle l’intention. Ces actes-là, justement parce qu’on les fait par habitude, c’est pour eux qu’il faut le plus y penser : « Je fais ça pour toi, ya ALLAH ﷻ. »

► Travaille aussi ton sabr : choisis une chose qui t’agace habituellement — un comportement de tes enfants, une remarque de ton époux, une frustration récurrente — et décide de la supporter avec patience, pour ALLAH ﷻ, sans chercher à avoir le dernier mot. Observe ce qu’il en sort.

► Instaure une dou’a quotidienne, longue et sincère, après l’une de tes prières. Ouvre ton cœur. Demande — parce qu’ALLAH ﷻ entend, comme il a entendu Ibrahim عليه السلام, comme il a entendu Hajar, comme il a entendu Sarah.

Axe 2 — Les adorations concrètes

Le Prophète ﷺ a dit qu’aucune œuvre n’est plus aimée d’ALLAH ﷻ que celle accomplie durant ces dix jours. Alors :

  • Le jeûne — surtout le 9 Dhul-Hijjah, le jour d’Arafat. Ce jeûne efface les péchés de l’année passée et de l’année à venir. Une journée qui rachète deux ans.
  • Le takbir, tahmid, tahlil — Allahu Akbar, Alhamdulillah, La ilaha illallah — à voix haute dans la maison. Apprends-le aussi à tes enfants, que ta maison résonne du nom d’ALLAH ﷻ.
  • Le Coran — au moins une page de plus qu’à l’habitude, avec cette question dans le cœur : « Qu’est-ce qu’ALLAH ﷻ me dit, à moi, ici ? »
  • La sadaqa — même un peu, chaque jour. ALLAH ﷻ aime la régularité plus que la quantité.
  • Le sacrifice — participer à l’udhiya, en famille si possible. L’héritage direct de notre père Ibrahim عليه السلام. Et quand tu reçois ta viande, médite sur ce que tu es prête à donner à ALLAH ﷻ, à mettre de côté pour lui.

Axe 3 — La posture de Hajar عليها السلام

► Sois cette femme qui ne demande plus « pourquoi ? » à ALLAH ﷻ, mais qui dit : « Tu me l’as décrété — et alors tu ne m’abandonneras pas. »

► Sois cette femme qui se lève, qui agit, qui saisit les moyens mis à sa disposition — même fatiguée, même dans les moments difficiles.

► Sois cette femme qui contient l’eau quand elle jaillit — qui ne laisse pas les bénédictions se dilapider, qui transforme le miracle en quelque chose de durable.

► Sois cette femme qui marche dans sa vie comme on marche dans le sa’i — le cœur tourné vers ALLAH ﷻ, avec la certitude qu’il ne l’abandonnera pas.

Avant de se quitter

Si tu devais ne retenir qu’une seule chose de cet épisode — c’est celle-ci :

S’Il l’a ordonné, Il ne t’abandonnera pas.

Ce que tu vis, ALLAH ﷻ le sait. Il l’a écrit pour toi. Et ALLAH ﷻ n’écrit pas pour ses servantes des chemins qui les détruisent. Il écrit des chemins qui les élèvent.

Tu es peut-être au septième aller-retour. Tu ne le sais pas. Mais Zamzam est en train de jaillir. Sois patiente. Cours encore. Et bois, quand ça viendra.

Et si tu veux laisser une doua pour ces jours de Dhul-Hijjah :

Ya ALLAH ﷻ, ya Rabb — fais de moi une femme digne de Hajar عليها السلام. Donne-moi son tawakul. La facilité de courir comme elle a couru. Un cœur certain de ton décret, et certain que tu ne l’abandonneras pas. Fais de mes journées un sa’i. Fais que mes peines se transforment en Zamzam. Fais de mes pas une adoration. Et fais que ces dix jours qui s’avancent vers moi soient dix jours qui changent ma vie — en bien. Amin ya Rabb al-Alamin.

Qu’ALLAH ﷻ t’aime, ma chère Saliha — comme il a aimé cette femme, Hajar عليها السلام, dont il a fait que tout le monde parle d’elle, que tout le monde marche dans ses pas, et que chaque année on ne peut que se rappeler d’elle.

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