وَمِنَ اللَّيْلِ فَتَهَجَّدْ بِهِ نَافِلَةً لَكَ عَسَىٰ أَنْ يَبْعَثَكَ رَبُّكَ مَقَامًا مَحْمُودًا
Accomplis la Salat au déclin du soleil jusqu’à l’obscurité de la nuit, et [fais] aussi la Lecture à l’aube, car la Lecture à l’aube a des témoins.
Et de la nuit consacre une partie [avant l’aube] pour des Salat surérogatoires : afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire.
(Sourate Al Israa, ayat 78-79)
Un conseil simple, mais vital
Je viens te dire une chose, avec bienveillance et fermeté : si on rate la salât, la prière, on peut “réussir” Ramadan dans le sens du jeûne. Et pourtant, on peut aussi rater Ramadan.
Parce que les bases ne sont pas assez travaillées.
Aujourd’hui, j’ai envie de te donner un seul conseil. Tu ne vas pas repartir de chez moi avec des tonnes de programmes, un programme de lecture du Coran, etc. Ça, tu n’as pas besoin de moi pour ça. Il y en a partout. Moi, je veux que tu repartes avec un conseil qui touche tout le monde, parce que tu pourras en parler avec plein de personnes. Que tu sois déjà pratiquant, pratiquante, ou que tu sois en reconstruction.
Il faut vraiment faire de ta prière ton objectif numéro un. Et je m’inclus vraiment dedans.
La salat : prière du corps ou prière du cœur ?
On est beaucoup à prier, al-hamdouliLAH. Mais il y a deux sortes de prières :
- la prière où ton corps prie et ton cœur est ailleurs,
- la prière où ton cœur est présent et ton corps suit.
Tu vois laquelle des deux on vise.
Ce que je veux pour toi, pour nous tous, c’est ce que je veux pour moi : qu’à l’approche de Ramadan, on commence à goûter la saveur de la prière pour de vrai.
Et ce n’est pas trop tard.
La prière a une douceur.
La prière a un goût.
La prière a une saveur.
Une prière… deux mondes
Tu peux avoir deux personnes côte à côte, la même nuit, au même endroit, les mêmes mouvements : rukūʿ, sujūd, les mêmes paroles…
Et pourtant, la différence de récompense entre les deux peut être la différence entre le ciel et la terre.
Pourquoi ? Parce que l’un est présent et l’autre est absent.
L’un calcule ses affaires, pense à ce qu’il va manger après, à ce qu’il va répondre à quelqu’un, à ses soucis, à son téléphone. Et il ne revient à lui qu’au salam final. Alors que normalement, au salâm final, on revient vers la terre, on revient vers le monde. Donc ce n’est pas bon.
Et l’autre personne, elle, elle est dans un autre monde pendant sa salat. Son âme a voyagé pour se rapprocher d’ALLAH ﷻ.
Et à la fin de la prière, elle revient dans ce monde.
L’image qui change tout, c’est celle de “ALLAHu akbar”, ce qu’on dit au début de la salât. Comme si tu disais : “Je jette la dounyâ derrière moi.”
Je te dis quasiment, presque mot pour mot, ce que mon professeur m’avait dit il y a quelques années.
Se mettre debout : se rappeler le Jour du Jugement
Avant même de dire ALLAHu akbar, juste au moment où la personne se met debout, son état intérieur change.
Ainsi, elle se rappelle que la prière commence debout pour nous rappeler qu’un jour, nous serons debout devant notre Rabb, au Jour du Jugement.
Qu’ALLAH ﷻ nous accorde une entrée au paradis sans jugement.
Et cette personne se rappelle une réalité qui fait trembler : la première question qu’ALLAH posera concernera la prière.
Plus grand que tout
Quand cette personne dit “ALLAHu akbar”, ce n’est pas qu’une formule.
C’est comme si elle jetait la dounyâ derrière elle. Elle lève les mains et dit :
ALLAHu akbar. ALLAH est plus grand.
Ce n’est pas “ALLAH est le plus grand seulement”, parce que ça ce serait “ALLAHu al-akbar”. Là, c’est “ALLAHu akbar”. Ça veut dire : ALLAH est plus grand.
ALLAH est plus grand que :
- mes pensées,
- mon stress,
- mon futur,
- mon passé,
- tout ce que je peux imaginer.
Goûter chaque parole de la Fâtihah
Puis, la personne entre dans “al-hamdouliLAHi rabbil-ʿâlamīn”, le début de la Fâtiḥah, en goûtant chaque parole. Et résultat : quand elle termine, son imân a augmenté.
Elle ressort avec une sensation que cette dounyâ est petite.
Ainsi, quelqu’un qui a vraiment été présent dans sa prière, comment veux-tu qu’il sorte avec la même anxiété qu’avant ? Comment veux-tu qu’il soit écrasé par le monde, quand il revient à ses esprits à la fin de la prière ?
S’il a vraiment prié, il a changé d’air. Il a respiré ailleurs.
Pourquoi je te parle de ça maintenant ? Mon objectif est simple : je veux te parler de la place de la prière. Parce qu’il faut qu’on la remette en priorité absolue.
La place de l’adhân
Normalement, quand l’adhân retentit, on ne se dit pas “quand j’aurai fini”. Non, c’est : “je laisse”. Je laisse la dounyâ pour répondre à l’appel.
Il y a un appel à la prière, que ce soit à la mosquée, sur ton téléphone, ou à la maison. D’ailleurs, je recommande vraiment d’avoir un adhân à la maison, un adhân mural ou une application qui le met à chaque prière.
Ça change complètement la dynamique dans une maison.
Je pense surtout aux femmes qui ne vont pas à la mosquée à chaque prière et qui, dans une journée, pourraient passer une journée sans entendre l’adhân une seule fois.
L’adhân : un appel qu’on ne repousse pas
Normalement, je laisse la dounyâ pour aller répondre à l’appel. Comme si quelqu’un d’important t’appelait pour ton bien, pour ton salut, pour te donner, pour te pardonner… et toi tu dis : “attends, je finis ma tâche” ou “je viens tout à l’heure”.
L’adhân a le temps de finir. Les gens auraient pu prier deux fois, trois fois, avant que nous on se lève et qu’on se dise : “on va prier”. On est encore dans le couloir de la prière. On est encore dans le temps de dhohr, on est encore dans le temps de ‘asr. Ce n’est pas normal.
Je vais maintenant te ramener à une scène qui devrait suffire à elle seule à remettre nos priorités en place : les derniers jours de la vie de Rasūlullâh ﷺ.
Une image à garder en tête
Il a vécu 63 ans. Dans ses derniers jours, il était malade.
Il avait une forte fièvre, un mal de tête intense. Il ne tenait plus debout. Il ne marchait plus correctement. Et pourtant, il ne lâche pas la prière en communauté.
Il sort de la maison de ‘Aïsha رضي الله عنها, et deux hommes le soutiennent pour qu’il puisse se tenir debout. Parfois Al-’Abbâs, son oncle, ou ‘Alî رضي الله عنه. Parfois d’autres compagnons.
Il est porté, presque tiré. Mais il vient.
Et tu sais ce que ça veut dire ? Ça veut dire que pour lui, la prière n’était pas une charge. C’était son repos. Son refuge. Son oxygène.
Il dirige encore al-fajr, dhohr, ‘asr, maghrib. Maghrib sera la dernière prière à voix haute qu’il dirige à la mosquée. Les compagnons n’oublieront jamais ce moment : le dernier passage du Coran qu’ils entendent de sa bouche en prière.
La mosquée attend…
Puis vient al-’ishâ’. Bilâl رضي الله عنه fait l’adhân. La mosquée est pleine. Tout le monde attend le Prophète ﷺ.
Mais son état s’aggrave. La fièvre est tellement forte qu’on la ressent à travers sa couverture. Ses épouses sont là. Fâtimah رضي الله عنها est là.
On lui apporte de l’eau. Il veut essayer de se lever, s’évanouit un peu avant de revenir à lui.
Et la première phrase qu’il prononce, ce n’est pas : “j’ai mal”. Ce n’est pas : “la fièvre”. La première phrase, c’est : “Est-ce que les gens ont prié ?”
On lui répond : “Non, ils t’attendent.” Il demande de l’eau, refait ses ablutions. Il essaye, mais se réévanouit. Le Prophète ﷺ repose la même question, trois fois.
Puis il comprend qu’il ne pourra pas sortir. Alors il dit :
“Demandez à Abû Bakr de diriger la prière.”
À Médine, toutes les prières étaient dirigées par Rasūlullâh ﷺ. Entendre une autre voix pendant la prière, c’était inédit. Pourtant, Abû Bakr dirige plusieurs prières, jusqu’au fajr du lundi.
Un jour, Abû Bakr dirige. Al-ʿAbbâs et ʿAlî sont près de la porte, car il y avait une porte de la mosquée qui donnait vers sa maison. À chaque prière, ils attendent jusqu’au dernier moment, en se disant : “Peut-être qu’il viendra.”
Et ce jour-là, ils entendent sa voix : “Ô ʿAbbâs, aide-moi, je veux aller à la prière.” Il est si faible qu’il ne marche plus. On doit le porter. Il arrive. Il s’assoit à côté d’Abū Bakr. Il dirige assis. Sa voix est faible. Abū Bakr répète à haute voix pour que les gens entendent.
Imagine la scène : celui qui n’a même plus la force de se tenir debout vient à la prière.
La prière n’est pas une option
Pourquoi fait-il cela ?
Parce que quand tu aimes vraiment quelque chose, tu fais l’effort, même si ton corps souffre.
Le message est clair : la prière n’est pas une option. C’est la vie.
Puis arrive le lundi. C’est l’heure du Fajr.
Abū Bakr dirige la prière.
Les compagnons sont en rang. Pendant la prière, le rideau de la chambre de ‘Aïsha رضي الله عنها bouge. Tout le monde regarde. Le Prophète ﷺ apparaît. Il est debout. Et il sourit. Un sourire lumineux.
Pourquoi ? Parce qu’il voit sa communauté prier. Il voit que le message est compris. Il voit que la prière tient. Elle est ancrée. Il sourit comme quelqu’un qui dit : “Je peux partir.”
Il leur fait signe de rester à leur place, puis il retourne dans sa chambre. Les compagnons ne le reverront plus vivant après cela.
Son dernier sourire aux gens, c’était pour la prière.
Sa dernière recommandation, c’était la prière.

Un appel, dès la naissance
Cette adoration est tellement centrale qu’elle accompagne le croyant dès le tout début.
Quand un enfant naît, dans la sunnah, qu’est-ce qu’on fait ? On lui récite l’adhân à l’oreille. C’est la sunnah et c’est un droit du nouveau-né. Souvent, c’est le père qui le fait, ou quelqu’un de la famille.
Comme si la première chose que ton oreille devait capter en arrivant dans cette dounyâ, c’est l’appel vers ALLAH.
Éduquer à la prière avant l’obligation
Ensuite, on prépare l’enfant à la prière très tôt. Le Prophète ﷺ recommandait qu’on commence à dire à l’enfant de prier entre 7 et 10 ans. Alors que la prière n’est obligatoire qu’à partir de la puberté.
Et c’est intéressant de se demander pourquoi cette préparation. Parce que la prière n’est pas censée être un choc. C’est censé être une habitude, comme une colonne vertébrale. Ça doit être un rythme.
Il y a un grand signe dans cela : parmi les cinq piliers, la prière est la seule obligation dont l’apprentissage est recommandé de manière solennelle avant la puberté.
Parce que l’adolescence n’est pas une période facile.
L’adolescent traverse beaucoup de choses : changement de corps, changement de repères, passage vers l’âge adulte. Et en plus, religieusement, il devient responsable.
La prière : un pilier qui demande une préparation
Alors imagine : si dans tout ce brouhaha, dans tout ce remaniement de son corps, de son être… c’est là qu’on lui dit : “Hop, maintenant tu dois prier, c’est obligatoire.”
Alors qu’avant, on ne lui avait jamais expliqué, ou on ne l’avait jamais invité.
C’est un choc. Et pour un geste, une ʿibâda qui demande une constance, c’est le seul des cinq piliers, la seule de nos obligations qu’on doit faire autant de fois dans la journée : cinq fois par jour. C’est pluriquotidien, donc plusieurs fois par jour.
Ramadan : une fois par an.
Zakât : une fois par an.
Hajj : une fois dans la vie.
Shahâda : une fois dans la vie. (Pour entrer en islam, on en a besoin une fois. Ensuite, on la renouvelle régulièrement)
Pour la Salât, tu ne peux pas dire : “Je prie une fois et c’est bon.” Tu es obligé de prier tous les jours, cinq prières. Et tu ne peux pas dire : “Je prie les cinq d’un coup”, par exemple. Non, il y a des horaires.
Donc c’est tellement une organisation, qu’on ne peut pas débarquer et lui demander : “As-tu prié ?”
La responsabilité du parent : inviter et faire aimer
Et en plus, au moment où il doit prier, à l’adolescence, s’il ne prie pas, il commet un péché, c’est noté. Imagine la responsabilité du parent qui ne l’a pas fait entrer dans la prière.
Et je ne parle pas seulement de lui dire : “Prie.”
La responsabilité du parent, c’est de lui faire aimer la prière aussi, bi’idhnillâh. Parce que c’est ALLAH ﷻ qui est maître des cœurs.
Comme je disais tout à l’heure, il y a un autre signe immense par rapport à la prière, qui fait qu’elle est unique parmi les obligations, parmi les adorations, de la même façon que parmi les cinq piliers, elle est spéciale.
La prière, un pilier à part
Toutes les obligations sont descendues sur Terre par Révélation au Prophète ﷺ, sauf la prière. La prière a été donnée au Prophète ﷺ pendant un voyage unique : al-miʿrâj.
Al-mi’râj, ça veut dire l’ascension.
Le Prophète ﷺ est monté. ALLAH ﷻ l’a élevé ciel après ciel, jusqu’à un lieu où personne n’était allé jusque là… Et là, ALLAH ﷻ lui a donné ce cadeau : la prière.
Comme si ALLAH ﷻ disait que ce n’est pas un ordre parmi d’autres. C’est comme un cadeau, un sommet.
Et c’est pour ça que certains savants disent que quand tu pries vraiment, ton âme fait son propre miʿrâj. Quand tu pries vraiment, ton âme est montée. Tu as fait cette ascension.
Et c’est pour ça que quand tu redescends, quand tu finis de prier, tu as l’impression d’avoir été ailleurs.
Le salâm : revenir au monde après l’ascension
D’ailleurs, qu’est-ce qu’on dit quand on finit la prière ?
Assalâmu ʿalaykum wa raḥmatullâh d’un côté,
Assalâmu ʿalaykum wa raḥmatullâh de l’autre.
Il y a des savants qui font un tadabbur de cela et expliquent que quand une prière est bien faite, on vit une réalité spirituelle : comme le Prophète ﷺ qui est monté et qui a fait le miʿrâj pour recevoir l’ordre de la prière.
Quand on est concentré et qu’on fait bien notre prière, on fait cette ascension vers ALLAH ﷻ. Bien sûr, pas au sens physique du terme, au sens spirituel. Notre âme y va.
Et quand la prière finit, c’est comme si tu reviens dans le monde. Donc tu salues ceux qui sont autour de toi. Tu dis salâm, comme pour dire : “Je suis revenu.”
Pourquoi ALLAH ﷻ a fait “venir” la prière ainsi
Il y a quelque chose de beau aussi avec la prière et le miʿrâj : c’est comme si tout ce voyage avait été organisé pour offrir la prière. Et ALLAH ﷻ a fait venir le Prophète ﷺ jusqu’à Lui.
Regarde : quand il y a un message à transmettre d’un État à un autre, il y a des ambassades. Quand il y a quelque chose d’important, mais pas au point de faire déplacer un grand responsable, on envoie un message, un courrier, un intermédiaire.
Quand c’est d’une importance extrême, on n’envoie pas un intermédiaire : on invite l’ambassadeur, on invite le président, on invite le ministre.
C’est ce qu’ALLAH ﷻ a fait. Le Prophète ﷺ n’est-il pas notre ambassadeur ? L’ambassadeur de l’islam sur terre ? ALLAH ﷻ a invité l’ambassadeur chez Lui pour recevoir l’information, puis il est redescendu vers nous pour nous la transmettre.
C’est comme ça qu’il faut voir la prière. Tu ne verras aucun commandement reçu de cette manière-là.
Donc, comme je disais : quand tu pries, pense au miʿrâj.
Le Prophète ﷺ a voyagé en haut pour aller chercher la salât. Et quand il arrive à ce niveau où personne ne pouvait dépasser, même Jibrīl ne pouvait pas dépasser… quand il arrive là-bas, ALLAH ﷻ ne lui transmet qu’une seule chose : la salât.
Il n’y a pas eu d’autres prescriptions.
Est-ce qu’on se rend compte ? C’est énorme.
Les horaires de prière
Même les horaires de prière ont été enseignés d’une manière incroyable, par Jibrīl عليه السلام.
L’archange Jibrîl était un mentor pour Rasūlullâh ﷺ. Il était le compagnon de tous les prophètes. Il a été présent dans leur vie et dans leur mission, à tous.
Donc Jibrīl عليه السلام est venu enseigner au Prophète ﷺ concrètement les horaires de prière.
Il faut se dire que Rasūlullâh ﷺ, dans les premiers temps de la révélation à Makkah, reçoit l’ordre de la salât. Il faut prier maintenant, de cette manière-là. La prière a des codes.
Et regarde encore comment ALLAH ﷻ respecte Son ambassadeur : Il lui envoie quelqu’un de très important pour lui enseigner comment faire.
C’est comme si tu arrives dans une entreprise et que le chef avait mandaté son meilleur élément, un sur-manager, pour montrer à un futur manager ou employé comment faire, et lui enseigner tout ce qu’il y a à savoir.
Il ne le laisse pas apprendre “sur le tas”. Il le suit.
C’est ce que Jibrīl عليه السلام a fait avec le Prophète ﷺ. Il est venu lui enseigner. En fait, il n’est pas juste venu lui dire : “Dhor, c’est à peu près là, c’est de telle heure à telle heure.” Non.
Une méthode d’enseignement ingénieuse
En fait, Jibrīl عليه السلام a fait quelque chose d’hyper ingénieux. Il est venu au début de l’heure de salât adh-dhor et il a prié avec le Prophète ﷺ.
Jibrīl dirigeait, et le Prophète ﷺ priait derrière lui, il reproduisait. Bien sûr, il n’y a que le Prophète ﷺ qui voyait Jibrīl. Ils n’étaient qu’eux deux quand ça s’est passé.
Puis ensuite, qu’est-ce qu’il faisait ? Il venait au dernier moment du temps de salât adh-dhor et il priait encore avec le Prophète ﷺ.
Une pédagogie pour toutes les limites horaires
Et il faisait ça pour toutes les prières. Il est revenu pour ʿasr et il a fait la même chose : il est venu au début du couloir de ʿasr, il a prié avec le Prophète ﷺ, puis il est revenu à la fin de ʿasr et il a prié avec le Prophète ﷺ juste avant la fin de l’heure.
Il est revenu au début de maghrib. Et pour maghrib, il n’est pas venu à la fin. Et c’est là que les savants se sont basés sur cela pour expliquer que maghrib, il faut vraiment le prier rapidement, parce que le couloir de maghrib est extrêmement court.
Donc maghrib, il ne faut pas s’amuser à le retarder. Par exemple, maghrib est à 17h, l’heure entre, et on se dit : “bon, j’attends, je prie à 17h30” ou “je prie à 18h” Jamais.
Autant avec dhor, le couloir est plus large. Avec ʿasr aussi, ça dépend si on est en hiver, en été, ou selon l’endroit du monde.
Autant quand on entend l’adhân de maghrib, on prie.
Et Jibril a fait la même chose pour ʿishâʾ. Et la même chose au fajr suivant.
Le Prophète ﷺ a eu le déroulement et l’explication de toutes les cinq prières. Il a eu à imiter Jibrīl, qui lui a tout expliqué.
Et à chaque fois, en substance, c’est comme si Jibrīl lui disait : l’heure de telle prière est entre ces deux limites-là.
Les horaires ne sont pas un détail
Et pourquoi je te dis ça ? Parce qu’il y a des gens qui prient, al-hamdouliLAH, mais qui traitent les horaires de prière comme un détail. Et non, ce n’est pas un détail.
Les horaires de prière font partie de la prière. ALLAH ﷻ dit que la prière a été donnée aux mu’minīn comme quelque chose de clair, de dicté : il y a des temps précis.
On ne peut pas décider d’un temps. On ne peut pas réunir ce qu’on a envie de réunir sans raison. On ne peut pas attendre la dernière minute pour prier dhor alors qu’on pouvait le faire avant.
On reste dans le couloir, mais il faut vraiment une grosse contrainte pour être à la toute fin du couloir.
Et d’ailleurs, le Prophète ﷺ nous disait que le meilleur temps pour une prière, c’est le début de son couloir.
Donc si on veut le maximum de hassanat, si on veut que la prière soit la plus complète, et qu’auprès d’ALLAH ﷻ elle soit comptabilisée comme complète, il faut au moins être au début du couloir.
L’adhân retentit, on attend un peu, on prie. Ce n’est pas : dhor rentre à midi et j’attends 12h30, 12h40, 13h pour prier, même si l’heure de sortie est à 14h30 ou 15h.
Je ne fais pas mes calculs en me disant : si je prie à 14h, 14h30, 14h45, je suis encore dans le couloir. Ce n’est pas bon de faire ça.

Un rendez-vous avec ALLAH ﷻ, un mi’râj à notre échelle
Et encore une fois, il faut se dire que c’est un rendez-vous avec ALLAH ﷻ. C’est notre mi’râj à nous.
Depuis quand une invitation d’ALLAH ﷻ, une délégation vers ALLAH ﷻ, depuis quand on pourrait se permettre de dire :
“attends, j’arrive, je finis ma tâche”
“J’arrive, je termine ce petit truc.”
“J’arrive, je finis ma discussion.”
Normalement, on n’est pas censé pouvoir se permettre ce genre de choses. Pourtant avec la salât, c’est ce qu’on fait.
Donc les horaires font partie de la prière.
Et si tu veux un objectif mesurable avant Ramadan, voilà : un objectif simple et clair. Tu vois pourquoi j’insiste sur ça.
Je n’aimerais pas qu’on entre dans Ramadan en visant seulement les programmes, etc., qui sont bien. Mais à quoi bon viser un programme de tarâwīḥ, de lecture, trois, quatre fois la lecture du Coran en entier, ok… alors que ma prière, si Rasūlullâh ﷺ me voyait là, il me dirait de la refaire ?
La prière trop rapide
En effet, le Prophète ﷺ a déjà dit à des gens de refaire la prière. Pas parce qu’ils ne récitaient pas bien, mais parce qu’elle était trop rapide.
Là, on se reconnaît. Combien d’entre nous prient rapidement ?
Il y a une scène qui me faisait froid dans le dos.
C’est un homme qui vient à la mosquée, qui prie rapidement. Il fait toute sa prière, mais il prie rapidement. Il salue le Prophète ﷺ quand il termine de prier.
Et le Prophète ﷺ lui dit : “Retourne prier, car tu n’as pas prié.”
Il retourne prier. Il revient. Il lui dit : “Retourne prier, car tu n’as pas prié.”
Cette scène s’est passée trois fois. Trois fois, il l’a renvoyé prier.
Et l’homme a fini par dire : “Par ALLAH ﷻ, je ne sais pas faire autrement. Enseigne-moi.”
Et là, c’est le point : ce n’était pas une absence de mouvement. Il a fait les mouvements. C’était une absence de présence.
On ne peut pas être présent avec une prière comme ça. C’est ce que Rasūlullâh ﷺ essaie de lui expliquer. Ce n’était pas une prière du cœur. Ce n’était pas un miʿrâj.
Et je te pose la question, à toi, à moi : si le Prophète ﷺ entrait aujourd’hui chez nous, dans nos mosquées, dans notre salon où on prie, et qu’il observait nos prières… il y a combien d’entre nous qui entendraient : “Retourne prier, tu n’as pas prié” ?
Franchement, ça fait réfléchir. Ça doit nous réveiller, mais ça ne doit pas nous faire désespérer. Tout ce que je dis là, c’est pour nous éveiller.
Un conseil concret : un seul objectif, clair et mesurable
Donc mon conseil concret, simple, mesurable, sans blabla inutile, c’est de choisir un seul objectif pendant Ramadan.
Quand je dis un seul objectif, attends : ce n’est pas “tout le reste ne t’intéresse pas”. Mais un seul objectif sur lequel tu vas être en full concentration pendant tout le mois.
Tu peux faire une lecture du Coran tous les jours, etc. Mais il y a des jours où ça va être haut, il y a des jours où ça va être bas.
Pour le jeûne aussi : il y a des jours où ça va être bas. Les sadaqât : peut-être tu ne pourras pas en faire tous les jours. Peut-être tu vas en faire tous les jours. Peut-être il y a des jours où tu vas oublier.
Il y a des choses… ce n’est pas évident de garder la constance pendant un mois.
La salât, dis-toi que, avant le mois de Ramadan, c’était avec toi. Pendant le mois de Ramadan, tu seras aussi avec. Elle sera avec toi après Ramadan. Ça continue jusqu’à la fin de tes jours.
Alors que Ramadan, quand le jeûne termine, tu n’as plus l’obligation de jeûner toute l’année. C’est recommandé de jeûner lundi et jeudi, tu as juste obligation de rattraper les jours de jeûne si tu en as manqué.
Mais tout le reste, ce n’est pas obligatoire.
Zakât aussi : tu donnes, et tu la revois un an après. Tu recalcules et tu reverses ta zakât. Le Hajj, n’en parlons pas.
La salât, comme j’ai dit : avant, pendant, après Ramadan… vous êtes ensemble.
Donc je me dis : pour l’acte avec lequel tu vas être ensemble tout le temps, l’acte d’adoration pour lequel tu vas être interrogé en premier… est-ce que ça ne vaut pas le coup de se concentrer dessus ?
Ramadan : le moment propice pour “bien vivre” la prière
Personnellement, chaque Ramadan, j’aime bien me concentrer sur ça.
Comme toute l’année on en a besoin, je me dis : pendant Ramadan, il faut forcément qu’on se concentre dessus.
Et de toute façon, on ne peut que se concentrer plus facilement dessus parce que c’est un mois béni, un mois mubârak. C’est un mois où ALLAH ﷻ a mis beaucoup de baraka dedans.
ALLAH ﷻ pardonne beaucoup plus pendant Ramadan que pendant d’autres moments. Il pardonne, Il donne, Il ouvre la raḥma. C’est le seul moment de l’année aussi où les portes du paradis sont ouvertes, les portes de l’enfer sont fermées, les démons sont enchaînés, les anges sont plus que présents.
Donc c’est le moment propice pour faire notre miʿrâj. C’est le moment propice pour vraiment bien vivre la prière.
C’est pour ça que quand je te dis “un seul objectif”, je te parle d’un seul objectif que tu vas traquer.
Donc, vraiment : choisis cet objectif-là avant Ramadan, garde-le pendant Ramadan, et après Ramadan aussi. C’est la prière. As-salât.
Un objectif praticable : prier au début du couloir
Et là, tu peux le rendre praticable, en vrai.
Tu peux te dire, par exemple : pendant les 30 jours de Ramadan, je vais viser les cinq prières à l’heure, au début de leur couloir.
C’est un challenge pour certains : par rapport aux horaires de travail, par rapport au fait qu’ils n’avaient pas l’habitude de faire comme ça.
Et qu’ALLAH ﷻ nous pardonne. On est là pour se perfectionner, on n’est pas là pour se fragiliser, culpabiliser, rester bloqué. Ramadan est là, on n’a pas le temps de se lamenter, on a juste le temps d’avancer.
Comme les compagnons : quand ils se convertissaient à l’islam, ils n’étaient pas là à traîner en se disant : “j’ai perdu 30 ans de ma vie, 20 ans de ma vie.” Certains avaient même combattu Rasūlullâh ﷺ. Non.
Leur politique, c’était :
“Ce qui arrive après, je serai le meilleur.”
“Je ne vais laisser personne me prendre des occasions de ḥasanât.”
“Ma vie après l’islam va rattraper largement ce qui est avant.”
Et ALLAH ﷻ pardonne tous les péchés avant la conversion.
Donc il faut penser comme ça : ma prière, à partir de maintenant, elle va être au top du top. Il faut viser ça, et ALLAH ﷻ nous le donnera.
Un objectif non-négociable
Il ne faut pas se dire seulement : “je vais essayer de prier toutes mes prières à l’heure.” C’est un objectif qu’on coche. C’est non négociable.
Et tu peux aussi viser le niveau au-dessus : viser le maximum de prières par jour où tu t’imposes d’être vraiment là.
C’est-à-dire : tu fais ton wudû’ calmement, tu coupes tout ensuite, tu pries sans précipitation. Tu goûtes au moins une partie, en vrai : une sourate, un rukūʿ, un sujūd où tu restes longtemps.
La prosternation…pourquoi si vite ?
Le professeur a décrit les gens qui font sujūd tellement vite, qui prient tellement vite : il a dit que ces gens-là lui faisaient penser au coq ou à la poule qui pique son bec pour attraper les graines.
On dirait même que le temps n’était pas assez long pour caser “subḥâna rabbiyal-aʿlâ” une fois.
Qu’ALLAH ﷻ nous pardonne si on a fait ça.
Qu’ALLAH ﷻ nous pardonne si on le fait.
Et qu’ALLAH ﷻ nous permette de ne plus refaire ça.
Le moment le plus proche
Pendant sujūd, c’est le moment où le croyant est le plus proche de son Rabb. Jamais un croyant n’est aussi proche de son Rabb que pendant sajda.
On dit que la distance la plus courte entre deux points, c’est la ligne droite. Eh bien la distance la plus courte entre ALLAH ﷻ et nous, c’est la prosternation, c’est la sajda.
On le néglige alors que toutes les invocations pendant sujūd sont mustajâba, exaucées…
C’est comme si, au moment où on allait te donner quelque chose, ou au moment où tu pouvais demander quelque chose, toi tu te lèves et tu pars avant qu’on te donne.
Le moment des invocations
Si les influenceurs font des placements de produits ; nous, on doit faire des placements de dou’a.
On fait un petit placement, puis on se redresse, on recommence.
On fait les choses tranquillement, sans avoir besoin de se dépêcher.
On ne ferait pas ça en avance rapide, fois six ou fois dix, pour des films, pour une discussion avec une amie, pour quelque chose qui nous plaît.
On ne doit pas accepter d’être “inaudible” dans notre prière. C’est comme si on le fait tellement vite que quelqu’un qui nous regarde se dit : “je n’ai rien compris, il va trop vite.”
Ramadan, pour reconstruire le centre
Malgré tout ça, ALLAH ﷻ a quand même la raḥma de nous observer, d’accepter nos invocations…
Donc on doit faire cet effort-là.
Ramadan n’est pas là pour qu’on ajoute des couches. Ramadan est là pour nous reconstruire au centre.
Je dois reconstruire mon centre. Et couche après couche vers l’extérieur, je répare. Mais si le centre, la prière, je ne le considère pas comme un centre, ça va être compliqué même pour le reste.
Le point central : je perfectionne ma prière.
Et franchement : perfectionne ta prière et attends-toi à tout le khayr du monde à ta porte. C’est signé.
J’avais un prof de Coran qui disait aussi : ceux qui retardent leur prière ne s’étonnent pas du retardement des choses qu’ALLAH ﷻ doit leur donner.
Si tu retardes ton rendez-vous avec Celui qui va te donner, ne t’étonne pas que ton rizq, que ta guérison, que certaines choses tardent.
Ça ne veut pas dire que si des choses prennent du temps à venir, c’est forcément parce que tu as raté ta prière. Mais si tu rates ta prière, si tu ne pries pas à l’heure, on n’a pas le droit d’espérer d’ALLAH ﷻ qu’Il “accélère” ce qu’Il doit nous donner.
On ne devrait pas oser dire : “oui mais j’ai fait des dou’a plusieurs fois, Il ne m’a pas répondu.”
On parfait la prière, et tout le reste coule de source.
On n’a jamais regretté une prière bien faite.
Et en plus, c’est pour notre avantage car ALLAH ﷻ n’a pas besoin de prière.
Une adoration annoncée publiquement
La prière, c’est la seule adoration qui est annoncée publiquement.
Pour aucune des adorations, tu vas avoir une annonce publique aux gens, pour dire : “venez, venez”. Il n’y a pas ça pour le jeûne. Non, la veille de Ramadan, chacun formule individuellement l’intention.
Pour le ḥajj, la zakat, la shahâda, chacun formule l’intention.
Salât, c’est la seule adoration où il y a une annonce publique, l’adhan.
Comme si ALLAH ﷻ ne voulait pas que tu rates ce rendez-vous.
Quand on ne veut pas que quelqu’un rate un rendez-vous, on lui envoie des mails de relance, on met une alarme, on envoie des rappels. Eh bien l’adhan fait la même chose, pour que tu ne loupes pas ton rendez-vous.
L’adhan à la maison : un rythme pour la famille
Tu comprends pourquoi je disais tout à l’heure que je conseillais vraiment d’avoir un adhan à la maison.
Mine de rien, on peut parfois être absorbé par une tâche. La prière arrive. Il suffit qu’à ce moment-là, notre téléphone soit sur silencieux, qu’on n’ait pas regardé l’heure, qu’on n’ait pas vu le temps passer. Et là, on se lève, on voit que la prière est entrée dans son temps depuis un moment…
On est dégoûté, on fait bien une pause pour prier, mais un peu dégoûté de prier “en retard”.
L’adhan qui sonne, je trouve que ça donne un rythme dans la maison.
Pour les femmes, c’est un vrai atout : la prière se fait le plus souvent à la maison, et l’adhan devient un rappel clair qui structure la journée.
Le point commun entre l’adhan et la salat
L’adhan mérite qu’on s’y arrête. Il s’ouvre par Allahu Akbar, exactement comme la salât. Cette formule n’est pas une simple répétition : elle rappelle que ALLAH ﷻ est plus grand, plus grand que ce qui nous occupe, plus grand que ce qui nous traverse, plus grand que ce qui remplit nos journées. Ainsi, dès l’annonce de la prière, le cœur est invité à se remettre à sa juste place : avant même d’entrer en salât, l’adhan nous rappelle la grandeur d’ALLAH ﷻ.
Une dimension identitaire très forte
Après Allahu Akbar, viennent les mots de la shahâda :
ashhadu an lâ ilâha illâ ALLAH,
ashhadu anna Muḥammadan Rasūlullâh.
On entend à plusieurs reprises : « j’atteste ». Comme si ce rappel public n’était pas seulement une invitation à prier, mais aussi une manière de réaffirmer ce qui nous définit : notre témoignage de foi.
Cette shahâda n’est pas une formule lointaine ; elle est l’axe de notre identité devant ALLAH ﷻ. Et c’est précisément ce qui rend cet enchaînement si beau : l’appel à la prière commence par la grandeur d’ALLAH ﷻ, puis il réinstalle le croyant dans son engagement le plus fondamental.
Et un autre détail magnifique : dans l’appel, quand il dit :
ḥayya ʿalas-salâh, ḥayya ʿalas-salâh
puis : ḥayya ʿalal-falâḥ, ḥayya ʿalal-falâḥ.
Donc : “viens à la prière”, et ensuite : “viens à la réussite, viens au succès”.
La répétition de l’adhan
Un autre détail, particulièrement beau, concerne la manière dont on répond à l’adhan. La sunnah consiste à répéter les paroles du muezzin : lorsqu’il dit Allahu Akbar, on le répète ; lorsqu’il prononce la shahâda, on la répète également, et ainsi de suite.
Il y a cependant une exception significative. Lorsque le muezzin dit :
ḥayya ʿalas-salâh et ḥayya ʿalal-falâḥ, on ne reprend pas ces mots.
Le Prophète ﷺ nous a plutôt enseigné de dire :
Lâ ḥawla wa lâ quwwata illâ billâh.
« Il n’y a de force et de puissance que par ALLAH ﷻ. »
Cette réponse porte une humilité profonde : elle rappelle que, même si l’on entend l’adhan, même si l’on ressent l’élan intérieur, répondre réellement à cet appel ne se fait pas sans l’aide d’ALLAH ﷻ. Ce n’est pas une logique de performance — « si je veux, je peux » — mais une reconnaissance sincère : « Ya ALLAH, sans Toi, je n’y arrive pas. »
Puis, lorsque l’adhan reprend, on reprend également la répétition, jusqu’à conclure par :
lâ ilâha illâ ALLAH.
Rien que l’adhan, en réalité, prépare le cœur. C’est pourquoi il est précieux de l’entendre quotidiennement, que ce soit chez soi ou via une application : au moins une fois par jour, pour se remettre en condition et se rappeler le rendez-vous.
La purification avant la salat
Qui dit “prière” dit aussi qu’il faut être en état de pureté.
Donc vient le moment du wuḍū’ : les ablutions.
Et il ne faut pas voir le wuḍū’ comme une douche rapide. Il faut le voir comme une tawba, une repentance, un retour vers ALLAH ﷻ.
Si tu veux améliorer ta prière, ne commence pas la prière par autre chose que le wuḍū’. Tu ne peux pas commencer la prière sans wuḍū’ de toute façon.
Et même si tu les as, refais-les : ça aussi, c’est une sunnah.

Le wudu’ : deux dimensions
Le wuḍū’ a évidemment une dimension physique. Mais il porte aussi une dimension spirituelle profonde : la purification et la repentance. Ce n’est pas un simple geste “technique” avant la prière ; c’est une préparation intérieure.
Lorsque tu laves ton visage, rappelle-toi que tu viens demander pardon.
Il est rapporté que, lorsque l’eau passe sur le visage et les yeux, ALLAH ﷻ efface ce que la personne a pu regarder de mauvais. Et cette purification concerne ensuite le reste des membres, au fil des ablutions.
Quand tu laves tes mains, souviens-toi de ce qu’elles ont pu faire, et demande à ALLAH ﷻ de te pardonner. Quand tu laves tes pieds, rappelle-toi les chemins qu’ils ont empruntés, et implore le pardon d’ALLAH ﷻ pour ce qui n’était pas bon.
Puis, une fois le wuḍū’ terminé, tu conclus par cette invocation enseignée par le Prophète ﷺ :
اللَّهُمَّ اجْعَلْنِي مِنَ التَّوَّابِينَ وَاجْعَلْنِي مِنَ الْمُتَطَهِّرِينَ
ALLAHumma-jʿalnī mina-t-tawwâbīn, wa-jʿalnī mina-l-mutaṭahhirīn.
« Ya ALLAH, compte-nous parmi ceux qui se repentent, et compte-nous parmi ceux qui se purifient. »
C’est là que tout change : si tes ablutions deviennent conscientes, ta prière se transforme avec elles.
Mon conseil avant Ramadan
Si je devais te donner un seul conseil avant Ramadan, ce serait celui-ci : remets la prière au centre, au centre.
Quand l’adhan retentit, tu laisses la dounyâ. ALLAHu Akbar : plus que ma dounyâ.
Parce qu’en fait, si ton lien avec ALLAH ﷻ est solide, tout le reste va devenir plus léger. Tout va te sembler plus simple, plus léger, plus tranquille.
Et je vais terminer par une question simple que tu peux te poser aujourd’hui :
► Si ma relation avec ALLAH ﷻ devait se mesurer par une seule chose… qu’est-ce que ma prière raconterait de moi ?
Qu’ALLAH ﷻ nous donne une prière posée, une prière vivante, une prière bien faite, une prière qu’on fait avec le cœur, une prière aussi qui nous élève, tel le miʿrâj, in shâ’ ALLAH.
Qu’ALLAH ﷻ t’accorde tout ce dont tu as besoin pendant Ramadan, tous les besoins qu’Il connaît de toi, qu’Il te les accorde et qu’Il te permette d’être en sujūd, en rukūʿ, en salât, en lecture de Coran, un jeûne accepté, réformateur.
Qu’ALLAH ﷻ te trouve tout le temps et te facilite à faire du dhikr. Et qu’on te trouve tout le temps en train de penser : ALLAHu Akbar, SubḥânALLAH, al-hamdouliLAH, Lâ ilâha illâ ALLAH, Astaghfirullâh.
Je te donne également un autre conseil qui te sera des plus bénéfiques, mais pour le découvrir, il faut cliquer sur ce bouton :