Une des choses qui me touche le plus chez Rasûlullâh ﷺ, c’est son attitude avec ceux qui habitaient avec lui. Son attitude chez lui.
Et d’ailleurs, ce qui définit vraiment le bon comportement de quelqu’un, c’est quand sa famille peut en témoigner. Si la famille dit d’une personne qu’elle n’est pas quelqu’un de bien — et que toute la Terre dit le contraire — alors il faut croire la famille. Parce que la famille voit la personne sous toutes ses coutures, du matin au soir, dans toutes les circonstances. Et si cette même famille arrive à dire que c’est quelqu’un de bien, alors on peut y croire.
Le Prophète ﷺ ne dérogeait pas à la règle.
Le Prophète ﷺ : Un homme normal chez lui
Les compagnons voulaient tellement imiter Rasûlullâh ﷺ qu’ils cherchaient à connaître les moindres détails de sa vie à la maison. Et c’est de ses épouses — particulièrement ‘Aïsha رضي الله عنها, qui a rapporté énormément de hadiths — qu’ils ont obtenu ces informations. Elle aimait expliquer comment il était. Et ce qu’elle décrivait, c’était quelqu’un de tout à fait humain.
Quand on lui demandait comment Rasûlullâh ﷺ se comportait chez lui, elle répondait clairement : il était un être humain normal. Il se comportait comme les autres, tout simplement.
- Quand il rentrait à la maison, il nettoyait ses vêtements.
- S’il avait des souillures, il les retirait.
- Il ne laissait pas ses chaussures sales traîner.
- Il ôtait la poussière de ses habits.
- Il allait traire ses chèvres et ses brebis — parce qu’il était berger à la base.
- Il nourrissait le bétail.
- Il attachait son chameau lui-même, sans demander à un servant de le faire.
- Il mangeait avec les servants de sa maison
- Il portait et ramenait lui-même ses provisions — il faisait les courses, comme n’importe qui.
Les narrations de ses épouses rapportent même qu’il les aidait dans leur travail, dans leurs tâches. Il lui est arrivé, à plusieurs reprises, de pétrir le pain après une longue journée de travail. ‘Aïsha رضي الله عنها résumait tout ça en disant : il était constamment au service de sa famille.
La joie et l’humour du Prophète dans son foyer
À la maison, il plaisantait beaucoup avec les membres de son foyer. Beaucoup de ses traits d’humour nous sont d’ailleurs parvenus à travers des hadiths rapportés par ‘Aïsha رضي الله عنها.
Il aimait la faire sourire. Il ne manquait aucune occasion de rendre heureux les membres de sa maison — que ce soit par ses gestes, par ses paroles ou simplement par sa présence.
Un chef de famille actif
Lorsqu’il recevait des invités, il les servait personnellement à table. Rasûlullâh ﷺ n’était jamais un spectateur passif dans sa propre maison. Il n’était pas un figurant. Au contraire, quelles que soient les circonstances, il jouait toujours un rôle actif et productif. Il était un vrai chef de famille.
Et il y a quelque chose de très beau là-dedans : tout le monde était occupé chez lui. Et lui s’inscrivait dans ce mouvement. Il avait sa tâche, comme tout le monde.
On apprend avec lui que faire partie d’une maison, c’est avoir une mission dans cette maison. Celui qui est là sans aucune tâche ressent — même inconsciemment — qu’il ne sert à rien. Que cette maison tourne avec ou sans lui. Mais lorsqu’on participe, on a ce sentiment d’être indispensable au bon déroulement du foyer.
Il était constant
Il est important de le préciser, parce qu’on entend parfois des personnes — souvent des hommes — dire que Rasûlullâh ﷺ faisait ça de temps en temps. Non.
Quand on lit les hadiths qui parlent de lui à la maison, la manière dont ils sont conjugués indique quelque chose d’habituel, de régulier. Ce n’est pas Rasûlullâh ﷺ a pétri son pain — ce qui voudrait dire qu’il l’a fait une fois. C’est il pétrit, il participe. C’est du présent dans le passé. C’est une habitude. Et Rasûlullâh ﷺ n’a jamais eu aucun manquement, aucune défaillance dans sa maison.
Son caractère, c’était le Coran
Quand on prend tout ça en considération, on comprend pourquoi, lorsqu’on interrogeait ‘Aïsha رضي الله عنها sur le caractère de Rasûlullâh ﷺ, elle répondait par une phrase de trois mots :
Kâna khuluquhu al-Qur’ân.
Son caractère, c’était le Coran.
C’est l’éloge la plus haute, la plus distinguée qu’on puisse faire à Rasûlullâh ﷺ. Et c’est son épouse qui l’a dit. Celle qui l’a vu sous toutes ses coutures. Celle qui le connaissait vraiment.
On la remercie — elle et toutes ses épouses, ses enfants et ses petits-enfants — et on demande à ALLAH ﷻ de les récompenser pour tout ce qu’ils nous ont transmis. Parce que sans eux, on n’aurait jamais eu accès à ces détails. Des détails que même les compagnons ne pouvaient pas avoir, parce qu’ils ne vivaient pas sous son toit.
Et dans un autre hadith, quand on interrogeait ‘Aïsha رضي الله عنها sur les actes d’adoration du Prophète ﷺ à la maison, elle répondait :
Si vous voulez savoir la clé de sa réussite, si vous voulez savoir comment il adorait ALLAH ﷻ — lisez le début de la Sourate al-Mu’minoun.
Les premiers versets de cette sourate sont un vrai code de conduite pour être un bon croyant. Et c’est Rasûlullâh ﷺ qui nous l’a donné à travers son comportement.
Aujourd’hui, j’avais envie de parler de ces traits de personnalité de Rasûlullâh ﷺ lorsqu’il était chez lui — en espérant qu’on soit nombreux, inshALLAH ﷻ, si ce n’est toute la communauté, à l’imiter.