Le hijab, une pluie de rahma

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À qui s’adresse cet article ?

Avant de commencer, je me permets une dédicace sincère :

À mes sœurs, dans notre communauté, qui ne portent pas encore le hijab, et qui veulent le porter.
À celles qui ne le portent pas, et ne veulent pas le porter.
À celles qui ne le portent pas et ne savent pas pourquoi.
À celles qui le portent, et veulent le garder.
À celles qui le portent, et veulent l’enlever.
À celles qui le portent, mais ne savent pas pourquoi elles le portent.
Aux femmes du monde dont le cœur n’a pas encore été touché par l’Islam, pour qu’elles comprennent ce que recherchent les femmes croyantes musulmanes quand elles arborent le hijab.
Aux nobles femmes de notre histoire, à nos mères, épouses et mères des croyantes. À maman Hawa, pour avoir été l’ancêtre de notre féminité, l’ancêtre du portage de l’Humanité en son sein. Celle qui a transmis à la femme toute sa valeur.
À toutes les femmes de ma lignée, après moi.
À toutes les femmes des futures générations de toute ma communauté.
À toutes les femmes qui embrasseront l’islam, après moi, et après toi.
Aux hommes qui souhaitent comprendre, soutenir, endosser fièrement le rôle qu’Allah ﷻ leur donne à travers ce hijab. En effet, même si le hijab n’est pas la question des hommes, ils ont une part de responsabilité dedans.

Sommaire

Parmi les prescriptions divines pour la femme, il y en a une qui est mal comprise. Elle est parfois délaissée ou méprisée. Pourtant, elle est une invitation même d’Allah ﷻ pour faire vivre la femme en toi d’une manière où tu ne pourras jamais la vivre autrement. Permets-moi de te tenir compagnie avec un sujet des plus beaux : le hijab. C’est un sujet qui m’a été énormément demandé. Alors, nous allons voir tout ce qu’englobe cette notion, et surtout sous l’angle qu’Allah ﷻ a voulu prendre. D’ailleurs, tu verras qu’Il n’a pas employé ce terme, mais d’autres ! Voyons tout cela ensemble…

Les versets qui ont inspiré l’article

Et lorsque Moïse vint à Notre rendez-vous et que son Seigneur lui eut parlé, il dit: «O mon Seigneur, montre Toi à moi pour que je Te voie!» Il dit: «Tu ne Me verras pas; mais regarde le Mont: s’il tient en sa place, alors tu Me verras.» Mais lorsque son Seigneur Se manifesta au Mont, Il le pulvérisa, et Moïse s’effondra foudroyé. Lorsqu’il se fut remis, il dit: «Gloire à Toi! A Toi je me repens; et je suis le premier des croyants»

Et (Allah) dit: «O Moïse, Je t’ai préféré à tous les hommes, par Mes messages et par Ma parole. Prends donc ce que Je te donne, et sois du nombre des reconnaissants».

Sourate al Aaraf verset 143-144

Pour tout te dire, j’aime cette ayah d’un amour profond. C’est un passage insoupçonné où Allah ﷻ nous parle de hijab, mais pas n’importe lequel.

C’est vraiment par amour que Moussa a demandé à voir Allah ﷻ. On sait que parmi les hommes, parmi les prophètes, Moussa est celui qui a entendu la voix véritable d’Allah ﷻ, directement. Le fait d’entendre Sa voix, ce qui est grandiose, a donné envie à Moussa de Le voir en vrai. C’est la suite logique quand tu écoutes régulièrement parler quelqu’un que tu aimes. Tu finis par avoir envie de la rencontrer, être proche d’elle, faire un tête-à-tête avec elle.

Moussa voulait approfondir son tête à tête avec Allah ﷻ. C’est complètement compréhensible quand on aime Allah ﷻ de la même manière que Moussa L’aimait. Comme la ayah nous le dit, la montagne n’a pas pu tenir la vue de ce qu’Allah ﷻ avait révélé de Lui.

Le hijab d’Allah ﷻ

Allah ﷻ, dans ce passage, nous parle de Son hijab. Devant cette montagne, c’est son hijab de lumière qu’Il a révélé. Alors, imagine s’il avait révélé plus que cela. Allah ﷻ a bien un hijab, qui est fait d’une lumière éblouissante.

Tu le sais, le privilège de voir Allah ﷻ, de Le contempler, c’est un privilège réservé aux gens du Paradis. Tous les vendredis, ça sera un rendez-vous pour Le voir. Parmi les gens du Paradis, il y a une « classe VIP », les rapprochés d’Allah ﷻ, qui auront leur demeure dans l’espace juste en dessous du Trône d’Allah ﷻ. Ils pourront voir Allah ﷻ quand ils le voudront. Quel privilège !

Une fois que la vie sur Terre sera terminée, que le Jugement sera passé, que ce sera le moment d’accueillir les habitants du Paradis dans leur demeure véritable, Allah ﷻ n’acceptera d’ici là de se montrer à personne. Il va se montrer qu’aux personnes qui auront prouvé leur amour à Allah ﷻ pendant la durée de leur vie sur Terre. Ils auront mérité ce grand privilège de pouvoir Le contempler.

Le hijab, une obligation d’Allah ﷻ

Avant d’aller plus loin, c’est très important d’entendre, de comprendre, de conscientiser et d’accepter le fait suivant : ce hijab, c’est avant tout une demande d’Allah ﷻ. C’est une obligation divine.

La première étape pour comprendre la sagesse d’Allah ﷻ à travers le hijab, c’est d’accepter que cette demande vienne de Lui. Celui qui nous aime d’un amour dont on ne mesurera jamais l’étendue. Sa rahma.

Le hijab, c’est un des sujets où toutes les écoles et les savants de la jurisprudence sont alignés et unanimes. Tout simplement parce que cette prescription divine est clairement explicitée dans notre Coran et dans la sunna de notre Prophète ﷺ.

Pour faire court et pour être claire, si tu entends dire qu’il y a divergences, que ce n’est pas une obligation, que ce n’est pas mentionné dans le Coran, dis-toi que ces personnes ne sont pas savantes.

Dans notre Coran, par deux ayat, Allah ﷻ parle de ce vêtement de lumière, ce hijab qu’on est censée porter en tant que femme. L’une des ayah est dans la sourate An Nour (verset 31) et l’autre est dans la sourate Al Ahzab (verset 59).

Quel est le terme employé dans le Coran pour parler du voile ?

Dans la sourate An Nour, verset 31, lorsqu’Allah ﷻ parle de ce tissu, Il en parle en utilisant le terme de khimar et Il emploie le pluriel, خُمُرِهِنَّ — khumurihinn.

Il est fréquent d’entendre des personnes dire qu’il est question de couvrir la poitrine et le décolleté, et que la chevelure n’est pas mentionnée. Mais, avant de parler de ce qu’Allah ﷻ demande aux femmes de faire avec ce khimar, il faudrait déjà savoir ce que signifie le terme khimar !

D’où vient le terme khimar ?

C’est la même racine  خ م ر – Kha-Ma-Ra, que le mot khamr qui signifie l’alcool, le vin. Alors, pourquoi ces deux mots ont-ils la même racine ?

Khamara c’est le fait de couvrir. L’alcool s’appelle khamr car il a une forme de couvrance. En effet, il couvre la raison. La personne qui le consomme et devient ivre finit par perdre la tête. Elle a donc l’esprit qui est recouvert ainsi que sa raison.

La raison, la réflexion, c’est la tête. Les Arabes, bien avant l’avènement de l’Islam, utilisaient la même racine pour parler de la crinière d’un cheval (située donc sur sa tête). De plus, avant même la venue de l’islam, les Arabes employaient le mot khimar pour parler du voile sur la tête de la femme. Et même du turban des hommes !

C’était donc normal d’avoir la tête couverte. Ce terme veut naturellement dire que les cheveux étaient couverts. C’est pour cela qu’Allah ﷻ va ensuite parler de la poitrine, du décolleté. Les femmes mettaient ce khimar sur la tête et le pan était lâché sur le dos.

Une notion induite

Le khimar que portaient les femmes avant que le Coran n’en parle couvrait les cheveux et descendait dans le dos. Ce qu’Allah ﷻ leur a demandé, c’est de prendre ce pan qui était dans le dos, et de le rabattre sur l’avant. Ainsi, le mettre sur la poitrine et leur décolleté, de façon à ce que ce soit couvrant.

Dire que rien dans le Coran n’indique qu’une femme doit se couvrir les cheveux, c’est comme dire à quelqu’un qui possède des bottes de les mettre jusqu’au genou. On n’a pas besoin de mentionner de les mettre sur les pieds, vu que c’est logique ! La botte induit le pied.

De la même façon, pour le khimar, c’est inclus également. Le khimar ne peut pas se porter sur les pieds ! Le turban que les hommes portaient pouvait aussi s’appeler khimar. Et un turban peut-il se porter ailleurs que sur la tête ?

C’est comme si l’on parle de chapeau. On ne peut pas imaginer une autre partie du corps que la tête. On n’a même pas besoin de le mentionner tellement c’est évident.

Il suffisait donc de chercher le terme, et d’analyser son étymologie. Le khimar standard, c’est quelque chose qui couvre la tête et qui est rabattu dans le dos. Allah ﷻ a demandé à ces femmes de faire un geste manuel rapide. Le voile était déjà là, sur leurs têtes. Il leur dit juste que ce pan qui était dans le dos doit passer devant, couvrant les oreilles, le cou, le décolleté.

La longueur du khimar

Khimar, c’est le voile qui va de la tête jusque là où s’arrête la cage thoracique.

Je t’invite donc à faire le test. Prends la ligne médiane de ton corps, là où s’arrête la cage thoracique, le bas du sternum, et passe ta main à ce niveau-là. Un khimar doit aller jusque là.

En fonction du terme employé, les Arabes de l’époque savaient ce que ça comprenait : les épaules, le bas de la cage thoracique, la taille, les hanches… Il y avait donc une longueur standard en fonction du mot employé.

Quand Allah ﷻ emploie khimar, il respecte l’intelligence de la profondeur et de la richesse de cette langue arabe. Il n’a pas seulement dit « un tissu lambda », alors que les Arabes avaient un panel large de termes qui désignaient ce voile, avec des déclinaisons en fonction de la longueur.

Hijab et beauté : est-ce incompatible ?

Cette notion est importante. La femme a un besoin naturel de se sentir belle, de ressentir dans le regard de l’autre qu’elle est belle. C’est un besoin inné qu’Allah ﷻ a mis en la femme.

C’est pour cela qu’il ne lui interdit pas d’apparaître. Il ne lui interdit pas de se montrer. La preuve : le visage est découvert et les mains sont visibles.

Allah ﷻ ne t’interdit pas d’apparaître, mais Il t’aide à le baliser. Il t’aide à arborer sainement et en toute sécurité ton apparence, sauf devant toutes les catégories d’hommes qui sont mentionnées dans la ayah. Le panel qu’Il cite est large.

Le hijab, il faut le voir comme un moyen de pouvoir apparaître et briller en société, d’œuvrer, d’évoluer en toute sécurité.

Le rôle protecteur du hijab

On a tendance à dire que le hijab protège du regard des hommes. Or, c’est une infime partie de la fonction du hijab ! En vérité, il te protège plus de toi-même et des autres femmes, que des hommes.

La comparaison

Pourquoi dit-on dit qu’il te protège de toi-même et des autres femmes ? Parce qu’il y a un fléau qu’on a entre êtres humains, mais surtout entre femmes, c’est la comparaison.

J’appelle ça la comparaison injuste. On compare son apparence à celle de l’autre, on regarde l’autre et l’on se dit :

« elle est comme ci, comme ça »

puis on se regarde… Et l’on se dit : 

« mince, je ne suis pas comme ça… », etc.

Si tout le monde faisait son devoir de porter son hijab comme Allah ﷻ le demande, il n’y aurait pas ces problèmes-là.

De femme à femme

Tu vas me dire que l’on n’est pas obligées de porter le hijab devant une autre femme. Oui, mais il y a des conditions.

Les seules situations où une femme peut te voir sans ton hijab c’est parce que c’est en intérieur. Tu l’as invitée chez toi, ou dans un endroit où les gens qui sont là sont choisis. Tu n’invites pas n’importe qui chez toi, donc même les femmes que tu invites, tu les as choisies. Il y a donc un cercle de personnes à qui tu autorises de te voir complètement.

Il y a une autre catégorie, qui va être au même titre que les hommes qui ne sont pas de te famille, qui ne va pouvoir te voir qu’avec ton « uniforme en société ».

Des enseignements qui en découlent

Ton hijab t’enseigne beaucoup de choses, dont la reconnaissance. Il faut vraiment conscientiser que la femme a une certaine présence. Ce qui est dramatique, c’est qu’elle ne mesure pas l’ampleur de l’effet qu’elle fait autour d’elle.

C’est aussi pour cette raison qu’Allah ﷻ la protège d’elle-même : en lui faisant prendre conscience de sa valeur.

Quand on ne réalise pas la valeur de quelque chose, on l’expose plus facilement. Ça ne signifie pas que la valeur incombe à celle qui porte le hijab. La valeur de la femme est intrinsèque. C’est juste une question de le réaliser ou non, ou pas correctement.

Le hijab, une question de choix ?

Le concept du choix est aussi mal compris. Ce fameux « c’est mon choix ».

La couleur de ton hijab, ou la couleur de ton vêtement, ça, c’est ton choix. Mais si Allah ﷻ te demande quelque chose, là c’est Son choix. S’épuiser à vouloir dire tout haut « je suis libre », « my body my choice », ça c’est un faux débat.

Le vrai choix, c’est entre obéir à Allah ﷻ ou Lui désobéir. Demain, tu auras, comme tout le monde, un entretien privé avec Allah ﷻ, le jour du Jugement. Ce jour-là, on aura intérêt, d’avoir une raison valable sur le fait de ne pas avoir porté et maintenu notre hijab. C’est ça la réalité des choses.

Écoute plutôt ce que ton Coran te dit, écoute ce que la sunna te dit, pas ce que la société et les gens te disent. On te dit :

« c’est ton choix »,

« fais ce que tu veux »,

« c’est dans le cœur »,

« tu décides de montrer ce que tu veux »…

En vérité, le choix n’est pas là.

Aussi, lorsque Allah ﷻ parle du hijab et de la femme, Il est inclusif, Il n’exclut pas les gens. En fait, ça ne nous appartient pas de pointer du doigt :

  • une femme qui porte le hijab,
  • une femme qui ne le porte pas,
  • une personne qui a retiré son hijab,
  • une femme qui a décidé de le remettre après l’avoir retiré.

La liberté d’être belle

Le hijab, te protège de tout ce tourbillon infernal de devoir prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Le hijab, il a cette particularité, et cette grande force d’être intemporel. En revanche, la mode évolue tout le temps. Surtout aujourd’hui, avec la fast fashion, c’est compliqué d’être à la page.

Le hijab te rend libre, il te permet de garder une allure classique, intemporelle, qui passe partout. Où que tu ailles, quoi que tu fasses, quelle que soit l’époque, tu te sens libre dans ton habillement.

Je t’avoue que j’ai beaucoup de compassion pour celles qui ne portent pas le hijab et celles qui le portaient et qui l’ont retiré. Je ressens bien qu’elle n’a pas saisi le bijou de lumière, la distinction, la rahma qu’Allahﷻ lui donne, lui offre. Elle n’a pas compris, c’est surtout ça.

Allahﷻ nous sait belles. Il sait que nous sommes de belles personnes. Il sait que nous avons beaucoup de valeur. Ce qu’Il est en train de nous apprendre à faire, c’est conscientiser que ceux qui veulent nous voir, nous révéler dans toute notre beauté, doivent le mériter.

Famille, mariage… Et les hommes dans tout cela ?

Ton époux, pour atteindre le rang des hommes de ta famille, a dû signer un contrat de mariage. Il a dû verser une dote dont tu as choisi le montant. Il a dû prêter serment de subvenir à tous tes besoins, en sachant que tu as des droits sur ses biens alors que lui n’a pas le droit de toucher un centime de ce que tu possèdes.

Il a aussi prêté serment de subvenir aux besoins des enfants, de te protéger et de les protéger. Il doit te servir de mahram, d’être un véritable garde du corps pour te déplacer avec escorte et protection rapprochée.

Il a cette fonction de mahram dès lors qu’il devient ton époux. Il doit t’aimer pour ce que tu es. Il lui faut tout cela, pour remplacer les liens du sang, qu’il n’a pas à la base avec toi.

Pour celles qui ont vécu un divorce, dès lors que le divorce est prononcé et effectif, cet homme redevient un étranger. Il perd ses droits de voir son ex-femme dans toute sa beauté, dans tout ce qu’elle peut révéler d’elle. Malgré tout, il garde le devoir de subvenir aux besoins et l’avenir de ses enfants. Quelle que soit la personne qui a initié le divorce, ça ne reviendra jamais à la femme comme charge. Ça sera toujours la charge de l’homme.

C’est dire à quel point il y a une valeur accordée à ceux qui doivent et qui veulent mériter de te voir, te contempler. Le prix à payer est cher !

Voilà la valeur que tu as de manière intrinsèque et qu’Allah ﷻ souhaite que tu puisses préserver correctement.

Couvrir l’extérieur pour dévoiler l’intérieur

En fait, avec un hijab, les gens seront obligés de faire connaissance avec ton intérieur.

On ne souhaite pas que les gens ne voient que notre beauté extérieure. Tu sais, il y a une scène qui me vient en tête. J’ai vu une vidéo à l’Assemblée nationale. Une députée parlait au micro, devant tout le monde et elle disait quelque chose de très intéressant. Ses propos étaient très bien construits. Et dans le brouhaha de l’assemblée, des députés ont dit des choses comme « allez, allez, ta robe est jolie, tu peux aller te rassoir ».

Cette scène m’avait tellement marquée ! Je m’étais dit que tout ce qu’elle avait dit d’intelligent et de construit n’avait pas été entendu. Parce qu’il y a eu devant ces hommes qui ont fait précéder son apparence par rapport à l’intérieur.

En fait, le hijab qu’une femme arbore force la personne en face à faire face aux idées de cette femme. Ici, ces députés avaient une paresse intellectuelle. Ils voyaient peut-être qu’elle avait raison, mais il leur fallait une porte de sortie, ils ont pris une chose simpliste : se rabaisser et se ridiculiser en parlant de sa robe.

Effectivement, elle portait une robe fleurie qui arrivait au genou. Une jolie robe qui malheureusement lui a porté préjudice dans ce cadre. Ce n’était ni le lieu ni le moment, ces hommes ne méritaient pas de voir cela. Tu comprends maintenant quand je parle de mérite ? Lorsque cette robe leur a été exposée, ils n’ont pas su l’apprécier, ils n’ont pas su la respecter.

Le hijab permet aux gens de voir ta beauté intérieure. Ils n’ont pas le choix, tu les forces à voir ce que tu veux qu’ils voient. À cet instant T, tu as besoin qu’ils voient ton intelligence, l’étendue de tes capacités, de ta créativité, etc. Avec ce hijab, ils sont obligés de voir cela, ces traits de caractères et de personnalité. Autant on avait dit que le besoin de plaire et de sentir le respect de l’autre sur sa beauté physique est quelque chose qu’Allah ﷻ a mis naturellement chez la femme et qui se révèle être un défi pour elle, autant pour l’homme, son défi c’est la femme et sa beauté intrinsèque !

Les hommes de ta famille

Les hommes de ta famille peuvent te voir en robe, sans hijab, et ils ne vont pas te manquer de respect pour cela. Si tu viens devant ton papa ou ton frère, que tu lui exposes une idée, ou que tu lui demandes quelque chose, est-ce que tu l’entendrais te dire

« allez, va là-bas avec ta coupe de cheveux ? »

« oui, oui ta robe est jolie, va t’asseoir » ?

Comment le prendrais-tu si ton papa te renvoyait à ton apparence alors que tu venais lui exposer une idée ou lui demander un avis ? Un homme de confiance, parmi les hommes de ta famille, ne ferait pas ça. Il ne va pas te critiquer sur ton apparence physique ou te faire un compliment pour te dire « tais-toi femme !». Le fameux « sois belle et tais toi »…

Le hijab et les hommes

À tort, on fait du hijab un sujet masculin, au lieu d’en parler comme d’un sujet d’Allah ﷻ. Avant tout, tu fais cela pour obéir à Allah ﷻ. Rappelle-toi que c’est un trait commun que tu as avec Allah ﷻ. Il a un hijab de lumière qui a pulvérisé une montagne. Et toi, Il t’a donné un hijab également, pour montrer ta valeur. En en faisant un sujet masculin, on retire à l’homme sa responsabilité et son devoir d’observer son hijab à lui !

Oui, indirectement, il a une forme de hijab, il a des règles à respecter en termes de pudeur. Cette condition du vêtement de la femme, c’est la même pour l’homme. Je t’invite à regarder ces conditions, comme le fait que le vêtement doit être :

  • ample,
  • opaque,
  • il ne doit pas être un signe de vanité
  • il ne doit pas ressembler aux habits du sexe opposé.

L’homme a donc également une prescription à respecter. Dans la ayah 30 de la sourate An-Nour, Allah ﷻ demande d’abord aux hommes de baisser une partie de leur regard et de préserver leur chasteté. Pour les femmes, Il va dire la même chose en ajoutant « et qu’elles rabattent leur khimar sur leur poitrine, sauf devant leur époux, leur père […]».
Il y a plus d’enjeux pour la femme. Il y a quelque chose de l’ordre du précieux, de l’urgent, de haute importance pour Allah ﷻ.

Allah ﷻ demande d’abord aux hommes de baisser une partie de leur regard, de préserver leur chasteté. En gros, de respecter leur part du marché. À travers cette prescription divine, Allah ﷻ leur demande explicitement de respecter les femmes et leur offrir à elles de la sécurité quand ils sont autour d’elle. Il les met face à leurs responsabilités. Ce n’est pas à cause de la tenue d’une femme qu’un homme est désobligeant ou qu’il a des propos et un comportement déplacé envers une femme.

À la base, il devait déjà avoir baissé son regard.

Même si une femme passe devant lui, même si elle n’a pas conscience de sa valeur, même si elle expose des parties de son corps à tout le monde, on ne peut pas tenir rigueur à cette femme du comportement des hommes vis-à-vis de cette apparence physique, de sa beauté, etc. À la base, Allah ﷻ leur avait dit de baisser le regard. Donc même s’il l’avait vue, il aurait tout de suite baissé son regard.

C’est pour cela qu’Allah ﷻ dit « une partie de leur regard » car Il sait très bien que dans la rue on ne marche pas complètement tête baissée ! Il y a donc le premier regard qui nous échappe. Mais ensuite, il a la possibilité de tourner le regard. Mais s’il relève encore la tête, c’est alors son choix. Donc si un homme arrive au fait d’être désobligeant avec une femme, de la huer, de ne pas la respecter, d’en abuser, parce qu’il a prolongé son regard, il est d’emblée sorti du cadre, il n’a pas respecté son « hijab à lui » qui est de baisser le regard.

Des conflits intérieurs naturels

Allah ﷻ met alors les hommes face à leurs responsabilités. S’ils avaient fait leur part du marché, peut-être que ces femmes se sentiraient plus en sécurité d’arborer leurs valeurs telles qu’Allah ﷻ leur a donné.

Le conflit de la femme

Quand il s’agit d’une femme à qui Allah ﷻ demande de porter un hijab, on est d’accord qu’il y a comme un conflit intérieur entre le fait :

  • d’avoir envie de se mettre en valeur (dans un sens sain),
  • d’être appréciée pour cela.

Ce n’est pas un mal, tu peux le faire, mais il y a un comité VIP devant qui tu peux le faire. C’est juste cela.

Le conflit de l’homme

Pour les hommes, la beauté de la femme est vraiment quelque chose de naturellement beau et attirant pour eux. Chez l’homme, le chemin vers son cœur passe naturellement par le regard. L’homme trouve la femme belle. Il est donc aussi dans un conflit entre :

  • le fait de regarder ce qui se passe devant lui, regarder cette beauté sous ses yeux,
  • respecter, prendre sa part de responsabilité et suivre ce qu’Allahﷻ lui demande.

On a l’impression que ce sont deux opposés, aussi bien à l’intérieur de l’homme que de la femme. Des opposés qui s’entrechoquent. Les hommes, quand ils comprennent le hijab de la femme, lorsqu’ils comprennent sa valeur, ils doivent alors aussi assumer leur responsabilité de soutien indéfectible pour les femmes, pour que leur hijab à elles, prennent tout son sens. Respecter les femmes pour ce qu’elles sont, pour l’honneur et la place qu’Allah ﷻ leur a donnée. C’est-à-dire que pour un homme, ne pas respecter une femme, c’est défier Allah ﷻ directement.

Apprends à t’aimer

Porter le hijab, je te l’accorde, ce n’est pas facile. Le garder, ce n’est pas facile. Je te le disais, il y a comme un conflit intérieur. Mais dis-toi qu’une part du hijab c’est aussi d’apprendre à t’aimer. C’est aimer ce qu’Allah ﷻ t’a donné, sans te comparer. Le hijab te permet de :

  • vivre vraiment ce que tu es,
  • qui tu es,
  • de donner de la valeur et du respect pour qui tu es,
  • pour ce qu’Allah ﷻ t’a donné, physiquement.

Le tout, sans te comparer aux autres. En effet, tu n’auras pas de point de comparaison. Et les autres ne pourront pas se comparer à toi. Et le regard inquisiteur des autres ne peut pas porter sur toi si tu portes ton hijab.

Qui peut te critiquer si tu as :

  • des cheveux blancs qui apparaissent,
  • les oreilles décollées,
  • un cou plutôt long ou inversement,
  • une taille en H, en 8, en A ou en V,
  • des cheveux bruns ou roux,
  • des cheveux de type 4B, 4A, etc.

À part toi-même, qui peut critiquer ces traits physiques, si tu portes un hijab ?

Ton hijab t’apprend donc à t’aimer toi-même et il t’apprend à être reconnaissante envers ce qu’Allah ﷻ t’a donné. C’est connu :

  • La personne qui a les cheveux bouclés les veut raides ;
  • Celle qui a les cheveux raides les veut bouclés ;
  • La femme qui a telle couleur de peau la voudrait d’une autre couleur ;
  • Une autre qui a telles formes se voudrait différente.

On a de telles idées car on les a vues devant nous. À un moment donné, dans notre tête, soit nous ou soit la société, quelque chose nous a fait penser que la beauté, c’est ce que l’autre possède.

Se satisfaire de ce qu’Allah ﷻ nous a donné

Tu as donc estimé que tu serais plus belle si tu étais comme ci ou comme ça. Est-ce que tu es d’accord avec moi que critiquer tous ces détails physiques en toi, c’est directement une critique que tu formules à Allah ﷻ ? Ça revient à dire à Allah ﷻ que tu n’es pas satisfaite de ce qu’Il t’a donné. C’est comme si tu Lui disais :

« Ce n’est pas ce nez-là qu’il fallait me donner ».

« Ce n’est pas cette couleur de peau là qu’il fallait me donner », etc.

Tu pourrais te positionner devant Allah ﷻ et lui dire cela ? Non, tu ne pourrais pas. Tu es reconnaissante.

Si tu n’aimes pas la forme de tes pieds, dis-toi que tu as 2 pieds et que d’autres personnes rêveraient de les avoir, car eux n’en sont pas dotés.

Si tu as les cheveux de telle couleur ou de telle forme, et que tu es focalisée sur cela, alors dis-toi que toi, tu as des cheveux, quand d’autres n’en ont pas. Ça peut-être une question de génétique, une maladie, ou les conséquences d’un traitement comme une chimiothérapie, etc. Il y a des personnes qui n’en ont tellement pas, que si on leur proposait des cheveux, ils ne demanderaient même pas la couleur, la texture, la longueur, etc. Ils prendraient ce qu’on leur donne pourvu qu’ils aient des cheveux.

Ton hijab te protège de toi-même déjà. Il t’empêche de te comparer, mais aussi de laisser le regard des autres comment est ta beauté, d’avoir un avis sur ta beauté, alors que c’est intrinsèque. Tu es déjà belle.

Arriver à un point où tu remets en question qu’Allah ﷻ t’a donné, c’est grave. Non pas pour Allah ﷻ, ni pour les autres, mais pour toi. C’est grave pour ton développement, ta vie en société, ton avancée, ta carrière, le message que tu vas transmettre à tes filles, même pour ta relation avec Allah ﷻ ! Tu vas prier, parler avec Allah ﷻ, en ne te rendant même pas compte que tu es insatisfaite de Lui.

C’est un constat qui est amer, mais qui est là tout de même.

La femme n’est pas réduite à son hijab

Les pièges à éviter

Le hijab n’est pas le sujet que j’aime aborder quand je parle aux gens, même s’il est capital. Beaucoup de discours font des gros plans sur le hijab, son obligation, le grand péché de ne pas le porter, sa longueur, ce que font les femmes qui ont le hijab « elles vont là, elles font ça, alors qu’elles ont le hijab ! »… Comme si porter le hijab t’oblige à te taire et que tu n’as pas le droit d’apparaître dans tel ou tel endroit.

À mon sens, on oublie tout simplement d’enseigner à toutes ces femmes à être des femmes, avant de leur apprendre à porter un hijab. On oublie de leur apprendre les enjeux qui se cachent derrière le fait d’être une femme. On tombe malheureusement dans le piège qu’il fallait, à mon sens, à tout prix éviter : de réduire notre sœur fillah à son hijab. Finalement, comme dans la société non musulmane lorsque la femme est réduite à la couleur de ses cheveux, à son maquillage, à son apparence physique.

Dire qu’une femme sans hijab n’a pas de valeur, et une femme n’a de valeur que par son hijab, c’est réduire la femme à ce tissu. Et surtout, c’est réduire la valeur intrinsèque d’une femme. Allah ﷻ n’a dit nulle part qu’une femme sans hijab n’a pas de valeur. Il dit qu’en le portant, c’est mieux pour elle, pour vous, pour être reconnue en société. Ta valeur a précédé ta venue au monde. Tout simplement. Ton hijab est là pour informer les autres de ta valeur.

Travailler sur la cause réelle

Parler des femmes qui le porteraient mal (trop court, ou en turban, etc.), pour moi ce n’est pas un débat. À la fin, la personne va répondre devant Allah ﷻ. Le seul débat pour moi, c’est d’aider cette femme à savoir qui elle est aux yeux d’Allah ﷻ. Si on arrive à travailler ça et à travailler la relation que cette personne a avec Allah ﷻ, le reste coule de source.

Je ne suis pas en train de valider ce que beaucoup tiennent comme discours du style : « il n’y a qu’Allah ﷻ pour me juger ». Effectivement, en tant que musulmans, on a l’obligation de conseiller les gens, de s’aider mutuellement. Mais si la seule chose que tu as à dire à cette femme concerne son hijab, alors il y a un problème.

Nous avons besoin de modèles !

Dans la communauté musulmane, on laisse entendre qu’une femme qui ne porte pas le hijab (ou qu’elle le porte trop court, en turban, etc.) aurait une foi incomplète. Voilà encore quelque chose qui nourrit le conflit intérieur.

Pour pallier cela, nous avons plus que jamais besoin de modèles de femmes en hijab qui vivent la liberté qu’Allah ﷻ leur offre à travers ce hijab. Comme les figures féminines croyantes qui nous ont précédées, on devrait avoir des mentors, des leaders sécurisantes. Des femmes qui, lorsqu’on les regarde, nous donnent envie de faire pareil. On se sent le droit de faire pareil, parce qu’on se sent en sécurité à l’idée de le faire.

Pour leur sécurité intellectuelle, émotionnelle et physique, les femmes doivent de toute urgence apprendre leur religion et apprendre ce qu’Allah ﷻ dit de la femme. Il est capital de s’asseoir régulièrement, près de son Coran et de lui demander de nous transmettre tout ce qui se rapporte à la femme.

Prendre exemple sur les meilleures femmes

On peut citer pour commencer notre mère Hawa ou encore Sarah, la femme du prophète Ibrahim. Hajar, sa deuxième épouse, qui a fait un geste reproduit chaque année par des hommes et des femmes en reproduisant le trajet qu’elle a fait 7 fois entre le mont Safa et Marwa pour chercher de l’eau pour son enfant.

Les deux mamans de Moussa :

  • Sa mère biologique, qui l’a mis dans ce panier pour le mettre dans l’eau et le sauver du châtiment de Pharaon.
  • Assia, la femme de Pharaon, qui était croyante, tout en étant mariée au plus grand tyran de la Terre. Elle était l’une des 4 meilleures femmes qu’aient connues les univers. Elle était mariée et partageait la maison, le quotidien, d’un homme toxique. Regarde dans les récits de sa vie, la manière dont il a torturé sa femme quand il a su qu’elle croyait en Allah ﷻ, alors pourtant qu’il l’aimait,

Ces deux femmes sont des figures qui sont mentionnées dans le Coran, et pas qu’une fois !

On assiste aussi « en direct », dans la sourate Al Qassas à la rencontre entre Moussa et celle qui deviendra son épouse. On assiste à la demande en mariage qui est initiée par la femme, implicitement, quand elle parle à son papa.

À travers ces femmes et leurs actions, on apprend même comment aborder des choses de la vie ici-bas. Quand une femme s’intéresse à un homme, on apprend comment elle doit faire. Comment elle doit faire pour savoir même comment ça doit venir de lui ! On apprend comment :

  • commercer,
  • émettre des idées,
  • demander à Allah ﷻ,
  • sauver sa famille,
  • vivre quand on est dans le foyer d’une personne qui est diamétralement opposée à nous.

Sans oublier Maryam (aleyha salam), la mère du Prophète ‘Issa (aleyhi salam), qui est un exemple grandiose de femme. C’était une femme parmi les hommes dans le mihrab où elle priait. Elle a été élevée et elle a adoré Allah ﷻ au milieu d’hommes. Et elle a enfanté de ‘Issa sans qu’un homme la touche. C’est l’exemple même de la valeur et du hijab arboré avec fierté et élégance.

Dans la sirah, avec les épouses et les filles du Prophète, ainsi que les femmes compagnons, comme Noussayba. Quand le Prophète parlait de cette combattante, il disait que sur le champ de bataille, précisément à la bataille de Uhud, partout son regard se tournait, il la voyait. Elle se battait très durement pour qu’aucune flèche ne touche le Prophète. Durant la bataille, sa fonction était de protéger le Prophète. Elle se battait à l’épée contre quiconque s’approchait de lui. C’est si beau !

Ce sont des femmes qui arboraient leur hijab et faisaient tout cela. Tous ces exemples sont là pour nous enseigner à être des femmes.

Le point commun de toutes ces femmes

Quel point commun tu peux trouver à ces femmes ? Leur présence. Elles sont là, présentes, elles existent. Elles sont même immortalisées dans un Coran que des hommes et des femmes lisent tous les jours dans le monde entier.

Elles ont donc une présence dans le Coran, dans la sunnah, dans le cœur des gens et dans leurs souvenirs. Quand je pense à tout cela, je pense à ce message :

« Ma sœur, mets ton hijab et va briller au cœur de la société.

Mets ton hijab et va faire ce que tu sais faire de bien.

Mets ton hijab et va faire don au monde des qualités qu’Allah ﷻ a mises en toi spécialement ».

Le refus ou la réticence d’une femme à porter le hijab

Ici, le hijab n’est pas le vrai problème. Une femme qui est réticente à le porter, c’est une femme qui ne connaît pas l’étendue de sa valeur. On en revient toujours à ça.

C’est comme si une femme possède un diamant entre les mains. Comme elle ne connaît pas la valeur de cette pierre, elle le pose au vu et au su de tout le monde, sans le mettre dans un écrin. Elle le laisse sans protection. Est-ce que ce diamant perd de sa valeur pour autant ? Non, elle aura toujours autant de valeur. La première personne qui va passer risque de s’exclamer et se saisir du diamant. En voyant qu’il n’est pas dans un écrin, il va sûrement se dire que la pierre précieuse n’a pas l’air d’intéresser sa propriétaire et peut la voler. Elle a transmis le message aux autres que ça n’a pas tant de valeur que ça, c’est une question de perception.

Le plus dur, c’est quand tu possèdes cette chose de valeur et que tu es la seule à ne pas le voir. La personne en face, qui en use ou en abuse ou le regarde, se permet d’en parler, d’y toucher, etc.

Ces femmes qui sont réticentes avec le hijab, ce sont des femmes qui ne connaissent pas leur mission, qui leur est donnée par Allah ﷻ. Ce sont des femmes qui ne savent pas comment briller dans ce monde avec les ingrédients d’Allah ﷻ. Parfois, ça révèle un problème vraiment intérieur. Le hijab vient juste révéler un problème. C’est comme un symptôme.

Un travail à faire dans notre communauté

Parfois, le problème va être émotionnel, psychique, familial ou identitaire. C’est ça qu’on doit régler. Ce n’est pas la question de porter le hijab ou non qui doit être réglée. C’est ce qu’il y a en dessous, ce qui fait que la personne n’arrive pas à percevoir la valeur que le hijab va lui permettre d’arborer auprès des gens.

Il y a un gros manque de compréhension du hijab dans notre propre communauté. Ce n’est pas la peine de chercher chez les non-musulmans, il faut commencer chez nous. Si nous on comprend correctement le hijab, ça forcera l’extérieur à voir la personne, la femme, à sa juste valeur. On donne au hijab une signification qu’Allah ﷻ ne lui a pas donnée.

Par exemple, je pense à une scène courante qui se passe lorsqu’une femme se convertit à l’islam dans une mosquée. Si tu as déjà assisté à cela, elle n’a même pas prononcé la shahada, que d’urgence tu vois deux femmes lui mettre un hijab sur la tête, sans lui expliquer la signification.

Pourtant, cette femme voit d’elle-même la situation, elle voit que les femmes musulmanes portent le hijab autour d’elle, elle comprend donc que c’est une prescription divine.

Cependant, elle n’a aucune idée, à ce moment-là, de la fonction réelle du hijab. Cette femme n’a même pas encore prononcé la chahada, qu’on lui met déjà un hijab sur la tête ! On enseigne à cette femme que porter ce hijab, c’est plus important que la compréhension de l’islam et que sa relation avec Allah ﷻ.

En tout cas, si c’était moi qui devais gérer ça, le hijab ne serait pas une urgence. Ce n’est juste pas le moment, il y a d’autres choses à travailler avant. Si elle vient avec, si elle pose la question ou si elle veut le mettre, c’est différent.

Les femmes qui enlèvent le hijab

J’ai déjà entendu des témoignages de sœurs, de femmes, qui portaient le hijab et qui, d’une façon ou d’une autre, ont été éprouvées dans leur vie et sont passées par des phases de dépression. Elles étaient tellement en détresse qu’elles essayaient d’appeler à l’aide, mais elles étaient ignorées.

On a encore du mal, dans notre communauté, avec les sujets comme la dépression. On nous fait comprendre que c’est un problème de foi uniquement. Ce serait comme se mettre devant Yaqoub, le père de Youssouf, qu’il a perdu pendant des années et lui dire :

« Tu as pleuré pendant des années au point d’en perdre la vue, tu n’as donc pas une grande foi en Allahﷻ ? »

Et pourtant, dans toute la sourate, à aucun moment Allah ﷻ ne lui reproche cet état de tristesse profonde, ces pleurs. C’est la preuve que ce n’était pas lié à sa foi en Allah ﷻ. La foi qu’avait Yaqoub envers Allah ﷻ, peut-être que toute notre vie on ne l’aura pas. Pourtant, il a pleuré pendant des années. Et aujourd’hui on appellerait cela de la dépression.

Regarde un électrocardiogramme, si la ligne est plate c’est que tu es morte. Donc c’est normal que comme dans la vie, il y ait des hauts et des bas. La foi, c’est également comme cela.

Ces femmes là, vont à un moment donné éprouver une difficulté. Ça n’a rien à voir avec le hijab, mais par un mécanisme et le fait de ne pas trouver de solution, certaines vont penser à retirer le hijab. Certaines vont le faire, d’autres vont revenir.

Ce qu’il se passe dans la communauté, et qui me laisse perplexe, c’est qu’au moment où cette femme enlève son hijab, il y a plein d’agitations autour :

  • Certains vont courir lui dire de le remettre,
  • D’autres vont lui demander ce qu’on peut faire pour qu’elle le remette,
  • D’autres encore qui vont lui demander ce qui lui prend…
  • Et puis encore d’autres vont donner des conseils, et s’ils voient que ça n’a pas d’effet immédiat, vont la fusiller, la pointer du doigt.

S’il y a autant de personnes qui l’ont enlevé, demandez-vous pourquoi. Posez-vous des questions. On ne leur a pas offert un cadre sécurisant à ces femmes. Il y a une perte identitaire. Sa valeur est là, mais elle est même trop grande pour qu’elle puisse le réaliser. Résultat : elle n’en profite pas, ou pas correctement.

Il a fallu qu’elles enlèvent leur hijab pour que les gens se rendent compte qu’elles n’allaient pas bien. Où étaient ces gens quand elles avaient besoin d’aide alors qu’elles avaient encore leur hijab ? En dehors de la communauté, une femme qui n’arbore pas son hijab, au sens où Allah ﷻ nous le demande, sa valeur n’est pas perçue correctement. Elle est désabusée.

Pour ma part, quand je vois une femme que je connais qui retire son hijab alors qu’elle l’avait, si elle me permet de lui poser cette question, je lui demande avant tout comment elle va, comment elle se sent. Je ne lui parle pas de son hijab. Je me demande ce qu’elle traverse comme difficultés. Je me dis que si elle est arrivée à ce point, c’est qu’elle a oublié la valeur qu’elle a. Elle s’est perdue dans son itinéraire. Personne n’est à l’abri, je ne suis pas à l’abri, tant les dangers sont partout.

Ce n’est pas en leur parlant du hijab qu’elles vont retrouver leur cap. C’est comme un médecin à qui vous exposez votre problème, et qui ne vous pose pas de question, rien sur le mode de vie, les antécédents, etc. Il vous impose directement un traitement en vous culpabilisant si vous ne l’écoutez pas. Un médecin comme cela est à fuir. De la même manière, quand on ne connaît pas les problèmes d’une personne, on ne peut pas connaître le traitement pour ses problèmes.

Le hijab et la relation avec Allah ﷻ

Ton rapport au hijab, c’est un bon moyen de jauger ta relation avec Allah ﷻ. Si tu connais vraiment Allah ﷻ, la question du hijab est réglée. Ce n’est même plus une question, plus un sujet, rien.

Si le hijab te pose problème à un moment ou un autre, c’est déjà bien de l’admettre. Une femme qui admet que quelque chose l’irrite, ou qu’elle ne veut pas, c’est déjà un premier pas.

J’ai aussi envie de te dire que si cette chose t’irrite, c’est que quelque chose se passe en toi. Quelque part, ton cœur veut déjà le porter. Il lui faut juste cette lumière nécessaire pour pouvoir l’arborer. Les femmes, pour pouvoir porter le hijab, ont besoin d’avoir une raison forte, d’avoir « le pourquoi du comment ». Ce ne peut être fort que lorsque c’est « le pourquoi du comment » qui vient d’Allah ﷻ.

Ma propre histoire par rapport au hijab

Ça me donne envie de te raconter ma propre histoire par rapport au hijab, du moins quand j’ai voulu le porter. Depuis cet évènement qui m’a fait le porter, je n’ai plus jamais voulu ni envisagé de l’enlever. Ça ne m’a même pas traversé l’esprit. C’est dire à quel point c’était une raison forte et solide.

Qu’Allah ﷻ fasse que ça ne change pas.

J’étais encore adolescente et j’étais partie avec mes parents à une conférence de Sheikh Abdallah Basfar sur le Coran. Il était alors le président d’une grande organisation mondiale sur la mémorisation du Coran. C’est aussi mon récitateur préféré. C’était déjà grandiose pour moi d’écouter Abdallah Basfar. J’étais très émue.

Il se trouve que pour aller à cette conférence, j’avais mis un hijab. Pour moi, dans ma tête, c’était inconcevable d’aller écouter la parole d’Allah ﷻ et de venir sans hijab. Comme à chaque fois que j’allais à ce genre d’évènement, j’allais le mettre, puis le retirer pour reprendre ma vie.

La ayah que Sheikh Basfar a récité pour l’ouverture m’a bouleversée. Pourtant, cette sourate, je la connaissais. Mais ce jour-là, j’avais l’impression de l’entendre pour la première fois. Ce sont les ayat 30 à 32 de la sourate Fussilat où Allah ﷻ dit, dans le sens rapproché :

« Ceux qui disent notre Seigneur est Allahﷻ, et qui se tiennent dans le droit chemin, alors les anges descendent sur eux, leur disent “n’ayez pas peur, ne soyez pas affligés, mais ayez et recevez la bonne nouvelle du Paradis qui vous était promis. Nous sommes vos protecteurs dans la vie présente, et dans l’au-delà, et vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez. Un lieu d’accueil de la part d’un Très grand pardonneur, d’un Très grand miséricordieux ».»

J’avais vraiment l’impression que cette ayah me parlait. Elle évoquait un sujet que j’affectionne beaucoup, le Paradis. En plus, Allah ﷻ fait parler les anges. Ils disent de ne pas avoir peur, de ne pas être tristes. Ils parlent aussi au présent, de l’accueil qu’ils nous feront dans le futur. Ils disent ça de ceux qui disent que leur Seigneur est Allah ﷻ et qui se tiennent dans le droit chemin. D’ailleurs, le fait de porter le hijab rentre dans cette catégorie.

C’était peut-être la première fois que j’entendais une ayah et de la méditer en même temps que je l’entends. Je comprenais ces ayat, je les avais apprises. Je connaissais la traduction.

Mais ce qui s’est passé ce jour-là, c’était spécial. J’étais dans un cadre que j’aimais, à écouter parler de Coran, par mon récitateur préféré, avec mes parents, tout était bien.

Et là, un calcul très rapide s’est fait dans ma tête. J’ai prêté serment à l’instant T. Je me rappelle que quand il eut fini de réciter, j’ai raconté à mon père mon ressenti et je pleurais. Je me suis dit que j’étais venue jusque là, pour écouter ces jeunes réciter, écouter mon récitateur préféré donner cette conférence et j’avais mon hijab pour le respect que j’accordais à la parole d’Allah ﷻ. Puis, je me suis dit que quand tout serait fini, je n’allais pas me sentir de sortir sans hijab. C’était pour moi une forme d’hypocrisie. J’ai juré par Allah ﷻ que je ne retirerai plus jamais ce hijab.

Cette raison qui m’a fait porter le hijab, c’est une chose que je commémore régulièrement. À chaque fois que j’arrive dans ces ayat-là, je me remémore ces souvenirs. C’est pour cela que mon respect et mon affection pour ce récitateur sont aussi éternels.

Comme je le disais donc, il faut un pourquoi du comment fort, celui d’Allahﷻ. En l’occurrence, c’était celui d’Allah ﷻ, avec en même temps la parole des anges, le Paradis… Il y avait tout ! À ce moment-là, j’ai appris un peu plus sur Allah ﷻ et aussi sur moi. Il fallait que j’entende ça, et il fallait que ce soit dans cet endroit, à ce moment-là, en parlant de Coran.

Je te souhaite réellement, toute urgence, si tu en as besoin, si tu es dans ce questionnement, de vivre une connexion avec Allahﷻ qui te fasse prendre des actions aussi fortes que ça, aussi fortes qu’arborer ce hijab qu’Allah ﷻ te donne, te prescrit gracieusement pour pouvoir montrer aux autres ta valeur.

Se construire pour l’arborer

Je veux te montrer l’importance qu’un travail soit fait, de connaître Allah ﷻ, et d’avoir des raisons fortes d’arborer fièrement cette demande de ton Créateur.

Les versets qui parlent du hijab ont été révélés pendant la période médinoise. Ça a été révélé au moins 3 à 4 ans après l’Hégire. Jusque là, le Coran s’était concentré sur :

  • le fait de construire son identité de musulman,
  • la description du paradis,
  • la mise en garde contre l’Enfer,
  • l’explication autour de notre origine,
  • ce qui fait que l’on est sur Terre,
  • la genèse de ce qu’il s’est passé avec Adam et Hawa, Satan, etc.

C’était important qu’au début, la relation avec Allah ﷻ soit construite.

Mais même arrivés à Médine, dans un terrain propice, il s’est écoulé des années avant que les ayat sur le hijab se révèlent. C’est comme si Allah ﷻ donnait le temps à ces femmes et à ces hommes, de se construire. De ce fait, quand les ayat sur le hijab ont été révélées, que s’est-il passé ?

Aïcha décrit la réaction des femmes médinoises. Elles ont tout de suite coupé leurs rideaux pour rabattre leur khimar sur leur poitrine. Pourquoi ? Parce que le travail avait déjà été fait.

Pour ces femmes-là, le hijab n’a fait que renforcer la perception de leur valeur, leur estime d’elle-même. Ça leur a donné plus de courage pour briller en société, pour pouvoir apporter leur savoir-faire, leurs compétences. C’est pour cette raison qu’on voyait les femmes des compagnons partout :

  • sur le champ de bataille,
  • au marché,
  • dans les commerces,
  • dans la transmission de la science,
  • dans la médecine,
  • dans la jurisprudence.

PARTOUT.

Nous, on doit atteindre ce niveau-là. On doit apprendre à nos filles, à nos ados, à nos femmes qui elles sont d’après Allahﷻ, d’après le Coran. Qu’est-ce qu’on attend d’elles ? Quel est leur rôle dans cette société ? Quand elles sauront tout ça, le hijab sera une évidence, ce sera logique.

Porter le hijab et vivre en société

Aujourd’hui on essaye de nous faire passer l’idée que la femme doit mettre son hijab et se cacher, se taire, se mettre à l’écart. Non, c’est plutôt :

“Mets-le, car tu dois t’exposer en société, tu dois permettre aux autres de bénéficier de tes connaissances, de tes capacités, de ces aptitudes intellectuelles, physiques, qu’Allah ﷻ t’a données, mais tu dois pouvoir le faire en toute sécurité.”

Pour que la personne qui n’est pas en droit d’atteindre ta valeur n’essaye pas de prendre quelque chose qui ne lui appartient pas, il faut que tu aies cet uniforme de sécurité, de lumière, de valeur. Il va pouvoir montrer aux autres ta valeur. Ils seront obligés de faire face à ton intelligence, à qui tu es vraiment à l’intérieur, et ne verront de beauté de toi que ce que tu laisses paraître. Ça sous-entend que derrière ça, il y a encore plus de valeur.

Allah ﷻ veut que sa créature de confiance, cette femme, soit visible, et en même temps, qu’elle soit en sécurité. À ce sujet, si tu veux creuser ce sujet, et lire les récits de femmes savantes, je te recommande un livre : Al Muhaddithat de cheikh Akram Nadwi.

S’en remettre à Lui

Si jamais tu arrives à un point où tu te sens loin d’Allah ﷻ, demande-toi, de vous deux, qui a bougé ? Tu sais quoi faire ensuite. Revenir sur tes pas. Tu sais que tu viens d’Allah ﷻ, et revenir vers Celui de qui tu viens, c’est plus facile qu’avancer toute seule dans l’inconnu, dans un avenir que tu ne connais pas. Des profondes discussions avec Lui, lui faire part de tes besoins, de tes peurs, de tes rêves, de tes sentiments vis-à-vis de Lui, c’est un bon début. Tu verras à quel point c’est accessible et libérateur. Il y a une douaa que je te confie et qui est une pépite :

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ الثَّبَاة

Ô Allah, je Te demande de m’accorder la fermeté dans mes actions.

Avant de te laisser…

Rappelle-toi, d’où que tu viennes, où que tu ailles, tu es un être valeur d’Allah ﷻ, ton créateur. Ce hijab, qu’Il s’applique à Lui-même, du fait de Sa valeur à Lui, dépasse notre conscience humaine. Rappelle-toi le hijab d’Allah ﷻ. C’est Allah ﷻ qui a la Grande valeur, c’est Lui qui est éblouissant. Son hijab lui sert de mur, de rideau, car sans ça, les gens ne pourraient pas supporter Sa vue. Il a décidé de t’en offrir un, à toi aussi, qui te va sur mesure. Il n’est pas là pour te cacher au monde, mais bien au contraire pour te permettre de te révéler au monde car le monde n’est rien sans les femmes que nous sommes. Nous composons plus de la moitié des gens de ce monde. Nous sommes, en quelques sortes, tout ce monde, toute la société. La moitié restante, nous l’avons portée dans notre corps. Ce corps si précieux pour Allah ﷻ, pour avoir supporté sa création la plus aboutie, qu’Il lui a confectionné un écrin digne de le couvrir. Si tu l’acceptes ce hijab, alors tu acceptes d’être pleinement la femme qu’Allah ﷻ te destine à être. Si tu dis “non merci” à cet écrin qu’Allahﷻ te donne, tu dis “non merci” à la femme grandiose et véritable que le monde aurait pu voir, mais que tu lui refuses. Oui, au final, c’est bien ton choix. Choisir Allah ﷻ, donc te choisir toi. Ou refuser Allah ﷻ, donc te refuser toi. Et qui serait assez insensé pour se tourner le dos à lui-même ?

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Céline

As Salam aleykoum. Je voulais juste te remercier pour ce magnifique podcast mashAllah Allahouma barek. Les podcasts ou vidéos qu’on entend sur le hijab sont souvent « lourds » à écouter (lourds dans le sens où ils parlent surtout du côté négatif, des critiques et comment ne pas en tenir compte). Mais ici tu as tourné ça autrement et tu as vraiment rappeler le contexte et les raisons pour lesquelles on doit porter. J’avais vraiment l’impression que le hijab rayonnait dans ton podcast, mashAllah. Je suis convertie depuis 4 ans et depuis un an je cherche à le porter, je faisais des invocations et j’écoutais des histoires sur des sœurs qui l’ont portée etc. J’ai écouté ton podcast il y a 2 semaines et al hamdoulilah j’ai porté le hijab quelques jours après par la grâce d’Allah bien sûr mais ton podcast a été l’une des causes. Qu’Allah t’en récompense. Aujourd’hui, je le porte et j’ai comme un bouclier avec moi tous les jours. Je sens encore plus la présence d’Allah depuis et al hamdoulilah.
Merci aussi pour tes autres podcasts.
Céline.

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