7 questions que je reçois souvent

Temps de lecture estimé : 30 min

Parmi les dernières questions qui m’ont été posées – et il se trouve que ce sont des questions fréquentes – j’ai décidé d’en sélectionner sept qui reviennent régulièrement.
Ces questions viennent de vous : de mes mails, de mes messages privés sur Instagram ou parfois directement pendant mes interventions, en présentiel ou en ligne.

Je me suis dit que cela pouvait être utile d’y répondre dans un format plus long et plus posé, pour pouvoir développer. Peut-être que mes réponses intéresseront plus de personnes que celles qui m’ont écrit, même si je réponds parfois en story ou en public.

Petite précision :
Si je réponds à ces questions ici, ce n’est pas pour dire « arrêtez de me poser cette question », ni parce que j’en ai assez d’y répondre.
Je sais que, même après cet épisode, certains continueront à me la poser – et c’est normal.
Mais je préfère y répondre de manière détaillée, car cela pourra être utile à beaucoup de personnes.

Sommaire

La ayah qui a guidé l’épisode

« Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance.
L’ouïe, la vue et le cœur – sur tout cela vous serez interrogés. »
(Sourate Al-Isra, ayah 36)

C’est une ayah que j’aime beaucoup, et qui nous rappelle que nous devons toujours chercher la clarté, poser les bonnes questions et être responsables de ce que nous croyons et de ce que nous suivons.
C’est exactement le sens de cet épisode.

Question 1 : quel est ton minhaj ?

C’est une question que l’on me pose de temps en temps – pas tous les jours, mais régulièrement.
Surtout lorsque les gens ne me connaissaient pas du tout au début, ce que je peux comprendre.

En réalité, il suffit de m’écouter quelques minutes ou de lire quelques pages de mon site – notamment la page “À propos” – pour trouver la réponse.
Mais je comprends la démarche, elle est légitime. En effet, quand on décide d’apprendre avec quelqu’un ou de l’écouter, on veut savoir quelle est sa voie, ses références et ses enseignants.
C’est une preuve de prudence, et c’est une très bonne chose.

Pour répondre à cette question, je dirais que mon minhaj, c’est le Coran et la Sunnah, compris à la lumière du consensus des savants et de la voie des pieux prédécesseurs.

C’est très important de préciser :

  • loin de tout sectarisme,
  • loin des étiquettes de groupes,
  • loin des divisions que le Prophète ﷺ a interdites.

Il nous a clairement interdit le tribalisme, le fait de se revendiquer d’un groupe pour rejeter les autres.
Notre rôle est de suivre le Coran et la Sunnah.

Sur la question des savants

Si la question est : « Quels sont les savants que tu suis ? », alors ma réponse est claire : il n’y a pas un seul savant ou une liste fermée de cinq noms à brandir.
L’islam ne se limite pas à cinq savants à écouter et à l’exclusion de tous les autres.

Ce serait une vision beaucoup trop réductrice et injuste envers les centaines – voire les milliers – de savants qui ne sont pas connus du grand public, qui n’ont pas un million de followers, mais dont la science reste immense et précieuse.

Je crains qu’un jour, à la fin des temps, quelqu’un de très savant, après des années de recherche et d’effort, apporte une fatwa ou un conseil utile… et que les gens lui répondent :
« Tu es qui, toi ? Tu as combien de followers ? Ah, tu es inconnu au bataillon ? Alors assieds-toi et tais-toi. »

Ce temps-là pourra venir, qu’ALLAH ﷻ nous en préserve.
Et cela fait partie des signes de la fin des temps :

  • les savants seront rejetés ou traités de menteurs,
  • et ceux qui n’ont aucun savoir seront adulés et suivis.

Mon approche est donc d’écouter, de lire et d’apprendre auprès de personnes fiables, qui ont fait leurs preuves, et de toujours croiser leurs propos avec le Coran et la Sunnah. Ce sont nos deux références immuables.

Soyons honnêtes : avec tout ce que je partage — que ce soit à l’écrit, à l’oral, dans mes podcasts ou mes cours — est-ce que l’on peut encore douter de mon minhaj, à se demander si je suis vraiment le Coran et la Sunnah ?

Question 2 : est-ce que tu donnes des cours ?

C’est une question que je reçois très souvent, et à juste titre.
Ce serait quand même étonnant d’être enseignante de Coran et que l’on ne me demande pas comment suivre mes cours ou bénéficier d’un suivi. Donc pour répondre, oui, j’ai donné des cours pendant des années, plus d’une quinzaine d’années.
J’ai accompagné des élèves en individuel, en groupe, dans des sessions régulières et des classes que j’ai parfois gardées plusieurs années.

Je n’en parlais pas beaucoup publiquement, car :

  • je n’avais pas de place disponible à ce moment-là,
  • je voulais éviter de créer de la frustration,
  • et je préférais rester fidèle aux groupes déjà constitués, pour assurer la continuité de leur apprentissage.

Mais au fil des années, ma vie a changé :

  • mes responsabilités se sont alourdies,
  • j’ai poursuivi mes études,
  • j’ai continué à travailler sur Coran de mon cœur,
  • et surtout, je suis devenue maman.

Mes enfants sont ma priorité, et ils représentent mon plus grand investissement en temps.
Je suis leur mère, mais je suis aussi leur première école, celle qui les éduque au quotidien.

Tout cela m’a amenée à faire des choix :

  • j’ai choisi de ne plus proposer de suivi individuel, du moins pour le moment,
  • mais je n’ai pas arrêté d’enseigner.

C’est impossible pour moi d’arrêter complètement. Enseigner fait partie de ma vie et de ma mission. Enseigner, c’est dans l’ADN d’un enseignant, donc c’est dans mon ADN.

Continuer à enseigner autrement

C’est pour ça qu’aujourd’hui je propose :

  • des formations que tu peux suivre, comme Coran de ma vie,
  • et surtout un projet qui me tient à cœur, qui est en cours : former des enseignantes.

Former des femmes à la méthodologie prophétique, pour qu’elles puissent transmettre à leur tour l’amour du Coran avec :

  • éthique,
  • profondeur,
  • et une approche centrée sur ALLAH ﷻ.

En gros, transmettre la méthode Coran de mon cœur.

Le suivi individuel

Si tu écoutes cet épisode et que tu espères un suivi personnel pour ton tajwid, ton apprentissage des sourates ou ton accompagnement…
La réponse aujourd’hui, c’est : non, pas pour le moment.

Mais peut-être que demain :

  • tu seras suivie par une enseignante que j’aurai moi-même formée,
  • ou peut-être que toi-même tu deviendras enseignante de Coran grâce à cette formation.

Et ça, c’est tout aussi beau, parce que c’est la même vision, la même méthode.

Rappel important :
Je ne pourrai jamais enseigner personnellement à toutes les femmes de France, ou même du monde.
Mais je peux transmettre une méthodologie claire et accessible, qui en vérité est celle du Prophète ﷺ, que l’on adapte avec notre époque, nos outils, et qui survivra même après moi. Ainsi, elle pourra être adaptée à chaque élève et chaque contexte.

C’est un travail noble, mais énorme. C’est une lourde responsabilité et parfois j’en ai presque des sueurs froides.
Mais c’est aussi quelque chose qu’ALLAH ﷻ a placé sur mon chemin : ce n’est pas moi qui ai choisi ce projet, c’est le projet qui m’a choisie.

Donc sois patiente si tu es une sœur : le moment venu, j’annoncerai l’ouverture des inscriptions pour celles qui souhaiteront devenir enseignante, bi-idhnillah.

Enseigner uniquement aux femmes

Effectivement, j’enseigne exclusivement aux femmes. Pourquoi ? Parce que :

  • enseigner le Coran implique une proximité avec l’élève,
  • on échange des récitations, des voix, parfois avec mélodie,
  • et pour ma part, je ne récite pas avec tajwid et mélodie devant un public mixte.

C’est une question qu’on me pose souvent :

« Pourquoi tu ne partages pas tes récitations sur Internet ? »

La réponse est simple :
Je ne les partage pas publiquement, car la voix embellie, mélodisée, c’est comme un chant : elle ne se destine pas à un public masculin.

En revanche, dans un cercle exclusivement féminin (cours, cercles de lecture pendant Ramadan…), là, je récite sans filtre, en toute liberté.

Question 3 : comment apprendre le Coran en moins d’un an ?

C’est une question qui revient très souvent. Parfois sous cette forme exacte et parfois sous d’autres variantes :

  • « Je veux terminer telle sourate avant Ramadan »,
  • « Je veux tout apprendre en deux ans »,
  • « Je veux avoir mémorisé telle portion avant telle date ».

Bref, il y a souvent un délai fixé… et souvent un délai assez court.

Sur l’expression « finir le Coran »

Avant toute chose, il faut faire un arrêt sur la formulation. La phrase « finir le Coran » me met toujours un petit malaise.

Pourquoi ? Parce qu’on ne finit jamais le Coran :

  • On ne finit jamais de le comprendre.
  • On ne finit jamais de l’appliquer.
  • On ne finit jamais de le réviser.
  • On ne finit jamais de le transmettre.

En effet, le Coran accompagne le croyant jusqu’à son dernier souffle.

Ce qu’on peut effectivement “finir”, c’est la mémorisation. Quand tu as appris la dernière sourate de ton programme, oui, tu as “terminé ton hifdh”.
Mais le Coran continue de vivre avec toi, de te parler et de t’éduquer.

Pour qui ?

Mémoriser le Coran en un an est possible techniquement.
C’est ce qui se fait dans certains instituts spécialisés :

  • journée entière dédiée au hifdh,
  • rythme très soutenu,
  • encadrement pédagogique et spirituel intensif.

Mais la vraie question c’est : est-ce recommandé pour tout le monde ?

La réponse est non si :

  • tu as une famille, des enfants, un travail,
  • ou si tu risques de sacrifier ton équilibre personnel.

Parce que le hifdh n’est pas une course. Le Coran doit être intégré, vécu, médité.

Pour mémoriser le Coran en un an, faisons un petit calcul rapide :

  • 604 pages au total.
  • Si on garde environ 300 jours effectifs (en retirant jours de repos, imprévus).
  • Cela représente environ 2 pages par jour.

Deux pages par jour, presque sans interruption.
C’est énorme, surtout si tu dois réviser tout ce qui précède en parallèle.

Parce que mémoriser, c’est la partie “facile”. Le vrai défi, c’est garder ce que tu as appris.
Et plus tu mémorises vite, plus tu as à réviser en même temps.

C’est une montagne à gravir, et il faut être réaliste.

Respecter ses capacités et son contexte de vie

Il m’est arrivé, avec certaines élèves de ralentir volontairement leur rythme de mémorisation. Certaines me disaient :

« Mais je peux mémoriser une page par jour ! »

Oui, tu peux… mais à quel prix ?

Parce qu’une page par jour, ça veut dire qu’en une semaine tu as appris :

  • 7 pages,
  • parfois même une sourate entière.

Et derrière, il faut réviser ces 7 pages régulièrement. Si la révision ne suit pas, le hifdh devient fragile. Et il faut accorder davantage de soin à ce que l’on a déjà acquis, par rapport à ce que l’on n’a pas encore. Donc quand je voyais une étudiante qui avait du mal à suivre ses révisions, je la ralentissais dans sa mémorisation.

Préserver ce que l’on a avant d’en vouloir plus

J’aime comparer cela à la vie quotidienne :

  • On prend soin de sa famille avant de prendre soin d’étrangers.
  • On prend soin des amis qu’on a déjà avant d’en chercher de nouveaux.
  • Sur les réseaux sociaux, on prend soin de ses abonnés existants avant de vouloir atteindre le million.

Remercie ALLAH ﷻ pour ce que tu as déjà avant d’en demander plus. Dans le hifdh, c’est pareil.
On doit consolider ce qui a déjà été appris avant de charger le panier avec de nouvelles pages.

Avec certaines élèves, j’ai même dû stopper la mémorisation sur une période donnée, jusqu’à ce que la révision soit solide. Une fois la base renforcée, on peut reprendre un rythme plus soutenu.

Cela demande de la pédagogie, mais c’est indispensable pour éviter que l’élève se décourage plus tard.

Concilier hifdh et responsabilités

Pour revenir à la question « finir le Coran en moins d’un an »,
il faut être réaliste :

  • Une personne qui n’a aucune autre responsabilité (pas d’enfants, pas de travail très prenant) peut y arriver.
  • Mais si tu es parent, que tu travailles, que tu gères un foyer… il faut faire des choix.

Le hifdh doit rester un plaisir, pas une source d’épuisement ou de culpabilité.

Je me souviens que la sœur qui m’avait posé cette question était maman. D’un côté, j’ai admiré son courage et son ambition.
Mais j’ai dû rappeler que :

  • Elle est la première école de ses enfants.
  • Si son apprentissage du Coran se fait au détriment de leur éducation, c’est contre-productif.

De même, si la mémorisation :

  • la prive de sommeil de manière démesurée,
  • l’empêche de se reposer, d’avoir le moindre loisir,
  • lui fait négliger son équilibre émotionnel,

alors c’est dangereux pour son cœur et sa santé sur le long terme.

Se souvenir que le Coran n’a pas été révélé pour nous rendre malheureux

Ce passage me fait penser aux premiers versets de sourate Ṭā-Hā :

طه، ما أنزلنا عليك القرآن لتشقى

« Ṭā-Hā, Nous n’avons pas fait descendre le Coran sur toi pour que tu sois dans la tristesse. »
(20 : 1-2)

C’est extrêmement puissant.
ALLAH ﷻ rappelle ici au Prophète ﷺ – le meilleur des hommes – que le Coran n’a pas été révélé pour devenir une source de fatigue ou de mal-être, mais bien pour être une miséricorde, une lumière, une aide.

Le Coran n’est pas là pour te briser. S’il devient une cause de déséquilibre, d’épuisement, de négligence de tes obligations (sommeil, famille, santé…), alors il y a un problème dans la méthode.

Si tu passes des nuits blanches à apprendre, tu risques de tomber sur ces versets où ALLAH ﷻ dit :

« Nous avons fait de la nuit un temps de repos et de la journée un temps pour les affaires de la vie »
(Al-Naba, 78 : 10-11)

Ton propre Coran te rappellera qu’il ne t’a pas demandé cela.

L’Islam est la religion de l’équilibre. Ainsi, l’apprentissage du Coran ne doit pas te faire perdre cet équilibre.

L’exemple du Prophète ﷺ

Même le Prophète ﷺ n’a pas reçu le Coran en une seule fois.
ALLAH ﷻ aurait pu le révéler en une nuit, mais Il a choisi de l’étaler sur 23 ans.

Et le Coran répond lui-même à cette question :

« Ainsi, Nous l’avons révélé progressivement afin de raffermir ton cœur. »
(Al-Furqan, 25 : 32)

Si le cœur du Prophète ﷺ avait besoin de temps pour assimiler la révélation, alors à plus forte raison le nôtre aussi.

Ce n’est pas un appel à mettre 23 ans à mémoriser, mais à prendre le temps nécessaire pour que :

  • ton cœur s’imprègne,
  • ta foi se raffermisse,
  • et ton quotidien soit réellement transformé par ce que tu apprends.

L’exemple des compagnons

J’avais d’ailleurs consacré un épisode entier à cette question :
Pourquoi le Coran n’a pas été révélé en une seule fois ?
Tout cet épisode reposait sur cette seule ayah — et je t’invite à l’écouter si ce n’est pas déjà fait.

Ce que cela nous enseigne, c’est que si le Prophète ﷺ a mémorisé le Coran sur 23 ans, aucun de ses compagnons qui étaient là depuis le début de la révélation n’a pu le devancer.

Aucun compagnon n’a mémorisé en moins de 23 ans, sauf ceux qui sont arrivés plus tard, après que le Coran ait été révélé en partie ou complètement compilé.

Même des figures comme Umar ibn al-Khattab, Ali ibn Abi Talib ou Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq (رضي الله عنهم أجمعين) ont mémorisé au même rythme que la révélation descendait.

C’est une leçon d’humilité : n’essayons pas de nous imposer un rythme qu’ALLAH ﷻ n’a même pas imposé à Son Prophète ﷺ.

Mes conseils

1 – Prendre son temps

Mais ça ne veut pas dire s’éterniser sans plan. Cela veut dire :

  • avancer avec une méthodologie claire,
  • suivre un programme,
  • et rester discipliné dans la révision.

2- Avoir un(e) enseignant(e)

Mémoriser sans structure, en disant « on verra bien », mène presque toujours à l’abandon.

Même si tu sais lire correctement et que tu maîtrises le tajwid, mémoriser seul est risqué.
C’est comme naviguer en pleine mer sans boussole : tu peux avancer, mais tu risques de dévier sans t’en rendre compte.

Un enseignant ou une enseignante t’offre :

  • un regard extérieur pour corriger tes erreurs,
  • un cadre et une discipline,
  • et surtout la baraka de la transmission.

Être accompagné, c’est entrer dans ce qu’on appelle le sanad : c’est une chaîne ininterrompue qui relie chaque élève à son professeur, chaque professeur à son propre enseignant, et ainsi de suite… jusqu’au compagnon qui l’a appris du Prophète ﷺ, qui l’a reçu de Jibrīl عليه السلام, qui l’a reçu d’ALLAH ﷻ.

C’est ce que l’on obtient lorsqu’on récite tout le Coran devant un enseignant qualifié et que l’on reçoit la ijâza :

  • tajwid maîtrisé,
  • mémorisation sans faute,
  • récitation conforme à la révélation.

C’est une généalogie spirituelle, un héritage vivant, une connexion directe avec la façon dont le Coran a été transmis depuis 1400 ans.

3- Adresse-toi à l’Auteur du Livre

J’aurais même dû commencer par celui-ci.
Avant de chercher un enseignant, avant de poser ta question à qui que ce soit, adresse-toi d’abord à l’Auteur du Livre.

Fais cette dou‘a :

« Ya ALLAH, facilite-moi Ton Livre. Ouvre-moi les portes de Ton Qur’an, pas seulement de la mémorisation, mais aussi de la compréhension, de l’application et de la transmission. Donne-moi l’amour du Qur’an et préserve-moi de ce contre quoi Ton Livre nous met en garde. »

Quand ALLAH ﷻ donne, Il donne toujours mieux que ce que l’on a demandé : Il ne te donnera pas seulement la mémorisation, mais aussi l’envie de l’appliquer et de l’enseigner. Demande donc largement, avec sincérité, et de façon régulière : les portes vont s’ouvrir.

4- Fais preuve de patience

Le Qur’an n’est pas une course. Ce n’est pas un sprint, ce n’est même pas un marathon : c’est une marche.
Une marche qui raffermit le cœur.

La patience ici n’est pas d’attendre passivement, mais de persévérer chaque jour, même avec peu, mais de manière régulière.
Sinon, ce n’est plus de la patience mais de la résignation.

Et rappelons cette ayah :

« Nous ne t’avons pas révélé le Qur’an pour que tu sois triste. »
(Sourate Ta Ha, v.2)

Si ton programme d’apprentissage devient une source de déséquilibre, de stress ou d’épuisement, c’est qu’il y a un problème d’approche.

5- Corriger son intention

Pose-toi la question : pourquoi veux-tu apprendre le Coran rapidement ?

  • Pour pouvoir dire que tu es hafidh ou hafidha ?
  • Pour impressionner ?
  • Ou bien pour en faire ton compagnon de vie et ton compagnon dans la tombe ?

Le Prophète ﷺ nous a informés que le Coran viendra en personne le Jour du Jugement pour intercéder en faveur de celui qui l’a fréquenté.

Le Coran dira : « J’étais ton compagnon sur terre, j’ai pris de ton temps, de tes nuits et de tes efforts, et aujourd’hui je viens plaider pour toi. »

Et cela ne se limite pas à avoir mémorisé en entier.
Être sahib al-Qur’an (compagnon du Coran), c’est :

  • lire un passage chaque jour,
  • méditer sur ce qu’on lit,
  • chercher à l’appliquer dans sa vie.

Même une seule ayah par jour, avec méditation et plan d’action, peut te hisser à ce rang élevé.

Cela vaut plus qu’une mémorisation complète sans mise en pratique.

Le jour où nous aurons vraiment besoin d’aide – le Jour du Jugement – chacun de nous souhaitera avoir le Coran comme allié.
Cette alliance se construit dès aujourd’hui.

Chez Coran de mon cœur, c’est exactement ce que nous cherchons à développer : que le Coran devienne ton compagnon, ton avocat, ton soutien dans la tombe et dans l’au-delà.

La réussite n’est pas dans la vitesse, mais dans la mémorisation durable, vivante et appliquée.
Le Coran n’est pas qu’une science théorique : il doit transformer notre quotidien, nos comportements, nos priorités.

Le besoin urgent de transmission

Si aujourd’hui je consacre une partie de mon temps à former des enseignantes, c’est parce que la demande grandit – et c’est une excellente nouvelle.
Il y a des instituts, des enseignantes déjà en place, mais elles sont submergées et leurs créneaux se remplissent très vite.

Plus la demande augmente, plus il faut multiplier les canaux de transmission, pour que le Coran continue de rayonner dans les maisons et les cœurs.

Car un jour – à la toute fin des temps – le Coran sera retiré de la Terre. Il disparaîtra des livres et des mémoires.
Qu’ALLAH ﷻ nous préserve de vivre cette époque !

Fixe-toi un rythme, une méthodologie, mais laisse surtout ALLAH ﷻ te façonner par Son Livre.
C’est Lui qui a façonné le Prophète ﷺ en 23 ans, c’est Lui qui sait ce dont ton cœur a besoin pour être raffermi.

Ne cours pas après la vitesse, mais après :

  • la sincérité de ton intention,
  • la constance dans ton effort,
  • et l’application quotidienne de ce que tu apprends.

Question 4 : peut-on apprendre le Coran seule ?

C’est une question qu’on me pose souvent :

« Si je sais déjà lire en arabe et que j’ai appris le tajwid, est-ce que je peux mémoriser le Coran seule ? »

La réponse demande une précision importante : mémoriser et apprendre ne sont pas la même chose.

  • Mémoriser, c’est retenir les mots, les versets, les sons.
  • Apprendre le Coran, c’est aller plus loin :
    • comprendre ses contextes de révélation,
    • connaître ses finalités,
    • maîtriser ses règles de tajwid,
    • apprendre à le vivre et à le transmettre un jour,
    • et surtout, l’appliquer dans sa vie.

Même pour la simple mémorisation, le premier ancrage est crucial.
C’est comme graver quelque chose dans la pierre : si tu l’ancres avec une faute, tu auras beaucoup de mal à la corriger plus tard. Ce n’est pas impossible, mais cela demande un effort supplémentaire.

Le risque de mémoriser seule :

  • une erreur de voyelle,
  • un tajwid incorrect,
  • et l’habitude de relire toujours avec la même faute.

C’est pour cela que je conseille toujours de faire valider tes pages par une enseignante.
C’est ce qui fait la différence entre :

  • un hifdh fragile, qui risque de s’effacer ou de se tordre avec le temps,
  • et un hifdh solide, qui reste avec toi toute ta vie.

Et si ton objectif à long terme est d’obtenir une ijâza, tu devras réciter tout le Coran à une enseignante qualifiée, sans faute ou presque, avec un tajwid impeccable. Si tu arrives avec des erreurs accumulées, tu devras tout corriger, voire tout reprendre depuis le début.
Autant poser de bonnes bases dès le début, il ne faut pas se compliquer la tâche.

Tu n’apprends jamais le Coran seule

Chaque fois que tu apprends une portion du Coran – une page, deux pages, même une demi-page – tu dois la faire valider avant de passer à la suivante.

Et cela ne veut pas dire que tu dois avoir la même enseignante du début à la fin du Coran. Ce qui compte, c’est que chaque page soit récitée à quelqu’un de compétent avant de continuer.

💡 Mon propre exemple :
Mes pages de Coran ont été validées par plusieurs enseignantes (qu’ALLAH ﷻ les préserve) :

  • certaines par mon enseignante Cheikha Nadia,
  • d’autres par Oustadha Rahmata, directrice de l’Institut Daroul-Qouran,
  • d’autres encore par Oustadha Rahma Belhouari, directrice de l’Institut Buyut’in,
  • et j’ai aussi récité à Cheikha Zahra, qui a une ijâza dans les dix lectures du Coran.

J’ai également beaucoup récité à mes camarades de route et avant elles, mes tout premiers auditeurs ont été mes parents et même mes petits frères et sœurs. Ils tenaient le mus’haf, m’écoutaient et me corrigeaient si je faisais une erreur.

Ces moments sont des souvenirs précieux. Encore aujourd’hui, certaines sourates me rappellent ces instants – comme Surat al-Furqân que j’associe à mon frère, parce que je me souviens exactement de la pièce et du moment où je lui ai demandé de m’écouter.

Tout cela montre une chose : le Coran ne s’apprend jamais seule. Même si tu avances de ton côté, récite :

  • à ton enseignante,
  • à une camarade,
  • ou à un membre de ta famille capable de suivre dans le mus’haf.

Et aujourd’hui, il existe même des applications utiles pour se corriger lorsque personne n’est disponible.
Par exemple, l’application Tarteel est excellente : elle ne t’aide pas à mémoriser, mais elle te corrige quand tu lis ou récites ce que tu as appris.
Mes enfants l’utilisent également et elle est très efficace.

L’importance de l’accompagnement

En résumé : il faut rendre des comptes à quelqu’un. C’est de cette manière qu’on progresse. L’accompagnement humain est précieux.
Une enseignante de Coran n’est pas seulement un professeur :

  • c’est une sœur,
  • un mentor,
  • parfois même une amie.

Elle te connaît, elle t’accompagne dans tes hauts et tes bas, elle t’encourage quand tu faiblis et te freine si tu t’emballes trop.

Un exemple personnel :
Un jour où j’étais dans une phase de ralentissement, mon enseignante m’a dit :

« Ça va, Zaynab ? Être à 50 % de tes capacités, ça ne te dérange pas ? »

Cette phrase, je ne me la serais jamais dite moi-même. Parce qu’on ne peut pas être son propre psychologue. Quand ça va moins bien, on a besoin d’un regard extérieur.

C’est exactement le rôle d’une enseignante :

  • elle cerne ta personnalité,
  • elle sait quand te motiver, quand te freiner,
  • elle t’aide à retrouver ton rythme.

Et c’est pour cela que même si tu peux mémoriser seule mais apprendre le Coran en profondeur implique toujours une relation humaine. Un jour ou l’autre, tu auras besoin de ce lien, de cette validation, de ce suivi. Offre-toi ce cadeau, ce serait trop dommage de s’en priver.

Que veut dire « Oustadha » ?

La réponse est très simple :

  • Oustâdh (أستاذ) en arabe signifie « professeur » pour un homme.
  • Oustâdha (أستاذة) pour une femme.

Lorsqu’on dit Oustadha Zaynab, Oustadha Rahmata, etc., c’est exactement comme dire :

  • Madame la professeure en français,
  • ou Docteur pour un médecin,
  • ou Maître pour un avocat.

C’est avant tout une marque de respect et une reconnaissance du rôle de transmission de la personne.
Cela ne veut pas dire qu’elle est infaillible ou au-dessus des autres, mais que tu reconnais sa légitimité dans l’enseignement du Coran.

L’éthique envers l’enseignant de Coran

Je profite de cette question pour dire quelque chose de très important : l’éthique que nous devons à celui ou celle qui nous transmet une science –
et encore plus lorsqu’il s’agit du Coran.

Pour moi, ce n’est pas une question d’ego, ni une demande de respect pour ma personne. C’est avant tout une question de respect pour le Coran lui-même.

Personnellement, je n’appelle jamais mes enseignantes de Coran par leur simple prénom. J’ai une seule exception : une amie très proche, avec qui il y a un lien fraternel bien avant la relation élève-enseignante. Mais même dans ce cas, si je parle d’elle à quelqu’un d’autre, je mets toujours « Oustadha » ou « Cheikha » devant son nom.

Pourquoi ? Parce que ce n’est pas seulement la personne que j’honore : c’est ce qu’elle porte et transmet — la parole d’ALLAH ﷻ.

L’étiquette, un miroir de notre relation au Coran

Ne pas respecter son enseignant ou enseignante de Coran, c’est problématique :
si tu ne respectes pas celui ou celle qu’ALLAH ﷻ a mis sur ta route pour t’ouvrir l’accès à Son Livre, comment espérer respecter le Livre lui-même ?

J’aime dire que je ne suis qu’une entremetteuse :
mon rôle est de t’introduire au Coran, de t’accompagner jusqu’à ce que tu puisses voler de tes propres ailes, puis de m’éclipser.

Mais aujourd’hui encore, je continue de demander conseil à mes enseignantes, je continue de réciter devant certaines d’entre elles, car personne n’est à l’abri d’une faute, même après des années.

Effacer cette étiquette, c’est risquer d’effacer la place que le Coran doit avoir dans notre vie.
Le respect que nous témoignons au porteur du Coran reflète le respect que nous témoignons au Coran lui-même.

Quand nous perdons cette éthique, il ne faut pas s’étonner que le Coran perde sa place dans nos foyers et dans nos cœurs.

Respecter le porteur du Coran

Et d’ailleurs, il existe de nombreux hadiths du Prophète ﷺ
qui rappellent le comportement à adopter envers celui qui porte et transmet le Coran.

En effet, le porteur du Coran a une place d’honneur : dans une assemblée, il a le privilège de s’asseoir en premier, de la présider, de diriger la prière en priorité, etc.

Mais attention :
Cela ne veut pas dire que les enseignants de Coran forment une élite au-dessus des autres. Ce sont des gens du peuple, comme toi et moi. Simplement, ils portent la parole d’ALLAH ﷻ, et cela suffit à leur donner un statut à part — non pas pour eux, mais pour ce qu’ils portent.

La parole d’ALLAH ﷻ est un nūr, une lumière. Quand quelqu’un la porte dans son cœur, et parfois dans sa mémoire en entier, cela mérite respect.
Ce respect ne grandit pas seulement la personne qui le reçoit, il élève aussi celui qui l’accorde.

Ainsi, lorsque j’écris « Oustada Zaynab », ce n’est pas pour me donner de l’importance — qu’ALLAH ﷻ nous préserve de cela —
mais parce que c’est ainsi qu’on m’a transmis l’éthique : honorer celui qui transmet le Coran.

J’encourage chaque musulman et chaque musulmane à adopter cette attitude. Appeler un enseignant « Oustadh » ou « Oustadha », ce n’est pas flatter un ego, c’est honorer la parole d’ALLAH ﷻ que cette personne porte.

En résumé :

Mémoriser seul ? Oui, c’est possible… mais fragile.
Apprendre le Coran ? Toujours avec quelqu’un.
Dire « Oustadha » ? C’est plus qu’un mot : c’est un rappel de ce que représente la science transmise et de qui en est l’Auteur.

Question 5 : comment concilier toutes les casquettes : maman, étudiante, enseignante… ?

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On me demande régulièrement « Comment fais-tu pour être à la fois femme, maman, étudiante en médecine, enseignante de Qur’an, travailler sur tes projets et en plus publier des podcasts avec régularité ? »

Je commence toujours par un disclaimer important : Tout revient à ALLAH ﷻ.
Et ce n’est pas une formule toute faite ni une phrase “spirituelle” pour faire joli. En effet, si aujourd’hui je peux porter plusieurs casquettes, ce n’est pas un mérite personnel, c’est qu’ALLAH ﷻ les a placées sur mon chemin et m’a donné la force de les assumer.

Je n’ai pas « tout cumulé » du jour au lendemain. Les missions se sont ajoutées progressivement. Ainsi, à chaque nouvelle étape, j’ai dû créer une nouvelle dynamique, trouver une nouvelle harmonie, jusqu’à ce que cela devienne fluide…puis une autre mission venait s’ajouter.

J’aime comparer cela à une famille nombreuse. Une maman de huit enfants ne les a pas tous le même jour. Quand le huitième arrive, l’aîné a grandi et participe même à l’éducation du petit dernier. Ainsi, mes « casquettes » fonctionnent de la même façon : elles se sont installées l’une après l’autre,
et chaque fois, il fallait trouver un nouvel équilibre avant de passer à la suite.

Un équilibre à recréer à chaque étape

  • J’ai commencé à mémoriser et enseigner le Coran avant d’être maman.
  • Puis j’ai démarré mes études.
  • Ensuite mes enfants sont arrivés, un à un.
  • Puis le projet Coran de mon cœur a vu le jour.
  • Enfin, le podcast est venu se greffer naturellement à ce projet.

Chaque étape a nécessité une réorganisation. Et à chaque étape, j’ai consulté ALLAH ﷻ et demandé qu’Il mette la baraka.
J’ai aussi appris à accepter que si quelque chose n’était pas bon pour moi, qu’ALLAH ﷻ l’éloigne.

Un point crucial : on n’avance jamais seule. J’ai beaucoup appris en observant d’autres femmes, en les écoutant partager leurs expériences, leurs astuces, leurs priorités. Cela m’a aidée à ajuster ma propre organisation et à rester motivée.

Je n’ai pas moi-même vécu la mémorisation du Coran en étant maman. Alors quand j’accompagne des sœurs qui vivent cela, je dois avoir cette humilité : je parle d’une situation que je n’ai pas expérimentée personnellement.

Mais ALLAH ﷻ m’a mise très tôt en contact avec des modèles précieux :

  • mes camarades de classe, certaines déjà mamans, que j’ai vues mémoriser avec régularité,
  • et surtout ma propre mère, qui a mémorisé le Coran alors qu’elle avait déjà cinq enfants, à l’aube de ses 50 ans.

C’est le plus bel exemple que j’ai pu observer de près, car j’ai vu son quotidien, ses efforts, son organisation. Et rien que d’avoir été témoin de cela m’a donné de l’humilité, de la motivation et des clés concrètes.

La discipline

Tout ce que j’ai pu faire – études, enseignement, projets, podcast – repose sur trois piliers :

  1. Organisation et routines solides
    • un emploi du temps pensé pour respecter les priorités,
    • des rituels qui structurent la journée (prières à l’heure, invocations, dhikr).
  2. Hygiène de vie
    • manger correctement,
    • dormir correctement,
    • bouger pour tenir dans la durée : On ne peut pas porter un projet aussi exigeant que la mémorisation ou l’enseignement du Coran si notre corps est épuisé ou si notre cœur est vide.
  3. S’alléger, se faire aider
    Aux périodes les plus chargées (enfants en bas âge, études, enseignement…), j’ai pu compter sur :
    • ma mère,
    • mes sœurs,
    • ma famille proche.

Elles ont participé à l’éducation de mes enfants, m’ont soulagée dans certains moments-clés. Je sais que tout le monde n’a pas ce luxe, mais si c’est possible, il ne faut pas hésiter à impliquer son entourage et à demander de l’aide.

Tout le monde est éprouvé d’une manière ou d’une autre – qu’ALLAH ﷻ vienne en aide à ceux qui traversent l’épreuve de la solitude ou du manque de soutien. Mais nous ne sommes pas faits pour tout porter seuls : ALLAH ﷻ nous a créés interdépendants, dans un cadre social, familial, communautaire.

Et surtout, chacun a sa propre recette :

  • Ce que moi, j’ai pu allier dans ma vie, tu ne le pourras peut-être pas de la même manière,
  • et inversement, toi tu allies des choses que moi je ne pourrais peut-être pas gérer.

Parce qu’ALLAH ﷻ fait du sur-mesure.

Le but, ce n’est pas de copier la formule de quelqu’un d’autre. C’est de se demander :

« Avec ce qu’ALLAH ﷻ m’a donné, comment puis-je trouver mon équilibre ?
Comment aligner mes casquettes avec ALLAH ﷻ au centre ? »

Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est le résultat d’un cheminement. Il y a dix ans, je n’avais ni ce rythme ni ces casquettes. Donc ce que tu vois aujourd’hui, c’est la conséquence d’un travail, d’une progression, d’une maturation.

Et toi qui poses la question, tu es aussi sur ton chemin. Ne cherche pas à brûler les étapes : ce qui compte, c’est d’avancer pas à pas.

Question 6 : comment élever ses enfants dans l’amour du Coran ?

C’est l’une de mes questions préférées – et même un de mes sujets favoris. On ne peut pas parler du Coran sans parler des enfants :

Si je devais choisir, je mettrais l’amour du Coran dans le cœur des enfants avant tout, car ce sont eux les adultes solides de demain.

Nous, adultes, on donnerait beaucoup pour avoir eu cette chance très tôt.

1. Tout commence par les invocations

Avant de chercher la meilleure école ou la meilleure méthode, le premier réflexe doit être : demander à Allah ﷻ.
C’est Lui qui met l’amour du Coran dans les cœurs – et dans le cœur de nos enfants.

2. Être la première école

Les parents sont la première école de leurs enfants… et ils le restent presque à vie.
Nos enfants n’aimeront jamais le Coran si nous-mêmes ne le fréquentons pas :

  • Est-ce qu’ils nous voient ouvrir le Coran ?
  • Est-ce qu’ils nous voient l’écouter, en parler, réfléchir à ses versets ?
  • Ou bien le découvrent-ils uniquement au cours du week-end avec d’autres enseignants ?

Les cours d’école ou d’institut sont précieux, bien sûr, mais certaines choses sont trop stratégiques pour être déléguées.

3. Enseigner al-Fatiha soi-même

Pour moi, c’est le parent qui doit être le premier à enseigner la sourate al-Fatiha.
Parce que :

  • C’est un lien à vie.
  • Al-Fatiha sera récitée au minimum 17 fois par jour dans la prière.
  • À chaque récitation de l’enfant, le parent récolte des hassanat.

C’est un pactole de récompenses et un lien spirituel très fort. Et même si l’enfant était trop petit pour s’en souvenir, on peut lui rappeler plus tard :

« Tu sais, la première sourate que tu as apprise, c’était avec moi. »

Ce genre de souvenir, c’est un cadeau qui lie l’enfant au Coran pour la vie.

Faire aimer le Coran aux enfants, c’est leur apprendre à aimer ALLAH ﷻ. C’est même l’une des meilleures portes pour leur enseigner l’amour d’ALLAH ﷻ, puisque le Coran est Sa parole.

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4-Aimer ALLAH ﷻ avant tout

Pour que l’enfant aime le Coran, il faut d’abord qu’il aime ALLAH ﷻ.
On peut lui dire :

« ALLAH ﷻ est Celui qui nous a créés, qui nous nourrit, qui nous protège quand il y a des épreuves et qui nous donne une famille, un toit et des joies. »

Quand l’enfant aime ALLAH ﷻ, il aura naturellement envie de connaître Ses paroles. En effet, quand on aime quelqu’un, on a envie d’écouter ce qu’il dit.

Explique à ton enfant :

  • Ce livre est la parole d’ALLAH ﷻ, transmise au Prophète ﷺ.
  • La première copie était gardée dans les cieux, précieusement.
  • Il est descendu pour nous guider.

Même petit, ton enfant ressentira que ce livre est précieux, qu’il mérite d’être écouté, respecté, suivi et appliqué.

5- Ne surtout pas associer le Coran à la peur

Si le seul rapport que l’enfant a avec le Coran, c’est la crainte ou la punition, cela devient traumatisant :

  • Ne pas punir avec le Coran.
  • Ne pas contraindre ni humilier.
  • Ne pas enseigner dans la colère.

Sinon, il associera le Coran à la douleur. J’ai vu des adultes pour qui ouvrir le Coran réveillait de mauvais souvenirs, non pas à cause du livre en lui-même, mais à cause de la manière dont on le leur a transmis.

Le Coran est un livre de rahma. Son premier lien avec l’enfant doit être la rahma.

6 – Commencer par l’écoute

Le Prophète ﷺ a d’abord entendu le Coran avant de le mémoriser. Offre la même expérience à ton enfant, c’est une belle manière de lui présenter :

  • Fais-lui écouter régulièrement des récitations.
  • Récite devant lui.
  • Montre-lui que tu aimes écouter le Coran.

7 – Être constants, patients et reconnaissants

Pour que le Coran devienne une affaire de famille, il faut de la constance :

  • Célébrer les petites étapes franchies.
  • Féliciter chaque progrès.
  • Être patient quand l’enfant bloque, se trompe ou n’a pas envie.

Nous sommes un peu comme des coach sportifs : on motive, on encourage, on corrige avec douceur.

Faire aimer le Coran à ses enfants, c’est d’abord l’aimer nous-même. Notre amour du Coran doit déborder pour que nos enfants puissent venir y puiser.

Enfin, il faut reconnaître qu’au-delà de tous nos efforts, c’est ALLAH ﷻ qui plante l’amour du Coran dans les cœurs – y compris celui de nos enfants.

Question 7 : faut-il quitter les réseaux sociaux pour se préserver ?

Ma réponse est claire : non, il n’est pas obligatoire de quitter complètement les réseaux sociaux.
Moi-même, c’est grâce à eux bi-idnilLAH que j’ai pu transmettre à des milliers de personnes l’amour du Coran et déclencher des envies de s’y connecter.

Mais il faut être lucide :

  • Les réseaux sociaux ne sont pas une école.
  • On n’y apprend pas sérieusement en trente secondes de vidéo.
  • C’est une impulsion, une porte d’entrée, un rappel — pas un programme d’apprentissage.

C’est pour ça que j’ai toujours externalisé mes contenus :

  • Mon podcast est sur une plateforme indépendante.
  • Mes cours et formations sont sur des espaces dédiés.
  • Ma newsletter, je l’envoie directement dans vos mails.

Les réseaux sociaux, c’est pour semer une étincelle. L’apprentissage, le vrai, se fait en dehors d’eux.

Alors qu’est-ce qu’on fait ? On développe un fiqh des réseaux sociaux. En effet, comme pour tout en Islam, il y a des règles, alors il doit y en avoir pour les outils digitaux :

  • Un musulman n’a rien à faire à suivre un compte qui expose la ʿawra de quelqu’un, pousse à la fitna ou normalise le péché.
  • Tout ce que tu regardes apparaîtra dans ton bilan le Jour du Jugement. Même si le scrolling montre parfois des choses qu’on n’a pas choisies, on reste responsable de ce qu’on suit volontairement.
  • Si un compte me pousse à délaisser une bonne habitude, à devenir négligent dans ma pratique ou à nourrir de mauvaises pensées, j’ai le devoir de dire stop.

Il existe même un livre très utile intitulé Fiqh des réseaux sociaux (écrit à l’origine par un auteur anglophone, et disponible en français). C’est un bon point de départ pour réfléchir à nos usages.

Se protéger du « trop » : la vraie détox digitale

La solution, ce n’est pas de diaboliser les réseaux sociaux. Ils sont là, ils font partie de notre époque, et on ne reviendra pas en arrière.
La vraie question, c’est : comment réagis-tu à cette épreuve qu’ALLAH ﷻ met sur ton chemin ?

Se discipliner

Pour cela, il faut de la discipline, et se fixer des règles :

  • Pas de réseaux au réveil avant le fajr et les invocations du matin. Ce n’est pas normal de s’endormir à deux heures du matin après avoir scrollé sans fin, sans même se rappeler ce qu’on cherchait au départ.
  • Pas de réseaux avant le coucher : garde la fin de ta journée pour le dhikr, la lecture du Coran, ou le repos.
  • Mode avion ou mode concentration quand tu travailles ou mémorises le Coran.

Si ton travail passe par les réseaux sociaux (commerce en ligne, création de contenu…), fixe-toi des créneaux précis dans la journée pour publier ou répondre. Tu n’as pas à répondre aux commentaires ou aux DM tout au long de la journée.
Ne reste pas en alerte permanente : tu es maître de ton temps, pas esclave de ton téléphone.

Je ne sais pas si tu le sais, mais même l’inventeur du scroll infini a avoué, dans une interview, qu’il regrettait son invention et qu’il en avait souffert lui-même.
Aujourd’hui, c’est trop tard : l’outil existe, mais toi, tu peux décider comment l’utiliser.
Peut-être qu’ALLAH ﷻ nous élève justement à travers cette épreuve : un musulman qui parvient à discipliner son regard et son temps à notre époque peut obtenir une récompense encore plus grande qu’à une époque où la tentation était moindre.

Éviter la curiosité malsaine

Autre tentation subtile : l’indiscrétion.
Sous prétexte que quelqu’un partage sa vie, on croit avoir le droit de tout savoir sur lui, de poser des questions personnelles, de fouiller.
Le Prophète ﷺ nous a pourtant avertis :

« Fait partie du bel islam de délaisser ce qui ne nous regarde pas. »

Si ce n’a pas été partagé volontairement, cela ne nous concerne pas. Tu n’as pas à entrer dans ce qui n’a pas été confié à ta vue.

Donc, pour résumer :

  • Quitter les réseaux sociaux n’est pas une obligation pour tout le monde.
  • Mais c’est parfois nécessaire si l’on sent que notre cœur, notre foi ou notre concentration sont en danger.
  • L’essentiel : avoir une éthique, une discipline et se poser les bonnes questions :
    • Qui suis-je en ligne ?
    • Que consomment mes yeux ?
    • Combien de temps j’y passe ?
    • Est-ce que cela me rapproche d’ALLAH ﷻ ou m’en éloigne ?

Pour celles qui entreprennent de mémoriser le Coran, souvenez-vous que les réseaux sociaux sont des voleurs de temps et des voleurs de concentration.
Avant de dire « je n’ai pas le temps de réviser », regarde combien de temps tu as scrollé aujourd’hui.

Aujourd’hui, nous n’avons jamais été autant en difficulté pour nous concentrer qu’à notre époque, subhanALLAH.
Il ne faut pas laisser un écran prendre la place du Coran dans nos cœurs. Si nous voulons progresser, fixons des moments précis pour notre apprentissage et réduisons nos écrans.

Rappelle-toi : une heure de scroll en moins, c’est une heure de Coran en plus.

Quelques conseils pratiques

  • Créer des zones sans écran : la chambre, la salle à manger, les moments en famille.
  • Utiliser des applications de blocage de temps : elles protègent ton temps et donc, quelque part, elles te protègent toi-même.
  • Remplacer le réflexe du scroll : au lieu d’ouvrir Instagram, ouvre ton Coran, ton carnet de notes ou une application utile pour ton bien-être ou ta foi.
  • Demander à ALLAH ﷻ de te préserver de la fitna des réseaux sociaux, comme tu Lui demandes de te préserver de toutes les autres tentations.

Les réseaux sociaux ne sont pas une fatalité : ce sont des outils.
Comme tout outil, ils peuvent te servir ou te détruire : c’est toi qui choisis.

J’espère que ces réponses t’ont éclairé et rassuré sur certaines de ces questions que nous nous posons toutes.
Rappelle-toi le fil conducteur de cet épisode :

« Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance.
L’ouïe, la vue et le cœur – tout cela, vous en serez interrogés. »
(Sourate Al-Isra, 36)

Qu’ALLAH ﷻ mette la baraka dans nos vies, qu’Il nous facilite l’amour de Son Livre et nous garde fermement attachés à Son chemin jusqu’au paradis.
Amîn, Ya Rabb al-‘Âlamîn.

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