La pudeur du Prophète ﷺ

Temps de lecture estimé : 13 min

Quand on parle de pudeur, à quoi pense-t-on spontanément ?

À la tenue vestimentaire des femmes, leur voix et leur discrétion.

Soyons honnêtes : dans beaucoup d’esprits, la pudeur est presque exclusivement associée aux femmes. Comme si la pudeur était leur affaire… et pas celle des hommes.

Mais pourquoi, lorsqu’on évoque la pudeur, les hommes ne viennent presque jamais en premier à l’esprit ?

Pourtant, le Prophète ﷺ — chef de guerre, leader de la communauté, époux et père exemplaire, l’homme le plus complet — était aussi le plus pudique des êtres humains.

Voyons ensemble, dans cet article, la pudeur du Prophète, et comment nous devons nous en inspirer

Sommaire

La pudeur du Prophète : une marque de grandeur

En arabe, le mot pudeur, الحياء (al-ḥayâʼ), vient de la même racine que الحياة (al-ḥayât), qui signifie “la vie”.
Cela signifie que la pudeur n’est pas simplement une belle qualité morale : c’est une composante vitale de la foi, un art de vivre, une protection qui rend l’existence sur Terre digne et belle.

Abu Sa‘îd al-Khudrî رضي الله عنه rapporte :

“Le Messager d’ALLAH ﷺ était plus pudique qu’une vierge dans sa chambre. Lorsqu’il voyait quelque chose qui lui déplaisait, nous le remarquions sur son visage.”

(Rapporté par Al-Bukhari et Muslim)

Le Prophète ﷺ a également dit :

“La pudeur fait partie de la foi.”
“Si tu n’as pas de pudeur, fais ce que tu veux.”

(Hadith authentique)

Sans pudeur, plus rien ne retient l’être humain de transgresser.
La pudeur agit comme une barrière intérieure, une digue contre le mal.

Un exemple de pudeur : Moussa عليه السلام

Pour illustrer concrètement cette pudeur masculine, prenons un autre exemple prophétique : celui de Moussa عليه السلام, dont le récit est très présernt dans Sourate Al-Qasas.

Après avoir fui l’Égypte, il arrive exténué aux abords de Madian.
Là, il voit deux femmes qui retiennent leurs troupeaux à distance d’un puits où des hommes abreuvent leurs bêtes.
Elles attendent, seules, que ces hommes terminent. La scène est étrange :

  • Les hommes ne se pressent pas.
  • Personne ne leur laisse la place.
  • Elles peinent à retenir leurs bêtes.

Moussa عليه السلام observe cela, se lève et intervient avec pudeur et mesure.
Il ne bavarde pas inutilement, ne s’éternise pas, ne cherche ni à se mettre en avant ni à obtenir une rétribution.
Il leur pose une seule question — la seule que le Coran rapporte :

مَا خَطْبُكُمَا

Dans le sens du verset :

“Qu’est-ce qu’il se passe pour vous ?” 

(Sourate Al-Qasas, v. 23)

S’il y avait eu davantage d’échanges significatifs, ALLAH ﷻ nous l’aurait transmis.
Cette concision, cette retenue dans l’aide, cette absence d’arrière-pensée : voilà une leçon de pudeur masculine.

Elles lui expliquent alors leur situation :

“Nous attendons que ces hommes aient terminé d’abreuver leurs bêtes. Notre père est très âgé, c’est donc à nous de faire le travail.”

(Sourate Al-Qasas, v. 23)

Moussa عليه السلام ne répond pas par un long discours. Sans ajouter un mot, il se lève et il abreuve leurs troupeaux lui-même.

La pudeur des femmes… et le manque de pudeur des hommes

La scène est très parlante.
On y voit la pudeur de ces deux femmes :

  • Elles ne se mêlent pas à la foule masculine.
  • Elles attendent à l’écart, avec dignité.
  • Elles assument un travail difficile tout en préservant leur comportement.

Et en miroir, on voit le manque de pudeur de ces hommes présents au puits :

  • Ils voient deux femmes seules, avec leurs troupeaux, et ne bougent pas.
  • Aucun ne propose de les aider.
  • Aucun ne leur laisse la priorité.
  • Ils s’éternisent sans vergogne aux abords du puits.

Dans un monde normal, on les aurait laissées passer en premier, ou au minimum on ne se serait pas attardé devant elles.

La pudeur de Moussa عليه السلامdans l’action

C’est donc un homme étranger, seul, fatigué, sans toit, sans famille, sans ressources — celui qui aurait dû recevoir de l’aide — qui va pourtant leur venir en aide.

Moussa عليه السلام voit cette scène, se lève et agit.
Et ce qui est frappant, c’est que tout son comportement est empreint de pudeur :

  • Il ne multiplie pas les paroles.
  • Il ne cherche pas à obtenir quoi que ce soit en retour.
  • Il ne s’impose pas, il ne s’éternise pas.

Il accomplit un acte noble… puis il se retire.

La pudeur dans la démarche de la jeune femme

La suite du récit est encore plus magnifique.

Les femmes rentrent chez elles plus tôt que d’habitude. Leur père s’en étonne, donc elles racontent la scène.

Et dans la scène suivante, ALLAH ﷻ décrit la démarche d’une des deux jeunes femmes envoyée chercher Moussa عليه السلام :

تَمْشِي عَلَى ٱسْتِحْيَآءٍ

“L’une d’elles vint à lui en marchant avec pudeur

(Sourate Al-Qasas, v. 25)

Ici, le mot utilisé est استحياء (istihyâʼ), différent de حياء (hayâʼ), et encore plus intense dans la description.

C’est une pudeur visible, physique, élégante et digne.
Et c’est la deuxième fois, en quelques versets, que la pudeur se manifeste — sous des formes différentes — dans cette scène.

Un récit à méditer pour comprendre ce qu’est la pudeur

Cette page du Coran est une véritable leçon vivante de pudeur :

  • La pudeur féminine dans le retrait digne.
  • Le manque de pudeur des hommes présents.
  • La pudeur masculine noble et agissante de Moussa عليه السلام.
  • La pudeur incarnée dans la démarche de la jeune femme.

La scène continue : une des deux femmes revient voir Moussa عليه السلام et lui dit simplement :

“Mon père t’appelle pour te récompenser pour ce que tu as fait pour nous.”

(Sourate Al-Qasas, v. 25)

Ici encore, pas de longs échanges :

  • Elle parle brièvement.
  • Il répond à l’appel avec pudeur.
  • Il la suit sans commentaire inutile.

La pudeur est réciproque tout au long du récit :

  • Elle agit avec pudeur dans ses paroles et sa démarche.
  • Lui agit avec pudeur dans son attitude et sa réponse.
  • Elles, les deux femmes, font preuve d’une grande pudeur dès le début.
  • Lui, Moussa عليه السلام, incarne une pudeur masculine noble et active.

Ce passage prouve que la pudeur n’est pas un attribut féminin, c’est une vertu universelle — partagée aussi bien par les hommes que par les femmes.

Sortir des clichés autour de la pudeur

Ce récit nous pousse à déconstruire les clichés qui entourent aujourd’hui la pudeur.

  • Quand on parle des femmes, la pudeur est souvent réduite à des symboles extérieurs :
    • le hijab,
    • la voix,
    • une forme d’effacement ou de discrétion imposée.

Mais la pudeur n’est pas de l’effacement. Ce n’est pas une “absence de présence”.
C’est une attitude intérieure qui se manifeste extérieurement avec dignité.

  • Quand on parle des hommes, la pudeur est quasiment absente des discours.
    Comme si la virilité devait forcément rimer avec :
    • exhibition,
    • bruit,
    • domination.

Or la sunnah nous enseigne exactement l’inverse.

La pudeur : une même vertu pour les hommes et les femmes


La pudeur féminine se manifeste notamment :

  • par la tenue,
  • par le regard
  • par la parole,
  • par la dignité.

Mais la pudeur masculine repose sur les mêmes pôles :

  • la tenue,
  • le regard,
  • la parole,
  • la dignité.

La vertu est identique, adaptée à chacun. Les obligations pratiques diffèrent légèrement, mais le principe est le même.

Et pour comprendre concrètement ces dimensions, il faut se référer à Sourate An-Nour, qui détaille les principes fondamentaux :

  • le regard à baisser, pour l’homme comme pour la femme,
  • la tenue : couvrir tout ce qui doit l’être, avec dignité, sans ostentation
  • les limites à respecter,
  • et la pudeur à incarner comme protection intérieure et extérieure.

La pudeur masculine : un rappel nécessaire

Pour les hommes aussi, il ne faut pas se contenter du strict minimum.
Et d’ailleurs, de plus en plus d’hommes commencent eux-mêmes à faire ce rappel sur les réseaux sociaux :

“Qu’est-ce qui vous arrive ?”
C’est une question légitime.

Je suis toujours offusquée quand je vois des hommes de la communauté — je ne parle pas ici des non-musulmans, car ils n’ont pas forcément reçu ce rappel — marcher aux côtés d’une sœur en hijab ou en burkini, couverte de la tête aux pieds avec pudeur… alors qu’eux-mêmes sont vêtus de manière négligente, laissant apparaître des parties qui relèvent clairement de la ʿawra.

La ʿawra chez l’homme : des règles claires

Pour les hommes, la ʿawra est claire dans les textes :

Du nombril jusqu’aux genoux.

Pourquoi voit-on alors aujourd’hui :

  • des nombrils visibles,
  • des pantalons ou shorts descendant en dessous du nombril,
  • des cuisses apparentes ?

Comment cela peut-il devenir acceptable dans nos milieux ?
Est-ce que personne ne leur a rappelé ?
Est-ce devenu une habitude banalisée au point d’oublier les règles de base ?

De nouvelles initatives 

Il faut aussi souligner les bonnes initiatives.
Cet été, j’ai vu des marques de vêtements de bain ou de sportswear pour hommes proposer des tenues conformes à ces règles :

  • le nombril est couvert,
  • un short long vient par-dessus,
  • et un “cycliste” cousu en dessous vient coller au genou et le recouvrir largement.

Ce type de tenue permet de pratiquer la nage ou le sport tout en préservant la ʿawra, même dans le mouvement.
C’est exactement ce qu’il faut encourager.

Le problème des modèles culturels

Beaucoup prennent aujourd’hui pour modèle les tenues sportives des médias :

  • football,
  • sports collectifs occidentaux,
  • tenues d’été très courantes.

Mais soyons clairs :

Ces modèles ne sont pas des références pour un musulman.

Les shorts de foot, par exemple, sont très courts et ne couvrent pas correctement la ʿawra dans la plupart des cas.
Et dire “oui mais quand on court ça remonte” n’est pas une excuse : c’est justement pour cela qu’il faut des vêtements adaptés.

Sortir du déséquilibre dans les rappels

Il est temps d’admettre une réalité :

  • Oui, certaines femmes ne se couvrent pas comme il faudrait, et qu’ALLAH facilite.
  • Mais, on a tellement pris l’habitude de centrer tous les rappels sur les femmes :
    • celles qui portent le hijab,
    • celles qui l’enlèvent,
    • celles qui hésitent,
    • celles qui veulent mais n’y arrivent pas…

Pendant ce temps, les manquements du côté masculin passent souvent sous silence, alors qu’ils existent eux aussi.
Et la pudeur, comme on l’a vu avec Moussa عليه السلام, est une vertu partagée.

Recentrer le discours sur la pudeur masculine

On est tellement focalisés sur “taper” sur les sœurs que l’on oublie une réalité simple :

La pudeur vestimentaire n’est pas une affaire de femmes uniquement.

Quand on regarde Sourat an-Nour, le rappel commence par les hommes :

  • ALLAH leur ordonne en premier de baisser leur regard
  • Puis de faire preuve de pudeur

Ce n’est qu’ensuite qu’Il parle des femmes, et Il s’y attarde davantage non pas parce que la pudeur serait une affaire féminine, mais parce qu’il y a plus de conditions techniques à préciser pour elles.
Pour les hommes, c’est limpide dans les hadiths :

Du nombril au genou.

Ne pas se contenter du strict minimum

Certains pourraient se dire : “Bon, tant que je couvre la ʿawra, c’est bon.”
Mais non.

Se contenter du strict minimum n’est pas l’objectif.
Le nombril-genou, c’est une base. Ce n’est pas une limite à atteindre, c’est une limite à ne pas franchir.

Or aujourd’hui, on voit :

  • des torses nus exposés en public,
  • des dos entièrement découverts,
  • des t-shirts moulants qui mettent en évidence les biceps ou les abdos,
  • des shorts laissant apparaître les cuisses.

Tout cela n’est pas conforme à la pudeur telle qu’elle est enseignée par la sunnah.

La pudeur du Prophète ﷺ

Le Prophète ﷺ, en dehors de l’état d’ihram, n’exposait pas son torse ni son dos.
On ne voyait pas :

  • ses épaules,
  • ses bras nus,
  • ses jambes.

Pourquoi vouloir en montrer davantage que lui ?
Ce type d’exposition relève plutôt de la sphère privée ou d’un contexte strictement familial ou masculin (par exemple un sport en intérieur, en cercle restreint).

Un rappel important pour le hajj et la ʿomra

Un autre exemple frappant : le tawaf.
Lors du hajj, il y a un moment précis où l’épaule droite doit être découverte — pendant la circumambulation initiale.
Pourtant, on voit souvent des hommes faire tawaf avec :

  • tout le torse à nu,
  • le ventre, le dos et les épaules exposés.

Ce n’est pas conforme à la sunnah.
Et de la même manière que l’on pourrait s’offusquer de voir une femme mal voilée pendant le tawaf, il est légitime de questionner cette exposition masculine. Est-ce que nous avons besoin de voir le corps de ces hommes ? Non…

La pudeur dans le regard

Après la tenue, vient une autre dimension fondamentale :

Le regard.

Sourat an-Nour est encore une fois très claire :

  • les hommes doivent baisser le regard,
  • les femmes doivent baisser le regard.

Il n’y a aucune hiérarchie ici : le rappel est le même pour les deux.
Baisser le regard, c’est :

  • ne pas scruter,
  • ne pas objectifier,
  • ne pas insister,
  • détourner le regard quand il le faut.

C’est une protection réciproque, et une partie intégrante de la pudeur.

Le Prophète ﷺ détournait son regard lorsqu’il y avait devant lui quelque chose qui ne convenait pas.
Il ne s’exposait pas volontairement à ce qu’il ne devait pas voir.

La pudeur dans la parole

Passons maintenant à la parole, un autre terrain majeur de la pudeur.
Et ici, il faut bien préciser une chose :

Pour les femmes

La pudeur dans la parole ne signifie pas le silence permanent.

Le Coran et la Sunna ne disent nulle part qu’une femme doit se taire, parler moins ou ne pas exister dans l’espace public.
En revanche, il est demandé de parler avec dignité, avec une intonation qui ne cherche pas — volontairement ou non — à attirer des cœurs malades.

Cela ne veut pas dire adopter une voix dure ou cassante : cela veut dire parler avec respect, grâce, retenue et clarté, sans jouer sur la séduction ou la complaisance dans le ton.

Pour les hommes

Du côté des hommes, la pudeur dans la parole se manifeste par :

  • ne pas monopoliser la parole,
  • ne pas interrompre,
  • ne pas humilier ou rabaisser les autres par la langue,
  • parler avec douceur, sans arrogance.

Aujourd’hui, un homme qui parle fort en public, rit bruyamment avec ses amis, monopolise l’espace sonore — ce n’est pas mal vu.
Mais si une femme élève la voix ou rit en public, certains s’offusquent immédiatement.
Ce double standard montre à quel point la pudeur est mal comprise : elle concerne tout le monde.

La parole prophétique : douce, mesurée, digne

Regardons le Prophète ﷺ :

  • Il ne monopolisait pas la parole.
  • Il ne parlait pas plus fort que les autres.
  • Il n’interrompait pas.
  • Son discours était toujours mesuré, empreint de dignité.

Regardons aussi les autres prophètes :

  • Ibrahim est décrit comme doux, affectueux et bienveillant dans ses propos.
  • Moussa ne s’éternise pas : il dit ce qu’il a à dire et se retire.
  • Sulaymân parle à la reine de Saba avec clarté et concision, en mettant en avant la puissance d’ALLAH, pas la sienne.
  • ‘Issa, encore bébé, parle au berceau (dans Sourate Maryam) avec une noblesse et une clarté incroyables. Son premier discours est une défense de sa mère et une proclamation de sa mission.

Tous ces récits révèlent une constante :

La parole des prophètes est empreinte de pudeur, de justesse et de noblesse — qu’ils soient hommes ou femmes, adultes ou enfants.

Des prophètes pudiques dans leur parole et leur attitude

Quand on regarde d’autres prophètes dans le Qur’an, on les voit toujours décrits comme des personnes élevées dans leur comportement, dans leur manière de parler, leur manière d’être.
Ce sont des hommes polis, nobles, respectueux — et cette noblesse se manifeste à travers leur pudeur.

Alors pourquoi aujourd’hui, hommes comme femmes,
 

  • on crie ?
  • on monopolise la parole ?
  • on humilie ?
  • on surenchérit dans les discussions ?

Et ensuite on parle de “leadership”…
Mais un leader, ce n’est pas celui qui parle le plus fort, ni celui qui terrasse les autres dans le débat.
Un leader véritable, c’est celui qui incarne la pudeur dans la force, la retenue dans la dignité.

La pudeur dans l’attitude

Regardez un homme pudique dans son attitude : c’est beau à voir.

C’est majestueux, digne, viril dans le sens le plus noble du terme. Ce n’est pas étonnant, puisque Rasulullah ﷺ est le modèle parfait de cela.

Plus un homme est pudique, plus ALLAH ﷻ le distingue auprès de Lui, et par conséquent auprès des gens.

Et pour une femme, c’est la même chose : la pudeur élève, sans qu’il y ait besoin d’artifices ni de surenchère.

Pour les femmes, la pudeur dans l’attitude se manifeste dans la marche digne, sans provocation ni ostentation, sans tomber dans l’exhibition.

Pour les hommes, cela signifie ne pas chercher l’attention, ne pas se mettre en spectacle, arrêter de se glorifier pour ses biens, son corps, ses accomplissements.
La pudeur attendue est symétrique : elle prend simplement des formes adaptées à chacun.

La pudeur dans les relations : respect et écoute

Dans ses relations, le Prophète ﷺ :

  • consultait les membres de sa famille,
  • écoutait les voix de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur,
  • respectait la place et la personnalité de chacun.

La pudeur dans les relations, ce n’est pas effacer l’autre, ni penser uniquement à soi.
C’est respecter l’intimité, la place, les goûts et la personnalité de l’autre, sans les écraser.

Aujourd’hui, quand on observe la société :

  • on exige des femmes qu’elles couvrent tout,
  • mais on normalise l’exhibition masculine,
  • sur les réseaux sociaux, hommes et femmes s’exposent sans retenue, leurs corps, leurs biens, leurs vies privées.

La pudeur n’est plus perçue comme une valeur commune. Elle est devenue une injonction asymétrique : lourde pour les unes, légère pour les autres.
Or, dans le modèle prophétique, la pudeur est une vertu universelle, qui élève chaque croyant et croyante.

Un équilibre à retrouver

Les réseaux sociaux sont construits pour montrer : images, sons, paroles, vidéos… Tout pousse à exposer, à dévoiler.

Mais la pudeur, c’est tout l’inverse : c’est garder l’intime… intime.

Quand on observe certains débats aujourd’hui :

  • Des hommes coupent la parole, crient, imposent… Des comportements qu’ils n’accepteraient pas chez les autres — notamment chez les femmes.
  • Certaines femmes, à l’inverse, tombent dans une forme de complaisance, cherchent à plaire à tout prix, se censurent parfois là où elles ne devraient pas.

La pudeur, c’est trouver l’équilibre :

  • s’exprimer avec dignité, avec grâce, avec savoir,
  • savoir se taire quand il le faut.

Dans les foyers aussi, la pudeur est une protection réciproque :

  •  respecter l’autre, 
  • préserver son intimité, 
  • ne jamais exposer ce qui doit rester entre soi et lui/elle.

Ce qu’il faut retenir

La pudeur n’est pas l’affaire des femmes seulement. Elle n’est pas l’affaire des hommes seulement. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une lumière.

La pudeur est un nūr — une lumière.
Sourat An-Nūr est d’ailleurs celle qui en parle le plus clairement.

C’est une barrière intérieure, un art de vivre. Sa racine arabe ḥayāʾ est la même que ḥayāt, la vie. Autrement dit, la pudeur est intimement liée à la vie elle-même.

Le Prophète ﷺ a été l’homme le plus pudique. Moussa عليه السلام a marché sur la même voie. Les femmes croyantes dans l’histoire ont incarné cette pudeur.
Et tous les prophètes, tous les hommes vertueux, ont puisé dans cette même source.

La pudeur protège le cœur :

  • elle trace de belles limites qui nous empêchent de faire n’importe quoi,
  • elle élève le caractère,
  • elle embellit la vie.

Pour les femmes, la pudeur, c’est la dignité, pas l’effacement.
Pour les hommes, c’est la maîtrise de soi, pas l’exhibition.

« Si tu n’as pas de pudeur, fais ce que tu veux. »

Sans pudeur, tout devient permis. Avec pudeur, tout s’embellit.
Qu’ALLAH ﷻ nous orne, hommes et femmes, de la pudeur de Rasulullah ﷺ.
Qu’Il fasse de nous des modèles de hayâʾ, des modèles de noblesse et de dignité.

Je suis Oustadha Zaynab, et voilà plus de 10 ans que j’enseigne aux femmes le Coran. En effet, ce qui m’importe, au-delà de la mémorisation du Coran, c’est que mes sœurs vivent avec le Coran, que leur relation avec le Coran ne soit pas superficielle, mais bien chargée d’émotions. Tout cela, je le souhaite pour toi également, et je te le dis : c’est possible !

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