Être vivant ou être éteint
Regarde autour de toi. Combien de personnes semblent vivantes, mais à l’intérieur elles sont éteintes ?
Leur quotidien est rythmé par les tâches, les soucis, la routine. Mais le cœur est vide. Ils ont tout matériellement, mais rien, ou quasi rien, spirituellement.
Et pourquoi est-ce que certaines personnes traversent des épreuves avec brio, avec force, alors que d’autres s’effondrent à la moindre difficulté ?
Le Prophète ﷺ nous enseigne ici une vérité saisissante :
La différence entre celui qui évoque ALLAH ﷻ et celui qui ne L’évoque pas est comme la différence entre le vivant et le mort.
Ainsi, sans le dhikr, sans la connexion à ALLAH ﷻ , on est spirituellement mort.
Le dhikr : un souffle pour l’âme
Si on se penche sur ce hadith, il révèle une clé importante : le dhikr, c’est un souffle pour l’âme. Un cœur sans dhikr est un cœur mort.
Peu importe ta richesse, ton statut, ta réussite : si ton cœur est déconnecté d’ALLAH subhanahu wa ta‘ala, il est vide.
Le vrai vivant, c’est celui dont le cœur vibre au nom d’ALLAH ﷻ.
Et ce n’est pas seulement une répétition de mots. Je l’avais déjà abordé : le dhikr, c’est se rappeler ALLAH ﷻ dans tout ce qu’on fait :
Au travail.
En famille.
Dans la solitude.
Avec les gens.
C’est vivre avec conscience, en mettant ALLAH ﷻ au centre de sa vie. Parce que la spiritualité nourrit l’être intérieur.
La sérénité vient de l’évocation d’ALLAH ﷻ
Ça me fait penser à une ayah du Coran, sourate Al-Hijr, qui dit :
« En vérité, c’est par l’évocation d’ALLAH que les cœurs trouvent la sérénité. N’est-ce pas à l’évocation d’ALLAH que se tranquillisent les cœurs ? »
Sans cette connexion, le cœur s’éteint. Il s’endurcit. Parce que s’il y a tranquillité avec l’évocation d’ALLAH, ça veut dire que sans l’évocation d’ALLAH ﷻ , il n’y a pas de tranquillité.
Et là où il n’y a pas de tranquillité, on se laisse envahir par l’inverse : l’anxiété, l’oubli, et tout ce qui suit.
Hyperconnectés aux écrans, déconnectés d’ALLAH ﷻ
Si on met ça en application aujourd’hui, dans notre société, ce que je vois, c’est l’hyperconnexion aux écrans. Mais pas à ALLAH ﷻ .
On peut passer des heures sur nos téléphones. Mais combien de minutes on passe à parler à ALLAH ﷻ ? Je n’ai pas dit des heures. Des minutes.
On est hyperstimulés par les réseaux sociaux, les infos, mais intérieurement, on est vides. Il y a même ce mot : fear of missing out. Les gens ont peur de manquer une information, de ne pas être à la page.
Mais est-ce qu’on a été créés pour être au courant de tout, tout le temps ?
Est-ce que cette saturation d’informations n’est pas justement une stratégie pour acheter notre temps, acheter notre divertissement, nous perdre dedans, et rendre certains plus riches ?
Et pendant ce temps-là, nous, on perd notre akhira.
Est-ce qu’on doit l’accepter ?
On remplit notre agenda, mais on ne remplit pas notre âme. On cherche le bien-être partout, sauf dans la vraie source de repos : le lien avec ALLAH ﷻ .
Les crises de foi et le mal-être spirituel sont omniprésents. Beaucoup se sentent perdus, anxieux, sans repères.
Et j’ai envie de demander : est-ce qu’ils ont essayé de se reconnecter à ALLAH ﷻ par le dhikr ?
Se rappeler : voilà ce qu’est le dhikr
Quand on ne se sent pas bien, on se souvient. Dhikr, c’est ça : dhakara , se rappeler.
Dans le dhikr, tu te rappelles ALLAH ﷻ . Tu te rappelles qu’Il est là. Qu’Il t’a créé. Qu’Il peut te pardonner, et qu’Il te pardonne si tu Lui demandes. Tu te rappelles que tu Lui dois la reconnaissance. Que tu dois Le glorifier. Que c’est à Lui que tu demandes si tu as besoin. Que c’est vers Lui que tu vas retourner.
Tu te rappelles que le paradis, c’est ALLAH ﷻ qui a la clé de ton paradis.
Finalement, c’est simple. Et ça vient contrer une chose qu’on a naturellement : l’oubli.
On parle de dhikr parce qu’on oublie. Et si on ne fait pas de dhikr, on tombe dans l’oubli.
L’oubli qu’on cultive
Et là, on ne pourra pas dire : “j’ai oublié” comme si ce n’était pas de notre faute. Oui, on est pardonné pour l’oubli. Mais il y a aussi un oubli qu’on cultive. Un oubli qu’on alimente, à force de négligence.
On ne cherche pas à contrecarrer l’oubli.
C’est comme si on te donnait quelque chose à bonifier, et que tu le laissais brut. Puis tu dis : “Je ne l’ai pas touché, c’est comme ça.”
Alors qu’on t’a dit : le but, c’était de le bonifier.
La foi n’est pas un poids. C’est une lumière, un nour. Elle nous permet de traverser la vie, surtout les zones sombres, avec stabilité et élan.
Intégrer le dhikr au quotidien
Dans le quotidien, comment appliquer ça ?
► Commencer la journée par Bismillah, Alhamdulillah.
► Terminer la journée par du dhikr aussi.
► Répéter des formules simples tout au long de la journée : SubhanALLAH, Alhamdulillah, ALLAHu Akbar, Astaghfirullah. Souvent, c’est un mot ou deux.
Mais il faut un dhikr conscient. Les gens aiment dire “pleine conscience”. Là, ça s’applique.
Il ne faut pas réciter mécaniquement. Parce que si on prend l’habitude du mécanisme, on finit par ne plus le faire. Surtout dans les temps difficiles. On zappe ce qui demande de l’énergie.
Alors que si tu l’as fait avec conscience, avec ton cœur, dans les temps difficiles, tu vas puiser dedans. Ce ne sera plus un effort : ce sera un sauvetage.
Donc réfléchis à ce que tu dis.
► Regarde ce que veut dire Alhamdulillah. C’est très beau.
Une astuce simple pour le dhikr
Une astuce : quand tu dis Alhamdulillah, dis-le en pensant à un bienfait précis. Là, tu es obligé d’être présent. Tu es obligé d’être conscient.
Tu n’es plus en train de dire Alhamdulillah mécaniquement.
Si on t’arrête et qu’on te dit : Alhamdulillah, pourquoi ? Tu as une réponse. Même une seule. Et ça aide.
Il faut aussi couper avec le bruit extérieur, pour écouter le bruit à l’intérieur du cœur.
La frontière entre nous et le dhikr, souvent, ce sont les distractions. Tout ce qui allonge la distance, pour rien.
L’hyperconnexion, c’est trop. Et de temps en temps, il faut éteindre son téléphone.
Moi, je préconise : au moment du dhikr, le téléphone n’est pas dans les mains. Il est éteint. On ne peut pas faire du dhikr en checkant en même temps.
Choisir les moments du dhikr
Le dhikr peut se faire quand on cuisine, quand on conduit. Même si on est concentré sur ce qu’on fait, une partie de nous peut se connecter.
Quand tu conduis, tu es déjà en vigilance. Tu fais tout pour éviter le pire. Et il y a plein de moments où l’esprit pense à autre chose. Personne ne conduit en ne pensant qu’à la route, sans qu’aucune pensée ne traverse l’esprit.
Et si on peut être déconcentré pendant la prière, alors imagine pendant la conduite.
Donc vraiment : on éteint les distractions. On bloque le téléphone. Et on invoque ALLAH ﷻ.
Ton cœur est-il vivant ?
En conclusion, j’aimerais te dire : toi, tu es vivant. Toi, tu es vivante. Mais ton cœur, est-ce qu’il l’est vraiment ?
Sans dhikr, l’âme se vide. C’est clair.
Et qu’est-ce que tu fais aujourd’hui pour nourrir ce cœur-là ? Qu’est-ce que tu fais pour le maintenir en vie ? Le cœur, pas le corps.
Il faut vraiment qu’on se rebranche à ALLAH ﷻ , qu’on se raccroche au câble d’ALLAH ﷻ .
Et on verra tous la différence.